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Voici un article de J. Cuvillier, publié sur Médiapart. La vidéo de Jonathan est sur mon Facebook depuis une semaine.

 

12 JUIN 2015 |  PAR JACQUES CUVILLIER

Après le verdict, Jonathan a livré ses impressions. Ceux qui ont trouvé intelligent d’insinuer que les enfants Delay avaient été en quelque sorte « instrumentalisés », « manipulés », mus par des motivations inavouables sombrent dans le ridicule.  Je reproduis ci-dessous l’intégralité de l’interview que Jonathan a accordé pour les sites Pedopolis et Donde Vamos. Sans autre commentaire.

PP : Jonathan, bonjour

Jonathan : Bonjour

PP : Nous sortons des 3 semaines de procès de Daniel Legrand, il vient d’être acquitté. Déjà, comment vous sentez-vous ?

Jonathan : J’ai pris une claque, après qu’on nous ait annoncé le verdict. Un verdict que je n’ai pas compris mais que j’accepte, parce que je n’ai pas d’autre choix que de l’accepter. Ce que je trouve regrettable c’est qu’on ne nous ait pas lu les conclusions des jurés, le pourquoi il ont décidé de l’acquitter. Je me suis renseigné auprès de mon avocat, et la conclusion apparemment fait 3 pages où il n’y a quasiment rien. Donc ils l’ont acquitté sur le doute, parce qu’il y avait des éléments mais pas assez pour pouvoir le condamner

Donde : Tu te sens un petit peu seul ? Tu t’es senti un petit peu soutenu dans tout ce combat ?

Jonathan : Oui j’avais énormément de monde qui était là pour me soutenir. J’ai reçu énormément de messages. Je pense avoir répondu à plus de 10.000 messages de soutien. A force j’ai fait des messages groupés parce que bon, je ne peux pas répondre personnellement à tous les messages un par un c’est pas possible. Mais oui il y avait beaucoup beaucoup beaucoup de personnes qui étaient là. Et même les personnes qui n’étaient pas présentes relayaient les informations et m’envoyaient des messages de soutien et pour moi c’est très important. Ils m’ont accompagné dans cette épreuve qui a duré 3 semaines, et voilà j’en suis très content.

PP : Est-ce que vous pensez que le procès s’est déroulé dans de bonnes conditions ?

Jonathan : De mon point de vue personnel oui dans de très bonnes conditions, parce que ça m’a permis d’être entendu, et comme je l’avais expliqué déjà dans d’autres interviews, ça m’a permis de déposer un poids, un poids que je traîne depuis maintenant presque10 ans, voir 15 ans, et j’ai déposé ce poids à la barre, et je suis reparti sans, je suis reparti libre, et ça c’était très très important.

Et en deuxième point, ce qui est malheureux c’est que je suis venu chercher mon statut de victime. Un statut qu’on ne m’a jamais donné, qui a été reconnu judiciairement mais par le déroulement des 2 anciens procès, un à Saint-Omer et un à Paris, qui ne m’a jamais été donné ; et ce que je trouve malheureux c’est que j’ai du moi-même venir le chercher, parce qu’il n’y a personne qui me l’aurai donné, c’est ça qui est malheureux. Donc je suis venu le récupérer moi.

Donde/PP : Est-ce qu’il a des choses qui t’ont semblé anormales pendant le procès ?

Jonathan : En premier point, sur la plaidoirie de l’avocat général, je regrette vraiment et je trouve ça honteux de sa part, sa plaidoirie je la trouve honteuse, notamment parce que depuis le début du procès, il n’a posé aucune question à charge contre Daniel Legrand, et aucune question qui est en faveur de la partie civile. Donc de mon point de vue personnel je savais déjà qu’il était là pour l’acquittement, et d’ailleurs je ne suis pas la seule personne qui l’a remarqué. Il nous a manqué de respect, à moi-même personnellement, à mes frères, en caricaturant la parole de mes frères, en osant prétendre et en s’excusant publiquement devant Daniel Legrand, en lui disant qu’il ne comprend pas comment Chérif a pu dire que lui-même a été victime de son propre père ; son père est décédé mais à la rigueur ça c’est pas le problème, mais moi je trouve ça honteux. Et il a manqué de respect à toutes les personnes qui m’ont soutenu, à toutes les personnes qui travaillent dans des associations pour la protection de l’enfance, à toutes les victimes qui ont pu regarder le procès et qui ont pu suivre ça de prêt mais qui jusqu’à maintenant n’ont jamais trouvé la force de pouvoir parler, et ça je trouve ça vraiment honteux de sa part. Vraiment.

PP : On a vu un « expert » québécois qui a remis sur le tapis la théorie des faux souvenirs. Qu’est ce que tu penses de tous ses arguments, de faux souvenirs, de souvenirs reconstruits, d’erreurs en fait ?

 Jonathan : Je trouve sa théorie complètement minable, minable parce qu’en règle générale il n’était pas là. Nous ce qu’on a pu raconter c’est impossible de l’inventer, et ce qui est intéressant c’est que le tribunal nous avait accordé de diffuser mes auditions quand j’étais plus jeune. Je pense que ça a pu contrecarrer les propos de cet expert ; et je ne comprends pas comment il peut faire part de sa théorie, d’ailleurs une théorie qui n’a jamais été trouvée. Il a soit disant fait une thèse on ne sait pas où elle est ; et on ne connaît pas ses sources, On ne sait pas sur quoi il s’appuie, on ne connaît rien de lui …

Donde : D’après toi c’est une théorie qui sert à discréditer les victimes seulement ? Toi en tant que victime tu trouves que c’est vraiment aberrant ou qu’il y a peut-être un fond de vérité dans ce qu’a raconté cet expert ?

