SUISSE

27 mars 2013

Je vous livre ce papier sans commentaires :

 

Le policier valaisan prévenu d’actes sexuels sur mineurs avait été poursuivi pénalement en 2004 pour avoir consulté des sites pédopornographiques.

Par Benjamin Pillard. Mis à jour le 25.03.2013

F.* avait déjà été inquiété par la justice valaisanne pour avoir téléchargé, moyennant finance, des images de pornographie infantile.
Par Philippe Messeiller
Rédacteur en chef adjoint

Cela n’aurait jamais dû arriver. Un policier et entraîneur de foot pour les juniors a pu sévir à Sion des années durant alors qu’il avait déjà été inquiété dans une opération visant un réseau de pédophiles en 2005. Il aura fallu potentiellement une trentaine de victimes et qu’une d’entre elles se décide à sortir du silence pour qu’il soit enfin mis hors d’état de nuire.

La justice valaisanne connaissait ses penchants. Elle avait enquêté sur lui. Il a beau avoir avoué avoir fréquenté des sites pédo-pornographiques et payé pour cela, il a été blanchi. La loi n’interdit pas la consultation, elle condamne les téléchargements. Cela a permis au policier pervers de passer entre les mailles du filet. Acquitté, ce prédateur a pu allègrement continuer de fréquenter des milieux qui comptaient des proies faciles.

Tous ceux qu’il a trahis, les parents, les dirigeants des clubs de foot et ses employeurs, avaient le droit de connaître ses penchants. Toutes les personnes que «Le Matin» a contactées le disent haut et fort: si elles avaient su, elles auraient tout fait pour éloigner cet individu de ses potentielles victimes.

La loi actuelle ne permet pas de le dénoncer. Et même les durcissements qui interdisent aux pédophiles condamnés d’exercer une fonction auprès d’enfants ne s’appliquent pas dans un tel cas. On ne peut tout de même pas s’empêcher de penser que tout cela aurait peut-être pu être évité si la justice n’avait pas dû se taire. Il y a des signaux qu’on ne peut ignorer. La justice aveugle ne doit pas être en plus muette. Pour le bien du pervers qu’on pourrait suivre et pour celui de toutes ces vies gâchées qui ne méritaient pas cela.

 

«C’est incroyable, choquant, inqualifiable.» Alors que son initiative «pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants» vient de passer la rampe du Conseil national, Christine Bussat accuse le coup. Fondatrice de l’Association Marche blanche, la Genevoise est tombée des nues lorsqu’elle a appris ce week-end que F.*, ancien entraîneur de juniors au FC Châteauneuf et agent à la police municipale de Sion, avait fait l’objet en 2004 déjà de poursuites pénales pour avoir téléchargé des images de pornographie infantile. Soit neuf ans avant son arrestation de janvier dernier pour s’être livré à des attouchements sur 10 à 30 jeunes garçons dans sa villa, comme l’a rapporté Le Nouvelliste samedi.

Seulement voilà, l’affaire avait été classée après un an d’instruction, faute d’avoir pu démontrer que F. avait «acquis» et «possédé» du matériel pornographique infantile. Le pervers quinquagénaire avait alors pris soin de se débarrasser du disque dur contenant les images compromettantes. Le dossier d’instruction avait pourtant établi que F. avait payé près de 330 fr. pour accéder à des sites de pornographie enfantine. «Un contrat qui est manifestement contraire aux mœurs», avaient même conclu les juges.

Ce qui désole Christine Bussat, à l’instar de tous les défenseurs des victimes de pédophilie, c’est que ni la justice ni la police valaisannes n’ont mis en garde le FC Châteauneuf des penchants pédophiles de F. «Ça me révolte, s’indigne Raymond Veuthey, président du club sédunois. Si nous avions su, nous aurions revu son engagement.» Même son de cloche du côté de la police municipale de Sion, qui a résilié jeudi le contrat de son ex-agent. «C’est relativement désagréable de savoir qu’un collaborateur a fait l’objet d’une instruction pénale, réagit le commissaire Bernard Sermier. Il est clair que si nous avions été en possession de cette information, nous aurions ouvert une enquête administrative, qui aurait pu, en fonction des résultats de l’enquête, aboutir à des mesures allant du blâme au licenciement.» Les autorités ont-elles manqué à leur devoir en se contentant de prononcer un non-lieu? «Le ministère public a donné l’ordre de ne pas s’exprimer sur cette affaire; une instruction pénale est en cours», répond Markus Rieder, porte-parole de la police valaisanne.

«C’est quand même incroyable qu’on ait laissé cet individu entraîner des juniors, s’insurge le conseiller national et futur ministre valaisan Oskar Freysinger, membre du comité de Marche blanche. La justice savait qu’il était attiré par de jeunes enfants, il y avait un signal d’alarme! J’estime qu’il devait être suivi de près, ne serait-ce que par l’Office pour la protection de l’enfant, mais je soupçonne un travail bâclé.»

Contacté, l’Office valaisan pour la protection de l’enfant confirme qu’il n’était pas non plus au courant de l’instruction pénale de 2004, ni de son classement. «La loi ne prévoit pas de transmission automatique de ce genre d’information, sauf si ces renseignements impliquent des enfants faisant l’objet de suivi par notre office, explique le chef de service, Marc Rossier. Mais est-ce bien notre rôle d’informer et d’alerter les parents? Nous ne pouvons intervenir que dans une situation où il y a mise en danger.» La justice et la police valaisannes n’ont visiblement pas estimé que F. était potentiellement dangereux. (Le Matin)

(Merci à EU pour l’alerte)

31 octobre 2012

Voici une info officielle venue de Suisse (agence ATS) :

Les auteurs d’abus sexuels sur des enfants de moins de 12 ans pourront être poursuivis à vie dès le 1er janvier. Le Conseil fédéral a fixé mercredi la date d’entrée en vigueur de la loi concrétisant l’initiative sur l’imprescriptibilité de la Marche Blanche.

Seront punissables à vie des actes d’ordre sexuel avec des enfants, la contrainte sexuelle, le viol et les actes commis sur des personnes incapables de discernement ou de résistance s’ils sont commis sur des moins de 12 ans. L’imprescriptibilité vaudra aussi pour les actes sexuels commis sur des enfants détenus, prévenus ou hospitalisés ainsi que pour l’abus de la détresse.

Seuls les délinquants majeurs seront concernés. Pour le matériel pornographique pédophile, la personne abusant d’un enfant pour l’obtenir pourra être poursuivie à vie, mais pas celle qui ne fait que posséder ou vendre un tel matériel.

Age controversé

Au Parlement, le débat a surtout porté sur l’âge limite des victimes. L’initiative adoptée le 30 novembre 2008 par 51,9% des votants reste en effet floue puisqu’elle n’évoque que des enfants «impubères», un concept difficilement applicable tel quel par la justice.

Le Parlement s’est finalement rallié en juin aux 12 ans proposés par le gouvernement. Dès cet âge, un enfant est capable d’identifier les comportements inappropriés nuisibles à son encontre et l’imprescriptibilité doit rester une exception car elle frappe les auteurs de crimes très graves.

Inscrites dans le code pénal et le code pénal militaire, les nouvelles règles s’appliqueront aussi aux infractions commises avant la votation populaire du 30 novembre 2008 qui n’étaient pas prescrites à cette date. Passer outre une prescription aurait été contraire au droit international.

