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11 avril 2012

Volubile dans ses rudes plaidoiries dites « de rupture » aux assises, le célèbre avocat pénaliste reste d’une étonnante discrétion sur l’affaire d’Outreau dans son livre « Bête noire », qui vient de paraître chez Michel Lafon.

A la lecture de ces mémoires écrites après 28 ans de barreau, on est partagé entre un respect certain pour son ascension à la force du poignet doublée d’une éloquence reconnue, dans ce bloc taurin tout d’une pièce, prêt à ruer, et le malaise équivalent engendré par sa haine infuse contre l’institution judiciaire.

Voilà donc un homme au parcours atypique en diable. D’humbles origines (orphelin de père à 4 ans, sa mère femme de ménage), il vit avec sa famille dans une ferme en pleine campagne près de Lille, et adore la chasse au faucon. Il parviendra au faîte de la gloire médiatique après avoir trimé, pour payer ses études, comme « fossoyeur, maçon, déchargeur de sacs de sable, ouvrier à la chaîne, serveur dans des
boîtes de nuit ou de restaurant, pion ».

Baptisé par ses confrères «  Acquittator » – un surnom qu’il n’aime pas – , pour son talent à faire innocenter des accusés, Eric Dupond-Moretti a laissé hélas en partie ce don au vestiaire, avec sa robe noire héritée d’un autre avocat admiré, à l’heure de prendre la plume pour écrire trop vite, lui qui improvise ses plaidoiries.

On reste surtout sur sa faim après le chapitre sur Outreau, source des trompettes de sa renommée pour avoir réussi à faire acquitter sa cliente Roselyne  Godard, « la boulangère ».  Le lecteur découvrira sa hantise,  évoquée noir sur blanc, face à « une sorte de révisionnisme judiciaire (qui) tente de se mettre en marche, selon lequel certains des acquittés seraient, en réalité, coupables », dans ce qu’il appelle « un marché noir de la calomnie ».

Jamais cet avocat n’a eu le moindre mot d’affliction, pendant les assises de Saint-Omer puis de Paris en 2004 et 2005, pour les enfants violés par des adultes. Au contraire, lui et ses confrères de la défense ont malmené, parfois pendant des heures à la barre,
ces mineurs victimes de sodomies à répétition, quatre ans au moins avant la première audience, où ils ont été y compris traités de « menteurs »
par une avocate.

Face aux doutes de plus en plus récurrents sur la réelle étendue des viols présumés commis à Outreau par des adultes, beaucoup plus nombreux que les 17 accusés si l’on se réfère à l’enquête, Me Dupond-Moretti se sent obligé d’ouvrir son chapitre avec, enfin, une parole pour ces petites victimes broyées à vie. « L’affaire d’Outreau, c’est d’abord la souffrance d’enfants qui ont été violés. Je ne veux pas aborder le scandale judiciaire sans ce préambule ». Mais il oublie vite cet acte de contrition pour évoquer, à peine trois pages plus loin, que « tout le monde a vouloir croire la fable récitée par des enfants » ! A aucun moment le champion des acquittements ne relate l’horrible réalité : le fait que douze enfants ont été reconnus comme victimes de sévices sexuels, et indemnisés par l’Etat, soit 25.000 euros pour chacun, contre près de 300.000
euros ou plus dans certain cas pour les treize acquittés, dans un total déni d’équité. Seuls quatre adultes avaient été alors condamnés.

Pas une seule fois il ne relate l’essence de ses interventions musclées face aux petits enfants victimes, alors relégués dans le box des accusés par les chefs de cour comme si les vrais coupables, c’étaient eux, et pas les adultes installés, eux…au milieu du public. Les ingénus pouvaient espérer un geste d’excuse, de regret ou au minimum de malaise face aux enfants victimes dans ce livre. Ils seront déçus.