 Jonathan : Non c’est minable ce qu’il raconte. Et moi d’ailleurs ça m’a mis un peu sur le cul, parce qu’on ne peux pas se permettre d’émettre de tels propos alors que personnellement il ne nous connais pas, personnellement il ne nous a jamais expertisé, personnellement il ne connaît pas notre histoire, et c’est un manque de respect aussi par rapport à tous les experts qui nous ont vu, tous les médecins qui nous ont vu, ça remet limite en question notre statut de victime, et ça c’est aberrant. C’est aberrant, de sa part c’est aberrant.

PP : Un argument qui revient très souvent dans la bouche de la défense c’est que tu es manipulé par ton entourage. Qu’est-ce que tu as à répondre à ça ?

 Jonathan : c’est un peu gros. En précisant que la plupart des gens qui me soutiennent, bien sûr n’étaient pas là au moment des faits. Ils ont suivi l’histoire comme tout le monde et je ne me sens pas manipulé pour ma part, je ne me sens pas manipulé. Et qu’on puisse prétendre que … Je ne vois pas. Je ne vois pas comment on peux me manipuler, je suis quelqu’un qui est très méfiant de base, et je me laisse difficilement approcher, et moi-même je le sais parce que c’est ma façon de fonctionner mais ….C’est basé sur aucun fondement, aucun.

PP : Est-ce que tu aurais quelques conseils à donner ou quelque chose de particulier pour les victimes qui hésitent à aller en justice, à se déclarer, à porter plainte ?

 Jonathan : Je l’ai déjà fait dans de précédentes interviews ; laisser un message et un encouragement peut-être. Moi je l’ai fait il y a très longtemps, et je peux comprendre que c’est dur. Et si ils arrivent un jour à essayer de crever l’abcès qui pourra leur permettre de pouvoir balancer les choses, moi je l’ai fait et ça fait un bien fou. Après il y a tout ce système de déni ; c’est dramatique. Je pense qu’ils ne se rendent pas compte sur le moment mais ça viendra un jour, et je les incite vraiment à le faire parce qu’il faut extérioriser tout ça, c’est un soulagement, c’est une délivrance, mais bon pour le moment ils n’en sont pas à ce stade mais je les encourage vraiment à le faire, parce que ça fait un bien fou.

PP : Est-ce qu’il y a quelque chose d’autre d’important que tu veux nous dire ? Quelque chose qu’on ne t’a pas demandé, ou que tu veux ajouter ?

Donde : Quelque chose sur le procès ? Qu’est que tu as envie de dire, pour toi, pour tes frères, pour la justice, pour ce pays ?

Jonathan : Je suis très content d’avoir partagé ces 3 semaines de procès, notamment parce que c’était un devoir, c’est un combat, et je suis très content d’avoir pu déposer à la barre, je suis très content que Dimitri ai eu la force de le faire, je suis très content que Chérif ai pu le faire ; j’ai été ému par leurs dépositions, et je pense qu’il y a certaines personnes qui ne réalisent pas ce que ça fait de se retrouver à la barre 10 ans après. Nous on nous pose des questions, mais ils n’ont pas l’impact que ça a de creuser dans sa mémoire après tant d’années. Voilà, j’ai pu partager certains moments avec mes frères, j’ai pu discuter avec eux, j’ai pu retrouver Chérif après 2 ans et demi d’absence, j’ai pu retrouver Dimitri après 2 ans d’absence. Et aujourd’hui ça va … ce procès est terminé, je l’ai malheureusement perdu mais, je l’ai perdu aux yeux de la justice mais je l’ai gagné par mon courage, par celui de mes frères, et aujourd’hui ça va nous permettre de nous rassembler. On a passé notre temps à se déchirer, parce qu’on ne se connaissait pas. Ça fait peut-être 2 ou 3 ans qu’on essaye de se découvrir, qu’on essaye de se connaître, parce qu’on s’est toujours connu dans un contexte de violence, de maltraitance, de beaucoup de choses, et j’espère qu’on pourra continuer d’avancer loin de tout ça et essayer de tourner la page, continuer de se reconstruire parce que c’est vraiment important, et voilà, si je peux leur adresser un petit message : merci. Merci à eux, merci à toutes les personnes qui ont soutenu, merci à toutes ces associations, merci à tout ceux qui sont sur le terrain, merci à toutes les personnes qui se battent. C’est en continuant sur ce terrain qu’on avancera et un jour toutes ces personnes paieront, et voilà on a perdu aujourd’hui on gagnera demain, pour moi c’est le principal.

Donde : Le combat n’est pas terminé quelque part

 Jonathan : Le combat n’est pas terminé, ça fait 10 ans que je me bat et c’est pas terminé, c’est très très loin d’être terminé …

 

Après Outreau Jonathan conteste les « faux souvenirs »

12 JUIN 2015 |  PAR JACQUES CUVILLIER

Après le verdict, Jonathan a livré ses impressions. Ceux qui ont trouvé intelligent d’insinuer que les enfants Delay avaient été en quelque sorte « instrumentalisés », « manipulés », mus par des motivations inavouables sombrent dans le ridicule.  Je reproduis ci-dessous l’intégralité de l’interview que Jonathan a accordé pour les sites Pedopolis et Donde Vamos. Sans autre commentaire.

PP : Jonathan, bonjour

Jonathan : Bonjour

PP : Nous sortons des 3 semaines de procès de Daniel Legrand, il vient d’être acquitté. Déjà, comment vous sentez-vous ?

Jonathan : J’ai pris une claque, après qu’on nous ait annoncé le verdict. Un verdict que je n’ai pas compris mais que j’accepte, parce que je n’ai pas d’autre choix que de l’accepter. Ce que je trouve regrettable c’est qu’on ne nous ait pas lu les conclusions des jurés, le pourquoi il ont décidé de l’acquitter. Je me suis renseigné auprès de mon avocat, et la conclusion apparemment fait 3 pages où il n’y a quasiment rien. Donc ils l’ont acquitté sur le doute, parce qu’il y avait des éléments mais pas assez pour pouvoir le condamner

Donde : Tu te sens un petit peu seul ? Tu t’es senti un petit peu soutenu dans tout ce combat ?