Chaque cas devra de toute façon être examiné individuellement car le droit actuel prévoit diverses réglementations. Pour les délits survenus à partir de 2002, les victimes d’un acte pédophile disposent d’un délai de réflexion jusqu’à leurs 25 ans pour déposer plainte.

·     16 JUIN 2010

St(Voici un nouveau scoop explosif du site français Mediapart. J'y suis abonné et vous recommande de faire de même)

, StStupéfiant rebondissement dans l'affaire Liliane Bettencourt. La fille unique de la milliardaire, convaincue que sa mère est dépouillée de ses biens depuis plusieurs années, a transmis à la brigade financière, jeudi 10 juin, des enregistrements pirates de conversations entre l'héritière de L'Oréal et ses principaux conseillers. Ces documents audio, dont Mediapart a pris connaissance, révèlent les fragilités d'une vieille femme de 87 ans, mais aussi diverses opérations financières destinées à échapper au fisc, des relations avec le ministre Eric Woerth et son épouse, ainsi que les immixtions de l'Elysée dans la procédure judiciaire. 

Les révélations contenues dans ces enregistrements clandestins sont susceptibles de perturber le procès, prévu du 1er au 6 juillet à Nanterre, du photographe François-Marie Banier. Ce dernier, à en croire Françoise Bettencourt, la fille de Liliane Bettencourt, se serait rendu coupable du délit d'«abus de faiblesse». Ce que les avocats de sa mère tout comme l'intéressé contestent formellement. Le montant des dons accordés à l'artiste par Liliane Bettencourt (dont la fortune, l'une des premières au monde, est estimée à 22 milliards de dollars) s'élève selon Françoise Bettencourt à 1 milliard d'euros, entre 2002 et 2009. 

Dans son enquête, diligentée en 2007, la brigade financière avait évalué les sommes à 630 millions d'euros, sur la période allant de 1997 à 2007. Mais le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a décidé en septembre 2009 de classer sans suite l'enquête préliminaire, estimant qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments pour caractériser l'infraction et que la fille de la milliardaire n'était pas fondée à agir (seule la victime d'un «abus de faiblesse», en l'occurrence Liliane Bettencourt, le serait).  

C'est précisément cette enquête, initiée à la suite d'une plainte de Françoise Bettencourt, qui est à l'origine des révélations qui interviennent aujourd'hui. En effet, mécontents des témoignages – dont ils ont apparemment eu connaissance en détail – devant la police de certains de ses employés de maison, les conseillers de Liliane Bettencourt l'ont convaincue de se séparer de plusieurs d'entre eux. 

Pendant un an, à partir du mois de mai 2009 et jusqu'à son départ en mai 2010, l'un des employés de maison, le maître d'hôtel, furieux du sort réservé à certains de ses collègues, a décidé de piéger la milliardaire et son entourage en dissimulant un dictaphone dans la salle de l'hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine où Mme Bettencourt a l'habitude de tenir ses réunions d'affaires. Un procédé parfaitement déloyal, les participants à ces réunions informelles n'ayant bien évidemment jamais été informés qu'ils étaient enregistrés. 

Après son départ, l'employé a choisi de livrer ce précieux matériau – vingt et une heures d'enregistrement réunies sur six CD – à Françoise Bettencourt. Cette dernière, après avoir fait expertiser et transcrire les CD par un huissier de justice, les a remis à la police judiciaire la semaine dernière.  

Sollicité par Mediapart, l'avocat de Françoise Bettencourt, Me Olivier Metzner, a confirmé les faits: «Ma cliente, à qui un ancien employé de Liliane Bettencourt a remis des enregistrements susceptibles d'intéresser la justice, a transmis le tout à la police.» S'il s'est refusé à commenter leur contenu, Me Metzner a assuré qu'«en aucun cas Françoise Bettencourt n'a payé l'employé de maison, qui les lui a remis spontanément et sans la moindre contrepartie». 

Informé de ces derniers développements par les policiers vendredi, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire pour «atteinte à la vie privée», confiée à la brigade financière et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Pour l'heure, les deux services ne sont pas chargés d'enquêter sur le contenu des bandes mais sur les conditions de leur enregistrement et de leur diffusion. 

Au-delà du procédé moralement – sinon pénalement – condamnable, ce que révèlent ces documents audio est édifiant, voire stupéfiant. Après avoir pris connaissance de la totalité des enregistrements, Mediapart a donc décidé d'en publier les extraits les plus significatifs parce que porteurs d'informations d'intérêt général. Toutes les allusions à la vie privée et à l'intimité des personnes ont bien entendu été exclues. Figurent dans ces verbatims les seuls passages présentant un enjeu public: le respect de la loi fiscale, l'indépendance de la justice, le rôle du pouvoir exécutif, la déontologie des fonctions publiques, l'actionnariat d'une entreprise française mondialement connue. 

Ce qui est ici dévoilé relève de scènes que l'on croirait tirées d'une pièce de théâtre qui emprunterait à tous les genres: de la tragédie au vaudeville, entre Huis clos et Volpone. Une pièce que l'on pourrait diviser en quatre actes, dont il convient de présenter les principaux acteurs. Tous gravitent dans l'environnement proche de Liliane Bettencourt, à qui ils rendent visite régulièrement. 

Le personnage principal, omniprésent dans les enregistrements, c'est Patrice de Maistre. Il est le patron de Clymène, la structure financière qui gère la fortune de Mme Bettencourt. Il y a aussi Me Fabrice Goguel, l'avocat fiscaliste de la vieille dame; Me Georges Kiejman, qui la défend au pénal; Me Jean-Michel Normand, le notaire de la milliardaire. Mediapart s'est efforcé d'obtenir les réactions des parties concernées et des personnes citées: certaines sont citées dans le cours de cet article, toutes les autres sont à lire ici. 

·         Acte I: les interférences de l'Elysée 

Première indication: le pouvoir en place se préoccupe du sort de Liliane Bettencourt, qu'il s'agisse de l'évolution de la procédure judiciaire ou de celle de son patrimoine. Il est vrai que derrière un conflit familial, il y a un enjeu économique majeur: le devenir de L'Oréal (dont Mme Bettencourt est actionnaire majoritaire avec 27,5% des parts), groupe sur lequel lorgne le géant suisse Nestlé, deuxième actionnaire. 

Les enregistrements remis à la police judiciaire la semaine dernière mettent en lumière le rôle prééminent joué, dans l'ombre, par Patrick Ouart. Nommé en mai 2007 conseiller pour les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ce magistrat de formation, surnommé «le vrai garde des Sceaux» lorsque Rachida Dati – qu'il déteste – occupait la place Vendôme, est parti faire fortune dans le privé. Le 30 novembre 2009, il a quitté la présidence de la République pour rejoindre le groupe de luxe LVMH. 

Toutefois, selon plusieurs sources, il continuerait à conseiller le chef de l'Etat sur les dossiers les plus sensibles – il aurait ainsi participé à des réunions au moment du procès Clearstream, en janvier dernier. Un mélange des genres surprenant que les conversations captées clandestinement chez Mme Bettencourt semblent confirmer, puisqu'elles évoquent ses interventions dans le dossier avant mais aussi après son départ de l'Elysée. On peut supposer que M. Ouart est «mandaté» par Nicolas Sarkozy, que l'affaire Bettencourt intéresse au premier chef. Lorsqu'il était maire de Neuilly-sur-Seine (entre 1983 et 2002), M. Sarkozy était souvent l'hôte de Liliane Bettencourt, qui le conviait à déjeuner dans son hôtel particulier. 