Lynché par les médias et les avocats de la défense après les acquittements d’Outreau,  le juge Fabrice Burgaud, chef de l’enquête, sort
relativement épargné par les griffes d’  « Acquittator ». Même s’il qualifie de « délirant à 90% » le dossier du jeune magistrat, Eric
Dupond-Moretti n’explique pas en quoi il le serait à une telle dose, et oublie que dans les 30.000 pages des cotes judiciaires, près de 60 adultes ont été cités à un moment ou à un autre par autant d’enfants ou d’autres adultes comme présumés auteurs de viols à  Outreau.  L’avocat y va même d’un léger coup de chapeau à l’égard du juge lors de son intervention aux assises de Saint-Omer le 6 juin 2004 : « il est 18H30, on l’auditionne depuis 9H30 du matin, mais Fabrice Burgaud tient la distance. »  Et de conclure : «tout le monde
est d’accord. Outreau n’est pas le désastre qui devrait porter le nom d’un petit juge, mais le résultat d’un catalogue de mauvaises habitudes qui font l’ordinaire de notre justice ».

Par contre l’auteur en remet une couche contre les experts judiciaires – notamment Marie-Christine Gryson, injustement mise en cause -, laminés par la défense à Outreau dans un déluge de moqueries, mais épargnés par les mêmes avocats dans d’autres procès quand
leurs conclusions dépeignent sous le meilleur jour leur client accusé.

Pour comprendre la rancune tenace du pénaliste contre les magistrats, même s’il assure y avoir des amis, il suffit de se reporter à un incident survenu en 1993. Une sombre histoire de drogue. Elle a failli faire capoter sa carrière. Eric Dupond-Moretti est alors arrêté sur la route par la PJ de Lille, mis en garde à vue par le juge José Thorel, qu’il crucifie dans son livre, et une perquisition a lieu dans sa ferme flamande. Sur un tapis de sol de sa voiture, les enquêteurs découvrent « des traces infinitésimales d’héroïne et de nicotine » lors du second contrôle réalisé par un chien renifleur de drogue. Le premier n’avait rien donné. Le témoignage ultérieur d’un policier assurera qu’entre les deux contrôles, « quelqu’un a saupoudré de drogue un tapis de la voiture », sans révéler l’identité de l’auteur. L’affaire cessera sur le champ.

Mais là où l’avocat force la dose, c’est à propos du « fantasme d’une collusion occulte entre le barreau et la presse. C’est faux », selon lui.  Quitte à avouer : « moi, j’ai choisi de me laisser un peu exploiter par la machine de l’image, mais j’espère rester vigilant ».  Nul n’ignore dans
quelles conditions se sont déroulés les procès d’Outreau, avec les avocats de la défense sous les feux de la rampe à chaque suspension de séance, devant micros et caméras, puis au restaurant en compagnie de journalistes triés sur le volet, quand le ministère public restait coi…

26 réponses à “« Bête noire » des prétoires, Eric Dupond-Moretti voit rouge devant « une sorte de révisionnisme judiciaire » contre Outreau”

  • Outreau en V.O.:

    Très bel article sur le livre de cet avocat pour qui l’ acquittement est une exigence que l’on pourrait qualifier d’ existentielle et la condamnation une castration.

    Les moqueries ont été la stratégie d’ élimination de l’ expert- l’ autre Docteur en psychologie trop dangereuse- au procès en appel à Paris.Il a extrait l’ image de la musaraigne comme réponse à une planche du Roschach en faisant croire que c’ est comme cela que l’on démontrait le viol d’ un enfant. Cet expert témoigne dans le film de Serge Garde, qu’ en sa présence, Dupond Moretti a demandé à la Présidente de lire des extraits du rapport ( technique sur le test de Rorschach ) alors qu’il initiait un fou rire communicatif…elle est restée interdite pendant que tout le monde riait…faisant les frais de la tension extrême qui y régnait, comme l’ écrit la chroniqueuse judiciaire Pascal Robert-Diart.