Jonathan : Oui j’avais énormément de monde qui était là pour me soutenir. J’ai reçu énormément de messages. Je pense avoir répondu à plus de 10.000 messages de soutien. A force j’ai fait des messages groupés parce que bon, je ne peux pas répondre personnellement à tous les messages un par un c’est pas possible. Mais oui il y avait beaucoup beaucoup beaucoup de personnes qui étaient là. Et même les personnes qui n’étaient pas présentes relayaient les informations et m’envoyaient des messages de soutien et pour moi c’est très important. Ils m’ont accompagné dans cette épreuve qui a duré 3 semaines, et voilà j’en suis très content.

PP : Est-ce que vous pensez que le procès s’est déroulé dans de bonnes conditions ?

Jonathan : De mon point de vue personnel oui dans de très bonnes conditions, parce que ça m’a permis d’être entendu, et comme je l’avais expliqué déjà dans d’autres interviews, ça m’a permis de déposer un poids, un poids que je traîne depuis maintenant presque10 ans, voir 15 ans, et j’ai déposé ce poids à la barre, et je suis reparti sans, je suis reparti libre, et ça c’était très très important.

Et en deuxième point, ce qui est malheureux c’est que je suis venu chercher mon statut de victime. Un statut qu’on ne m’a jamais donné, qui a été reconnu judiciairement mais par le déroulement des 2 anciens procès, un à Saint-Omer et un à Paris, qui ne m’a jamais été donné ; et ce que je trouve malheureux c’est que j’ai du moi-même venir le chercher, parce qu’il n’y a personne qui me l’aurai donné, c’est ça qui est malheureux. Donc je suis venu le récupérer moi.

Donde/PP : Est-ce qu’il a des choses qui t’ont semblé anormales pendant le procès ?

Jonathan : En premier point, sur la plaidoirie de l’avocat général, je regrette vraiment et je trouve ça honteux de sa part, sa plaidoirie je la trouve honteuse, notamment parce que depuis le début du procès, il n’a posé aucune question à charge contre Daniel Legrand, et aucune question qui est en faveur de la partie civile. Donc de mon point de vue personnel je savais déjà qu’il était là pour l’acquittement, et d’ailleurs je ne suis pas la seule personne qui l’a remarqué. Il nous a manqué de respect, à moi-même personnellement, à mes frères, en caricaturant la parole de mes frères, en osant prétendre et en s’excusant publiquement devant Daniel Legrand, en lui disant qu’il ne comprend pas comment Chérif a pu dire que lui-même a été victime de son propre père ; son père est décédé mais à la rigueur ça c’est pas le problème, mais moi je trouve ça honteux. Et il a manqué de respect à toutes les personnes qui m’ont soutenu, à toutes les personnes qui travaillent dans des associations pour la protection de l’enfance, à toutes les victimes qui ont pu regarder le procès et qui ont pu suivre ça de prêt mais qui jusqu’à maintenant n’ont jamais trouvé la force de pouvoir parler, et ça je trouve ça vraiment honteux de sa part. Vraiment.

PP : On a vu un « expert » québécois qui a remis sur le tapis la théorie des faux souvenirs. Qu’est ce que tu penses de tous ses arguments, de faux souvenirs, de souvenirs reconstruits, d’erreurs en fait ?

 Jonathan : Je trouve sa théorie complètement minable, minable parce qu’en règle générale il n’était pas là. Nous ce qu’on a pu raconter c’est impossible de l’inventer, et ce qui est intéressant c’est que le tribunal nous avait accordé de diffuser mes auditions quand j’étais plus jeune. Je pense que ça a pu contrecarrer les propos de cet expert ; et je ne comprends pas comment il peut faire part de sa théorie, d’ailleurs une théorie qui n’a jamais été trouvée. Il a soit disant fait une thèse on ne sait pas où elle est ; et on ne connaît pas ses sources, On ne sait pas sur quoi il s’appuie, on ne connaît rien de lui …

Donde : D’après toi c’est une théorie qui sert à discréditer les victimes seulement ? Toi en tant que victime tu trouves que c’est vraiment aberrant ou qu’il y a peut-être un fond de vérité dans ce qu’a raconté cet expert ?

 Jonathan : Non c’est minable ce qu’il raconte. Et moi d’ailleurs ça m’a mis un peu sur le cul, parce qu’on ne peux pas se permettre d’émettre de tels propos alors que personnellement il ne nous connais pas, personnellement il ne nous a jamais expertisé, personnellement il ne connaît pas notre histoire, et c’est un manque de respect aussi par rapport à tous les experts qui nous ont vu, tous les médecins qui nous ont vu, ça remet limite en question notre statut de victime, et ça c’est aberrant. C’est aberrant, de sa part c’est aberrant.

PP : Un argument qui revient très souvent dans la bouche de la défense c’est que tu es manipulé par ton entourage. Qu’est-ce que tu as à répondre à ça ?

 Jonathan : c’est un peu gros. En précisant que la plupart des gens qui me soutiennent, bien sûr n’étaient pas là au moment des faits. Ils ont suivi l’histoire comme tout le monde et je ne me sens pas manipulé pour ma part, je ne me sens pas manipulé. Et qu’on puisse prétendre que … Je ne vois pas. Je ne vois pas comment on peux me manipuler, je suis quelqu’un qui est très méfiant de base, et je me laisse difficilement approcher, et moi-même je le sais parce que c’est ma façon de fonctionner mais ….C’est basé sur aucun fondement, aucun.