Lors d'un entretien enregistré le 21 juillet 2009, le gestionnaire de la fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, explique ainsi à la milliardaire qu'il a eu au téléphone le matin même Patrick Ouart, «le conseiller juridique, à l'Elysée, que je vois régulièrement pour vous». Il s'explique: «Il m'a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l'affaire. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà. Il vaut mieux que j'entende cela qu'autre chose. Donc je suis de bonne humeur.»  

M. de Maistre était bien renseigné: le 3 septembre 2009, le parquet de Nanterre se prononça effectivement pour l'irrecevabilité de la plainte de Françoise Bettencourt. 

Le 23 avril 2010, lors d'une autre entrevue surprise par le dictaphone caché, et alors que Patrick Ouart a quitté l'Elysée depuis près de cinq mois, Liliane Bettencourt s'enquiert auprès de Patrice de Maistre de l'évolution de la procédure. «Est-ce qu'on a des indications ou quelque chose?», demande l'actionnaire principale de L'Oréal. 

Patrice de Maistre répond: «Je n'ai qu'une indication. C'est que j'ai vu, euh, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires juridiques et judiciaires, Patrick Ouart, qui n'est plus à l'Elysée mais qui n'a pas été remplacé et qui travaille chez Bernard Arnault, et qui m'aime beaucoup. Et il a voulu me voir l'autre jour et il m'a dit, M. de Maistre, le président continue de suivre ça de très près… (…) Et en première instance, on ne peut rien faire de plus, mais on peut vous dire qu'en cour d'appel, si vous perdez, on connaît très, très bien le procureur. Donc c'est bien. Voilà. Ça date de la semaine dernière. Je ne l'ai pas dit à Kiejman, voilà.» 

Préalablement, le chef de l'Etat avait déjà été jusqu'à accorder un entretien en particulier à la milliardaire, à l'Elysée, fin 2008. Selon Le Point du 18 décembre 2008, elle aurait demandé au président de classer l'enquête préliminaire ouverte à Nanterre, espérant sans doute jouer sur les liens unissant Nicolas Sarkozy au procureur des Hauts-de-Seine, Philippe Courroye – dont il est beaucoup question dans les enregistrements. 

C'est une visite que l'avocat «historique» de Liliane Bettencourt, Me Fabrice Goguel, qui ne la défend plus aujourd'hui, jugera inopportune dans une conversation captée le 3 juillet 2009: «Vous avoir emmené voir Sarkozy, finalement, cela a été une très mauvaise chose. C'est à cause de ça que le procureur ne veut plus régler le dossier, pour montrer qu'il est indépendant de Sarkozy.»  

 

·         Acte II: les relations avec Eric et Florence Woerth 

Nicolas Sarkozy n'est pas la seule personnalité politique d'envergure à graviter dans l'environnement de la milliardaire. A en croire les enregistrements, l'actuel ministre du travail et trésorier de l'UMP (depuis 2003), Eric Woerth, est également omniprésent dans les conversations. En tant que ministre du budget (de mai 2007 à mars 2010), M. Woerth fut notamment l'homme du bouclier fiscal destiné à réduire les impôts des plus riches, mais aussi celui qui a créé une «cellule» pour inciter les fraudeurs du fisc à rapatrier leurs fonds en France. 

Il faut préciser que Florence Woerth, l'épouse de l'actuel ministre du travail, a géré entre 2007 et 2010, sous l'autorité de Patrice de Maistre, au sein de la société Clymène, la fortune de Liliane Bettencourt. Le 23 avril 2010, Patrice de Maistre confie à la milliardaire: «Je me suis trompé quand je l'ai engagée. (…) J'avoue que quand je l'ai fait, son mari était ministre des finances (du budget, NDLR), il m'a demandé de le faire. (…) Et donc si vous voulez, aujourd'hui, sans faire de bruit, je pense qu'il faut que j'aille voir son mari et que je lui dise que avec le procès et avec Nestlé, il faut qu'on soit trop manœuvrants et on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui, on lui donnera de l'argent et puis voilà. Parce que c'est trop dangereux.» 

D'après Patrice de Maistre, Eric Woerth est aussi celui qui a permis à l'Institut d'obtenir un bâtiment de l'Hôtel de la Monnaie, à Paris, où doit être construit un auditorium «André Bettencourt», du nom du défunt mari de Liliane, mort en 2007. Le 29 octobre 2009, le gestionnaire de fortune annonce à la richissime héritière avoir invité M. Woerth à visiter les lieux. «J'ai fait venir le ministre Eric Woerth», dit-il. 

«Qui c'est celui-là ?», lance Mme Bettencourt, oublieuse d'une précédente discussion sur le même sujet, deux jours plus tôt.  

De Maistre explique et en dit beaucoup: «Alors, c'est le mari de Mme Woerth, que vous employez, qui est l'une de mes collaboratrices, qui n'est pas très grande… Mais lui est très sympathique et c'est notre ministre du budget. Et c'est lui qui a permis à l'Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l'auditorium. Il est très sympathique et en plus c'est lui qui s'occupe de vos impôts donc je trouve que ce n'était pas idiot. C'est le ministre du budget. Il est très sympathique, c'est un ami.»  

Le dictaphone-espion placé chez Mme Bettencourt a capté une autre scène, datée du 4 mars 2010 celle-là, où la milliardaire, sous le contrôle de Patrice de Maistre, signe une autorisation de paiement à l'intention de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, afin de l'aider à financer semble-t-il sa campagne pour les élections régionales (elle était tête de la liste UMP en Ile-de-France) puis, à en croire les enregistrements, un deuxième à l'ordre d'Eric Woerth et enfin un troisième, manifestement pour… Nicolas Sarkozy! 

D'après les éléments de compréhension de la scène fournis par l'écoute de la bande, on entend Patrice de Maistre soumettre à Liliane Bettencourt un certain nombre d'autorisations de paiement, sans que l'on sache avec certitude s'il s'agit de chèques. Soudain, le nom de Valérie Pécresse apparaît. 

Patrice de Maistre : «Valérie Pécresse, c'est la ministre de la recherche. Elle fait la campagne pour être présidente de Paris. Elle va perdre mais il faut que vous la souteniez et c'est des sommes très mineures, des petites sommes. Elle va perdre mais il faut que l'on montre votre soutien. Le deuxième, c'est le ministre du budget. Il faut aussi l'aider. Et le troisième, c'est Nicolas Sarkozy.»  

La suite du dialogue est pour le moins savoureuse : 

— Liliane Bettencourt : «Bon alors, il faut donner pour Précresse…» 

— Patrice de Maistre : «Mais ce n'est pas cher.» 

— LB : «C'est elle qui a demandé cette somme là ?» 

— PdM : «Non, c'est le maximum légal. C'est 7.500, ce n'est pas très cher. Vous savez, en ce moment, il faut que l'on ait des amis. Ça, c'est Valérie Pécresse. Ça, c'est Eric Woerth, le ministre du budget. Je pense que c'est bien, c'est pas cher et ils apprécient.» 

— LB: «Et Nicolas Sarkozy ?» 