    Les stratégies utilisées pour éliminer Marie-Christine Gryson ont été plus « élaborées » si l’on en croit son récit dans son ouvrage « Outreau la vérité abusée »…hurlement d’ indignation, culpabilisation majeure par inversion des culpabilité, dénigrement caricatural des méthodes d’ expertise etc…
    Par exemple : »elle voit dans les yeux des victimes qu’ elles le sont »…alors que la méthodologie comporte plus de 40 critères à partir- entre autres- d’ échelles de validité mises au point par la recherche en victimologie.
    Tous ces arguments qui ne faisaient pas mouche généralement lors des procès d’ assises quand les journalistes ne pouvait être manipulés comme des marionnettes ( cf le film Chicago)
    Etrangement aucune contre-expertise à l’ exception d’une seule- à l’ initiative de l’un de ses confrères- n’ a été demandée lors de l’instruction. Ayant une expérience importante ( 600 expertises d’enfants victimes) il avait nourri à son endroit, précise t-elle dans son livre, une certaine rancoeur car elle était devenue un véritable obstacle à ses acquittements.
    Ne pas demander de contre-expertise était vraisemblablement stratégique …il n’ y a avait ainsi que 2 experts dont il fallait se débarrasser au procès de St Omer. Et lorsque le président a décidé de désigner 5 contre-experts durant le procès, le fait qu’ils valident ses conclusions n’ a eu aucun impact puisque la Défense avait réussi à griller le consensus normal sur la compétence des experts Psychologues.

    A noter que son confrère Berton a été plus loin que lui dans l’ abjection des méthodes puisqu’ il a porté atteinte à la probité et à l’ honneur de cette experte en l’ accusant de faute déontologique à partir de mensonges éhontés. Il a prétendu en son absence, qu’ elle suivait en thérapie les enfants d’Outreau et qu’ elle était en conflit d’ intérêt avec le Conseil Général, représentant légal des enfants.Ce qui a été démenti par l ‘nequête des services judiciaires en 2006, mais l’ objectif était atteint pour le procès et le mal était fait définitivement ! Elle l’ explique clairement!

  • Outreau en V.O.:

    PS : Eric Dupond-Moretti avait apparemment bien besoin de se faire une santé morale car sa réputation était bien ternie, ne serait-ce parce qu’il est le champion de France des acquittements, pour le grand public et du fait de ses méthodes d’ une agressivité destructrice pour les professionnels.
    Il y parvient en sollicitant la compassion et l’ admiration pour la dureté de son parcours…mais est-ce que cela peut justifier qu’il ne s’ embarrasse jamais lors de ses plaidoierie de l’ horrible souffrance des victimes qui après avoir subi le chemin de croix du parcours judiciaire voient leur bourreau acquitté…sans aucune possibilité de faire appel !
    Et lorsqu’ en première instance ce bourreau est condamné et que l’on fait appel à Acquitator, leur supplice recommence ….Les magistrats sont témoin de ce carnage de vies qu’ils tentent de soulager en rendant la justice …mais aussi et surtout les associations de défense et les thérapeutes des victimes. Les suicides ne sont pas exceptionnels !

  • yaellachevresauvage:

    EDM ne peut ignorer la culpabilité de ses clients quand il les assiste.
    Ses méthodes sont diaboliques, il tord la vérité avec sarcasme …
    La vie des enfants victimes l’importe guère.
    La destruction massive de ces petits l’indiffère complètement… Enfin j’ose juste espérer que cela l’indiffère, car il m’arrive de penser qu’il prend « son pied » en voyant les victimes s’effondrer lorsqu’il mime théâtralement leur calvaire pendant ses plaidoiries.
    Il a plus de coeur pour ses faucons que pour des enfants violés et torturés par ses clients…
    Comment arrive-t-il à vivre avec « ses ténèbres »?
    Comment peut-il regarder les victimes dans les yeux?
    Comment peut-il regarder ses enfants dans les yeux?
    Ce qui me tient le concernant, c’est cette conviction que Dieu voit chacun de ses actes et sonde ses pensées

  • Outreau en V.O.:

    PS 2 : Désolée d’ être fâché avec le pluriel…vive la langue espagnole qui le donne à entendre dans la prononciation!