PP : Est-ce que tu aurais quelques conseils à donner ou quelque chose de particulier pour les victimes qui hésitent à aller en justice, à se déclarer, à porter plainte ?

 Jonathan : Je l’ai déjà fait dans de précédentes interviews ; laisser un message et un encouragement peut-être. Moi je l’ai fait il y a très longtemps, et je peux comprendre que c’est dur. Et si ils arrivent un jour à essayer de crever l’abcès qui pourra leur permettre de pouvoir balancer les choses, moi je l’ai fait et ça fait un bien fou. Après il y a tout ce système de déni ; c’est dramatique. Je pense qu’ils ne se rendent pas compte sur le moment mais ça viendra un jour, et je les incite vraiment à le faire parce qu’il faut extérioriser tout ça, c’est un soulagement, c’est une délivrance, mais bon pour le moment ils n’en sont pas à ce stade mais je les encourage vraiment à le faire, parce que ça fait un bien fou.

PP : Est-ce qu’il y a quelque chose d’autre d’important que tu veux nous dire ? Quelque chose qu’on ne t’a pas demandé, ou que tu veux ajouter ?

Donde : Quelque chose sur le procès ? Qu’est que tu as envie de dire, pour toi, pour tes frères, pour la justice, pour ce pays ?

Jonathan : Je suis très content d’avoir partagé ces 3 semaines de procès, notamment parce que c’était un devoir, c’est un combat, et je suis très content d’avoir pu déposer à la barre, je suis très content que Dimitri ai eu la force de le faire, je suis très content que Chérif ai pu le faire ; j’ai été ému par leurs dépositions, et je pense qu’il y a certaines personnes qui ne réalisent pas ce que ça fait de se retrouver à la barre 10 ans après. Nous on nous pose des questions, mais ils n’ont pas l’impact que ça a de creuser dans sa mémoire après tant d’années. Voilà, j’ai pu partager certains moments avec mes frères, j’ai pu discuter avec eux, j’ai pu retrouver Chérif après 2 ans et demi d’absence, j’ai pu retrouver Dimitri après 2 ans d’absence. Et aujourd’hui ça va … ce procès est terminé, je l’ai malheureusement perdu mais, je l’ai perdu aux yeux de la justice mais je l’ai gagné par mon courage, par celui de mes frères, et aujourd’hui ça va nous permettre de nous rassembler. On a passé notre temps à se déchirer, parce qu’on ne se connaissait pas. Ça fait peut-être 2 ou 3 ans qu’on essaye de se découvrir, qu’on essaye de se connaître, parce qu’on s’est toujours connu dans un contexte de violence, de maltraitance, de beaucoup de choses, et j’espère qu’on pourra continuer d’avancer loin de tout ça et essayer de tourner la page, continuer de se reconstruire parce que c’est vraiment important, et voilà, si je peux leur adresser un petit message : merci. Merci à eux, merci à toutes les personnes qui ont soutenu, merci à toutes ces associations, merci à tout ceux qui sont sur le terrain, merci à toutes les personnes qui se battent. C’est en continuant sur ce terrain qu’on avancera et un jour toutes ces personnes paieront, et voilà on a perdu aujourd’hui on gagnera demain, pour moi c’est le principal.

Donde : Le combat n’est pas terminé quelque part

 Jonathan : Le combat n’est pas terminé, ça fait 10 ans que je me bat et c’est pas terminé, c’est très très loin d’être terminé …

 

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12 juin 2015

Lisez bien le papier du quotidien Le Parisien que j’ai partagé hier sur facebook

1/ Le prof n’a même pas été viré de l’enseignement ! Il « a également obligation de soins et interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole près de mineurs. » Il peut donc donner des cours ailleurs à des majeurs…malgré la découverte de photos pédopornographiques dans son ordinateur et les plaintes pour viol. Il sera au pire muté.

2/ Son nom n’est pas publié. Ainsi ses futurs élèves ne sauront pas à qui ils ont affaire.

3/ L’un des commentaires des lecteurs est atterrant : son fils a été élève dans le collègue du prof, et ce père a appris l’info sur les viols par…        LE PARISIEN. La direction n’a pas alerté les parents ! Le directeur s’est distingué, comme dans le cas que je dénonce dans mon livre avec les Lavier d’Outreau lors du procès pour maltraitance de deux de leurs enfants au procès de 2012. Le directeur refuse de répondre à la presse. Sa démission d’impose face à ce grave dysfonctionnement.

4/ Mais les enfants violés à Maisons-Alfort ont peut-être été victimes de « FAUX SOUVENIRS » ??? L’argument sorti de sa toge rouge par l’avocat général Cantero à Rennes dans son réquisitoire en faveur de l’acquittement de Daniel Legrand fils. Une théorie du XIXe siècle balayée par les vrais psy.

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06/06/15

https://pedopolis.com/wp-content/uploads/2015/06/outreau_indemnites.png

Comme certains mauvais esprits (c’est un euphémisme) mettent en doute sur le net et facebook l’existence de 12 enfants violés et indemnisés après les procès d’Outreau en 2004 et 2005 (Saint-Omer puis Paris), je vous livre ci-joint le document officiel qui en fait état.

Les audiences du procès de Rennes, achevé hier avec l’acquittement de Daniel Legrand fils, ont pu donner l’impression que seuls les 4 enfants Delay avaient été victimes.

C’est absolument faux, n’en déplaise à ceux qui nient encore la réalité de ces horreurs.

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06/06/15

Je vous livre mon adaptation satirique du tube de Claude François, dédiée à Florence Aubenas et Lucie Soullier après leur article « Outreau : trois semaines dans l’ombre des révisionnistes » dans le Monde de ce samedi.

Vous devez savoir que j’étais à Rennes de lundi à jeudi soir et que j’ai suivi toutes les audiences intégralement.