— PdM: «C'est fait, c'est dedans.» 

 

·         Acte III: les comptes suisses secrets 

Les bandes enregistrées témoignent par ailleurs de la panique qui paraît s'être emparée des proches de Liliane Bettencourt dans le courant de l'année 2009 s'agissant des fonds placés par la milliardaire à l'étranger. A l'évidence, la crainte était forte que le fisc français ne plonge son nez dans certaines opérations financières et découvre notamment l'existence de deux comptes suisses, l'un crédité de 13 millions d'euros, l'autre de 65 millions d'euros, et ignorés de l'administration jusqu'alors. 

De fait, le contexte est plutôt tendu. Entre la volonté affichée par l'Etat français de lutter contre l'évasion fiscale (dont témoigne la mise en place à Bercy d'une cellule vouée à accueillir les fraudeurs «repentis») et le scandale des fichiers volés à la HSBC (contenant le nom de milliers de Français ayant des comptes non déclarés dans la banque suisse), il est devenu risqué de dissimuler des avoirs chez nos voisins helvètes. 

 

L'écoute des bandes montre que, selon toute vraisemblance, le principal collaborateur de Liliane Bettencourt et ses proches conseillers ont préféré ne pas rapatrier en France les avoirs cachés de la femme la plus riche de France. Pour continuer de les soustraire à l'attention du fisc.  

En témoigne cette discussion du 27 octobre 2009 entre Patrice de Maistre et l'héritière de L'Oréal: 

— PdM :  «Je voulais vous dire que je pars en Suisse tout à l'heure pour essayer d'arranger les choses. Et vous allez voir Me Goguel aujourd'hui ou demain. Et il faut qu'on arrange les choses avec vos comptes en Suisse. Il ne faut pas que l'on se fasse prendre avant Noël.» 

— LB : «Que l'on se fasse prendre comment ?» 

— PdM : «A partir de janvier – c'est M. Woerth qui a fait la loi –, la France peut demander aux Suisses si vous avez un compte là-bas. Je suis en train de m'en occuper et de mettre un compte à Singapour. Parce qu'à Singapour, ils ne peuvent rien demander. Mais Goguel m'a dit que vous aviez un autre compte mais je ne suis pas au courant. (…) J'y vais toutes les semaines en ce moment.» 

— LB: «Vous pensez régler le problème ?» 

— PdM: «Oui. Pour le moment, on est en train de s'en occuper. (…) Vous, c'est chez Burus. Je traite ça avec Merck (un avocat suisse, NDLR). Ce compte-là, on va le mettre à Singapour où vous aurez la paix. (…) Il est de 12 ou 13 millions, c'est beaucoup d'argent. Et vous en avez un autre, paraît-il, beaucoup plus important.»  

Trois semaines plus tard, les choses avancent. Lors d'un rendez-vous, le 19 novembre 2009, Patrice de Maistre confie avoir obtenu de plus amples informations sur cet «autre» compte caché: «Je suis allé voir ce compte à Vevey où vous avez quand même 65 millions d'euros. C'est beaucoup d'argent. J'ai vu le notaire qui s'occupe de cela (…) il faut que l'on enlève ce compte de Suisse. Donc je suis en train d'organiser ça puisque vous savez qu'il y a une loi qui va permettre aux Français de savoir l'argent que l'on a en Suisse. (…) Il faut qu'on bouge ce compte.  (…) Je suis en train d'organiser le fait de l'envoyer dans un autre pays, qui sera soit Hong Kong, Singapour ou en Uruguay. (…) Comme ça, vous serez tranquille. Je pense que c'est bien, ça vous laisse votre liberté. Si on ramène cet argent en France, ça va être très compliqué.»  

La réplique de Liliane Bettencourt est implacable : «Il y aura toujours une espèce de chantage.» De Maistre embraye: «Voilà. Actuellement, il y a beaucoup de gens qui ramènent l'argent en France mais je pense que pour vous, j'y crois pas.» 

Le gestionnaire de fortune y «croit» d'autant moins que, d'après les enregistrements pirates, il aurait utilisé une partie de cet argent secret pour s'offrir un bateau de 21 mètres… C'est ce qui ressort des bandes et tout particulièrement d'un enregistrement du 23 octobre 2009, dans lequel M. de Maistre concède que le sujet est «délicat». 

Il dit pourquoi: «Il faut que je vois comment je peux faire revenir de l'argent ici. Qu'on vous le donne et qu'après vous puissiez me le donner. Il faut que je vois ça. Pour ne rien vous cacher, Goguel m'a dit que vous aviez un gros compte, moi je n'étais pas au courant. Vous ne m'en avez pas parlé (…) Je crois que vous avez 60 ou 80 millions d'euros, à peu près. (…) Pour moi, c'est un immense plaisir. Mais je vivrais sans… Mais, oui, il faudrait que ce soit assez vite. (…) Mais je ne veux pas que quelqu'un puisse être au courant, parce que vous savez que j'ai signé quelque chose comme quoi je suis votre protecteur et donc je ne peux pas faire ça. Il faut que ce soit de la main à la main. Je ne veux pas que votre fille soit au courant. Quand je vais aller en Suisse, je vais voir s'ils peuvent toujours ramener de l'argent en France.  Maintenant, c'est très difficile. (…)» 

La Suisse n'est pas le seul motif de préoccupation fiscale du gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal. Les enregistrements rendent compte des interrogations de Patrice De Maistre quant au statut de l'île d'Arros, aux Seychelles. Un sublime îlot privé qui n'est manifestement pas déclaré et dont on découvre que le propriétaire officieux n'est autre que… François-Marie Banier, par l'entremise d'une société au Liechtenstein. 

Le 19 novembre 2009, Patrice de Maistre annoncera que, contrairement à ce qu'il avait imaginé un temps, il est préférable de ne pas déclarer l'île à l'administration française: «J'ai aussi examiné le fait que vous déclariez votre île en France. Mais là aussi, je pense qu'il ne faut pas le faire parce que c'est trop compliqué. J'ai peur que le fisc tire un fil.» 

Et le gestionnaire de fortune d'ajouter : «Pour l'île, vous étiez chez vous et à un moment vous avez voulu la donner à François-Marie. [Me Goguel] a créé une fondation et il a fait des grosses bêtises. Par exemple, il vous a fait mettre 20 millions de ce compte que vous avez à Vevey dans la nouvelle fondation. (…) C'est stupide. Si je voulais ramener l'île, on va tout de suite voir que vous avez un autre compte où vous avez mis 20 millions dans la fondation et on tire le fil. Ça, je ne veux pas. (…) On va rester comme ça. On va pas bouger.» 

 

·         Acte IV: la succession de Liliane Bettencourt 

Nul doute aujourd'hui que le conseil de Françoise Bettencourt, Me Olivier Metzner, qui soutient que la mère de sa cliente a perdu tout discernement, tentera de tirer avantage de ces enregistrements clandestins. L'avocat avait demandé en vain, en décembre 2009, la mise sous tutelle de la vieille femme. 