  • Christine:

    Ce billet de Philippe Bilger à propos d’Eric Dupont-Moretti. Même pour ses amis (« de coeur » semble-t-il pour M. Bilger) les acquittements d’Outreau ont laissé un goût amer…

    http://www.marianne2.fr/Dupond-Moretti-un-100e-acquittement-mais-pas-de-quoi-celebrer-_a208397.html

    • yaellachevresauvage:

      Extrait de cet article:  » Eric, depuis le cataclysme d’Outreau, est à la fois le conseil qui défend le coupable protestant de son innocence dans le box  »
      —————————————————————-

      ben là on a 3 mots intéressants:
      1) coupable
      2) protestant
      3) innocence

      Tout est dit non?
      Sur ses conseils, la défense adoptée par les clients de l’acquitte-à-tord, même s’ils sont coupables (j’ai envie de dire, surtout s’ils sont coupables) est la protestation de leur innocence.

      Récemment, nous avons entendu Lavier clamer son innocence vis à vis de la maltraitance infligée à ses 2 enfants… Mais oui, je sais bien que l’avocat de Lavier n’est pas EDM, mais Berton… Mais leurs méthodes sont identiques: beaucoup de bruit pour impressionner le prétoire et les journalistes, intimider, je rectifie : terroriser les enfants victimes et ça marche!

      Je ne peux avoir de respect pour quiconque méprise et détruit les enfants, mais plus encore , les enfants victimes. J’éprouve d’ailleurs un profond dégoût, une révulsion incontrôlée.

  • J’attire l’attention sur le fait que Gilbert ABAS établit le lien Toulouse-Outreau avec le rituel sataniste des têtes arrachées aux cadavres (cf le livre de l’aîné des enfants d’Outreau rédigé avec Serge GARDE).

    • yaellachevresauvage:

      Des clients de Delay pouvaient être dans ce délire sataniste, mais je doute que Delay en ait été.

      Je dis bien clients car les enfants ont été reconnus victimes de prostitution et Delay a été puni pour prostitution d’enfants (bizarre, pas de clients, mais ça c’est un autre débat).

      Les têtes placées dans la chambre de Chérif semblent avoir été le résultat de profanations de tombes de la part du monstre prédateur en vue d’effrayer le petit.

      • Gilbert ABAS permet de décoder Outreau avec les têtes arrachées aux cadavres (cf les rituels satanistes de la casserole pleine d’un liquide rouge de l’affaire ALEGRE et des prélèvements de sang sur sa femme par Emile LOUIS) et ALEGRE avec ROCHE, mais en même temps la vidéo sur son livre évoque un scénario TAXIL 2 avec un DA VINCI code bis et un copié-collé du chapitre 5 de Bruno FOUCHEREAU « La Mafia des sectes », le livre qui mentionne page 131 le rapport de la DGSE du 17 janvier 1994 sur LUCIFER ABC juste avant le Rwanda du 6 avril 1994 et en plein milieu de l’étouffement des dépôts d’armes par l’ONU : le système disparues de l’Yonne, centre de torture d’Appoigny, ALEGRE, CHANAL et disparus de Mourmelon, FOURNIRET et son château à vitre sans tein, Angers et Outreau, génocides du pays Bamiléké, du Biafra, du Burundi-Rwanda-Kivu-Zaïre-Congo-Brazzaville-Beach est un système de totalitaire létal de type République de Weimar en phase terminale qui aurait déjà la SHOAH à son actif…

    • Bernard, intéressant, je verrai cela avec Gilbert….. Je pensais qu’à Toulouse ils avaient coupé les têtes aux victimes ( celles de Boîte à Pandore N°1) qu’ils passaient dans l’incinérateur de Cazères afin de supprimer tout indice et de ne pas retrouver dans les cendres les crânes et les prothèses dentaires incombustibles.
      Il serait tout de même plus que tant d’aller fouiller ces centaines de tonnes de cendres « intouchables » qui obstruent l’entrée du parking technique de cette mairie. Qu’attend le juge d’instruction averti officiellement depuis plus de sept ans….faut dire que lui aussi est un peu tenu par les c….. . Remarquez à Toulouse tout le monde a été averti et personne ne bouge : Commandants de gendarmerie et Commissaires, Procureur, Magistrats, Députés, etc…etc…
      - « Tu vois petit, c’est ça la France »