Vous devez surtout apprendre qu’aucune des deux journalistes du quotidien n’est venue me parler, à aucun moment, avant ou après les audiences, ou pendant les suspensions de séance, pour me demander mon avis, avant de me mettre en cause dans leur papier écrit à quatre mains. C’est le contraire de ce que j’apprenais aux futurs journalistes quand je donnais des cours à l’IPJ ou à Sciences Po…

 

Voici ce « Comme d’habitude » abrégé, et revu à ma manière :

 

Je me lève, et je vous bouscule

Vous ne bougez pas

Comme d’habitude

Soullier, et toi Aubenas

Aux yeux n’avez pas froid

Comme d’habitude

Ma main caresse mon clavier

Vous n’me lisez pas

Comme d’habitude

Mais vous, changez mes propos

Comme d’habitude

 

Vous me taillez un costard

Bien trop grand pour moi

Comme d’habitude

A deux, vous m’abominez

Sans m’avoir parlé

Comme d’habitude

Sans bruit, la raison vous quitte

Plus de cellules grises

Comme d’habitude

Gare à, l’effet Rosenthal

Comme d’habitude

Comme d’habitude, dans tous vos papiers

Vous occultez la vérité

Comme d’habitude, je vais sourire

Comme d’habitude, je vais même rire

Comme d’habitude, vous me faites vomir

Comme d’habitude

 

Et puis le jour s’en viendra

De vos repentirs

Comme d’habitude

Soullier, Aubenas

Vous trouverez la voie

Comme d’habitude

Toutes seules, vous découvrirez

L’objectivité

Comme d’habitude

Vos calomnies, j’essuierai

Comme d’habitude

(…)

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04/06/15

Un double coup de théâtre identique à celui de Paris en 2005 dans la même affaire d’Outreau a secoué les assises des mineurs à Rennes jeudi, avec les réquisitions de l’avocat général demandant l’acquittement de Daniel Legrand fils, accusé de viol présumé sur les enfants Delay, et la décision des avocats de la défense de ne pas plaider après cette invocation de son « innocence ».

Le verdict sera rendu vendredi, mais une telle communion de pensée entre le ministère public et la défense laisse une marge infinitésimale à une éventuelle condamnation du fils Legrand, déjà acquitté en 2005, avec douze autres accusés, pour des faits qu’il aurait commis en tant qu’adulte.

« Il n’y a rien dans le dossier, et je demande aux jurés de déclarer Daniel Legrand fils non coupable, car il est innocent, et je veux que vous l’écriviez car il n’a rien fait », s’est écrié l’avocat général Stéphane Cantero, dans une initiative apparemment sans précédent dans l’histoire judiciaire.

Les avocat de la défense se sont alors réunis en privé avant de venir en groupe devant la Cour y annoncer, par la voix de Me Hubert Larue, que « face à ce réquisitoire d’innocence », ils avaient « décidé de ne pas plaider », tout en reconnaissant que « les enfants Delay sont des victimes ». Il leur était difficile de dire le contraire pour ces mineurs devenus adultes, puisqu’ils avaient été reconnus victimes par les jurés à Paris en 2005 avec neuf autres enfants et tous indemnisés par l’Etat.

Cette avalanche de clémence en faveur de l’accusé a surpris les connaisseurs du dossier d’autant plus que Daniel Legrand avait avoué à deux reprises des viols et dénoncé d’autres adultes en 2001 et 2002 avant de se rétracter.

Dans son réquisitoire long de deux heures, l’avocat général est revenu sur l’affaire d’Outreau pour monter haut la barre dans le dénigrement systématique des victimes, des organismes de défense de l’enfance, des experts, de l’enquête policière, du juge Fabrice Burgaud et même de la chambre de l’instruction à Douai.

Cet ersatz verbal de « massacre à la tronçonneuse » a été énoncé d’une voix cassante, avec le recours à la prétérition, figure de rhétorique périmée certainement apprise par Démosthène à son premier cours devant ses élèves. Les cailloux qu’utilisait l’orateur grec dans sa bouche pour domestiquer son élocution donnaient l’impression d’être restés dans celle de l’avocat général pour mieux casser du sucre sur ses cibles.

« Ce n’est pas le procès des victimes, mais… », a-t-il dit d’entrée. Après avoir reconnu l’état de victimes de Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, il a réduit cette concession à la portion congrue pour mieux stigmatiser leurs accusations. « Les enfants Delay se trompent, ils ne mentent pas, mais ils vivent de faux souvenirs, de souvenirs reconstruits ». Quand Dimitri a établi une liste de prédateurs devant sa famille d’accueil à l’époque des faits, M. Cantero en a déduit qu’il avait eu « une forme de pensée magique ». Jonathan a lui aussi accouché de « souvenirs reconstruits », selon le magistrat. Emporté par son élan réprobateur, il a osé même citer les sorcières de Salem, que les enfants pointaient du doigt pour les faire pendre.   

« Ce n’est pas le procès de l’instruction, mais… », a-t-il poursuivi. Cette prétérition a donné lieu à une démolition en règle de l’enquête menée par la police et le juge Burgaud. « C’est pire que Kafka », selon ses dires, teintés d’une pointe de compassion : « le juge a fait ce qu’il pouvait, il était de bonne foi, mais il était seul, inexpérimenté, et victime de ‘l’effet Rosenthal’ (ne pas entendre ce qui va à l’encontre de la conviction initiale) ». Les magistrats du Nord-Pas-de-Calais en ont pris un sérieux coup pour leur grade à leur tour : « c’est aussi un échec de l’institution, a ajoute M. Cantero. Sur les 66 juges de la chambre de l’instructioon, personne n’a arrêté la machine ». Ces mêmes collègues de l’avocat général dans le Nord apprécieront à ce égard son allusion à « Mangez-le si vous voulez ». Ce livre de Jean Teulé raconte le drame survenu en 1870 à Hautefaye (Dordogne), village où un aristocrate local avait été confondu avec un Prussien et immolé par les habitants. « Mangez-le si vous voulez », aurait dit le maire à ses administrés.