Mais le juge des tutelles de Neuilly-sur-Seine avait refusé d'ouvrir une procédure de protection judiciaire, au motif qu'il ne disposait d'aucune pièce médicale pour se prononcer. Et pour cause: dans le cadre de l'enquête préliminaire, Liliane Bettencourt a refusé l'expertise indépendante réclamée par le parquet de Nanterre, qui a dû se contenter d'un certificat établi par un neuropsychiatre choisi par la milliardaire elle-même et qui concluait qu'elle présentait «une bonne agilité intellectuelle» et un «état psychologique conservé»

Toutefois, les conversations captées douze mois durant par le dictaphone de l'employé de maison laissent deviner une vieille femme atteinte d'un début de surdité et sujette à de fréquentes pertes de mémoire, spectatrice plutôt qu'actrice des débats, qu'ils portent sur la stratégie judiciaire à adopter ou sur les mesures à prendre pour mettre sa fortune à l'abri du fisc. Des discussions dont elle ne paraît pas toujours mesurer la portée, ni parfois même le sens. C'est flagrant lorsqu'il est question de celui dont elle a fait, au désespoir de sa fille, son “favori”. 

Photographe, romancier, acteur, François-Marie Banier (63 ans) est surtout un dandy, familier de la jet-set dont il est une figure depuis la fin des années 1960. Successivement proche de Dali, Aragon ou Françoise Sagan, il a rencontré Liliane Bettencourt en 1987. Depuis, ils ne se sont plus quittés, la milliardaire, séduite par le personnage, en faisant son “homme de compagnie” – mais pas son amant. 

Pour la fille de l'héritière de L'Oréal, le photographe aurait en fait profité de la dégradation progressive de l'état de santé de sa mère pour la déposséder au fur et à mesure de ses biens, via des libéralités de toutes sortes (participations dans des SCI, remises d'espèces, dons de tableaux de maîtres, souscription de contrats d'assurance-vie, etc.). Le tout pour un montant proche du milliard d'euros. 

De son côté, l'artiste juge infamantes les accusations qui le visent, assurant que Mme Bettencourt-mère a toute sa tête. Ce que Liliane Bettencourt a elle-même certifié à plusieurs reprises ces dernières années. Les bandes enregistrées font apparaître François-Marie Banier sous un jour pas toujours favorable, à en croire la milliardaire elle-même. 

Ainsi, cet échange du 23 octobre 2009 : 

— Patrice de Maistre : «Et vis-à-vis de vous, je crois qu'il vous a apporté beaucoup, c'est vrai. C'est un homme intelligent et créatif. Mais, par ailleurs, je vous ai vu une ou deux fois où il a été violent avec vous et c'est inacceptable.» 

– Liliane Bettencourt : «Mais il n'est pas élevé.» 

— PdM : «Et il a un grain. (…) Vous savez cette histoire avec votre fille, il ne veut jamais s'arrêter. Je lui ai dit que si on gagne le procès, il faut tourner la page. Lui, il ne peut pas tourner la page. Vous, ce n'est pas pareil, c'est votre fille. Mais lui, il faut qu'il tourne la page.» 

— Liliane : «Je crois qu'il a besoin de mordre.» 

— De Maistre : «C'est ça. Comme un chien de chasse, il a besoin d'attraper quelque chose. Et il mord… pas mal. (…) Il y a très peu de gens qui l'aiment bien.» 

Le 7 avril 2010, Patrice de Maistre demande à Liliane Bettencourt : «Comment ça se passe avec Banier?» La réponse est cinglante: «Il écrit. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Il est très intelligent… Mais il me tue. C'est pas du tout quelqu'un de bavard. Il est toujours comme ça. Il devient trop exigeant.» 

Les faveurs accordées par Mme Bettencourt à son protégé auraient même, à en croire les bandes pirates, été couchées dans un testament du 11 décembre 2007, dans lequel elle aurait fait de François-Marie Banier le «légataire universel» de son faramineux patrimoine! Ce dont l'octogénaire ne se souvient pas trois ans plus tard. En témoigne cet échange avec son notaire, Me Jean-Michel Normand, le 12 mars 2010: 

— Jean-Michel Normand : «Je voulais vous demander. Est-ce que François-Marie Banier vous a dit qu'il fallait changer des dispositions? (…) Il préfère ne plus apparaître.» 

— Liliane Bettencourt : «Comme quoi ?»  

— JMN : «Comme légataire. (…)» 

— LB: «Mais est-ce qu'il est dans la succession ?» 

— JMN : «Oui, vous l'avez mis.» 

— LB : «Mais il y a longtemps.» 

— JMN : «Oui, mais il y est. Il faudrait prendre une décision pour désigner un autre légataire universel comme la fondation ou l'Institut Pasteur.» 

— LB : «(…) On l'enlève de la succession. Très bien. (…) Combien j'ai laissé à François-Marie Banier, quelles proportions?» 

— JMN: «Légataire universel.»  

— LB: «C'est-à-dire ?» 

— JMN : «Tout.» 

— LB: «Ah, non…» 

— JMN : «Si. C'est vous qui me l'avez dit.» 

 

12 avril 2010 

(La sénatrice colombienne, porte-parole secrète de la guérilla, n’a même pas prononcé le nom des FARC dans l’interview qu’elle a donnée au quotidien La Tribune de Genève ce lundi ! On apprend par sa bouche qu’il y a eu « 200.000 disparitions forcées dans les 15 dernières années, la plupart sous Alvaro Uribe ». De quoi parle-t-elle ? Des prises d’otages par les FARC, qui avaient atteint le chiffre de 3200 par an avant l’élection du président colombien en 2002 ?

Son allusion au travail « très difficile du CICR depuis l'opération Jaque » ne correspond à rien: c'est le CICR qui a oeuvré lors de la récente libération du caporal Pablo Emilio Moncayo, otage des FARC durant 12 ans! Elle n'a pas digéré cet exploit de l'armée colombienne qui a permis la libération de 15 otages dont Ingrid Betancourt le 2 juillet 2008, alors que les dossiers de Raul Reyes ont révélé que la sénatrice était opposée à toute libération par les FARC de l'ex-candidate à la présidence colombienne…

Elle sera reçue mardi au ministère suisse des Affaires étrangères, avant de se rendre à Paris pour une conférence à Sciences Po, comme je vous l'ai révélé, « avec le concours du Quai d'Orsay ».)

Voici le texte de La Tribune de Genève, aux questions d’une mollesse rare quand on connaît le dossier : Sénatrice de gauche dans une Colombie dominée par les conservateurs, Piedad Cordoba, 55 ans, est une des plus célèbres politiciennes de son pays. Notamment grâce à son rôle de médiatrice avec la guérilla, qui lui a permis d’obtenir la libération de plusieurs otages des FARC. Parlementaire depuis 1990, ce membre du Parti libéral est en Suisse dans le cadre d’une tournée européenne pour promouvoir un échange humanitaire entre les derniers otages des rebelles marxistes et des guérilleros emprisonnés. Interview. Qu’est-ce qui vous amène en Suisse? 

Je suis ici au nom de l’organisation Colombiens et Colombiennes pour la paix. Nous cherchons à faire connaître la vérité sur la situation des droits humains dans notre pays et promouvoir un échange humanitaire, comme premier pas vers une solution politique au conflit armé qui déchire la Colombie. Je viens aussi rencontrer le CICR, dont l’énorme travail est très difficile depuis l’opération Jaque (ndlr: durant cette action militaire, qui a permis la libération d’Ingrid Betancourt et d’autres otages, des soldats avaient utilisé l’emblème de la Croix-Rouge sur leurs déguisements, nourrissant ainsi une grande méfiance des combattants rebelles envers les humanitaires). Que peut apporter la Suisse dans ce processus? 