  • Diouf Mabouyo:

    Ce livre est formidable et reste à l’attente des justiciables afin de mieux connaître ce courageux et brillant
    homme de l’excellence des prétoires françaises.Nul doute que des vauriens de jaloux et malveillants lui en ont voulu par de fausses et fallacieuses accusations montées de toutes pièces en 1993!Il n’en est rien de sa superbe personnalité.Maitre Eric Dupont Moreti est un brave défenseur de la liberté individuelle, du droit de l’intelligentia, des forces de la présomption d’innocence, et des droits de l’homme…
    Gloire à ce ce modèle d’exemplarité, bonne conuatio à lui et merveilleuses réussites à son manuscrit.

    • Révolté:

      Je suppose cher Monsieur que vous plaisantez?

      Donner gloire à cet homme qui massacre les enfants victimes lors des procès?
      Donner gloire à cet homme qui méprise la douleur inexprimable des fillettes et garçonnets violés et torturés?
      Donner gloire à cet homme qui bafoue la justice, outrage les professionnels sociaux ou judiciaires?
      Donner gloire à cet homme qui ne s’est pas caché d’avoir connu la culpabilité de clients qu’il a fait acquitter?

      Non Monsieur! Les valeurs que je défends ne me permettent pas d’être respectueux de votre divergence d’opinion qui laisse transparaître votre fascination anormale pour un homme dévoreur d’enfants-victimes pour atteindre son but.

      L’intelligence que vous défendez ne peut recevoir aucune considération dans la mesure où elle est au service du mal, pire, au service de la perversion et de l’abomination.

    • Julie:

      On est brave quand on profite de sa position pour faire peur à des enfants abusés en plein prétoire ? On est brave quand on se sent fort avec l’appui des médias ? On est brave quand on est en force dans un tribunal ou des enfants abusés n’ont que 2 avocats pour les défendre alors que la partir adverse en a au moins 19 , tous acquis à la même cause avec l’appui des médias ? On ne doit pas voir la même définition du mot brave …

      • Yaellachevresauvage:

        Brave j’en doute, mais ça rime avec épave, pourrave (c’est du pur stéphanois) , grave …

        • Julie:

          Il y a pérave aussi , je laisse le soin aux curieux de chercher la définition de ce mot … Sinon je vois que la propagande fonctionne bien et que nos médias habitués à nous servir de la soupe au 20 heures et nous parler de la couleur du sac de Michou au lieu de mettre des prédateurs en face de leurs exactions ne choque pas certaines personnes qui idolâtrent ce qu’ils ne connaissent que par un seul son de cloche , on comprend pourquoi la télé réalité marche autant , du pain et des jeux et peu importe le reste , la partie immergée de l’iceberg , comme le dark web ….

          • Yaellachevresauvage:

            Merci pour cet enrichissement de vocabulaire.
            Pérave: Terme de mépris : nul, démodé, de très mauvaise qualité, pourri

  • Outreau en V.O.:

    Savoir que cet avocat peut vous tirer d’un mauvais pas quelque soit le crime commis rassure donc le citoyen…c’ est là l’ unique raison de son succès !
    Il trouve parfois face à lui des magistrats qui font l’ honneur de la Justice, en défendant contre vents et marées les enfants ou les femmes victimes. Des magistrats qui n’ hésitent pas à le traiter par exemple de « petit accusateur public » comme l’a fait Luc Frémiot, avocat général, lors d’un récent procès aux assises du Nord.

    • Révolté:

      « Vous étiez autrefois un grand avocat, vous êtes aujourd’hui un petit accusateur » a lancé l’avocat Général Luc Frémiot.