Depuis l’ouverture des assises le 18 mai, Stéphane Cantero s’est distingué par ses permanentes interventions à décharge au profit de Daniel Legrand, et des initiatives surprenantes, y compris avec l’appel comme témoins à deux psychologues belge et canadien, Marc Meulen et Hubert Van Gijseghem.

La partie civile avait mis en cause la veille avec fermeté la légalité de ces invitations, réalisées par mail et par téléphone respectivement. Dans le mail de Stéphane Cantero à Hubert Van Gijseghem avant le procès pour le citer comme témoin, et lu par le président des assises en audience, le magistrat évoquait le thème à débattre dans sa comparution par visioconférence depuis Montréal. « Quand je cite un témoin aux assises, il m’est formellement interdit de lui en dire les raisons », s’était insurgé l’avocat Yves Moneiris.

Cette incongruité dénoncée par la partie civile n’est que l’une des anomalies détectées dans ce procès qui a failli ne jamais être audiencé depuis l’ordonnance de renvoi de 2003. Le procureur de Pontoise Jean-Jacques Zirnhelt, venu témoigner mardi à Rennes, était à ce poste à Douai de 2004 à 2011.  Il a alors révélé avoir annoncé en 2006, dans une réunion avec les avocats de la défense aux procès d’Outreau, en l’absence de leurs collègues de la partie civile, qu’il « n’avait pas l’intention d’audiencer ce procès » aux assises des mineurs.
« Compte tenu des épreuves subies par les enfants qui avaient vu leurs parents condamnés, et du fait qu’en appel à Paris ils n’avaient pas parlé, j’ai pensé que ce ne serait pas bon pour eux qu’ils reviennent devant une cour d’assises », avait-il précisé avant d’assurer que « jamais il n’avait pris une telle décision (dans sa carrière) ». Parmi les avocats présents à cet accord secret, dénoncé à Rennes par la partie civile, figuraient Eric Dupond-Moretti, Frank Berton et Hubert Delarue, à nouveau sur le banc de la défense à Rennes.   

Dans son réquisitoire ce jeudi, M. Cantero a louvoyé dans ses commentaires sur le bien-fondé de ce procès. Après avoir dit que c’était « une erreur », il a reconnu ensuite, comme la partie civile l’avait fait la veille avec virulence, que « c’est une obligation de faire le procès de Daniel Legrand, sinon c’est un déni de justice », avant de justifier les près de dix années de retard à l’audiencer par un « souci d’apaisement, sans un deal secret ».

L’avocat général s’en est pris également à deux femmes. D’abord à Homayra Sellier, présidente de l’association Innocence en danger, à l’origine de la demande en juin 2013 pour que ce procès se tienne avant sa prescription à la fin de cette année-là. « Elle affirme que les enfants violés ne sont plus entendus depuis l’affaire d’Outreau, c’est le contraire », s’est-il écrié, dans un évident déni de la réalité que connaissent tous les spécialistes de l’enfance maltraitée.

Puis à Laurence G., animatrice d’un blog critique sur Outreau. Cette dame a pris soin pendant deux ans de Chérif, et de temps à autre de Dimitri et de Jonathan, à ses frais. Pourquoi l’avocat général a-t-il abaissé le débat jusqu’à dire : « on ne sait plus si c’est sa mère, sa femme ou sa maîtresse. »

Ce nouvel épisode sur la pédophilie se situe au moment même où la police britannique enquête sur 1433 personnes soupçonnées d’abus sexuels sur des enfants, sur plusieurs décennies, dont 261 «personnalités en vue» de la politique, des médias ou du cinéma.

Aucune enquête similaire n’a lieu dans l’Hexagone, comme si le Tchernobyl pédophile qui frappe la Grande-Bretagne évitait la France…

Nota Bene : pendant l’audience de lundi, l’avocat de la défense Frank Berton avait publiquement évoqué mon livre « Retour à Outreau », écrit par le « pseudo journaliste Thomet ».

J’ai attendu la fin du procès jeudi pour aller le voir à la sortie du palais de justice, alors qu’il avait repris ses habits civils. « Monsieur Berton, vous avez tout loisir pour me qualifier de ‘révisionniste’ d’Outreau, mais je vous interdis de me traiter de pseudo journaliste », lui ai-je dit. « D’accord », m’a-t-il répondu. Dont acte.

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03/06/15

Un virulente attaque a été lancée mercredi aux assises de Rennes contre le ministère public, accusé par les avocats de la partie civile « d’arbitraire, de destruction de l’Etat de droit », et d’être « sorti de la route » dans sa conduite du procès Daniel Legrand fils dans le dossier Outreau.

Ces gravissimes mises en cause de deux avocat généraux par les défenseurs des enfants violés, pendant leurs plaidoiries, n’auront pas manqué de frapper les jurés appelés à se prononcer vendredi sur une éventuelle condamnation de l’accusé dans leur délibéré.

La première victime de ce tir de barrage n’est autre que Jean-Jacques Zirnhelt, pour son témoignage à la barre la veille. Actuellement procureur de Pontoise et avocat général à Versailles, il a été procureur général près la cour d’appel de Douai en 2004 à 2011.

C’est à ce titre qu’il avait hérité de l’ordonnance de renvoi de Daniel Legrand fils devant les assises des mineurs, décrétée en 2003, pour les crimes de viols présumés commis par lui contre des enfants quand il était lui-même mineur. L’accusé avait été acquitté en 2005 avec 12 autres adultes aux assises de Paris dans la même affaire d’Outreau pour de présumés crimes de viol quand il avait déjà la majorité légale.