La Suisse a déjà eu par le passé un rôle de médiation important en Colombie. Une action qui n’a malheureusement pas abouti à la fin de la guerre. Mais elle a obtenu des points positifs, notamment dans les discussions avec la guérilla de l’ELN. 

Dans un mois et demi, les Colombiens éliront le successeur d’Alvaro Uribe, au pouvoir depuis 2002. Un nouveau président serait-il plus enclin à négocier avec la guérilla? 

Je ne crois malheureusement pas à un changement de politique à court terme. D’abord parce que le pouvoir actuel a renforcé sa position lors des législatives du mois dernier – qui ont été l’objet d’énormes irrégularités – et contrôle désormais 70% du parlement. Ensuite, le favori de l’élection présidentielle, Juan Manuel Santos, a longtemps été le ministre de la Guerre…, pardon, de la Défense, d’Alvaro Uribe. Il est d’ailleurs le principal responsable de ces atrocités connues comme le scandale des «faux positifs», qui a coûté la vie à près de 5000 personnes, d’après les derniers chiffres que j’ai eus (ndlr: depuis deux ans, l’affaire des «faux positifs» indigne la Colombie . Dans le but de gonfler les chiffres de la lutte contre la guérilla, des centaines, voire des milliers de civils ont été froidement assassinés par des militaires pour être présentés comme des guérilleros tués au combat). 

Le fait qu’un protégé d’Uribe soit le favori de l’élection ne reflète-t-il pas le succès de la politique du président? 

Comment peut-on parler de succès? La situation est désastreuse. La guerre interne, qui n’est pas reconnue comme telle par ce gouvernement élu grâce aux paramilitaires, déchire le pays et a fait 5 millions de déplacés internes. Il y a 18 millions de Colombien pauvres et 8 millions d’indigents. Plus de 3 millions et demi de nos compatriotes ont quitté le pays à la recherche d’une vie meilleure. On dénombre près de 200 000 disparitions forcées au cours des 15 dernières années, dont une grande proportion pendant les deux mandats d’Uribe. Et ceux qui dénoncent la situation sont taxés de terroristes ou de collaborateurs de la guérilla, comme moi, par exemple, et sont poursuivis. On ne peut vraiment pas parler de réussite.  

24 janvier 2010 

La police colombienne a annoncé samedi avoir libéré la veille la Suissesse Manuela Fankhauser enlevée début janvier dans le nord-est de la Colombie par des délinquants de droit commun qui réclamaient une rançon de 350.000 dollars.
La femme de 30 ans a été retrouvée par des agents d'un commando anti-enlèvement à Palomino, un village situé à quelque 1.200 km au nord-est de Bogota, a déclaré à l'AFP le colonel Luis Burgos, qui dirige la police de La Guajira, département où l'enlèvement a eu lieu.
Le colonel a précisé qu'elle « était saine et sauve » et avait pu retrouver son époux, le Colombien Francisco Segundo Cuello.
L'un des ravisseurs a pu être capturé et deux autres ont pris la fuite après un échange de tirs a précisé le responsable. 

On peut imaginer que les truands, comme c’est souvent le cas, n’auraient pas hésité à « revendre » leur victime aux terroristes des FARC s’il n’avait été mis fin à leur crime.
La jeune publicitaire, qui s'était installée avec son époux en Colombie, a été enlevée le 11 janvier. Ses ravisseurs exigeaient 350.000 dollars pour sa libération, selon les autorités. Selon des déclarations à la presse, elle a décidé de rester en Colombie, en dépit de sa mésaventure.
« J'aime la Colombie et j'aime tout dans ce pays », a-t-elle lancé
.

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Affiche en Suisse contre les minarets

29 novembre 2009 

Je pose la question sans me faire la moindre illusion. La France n’a rien d’une démocratie, à la différence de la Suisse. Le pouvoir populaire s’y limite à élire des représentants de temps à autre, sans plus jamais avoir le droit à la parole. 

Ainsi du scandale sur la burqa, cette atteinte flagrante au droit de la femme. Sarkozy a mis en place une commission pour y réfléchir depuis six mois, pour mieux enterrer la question. Pourquoi un référendum n’est-il pas organisé pour donner la parole au peuple sur cette question et celle des minarets ? Ceux qui l’ignorent doivent savoir que dans le « 9-3 » (Seine Saint-Denis), les muezzin réveillent la population pour l’inviter à prier Allah dès l’aurore ! 

29 novembre 2009 

Les Suisses ont créé une « immense surprise » en votant dimanche à une majorité écrasante de 57,5% l'interdiction des minarets à l'appel de la droite populiste. 


« La construction de minarets est désormais interdite en Suisse« , a annoncé le gouvernement helvétique dans un communiqué officiel. « Les quatre minarets existants ne sont pas concernés », ont précisé les autorités. 


Sur les 26 cantons de la Confédération helvétique, seuls quatre cantons (Bâle-ville et les cantons francophones de Genève, Vaud et Neuchâtel) ont rejeté la proposition soutenue par le parti UDC de la droite populiste et le petit parti chrétien de droite UDF.

 

Ce vote va entraîner la modification de la Constitution suisse, dont le préambule proclame, « au nom de Dieu Tout-Puissant », l'esprit « de solidarité et d'ouverture au monde » du peuple et des cantons suisses.

 

L'interdiction de la construction de minarets sera présentée dans l'article 72 de la Constitution sur les relations entre l'Etat et les religions comme une mesure « propre à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses ».

 

Les commentateurs ont unanimement qualifié ce résultat d' »immense surprise » car il contredit les sondages qui prédisaient durant la campagne un rejet de la proposition de la droite populiste par 53% des votants.

 

Malgré un front commun du gouvernement, des autres partis et des représentants de toutes les communautés religieuses présentes en Suisse, l'UDC a réussi à convaincre, en martelant qu'il ne s'agissait pas de priver les musulmans de lieux de culte, mais de refuser les minarets comme « symbole apparent d'une revendication politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux ».

 

Pour l'emporter, les partisans de l'interdiction n'ont pas fait dans la nuance, avec des affiches représentant une femme complètement voilée par une burqa devant le drapeau suisse couvert de minarets, dont la silhouette stylisée évoquait des missiles.
Après les affiches appelant à bouter les « moutons noirs » étrangers hors de Suisse, la propagande de la droite populiste avait encore fait scandale.
Cette image « attise la haine », avait estimé la Commission fédérale contre le racisme (CFR), un organisme public consultatif, tandis que le Comité des droits de l'homme de l'ONU s'était inquiété de cette campagne d' »affiches sinistres ».
Pourtant, pour le vice-président de l'UDC Yvan Perrin, le parti populiste « a gagné en respectabilité » grâce à ce scrutin. Déclarant « assumer » le résultat, M. Perrin a reconnu qu' »un mouvement d'humeur des pays musulmans est possible ». « Mais si nos entreprises continuent à produire des produits de bonne qualité, elles n'ont rien à craindre », a-t-il assuré.