      • Révolté:

        Le procès que vient de perdre Me Dupont-Moretti , bien qu’il ait agité le spectre d’Outreau, me rassure et me donne un peu d’espoir: finie la peur inhérente à cette tragédie pervertie justement par le truchement d’EDM?

  • Outreau en V.O.:

    Outreau : Eric Dupond-Moretti tue les Experts
    comme jadis on tuait les messagers.

    Trois semaines après la sortie de « La bête noire », j’ai eu l’occasion de feuilleter ce livre d’auto-justification biographique1 et j’ai lu le passage concernant les Experts d’Outreau, j’en suis restée stupéfaite, puis diverses réflexions me sont venues à l’esprit. D’abord me suis-je dit, cet avocat ne doit pas avoir peur du ridicule ni craindre de passer pour une personne ignare ou de très mauvaise foi, pour oser écrire de telles stupidités à propos du travail des experts psychologues ! Pire, il doit vraiment prendre ses lecteurs pour des déficients intellectuels pour tenter de leur faire croire à de telles énormités. Et que doit -il penser au final des Magistrats et des officiers de police judiciaire qui nous missionnent régulièrement pour expertiser les plaignants ou les personnes mises en examen ?

    Ce qu’il écrit à mon propos vaut le détour, juste après avoir invectivé le Professeur Jean-Luc Viaux il dit :

    « Sa consoeur Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui pratiquait la méthode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), fondée sur les clignements d’yeux censés déceler la vérité sans coup férir, exerce toujours ; elle figure en bonne place dans le cortège des révisionnistes judiciaires qui s’efforcent de prendre leur revanche après leur débâcle d’Outreau. » (p. 176)

    On connaissait le détecteur de mensonge, mais le « déceleur de vérité sans coup férir » ! Seul Eric Dupond-Moretti pouvait l’inventer! Et en se caricaturant lui-même!

    La suite est sur Médiapart :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/010512/outreau-eric-dupond-moretti-tue-les-experts-comme-jadis-tuai

  • yaellachevresauvage:

    Excellent billet de Jacques CUVILLIER sur Médiapart à ce sujet, où il met en évidence le ridicule dont se drape le ténor et ses acolytes :

    Quand Eric Dupond-Moretti reparle d’Outreau… Ah, vous l’avez vu ? Eh bien moi je l’ai senti…

    03 Mai 2012 Par Jacques Cuvillier
    Cette phrase tirée d’une fable de La Fontaine m’est venue à l’esprit en mettant en perspective les assertions d’Eric Dupond-Moretti dans son livre « La bête noire »1 qui vient de paraître. Impossible de lire ce qu’il ose écrire à propos de l’affaire d’Outreau et des expertises qu’il dénigre, sans les mettre en perspective avec certaines anecdotes relatives au comportement de quelques protagonistes : EDM, bien sûr, mais aussi Philippe Houillon, Thierry Normand, et bien d’autres…

    Au départ, insolente comme les effets de manche dont EDM a le secret, cette phrase d’apparence fracassante :

    « Sa consoeur Marie-Christine Gryson-Dejehansart, qui pratiquait la méthode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), fondée sur les clignements d’yeux censés déceler la vérité sans coup férir, exerce toujours ; elle figure en bonne place dans le cortège des révisionnistes judiciaires qui s’efforcent de prendre leur revanche après leur débâcle d’Outreau. » (p. 176)

    Laissons de côté les aspects clairement diffamatoires de cette ruade pour aller au centre de cette attaque perverse : « Déceler la vérité sans coup férir ». J’ai bien apprécié la réponse cinglante que lui adresse l’intéressée – Marie-Christine Gryson-Dejehansart – dans son article

    Outreau : Eric Dupond-Moretti tue les Experts comme jadis on tuait les messagers.

    Où elle démontre la stupidité de l’assertion.