Dans son intervention, M. Zirnhelt a révélé avoir annoncé en 2006, dans une réunion avec les avocats de la défense aux procès d’Outreau, en l’absence de leurs collègues de la partie civile, qu’il « n’avait pas l’intention d’audiencer ce procès » aux assises des mineurs.

« Compte tenu des épreuves subies par les enfants qui avaient vu leurs parents condamnés, et du fait qu’en appel à Paris ils n’avaient pas parlé, j’ai pensé que ce ne serait pas bon pour eux qu’ils reviennent devant une cour d’assises », a-t-il précisé avant d’assurer que « jamais il n’avait pris une telle décision (dans sa carrière) ». Parmi les avocats présents à cet accord secret, dénoncé à Rennes par la partie civile, figuraient Eric Dupond-Moretti, Frank Berton et Hubert Delarue, à nouveau sur le banc de la défense à Rennes.

Le procureur a affirmé avoir communiqué son « intention » à sa hiérarchie, et n’avoir pas le souvenir d’une réaction de celle-ci. Il a aussi confessé « ne pas en avoir informé son successeur à Douai, Olivier de Baynast, pour la raison que « ce n’était pas un dossier d’actualité »        

Dans sa plaidoirie, Yves Moneris, avocat de la partie civile, a qualifié ce refus d’audiencer le procès Legrand fils d’être « tout sauf légal », et d’une volonté de « faire un enterrement de première classe de ce procès » avec la décision de M. Zirnhelt de « n’avoir rien dit à son successeur ». Convoqué comme témoin à Rennes, Olivier de Baynast a refusé de s’y rendre, pour des raisons non expliquées.

La mise au congélateur de ce dossier a déclenché l’ire de Lev Forster, autre avocat des enfants violés. « C’est l’arbitraire, la destruction de l’Etat de droit », s’est-il écrié.

L’autre cible, dans la vindicte des avocats de la partie civile, aura été l’avocat général Stéphane Cantero, représentant du ministère public à Rennes. Son obstination permanente à intervenir à décharge, depuis le début du procès, s’est encore concrétisée mercredi avec son invitation à témoigner par visioconférence depuis Montréal, faite au psychologue Hubert Van Gijseghem.

Le président des assises, Philippe Dary, a déclenché une nouvelle levée de boucliers dans la partie civil en révélant que ce psychologue canadien avait reçu un mail de l’avocat général Cantero lui expliquant les raisons de cette invitation.

« Monsieur le procureur, vous êtes sorti de la route », s’est insurgé Me Moneris. « Moi, je n’ai pas le droit de parler à un témoin quand je le cite ». Son collègue Lev Forster a également moqué cette initiative de M. Cantero : « si on doit faire venir un spécialiste en lui disant ce qu’il a à dire… », a-t-il ironisé, avant de tourner en ridicule les théories du psychologue canadien,

Selon ce dernier, « la parole d’un enfant victime ne doit pas être recueillie dans un endroit confortable, mais au contraire dans un lieu qui inspire le respect et l’autorité. Le mineur doit donc se rendre immédiatement à la police, seul, et ne pas être accompagné ». Cette méthode a été brocardée par Lev Forster : « vous imaginez un enfant qui vient de se faire violer se rendre par ses propres moyens au poste de police ? »

Ces deux premières plaidoiries de la partie civile, qui se poursuivront demain, ont longuement commenté le cas de Daniel Legrand fils et démontré que l’accusation tenait contre lui, notamment à partir de ses aveux et des dénonciations incontestables des enfants.  

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02 juin 2015

Un coup de théâtre a mis fin mardi à l’audience délétère du procès Daniel Legrand fils, avec un ministère public oeuvrant à décharge, grâce à la preuve apportée par la partie civile sur un mensonge du taxi Pierre Martel, l’un des 13 acquittés, à propos de l’accusé.

Comme tous les autres acquittés qui ont défilé comme témoins depuis lundi aux assises de Rennes, Pierre Martel a déclaré qu’il ne connaissait pas le fils Legrand avant l’affaire d’Outreau, déclenchée en janvier 2001.

Mis sur le grill par les avocats de la partie civile, qui représentes 3 des 12 enfants victimes de viols à l’époque et reconnus comme tels au procès de Paris 2005, M. Martel a reconnu avoir signé une déposition en 2002 devant 4 policiers, où il affirmait qu’il connaissait le fils Legrand et l’avait pris dans son taxi, « pas plus de trois fois ». Le fils Legrand avait affirmé, lui, n’avoir jamais pris de taxi et ne pas connaître ce chauffeur.

Tout à coup, Pierre Martel a assuré mardi à la barre qu’il avait paraphé à l’époque ce texte « sans le lire, sans qu’on l’y force », mais qu’en fait il n’avait pas alors avoué ce qui était écrit, au terme d’une confrontation avec l’homme aujourd’hui dans le box des accusés.

Son revirement a déclenché un hourvari entre les avocats des deux parties. Me Lev Forster, pour la partie civile, a alors menacé de demander une confrontation entre Martel et les quatre policiers pour tirer au clair cette contradiction.

Devant la menace de Me Forster de faire acter cette contestation par le président de séance, le taxi Martel a finalement avoué avoir bien dit « oui, je le connaissais » aux policiers avant de signer sa déposition.

Cet incident n’aura rien d’un détail aux yeux des jurés appelés à se prononcer sur la culpabilité de Daniel Legrand fils samedi, au terme de trois semaines de procès. Il est accusé de viols sur des mineurs quand il était lui-même mineur entre 1997 et 1999.