 

L'intellectuel musulman controversé Tariq Ramadan a jugé « catastrophique » le résultat du référendum. Pour M. Ramadan, qui vit à Genève et enseigne à l'Université britannique d'Oxford, « les Suisses ont exprimé une vraie peur, un questionnement profond sur la question de l'islam en Suisse« .
Ce vote est « l'expression de certaines craintes au sein de la population au sujet des courants islamistes extrémistes » qu'il faut « prendre au sérieux », a déclaré la ministre de la police et de la justice Eveline Widmer-Schlumpf, une transfuge de l'UDC qui s'était opposée à l'interdiction.
Le parti des Verts a déclaré envisager un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg pour violation de la liberté religieuse garantie par la Convention européenne des droits de l'homme. 

7 octobre 2009 

Les autorités suisses se sont opposées mardi à une mise en liberté du cinéaste Roman Polanski, détenu depuis dix jours dans une prison helvétique sur mandat américain, renvoyant la décision finale au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (sud).
Le ministère suisse de la Justice a d'ores et déjà recommandé au Tribunal du Tessin de « rejeter le recours » déposé le 29 septembre par le réalisateur franco-polonais sur son « mandat d'arrestation en vue d'extradition » auprès de l'instance juridique en question.
Le ministère s'est également opposé à la mise en liberté de M. Polanski, 76 ans, recherché depuis plus de 30 ans par les Etats-Unis pour avoir eu des « relations sexuelles illégales » avec une mineure âgée de 13 ans en 1977.
« L'argument principal est que nous sommes persuadés qu'il existe un grand danger de fuite » hors du territoire suisse, a expliqué à l'AFP un porte-parole du ministère, Folco Galli.
« Même avec une liberté sous caution, il n'est pas garanti que M. Polanski restera dans la Confédération », a-t-il insisté.
M. Polanski est déjà considéré comme un fugitif aux Etats-Unis, pays qu'il a quitté précipitamment en 1978 pour échapper à une procédure judiciaire, après avoir passé plus de 40 jours en prison.
Réagissant aux annonces de mardi, les avocats français de Roman Polanski ont refusé l'idée qu'il s'agisse d'un premier « revers » pour la défense, affirmant que les recommandations du ministère de la Justice ne présumaient pas de la décision finale de Bellinzone.
« Cela ne veut pas dire que la décision du Tribunal de Bellinzone sera défavorable », a expliqué à l'AFP Me Georges Kiejman.
Le spécialiste suisse des questions d'extradition, Christian Piguet confirme : « Bellinzone est totalement indépendant ».
Il considère toutefois que le Tribunal pénal fédéral va aller dans le sens du ministère.
« C'est un mandat international, on ne peut pas s'y opposer », argue-t-il à propos de l'arrestation.
Concernant la mise en liberté, il relève que M. Polanski « a fui pendant 32 ans » et qu'il n'y a pas de contrôles des personnes aux frontières entre la Suisse et la France où, en tant que citoyen de nationalité française, il ne peut plus être menacé d'extradition.
Les avocats du cinéaste récompensé par l'Oscar du meilleur réalisateur (2003) et la Palme d'Or à Cannes (2002) pour « Le Pianiste », ont tenté mardi de rassurer sur cette question.
« M. Polanski s'engage à ne pas quitter le territoire suisse durant toute la procédure d'extradition et à respecter toutes les obligations qui pourraient lui être imposées pour garantir cet engagement », ont-ils répété.
Ils ont précisé que l'avocat suisse de Roman Polanski ferait « connaître ses observations pour permettre au Tribunal de Bellinzone de prendre sa décision en toute connaissance de cause ».
Le réalisateur possède un chalet à Gstaad (centre de la Suisse) où il pourrait demeurer pendant la procédure, ont-ils fait valoir.
Mais les autorités suisses ont déjà prévenu la semaine dernière qu'une liberté provisoire était « exceptionnelle » dans la Confédération.
Reste désormais à Bellinzone à rendre sa décision. Interrogée récemment par l'AFP, la secrétaire générale du Tribunal, Mascia Gregori Al-Barafi, est restée vague quant au délai nécessaire aux juges pour statuer.
« Cela peut aller très vite, voire 10 jours. Mais cela dépend des cas », a-t-elle expliqué. Une fois la décision connue, M. Polanski pourra faire appel, un recours qui pourra prendre encore plusieurs semaines. 

 

5 OCTOBRE 2009 

 

Un ramassis d’incongruités, et c’est un euphémisme, se glisse dans l’article publié cette semaine par Le Nouvel Observateur sur Roman Polanski pour défendre le pédophile. Je vous laisse les trouver et les commenter : 

 

 

 

Une affaire datant de trente ans
 

Qui en veut à Roman Polanski ? 

Un documentaire qui affaiblit l'accusation, un procureur californien piqué au vif une ministre suisse zélée, voilà les ingrédients qui ont conduit à la spectaculaire arrestation du cinéaste à Zurich 

 

Neutres, les Suisses ? Vraiment ? Arrêté à sa descente d'avion alors qu'il était invité d'honneur au Festival de Zurich, Roman Polanski a été jeté dans un cul-de-basse-fosse au vu d'un mandat international lancé par la justice américaine. Les Etats-Unis réclament son extradition en trépignant, les Suisses sont embarrassés d'avoir attiré Polanski dans un traquenard, les Français sont stupéfiés, les Polonais enragent. Résultat : Polanski, l'un des plus grands cinéastes vivants, se retrouve, à 76 ans, menacé de finir ses jours en prison. L'affaire a plus de trente ans. Pourquoi les Suisses se réveillent-ils maintenant alors que le cinéaste séjourne régulièrement à Gstaad où il possède un chalet ? Pourquoi les Américains, qui ne semblaient plus guère se soucier du cas Polanski, se sont-ils activés ?
Flash-back. En 1977, huit ans après l'atroce massacre de Sharon Tate par les épigones de Charles Manson, Roman Polanski est arrêté pour avoir eu des relations sexuelles avec une gamine de 13 ans. La mère, une actrice en mal de rôles, a laissé volontairement sa fille seule avec Polanski, pour une série de photos. Le cinéaste, qui a la réputation d'aimer les jeunes filles, ne résiste pas. La mère dépose plainte pour viol. Le juge Rittenband propose un deal : un plaider-coupable contre une sentence légère. Entre-temps, la rumeur, à Hollywood, fait état d'une grosse somme d'argent qui aurait changé de mains pour atterrir dans celles de la maman outragée. Envoyé en pénitencier pour «évaluation», Polanski se retrouve dans un environnement dangereux : quelques caïds ont décidé d'embellir leur tableau de chasse en «se faisant» une célébrité. Au bout de quarante-deux jours, Polanski est relâché en liberté conditionnelle. Il repart travailler. Une photo remet tout en question. Polanski, cigare aux lèvres, s'amuse à la Fête de la Bière en Allemagne. Le juge, irrité, casse le deal.