    Mais je me résiste pas à l’examen des capacités innées des uns et des autres à « Déceler la vérité sans coup férir », telles qu’elles se sont manifestées tout au long de cette affaire, et par la suite, notamment dans le rapport parlementaire2.

    Nul n’est besoin d’être expert, d’avoir toutes les qualifications requises, d’avoir devant soi à longueur d’années des enfants victimes de la perversité d’adultes, d’avoir plus de 600 expertises à son actif, de mener des travaux d’expertises aux méthodes rigoureuses 3 avec une conclusion fondée sur une quarantaine de critères nomenclaturés pour être capable de cette détection performante. Il leur suffit d’avoir la science infuse, en quelque sorte le don de DVSCF : Déceler la Vérité Sans Coup Férir. Prenons un par un ces surdoués de la divination :

    Philippe Houillon, le rapporteur de la commission d’enquête, explique dans son ouvrage « Au cœur du délire judiciaire : Ce que la commission parlementaire sur Outreau a découvert »4, avec un arrière fond de poésie, qu’il a tout compris de ce dossier en 5 minutes chrono, après qu’il l’ait posé sur sa table de cuisine ! Et pourtant, il est gros le dossier avec ses quelques dix mille pages… Son don de DVSCF est indéniable, à moins que sa cuisine ne soit super-équipée, avec un DVSCF intégré !

    Le rapport parlementaire nous révèle par ailleurs des scoops dont vous n’avez pas idée :

    « Tout à l’heure, Mme Lavier nous avait dit que certaines codétenues avaient tout de suite vu qu’elle était innocente. Leur regard était pertinent. Monsieur Lavier, pensez-vous que, dans votre cellule, vous avez vu des gens innocents ? »5

    Donc c’est clair, et les procès devraient donc être extrêmement simples : un innocent, cela se voit, il suffit d’avoir le DVSCF , un don que beaucoup peuvent avoir… EDM d’ailleurs en fait partie . On s’en aperçoit indubitablement dans cette déclaration :

    « La première fois que j’ai vu la boulangère, j’ai immédiatement eu le sentiment que cette femme était totalement innocente. Il a suffi de l’entendre. »6

    Ici, même plus besoin de la vue, on voit que le DVSCF peut aussi fonctionner seulement au son…

    EDM a d’ailleurs été en quelque sorte intronisé par la Commission Parlementaire, pour qu’aux côtés des avocats de la défense il se substitue aux experts, même cinq ans après les faits, le DVSCF semble infaillible !

    « Les questions que les avocats de la défense ont posées aux enfants ont révélé la fragilité de leurs propos. Certains conseils des parties civiles se sont certes indignés de la vigueur avec laquelle les enfants avaient été interrogés. On peut cependant constater que seul un interrogatoire contradictoire dans un contexte où la parole de l’enfant ne recevait pas une validation systématique de l’adulte, a permis de révéler la fragilité des révélations des mineurs » 7

    Evidemment dans ce cas, prière de ne pas critiquer la méthode utilisée qui a davantage révélé la fragilité d’un enfant devant un colosse que la fragilité de la parole qu’ils ont livrée devant une professionnelle spécialisée et qui a été testée dans un environnement et avec des méthodes appropriées… De plus, les gamins n’avaient certes pas envie d’affronter à nouveau l’enfer qu’ils avaient connus à la barre… Mieux valait se montrer coopératifs.

    Autre fulgurance révélée dans son excellente intervention devant la Commission Parlementaire 8 par Mme Pascale FONTAINE, conseillère référendaire à la cour de cassation, ancien membre de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Douai :

    « J’envie la certitude de l’avocate de Karine Duchochois, qui a pu dire qu’après un quart d’heure de discussion avec sa cliente, elle savait déjà qu’elle était innocente, notamment « parce que c’était une jeune femme et qu’elle parlait bien »

    Sans doute Madame Fontaine n’avait-elle pas réalisé que cette avocate avait – elle aussi – le don de DVSCF. Au moins pour une fois, nous avons connaissance d’un critère supplémentaire : le beau langage. Faites de bonnes études, braves gens, et apprenez donc à bien parler, cela vous évitera des soucis…