Depuis le début des assises de Rennes, la défense a pris le parti de repeindre Outreau en rose pour les acquittés avant leur arrestation, de toucher la corde sensible de leur détention avant leur remise en liberté, de les amener à critiquer le juge Fabrice Burgaud, et d’impressionner le jury avec les larmes que tous ont fini par verser, à de rares exceptions près.  Ont donc témoigné entre lundi et mardi, dans l’ordre: David Brunet, Sandrine Lavier, Karine Duchochois, Thierry Dausque, Franck Lavier, Roselyne Godard, Alain Marécaux, Odile Polvèche (ex-Marécaux), Dominique Wiel et Pierre Martel.

C’est cette même défense qui a décidé de tous les convoquer, alors qu’ils ont tous affirmé ne pas connaître Daniel Legrand fils, pour refaire le procès d’Outreau à leur profit et lever les derniers doutes, s’il en restait, sur leur innocence. Les jurés auront pu se demander, comme la partie civile le leur faisait remarquer, pourquoi ils étaient venus devant eux clamer l’innocence d’un accusé qu’ils n’avaient jamais rencontré, à l’exception donc du taxi Martel.  Aucun d’entre eux, sauf Franck Lavier, n’avait vu quelque chose d’anormal  se passer chez Myriam Badaoui et Thierry Delay, selon leurs déclarations à la barre, alors que le couple a été condamné à de lourdes peines de prison pour viols de mineurs.

Cette stratégie, loin d’être contrée par le ministère public en charge de l’accusation, a obtenu l’appui implicite de l’avocat général Stéphane Cantero, habile à ne pas relever les contradictions entre les déclarations des acquittés à Rennes et les aveux de certains d’entre eux à l’époque.

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01/06/15

Un malaise palpable a gagné les assises de Rennes où le procès de Daniel Legrand fils devient en filigrane celui des enfants violés, aux yeux des connaisseurs du dossier.

Après ses frères Jonathan et Chérif, Dimitri Delay a accusé lundi le fils Daniel Legrand de l’avoir violé à Outreau quand ils étaient mineurs, mais le déroulement des audiences fait la part belle aux adultes acquittés à Paris en appel en 2005 après le premier procès de Saint-Omer en 2004.

 5 des 13 accusés acquittés de l’époque ont été invités à témoigner lundi. Ils ont tous entonné le même refrain : je ne connaissais pas le fils Legrand, il ne s’est rien passé chez Thierry et Myriam Delay (deux des quatre condamnés à Outreau), et je n’ai violé personne.

Karine Duchochois a conclu que les enfants avaient menti, et les autres, David Brunet, Thierry Dausque, Sandrine et Franck Lavier l’ont laissé entendre en disqualifiant leurs procès, comme si 12 mineurs n’avaient pas été reconnus comme victimes de sodomies et indemnisés en 2005. D’autres adultes acquittés viendront témoigner les prochains jours, dont l’huissier de justice Alain Marécaux, l’abbé Dominique Wiel et Roselyne Godard « la boulangère ».

L’apogée du malaise ambiant a été atteinte avec le témoignage sans précédent de l’avocat général aux assises de Paris en 2005, Yves Jannier. Les avocats de la partie civile, Lef Forster et Patrice Reviron, se sont insurgés contre l’invitation faite à ce magistrat, aujourd’hui procureur à Pontoise et avocat général à Versailles, par…le propre avocat général de Rennes, Stéphane Cantero, donc normalement en charge de l’accusation au nom du ministère public.

« N’est-ce pas une irrégularité de procédure que de vous convoquer ? », s’est interrogé Me Forster. Un duel à fleurets mouchetés s’est alors emparé du prétoire. Me Reviron a marqué sa surprise : « jamais je n’ai vu un avocat général d’une affaire jugée venir témoigner devant des assises (où comparaît à nouveau l’un des accusés acquittés) ».

Sans aucune gêne, Yves Jannier a assuré que « ces gens étaient innocents », que le père de Daniel Legrand (l’un des acquittés) « n’avait rien à faire dans cet endroit-là » (les assises), et que pour parvenir à cette conclusion, il s’était livré à un « exercice acrobatique pour demander l’acquittement des accusés. » Personne n’a compris son bricolage de type aérobique.

Quand la partie civile a mis le doigt sur les incohérences de ses déductions argumentées, il s’est contenté de botter en touche,  avec des réponses lapidaires : « je n’en sais rien …je n’en dirai pas un mot… je ne me souviens pas » Le sommet de son amnésie à l’heure de justifier sa conclusion sur « l’innocence » des accusés a été atteint à propos d’une phrase prononcée par lui en audience à Paris. L’avocat de la défense Frank Berton l’a alors interpellé à propos « du livre du pseudo journaliste Thomet » et de ma citation d’une intervention de M. Jannier en audience quand il avait demandé à un enfant violé s’il ne l’avait pas été par un extra-terrestre. « Je m’en fiche de Thomet, je n’ai pas lu les livres, je n’ai pas le temps ». (Je rappelle que dans mon livre « Retour à Outreau », je cite Yves Jannier comme auteur de cette phrase, mais avec le mot « Martiens », rapporté par un témoin présent aux assises). Le magistrat a alors assuré « ne pas en avoir le souvenir », mais sans démentir ce que j’ai écrit noir sur blanc.

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Etrange… J’ai contesté la censure hier soir, envoyé une copie de ma carte identité et ce matin réponse: votre nom ne correspondait pas à celui de votre carte. Faux.
Mais j’ai cliqué sur leur marche à suivre et c’est rétabli.
Sûrement une tentative de piratage, non ? Par des gens mal intentionnés…
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28/05/2015

Mon compte Facebook a été désactivé ce jour sans aucune explication.

J’ai fait appel de cette mesure discriminatoire contraire à la liberté d’expression des journalistes en France.

J’attends la décision de Facebook.

Ceux de mes lecteurs qui ont un compte Facebook peuvent faire état de cette mesure sur leur mur, pour qu’elle soit connue du plus grand nombre possible.

Jacques Thomet

 

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