Brusquement convoqué
A son retour aux Etats-Unis, le cinéaste comprend alors qu'il est bon pour un demi-siècle de prison. Il s'enfuit pour la France, où il est né. Il se marie, a des enfants, obtient un oscar et une palme d'or pour «le Pianiste». Le juge Rittenband décède, les procureurs se succèdent et rien ne se passe. Désormais installé à Paris, le cinéaste se voit brusquement convoqué début 2009 par le nouveau juge de Los Angeles, Peter Espinoza. Un documentaire, «Roman Polanski : wanted and desired» (1) vient de changer la donne. L'enquête de la cinéaste Marina Zenovich démontre que le juge Rittenband a eu une conduite violant les règles éthiques. Il aimait faire parler de lui en attaquant des gens célèbres et s'est juré qu'il «aurait la peau» de ce cinéaste mondialement connu. Pas très impartial, le juge… Les avocats (de l'époque) de Polanski n'ont plus qu'à enfoncer le clou : Roman a fait le bon choix en s'enfuyant. Ils reçoivent le soutien du procureur qui a porté l'accusation devant le tribunal en 1977 !
Début 2009, avec le documentaire sur les écrans, tout semble donc en place pour que le dossier soit classé. C'est ce que réclament les avocats de Polanski. Mais pour que le juge Espinoza puisse statuer, il faut que le cinéaste apparaisse sur le sol américain. Ce dernier refuse, craignant d'être traité comme un criminel dangereux. Et entreprend le tournage de «l'Homme de l'ombre» en Allemagne. Puis il passe l'été en Suisse, avant de faire un tour en Grèce. Laissant à ses avocats le soin de faire valoir devant la cour de Los Angeles que le mandat d'amener n'est plus valable puisqu'«aucun effort sérieux n'a été fait» au cours des années. C'est ce qui met le feu aux poudres. Piqué au vif, Steve Cooley, le nouveau district artorney de L. A., publie un document où il rappelle qu'une demande d'extradition a été envoyée aux autorités anglaises en 1978; que la Royal Canadian Mounted Police a été alertée en 1986; que la Thaïlande a été notifiée en 2005; et que le mandat a été présenté aux Israéliens en 2007. Les avocats contestent : ils n'ont jamais été prévenus de ces démarches. Ont-elles seulement eu lieu ? On peut en douter, suggèrent- ils. Car, en cas d'exécution du mandat, les charges, rendues publiques, seraient apparues dans leur inanité. OAS_AD(‘Middle3′); 


Le procureur Cooley a-t-il besoin d'un procès à grand spectacle ? Aux Etats-Unis le poste est électif, comme celui de juge. Plus le tableau de chasse est riche, plus les électeurs sont contents. Cooley, élu deux fois en 2004 et 2008, surfe sur un sujet devenu sensible, la pédophilie. Pourtant la victime de Polanski, Samantha Gailey, devenue une mère de famille de 45 ans, a passé l'éponge dès 1987 : «Les charges devraient être abandonnées. L'étalage constant des détails de cette affaire me cause un tort immense. Je suis devenue la victime de l'action du procureur.» Les rôles sont renversés. Le D. A. remue la fange par goût de la notoriété, la victime plaide pour l'accusé.

Traquenard policier
Du cote suisse, le procède du traquenard policier a des relents nauséabonds. «Nous n'avions pas d'autre solution», affirme la ministre de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf, visiblement mal à l'aise. Pourquoi «pas d'autre solution» ? Cet été, Hillary Clinton, ministre des Affaires étrangères, a engagé un bras de fer sur la pratique du secret bancaire suisse. Désormais, le Trésor américain peut se voir communiquer les avoirs des fraudeurs fiscaux, sur simple demande. Les Suisses se sont résignés à collaborer. Avec l'affaire Polanski, ils donnent un gage de bonne volonté. Détail qui ne manque pas de sel : Eveline Widmer- Schlumpf, membre du conseil de banque de la Banque nationale suisse, a été l'un des trois conseillers fédéraux en charge du dossier UBS-secret bancaire. Autre détail qui tue : selon le réalisateur Terry Gilliam, le ministre de la Culture suisse en personne était à l'aéroport pour accueillir le cinéaste.
Polanski victime d'un jeu trop diplomatique ? Et d'une ministre soucieuse de ne gâter en rien son ascension (Eveline Widmer- Schlumpf, en acceptant un maroquin contre l'avis de son parti, l'Union démocratique du Centre, l'a fait exploser et a été accusée de «trahison») ? Pour l'heure, il a fait appel. Sera-t-il un jour emmené, menottes aux poignets, vers Los Angeles ? S'il était extradé, il risquerait de croiser Charles Manson. Qui est libérable dans deux ans.

(1)Le film vient de ressortir dans une salle à Paris, le Reflet Médias.

 

  

Rosemary's Baby(1968) 

Un best-seller d'Ira Levin adapté par Polanski : le cinéaste réalise un film d'horreur parfait, sur fond de satanisme (Mia Farrow est enceinte du diable). Cela lui sera violemment reproché après le meurtre de sa femme, Sharon Tate, enceinte de huit mois. La presse américaine, dans son ensemble, n'hésite pas à accabler Polanski, allant jusqu'à dire qu'il est responsable de son malheur. L'arrestation de Manson, trois mois plus tard, mettra à mal ces affirmations abjectes : les assassins ne savaient pas qui était dans la maison. 

  

Chinatown (1974) 

Le chef-d'oeuvre de Polanski, désormais classé dans les cent films américains déposés à la Bibliothèque du Congrès. Une histoire amère d'inceste, de trahison familiale, sur fond de corruption. Ce sera le dernier film de Polanski à Hollywood. En 1990, Jack Nicholson tourne la suite de «Chinatown», «The Two Jakes». Le troisième volet, prévu à l'origine, ne verra jamais le jour. 

  

Le Locataire (1976) 

Polanski revient à Paris, ville de sa naissance. Il y tourne ce scénario de Topor, qui marie le fantastique et le grotesque. Le film est mal reçu au Festival de Cannes, mais gagne, au fil des ans, un statut de chef- d'oeuvre méconnu. Tourné dans les studios d'Epinay juste avant leur démolition, le film ajoute à la légende du réalisateur, personnage étrange et inquiétant 

  

Le Pianiste (2002) 

La consécration. En adaptant le livre autobiographique du musicien Wladyslaw Spilman, Polanski revient sur sa propre enfance. Gamin abandonné dans le ghetto pendant la guerre, il a vu son père et sa mère déportés, et a survécu par miracle. Le film lui vaut un oscar, que Polanski n'ira pas chercher aux Etats-Unis, de peur d'être incarcéré. Harrison Ford lui remettra la statuette en France, où le cinéaste réside désormais. 

  

L'Homme de l'ombre (2010) 

Ewan McGregor est un nègre littéraire : missionné pour écrire les Mémoires d'un homme politique anglais (inspiré de Tony Blair), l'écrivain découvre des secrets d'Etat… En cours de tournage en Allemagne, le film est un polar à suspense, dont le scénario a été écrit, en grande partie, dans la maison de Polanski à Gstaad. Les autorités suisses, alors, n'avaient rien trouvé à redire… 

  

Philippe Boulet-Gercourt, François Forestier
Le Nouvel Observateur

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30 septembre 2009

Voici la photo du châlet qui lui appartient à Gstaad, la station huppée des Alpes suisses. C'est là que le pédophile voudrait être transféré pour y passer sa détention provisoire !

Cette « élite » corrompue jusqu'aux yeux et pourrie jusqu'à l'os dépasse toutes les limites, se croit au-dessus des lois communes. Relisez le communiqué de ces gens-là que j'ai publié dimanche, quand ils invoquent « l'extraterritorialité » des festivals de cinéma! Grandiose: le festival de Zürich était donc pour eux l'équivalent d'une ambassade, avec immunité diplomatique à la clef, pour y pratiquer impunément, par exemple, l'aspiration de lignes blanches. Vous avez déjà vu une descente de policiers en civils dans ces milieux ? Jamais.

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