    Maître Normand, avocat des enfants, avait lui aussi des dons particuliers. EDM lui aurait-il transmis le DVSCF au cours d’un repas au restaurant ? Toujours est-il qu’il les a manifestés à plusieurs reprises. Bien que sa mission n’ait pas consisté à priori à faire état de ses doutes envers la culpabilité de ceux que des enfants mettaient en cause, il a pourtant révélé qu’il avait « senti innocents » le chauffeur de taxi et l’huissier dès qu’il les a vus à l’audience… 9

    Quelle perspicacité merveilleuse a ce don de DVSCF lorsque tous les sens sont en alerte : la vue, l’ouïe, l’odorat… On se gardera quand-même du toucher.

    On le voit, le déroulement d’un procès en assises relève largement de certitudes immédiates, et celles-ci sont au final synthétisées dans l’intime conviction des jurés. Bien curieusement, les indications qui reposent sur des méthodes sérieuses et éprouvées ne pouvaient que contrarier la démarche d’un avocat de la défense, il lui a donc fallu les taguer, et il continue de le faire encore et encore, de peur que leur message ne redevienne lisible, audible, ou que l’on puisse vraiment sentir pour de bon toute la désinformation qui s’attache à l’affaire d’Outreau. Cela permettra alors de réaliser que douze enfants ont réellement été reconnus victimes de viols, agressions sexuelles, proxénétisme et corruption de mineurs… Et là, j’arrête de plaisanter !

    1Editions Michel Lafon

    2Rapport de la Commission parlementaire N° 3125 « Au nom du peuple français, juger après Outreau »

    3Voir : http://la-verite-abusee.pagesperso-orange.fr/documents/expertise_psychologique.html

    4Editions Albin Michel

    5Rapport de la Commission parlementaire N° 3125, P.V. de la séance du 22 février 2006

    6Rapport de la Commission parlementaire N° 3125 « Au nom du peuple français, juger après Outreau » p 373

    7Rapport de la Commission parlementaire N° 3125 « Au nom du peuple français, juger après Outreau » p 75

    8Rapport de la Commission parlementaire N° 3125 « Au nom du peuple français, juger après Outreau » p 729

    9D’après témoin direct

    • Matthieu18six:

      « Déceler la vérité sans coup férir » : intéressant comme concept…
      Quelle partie de l’oeil doit-on viser pour rendre efficace cette nouvelle application?

      A force de jouer avec ses faucons, Eric Dupond-Moretti doit s’être persuadé qu’il peut prendre les gens pour des vrais…

  • Christine:

    Ce soir, Samedi 19 Mai, EDM est reçu par L. Ruquier dans l’émission « On n’est pas couché » pour la promotion de son bouquin.

    Je sais, le traitement d’EDM par Pulvar et Polony est prévisible… qu’en sera-t-il au sujet des enfants d’Outreau et des experts une nouvelle fois outragés dans cette ouvrage ? Oseront-elles, elles aussi qualifier les résistants de révisionnistes ?…

    • Simon:

      Aucun avocat bien payé pourtant, ne protège les enfants en danger, séquestrés et violés par les agresseurs avec la complicité de la justice.
      C’est la honte Française

    • Yaellachevresauvage:

      Révisionnistes? C’est la bassesse d’EDM qui se révèle quand il veut faire avaler son négationsime !

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  • BOMBOLESSE, GROUPE QUEBECOIS DE LA MUSIQUE DU MONDE, DEBARQUE EN EUROPE

    06 juin 2010  Avec leur tube « Enlève le haut », un nouveau succès radiophonique au Canada, les sept musiciens endiablés de Bombolessé débarquent en Europe pour la promotion de leur nouvel album « Movimento », à travers huit spectacles du 24 Juin au 07 Juillet 2010.    Bombolessé propage son métissage tropical urbain. Après plus de 500 spectacles [...]

    (13 commentaires)

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