PRESIDENCE DE COLOMBIE

04 mai 2010 Un internaute, sous divers pseudonymes, me fait trop d'honneur avec sa diarrhée d’interventions passionnelles, et je trinque à sa santé avec une Polar pour lui faire rengorger la boue qui l’étouffe ! Tout d’abord je lui donne raison sur le Venezuela de 2002. Le coup d’Etat de l’Opus Dei contre le président élu Hugo Chavez, que j’avais interviewé peu avant, fut provoqué par le patronat de Pedro Carmona et les syndicats corrompus avec l’aide des USA, et le soutien des médias locaux complices des putschistes. A l’époque je l’ai dénoncé, à contre-courant, au point d’être mis en cause par le Département d’Etat à Washington DC pour avoir donné le nom de deux colonels US complices du golpe. Même en interne, à l’AFP, il m’a fallu imposer le terme « coup » … Les ministres de Chavez en fuite du 11 au 13 avril m’appelaient pour lancer des appels au secours vers le monde extérieur, ce que j’ai fait. C’est dans mes livres sur l’AFP. J’avais même ébauché un autre livre sur ce thème, mais, hélas, l’intensité de l’actualité en Colombie avec la rupture des accords de paix et la fin du Caguan m’avait obligé à rentrer à Bogota pour un suivi qui n’aura plus cessé. 

Cette précision une fois donnée, le déroulement des événements a démontré combien Chavez a perdu les pédales après son retour au pouvoir, qu’il espère conserver jusqu’en 2022, pour ériger le Socialisme du XXIe siècle en Amérique Latine avec pour modèle un castrisme synonyme de mort et de disette, et pour compagne Anastasia, symbole de la censure. Sur la question colombienne, je ne vais pas refaire un exposé de ce que j’ai déjà écrit ici, sinon pour souligner combien notre lecteur et acteur véhicule une propagande mensongère avec des faits totalement faux et des chiffres encore plus fantaisistes. En résumé : -Alvaro Uribe, même empêché de se représenter, dispose encore d’une popularité de plus de 70%. En 8 ans, jamais sa cote n’est tombée sous ce chiffre, même s’il a totalement échoué, comme je l’ai dit et redit, en diplomatie et en communication. 

- L’abstention signalée lors des élections a toujours été la même, soit plus de 50% en Colombie ! Comme aux USA la plupart du temps, comme en France lors des dernières régionales (54% d’abstention). - La violence en Colombie a été grandement éradiquée depuis 2002, avec moins de 200 enlèvements en 2009 contre 3200 en 2001 (l’année avant la première élection d’Uribe), 15.000 crimes contre 45.000, et, surtout, la possibilité de voyager désormais en voiture dans le pays sans tomber dans des « pêches miraculeuses » des FARC et de l’ELN. - Les paramilitaires ont rendu les armes après 2003 (30.000) et leurs 15 chefs ont été extradés aux USA. Depuis l’élection d’Uribe, plus de 1.000 extraditions de narcos ou terroristes ont été réalisées vers les Etats-Unis. Du jamais vu.  - En 2002, il y avait déjà 3,5 millions de déplacés en Colombie, victimes de la violence des guérillas et des AUC. - Les assassinats de syndicalistes ont chuté en 8 ans. 

- Les fichiers de Raul Reyes ont démontré urbi et orbi, avec l’aval d’Interpol, les liens étroits des FARC avec Chavez, Correa, et Piedad Cordoba. 7 des 11 chefs des FARC trouvent refuge derrière les 2300 km de la frontière vénézuélienne.

- Les faux positifs de Soacha constituent une tache pour le gouvernement. Je l’ai écrit, en demandant même pourquoi Juan Manuel Santos, alors ministre de la Défense, n’avait pas démissionné. - Les écoutes du DAS : cette affaire symbolise les contrastes de la démocratie colombienne. Dans un pays confronté au terrorisme, on voit mal comment le pouvoir ne mettrait pas sur écoutes ses présumés complices ! En France, le socialiste François Mitterrand a fait écouter plus de 2.000 journalistes, politiciens et artistes, sans jamais être inquiété par la justice, et ses complices de la gendarmerie n’ont jamais été détenus ! - Les « meurtres » d’opposants sous Uribe ? Lesquels ? Je croyais que notre internaute parlait d'Ernesto Samper, l’infâme ex-président arrosé par le cartel de Cali, qui a tenté de liquider Ingrid Betancourt selon ses propres assertions dans son livre La Rage au Cœur, et qui n’aurait jamais dû terminer son mandat. Cet individu n’a plus de visa pour se rendre aux USA depuis 15 ans ! 

Pour revenir au Venezuela d’aujourd’hui, je vous reporte aux archives de ce blog sur les dérives affligeantes de Hugo Chavez. Je n'en ai pas le temps. Juste un mot: le général Raul Baduel, héros vénézuélien pour avoir refusé le coup d'Etat dès l'aube du 12 avril 2002 et sauvé ainsi Hugo Chavez alors détenu dans l'île de la Orchila, pourrit en ce moment en prison… Pourquoi ? Il n'est pas d'accord avec le régime communiste en cours. C'est grâce au soulèvement du général Baduel, annoncé par mon bureau de l'AFP, que le putsch avait échoué.

 

4 MAI 2009 

 

La guérilla terroriste se refuse toujours à mettre fin au calvaire de cet otage après avoir annoncé le 18 avril qu’il serait libéré, accuse aujourd’hui le président Alvaro Uribe, qui rejette ses oukazes, d’être responsable de ce retard, et au même moment enlève un nouvel élu, Armando Acuna, conseiller municipal à Garzon, ville du sud, après avoir tué deux policiers. 

 

Ce double jeu laisse totalement froides les chancelleries mondiales, dont la France, qui n’hésitait pas à donner des ordres implicites au chef de l’Etat colombien pendant la séquestration d’Ingrid Betancur. 

 

Quatre guérilleros ont pénétré vendredi dernier dans la salle du conseil de Garzon avant d'enlever le conseiller Armando Acuna.
« La guérilla a tenté d'enlever des conseillers, la police a réagi et ils ont tué deux policiers; deux conseillers ont été blessés et nous les poursuivons pour récupérer un autre (conseiller), que nous libérerons », a déclaré le président colombien. 

 

Les Farc ont  accusé mercredi le président Alvaro Uribe de bloquer la libération du caporal Pablo Emilio Moncayo, qu'elle retient en otage depuis 12 ans, en refusant la présence des médiateurs qui étaient déjà intervenus dans de précédentes libérations.
« Son intransigeance et son manque de grandeur d'âme (…) l'amènent à se mettre en travers (…) du projet de libération du caporal Moncayo, alors qu'en raison des centaines d'affrontements qui ont lieu quotidiennement dans l'ensemble du pays, les risques augmentent pour les prisonniers », déclarent Farc dans un communiqué diffusé sur internet.
Le texte, signé du chef des Farc Alfonso Cano, ajoute en outre que de nouveaux militaires ont été pris en otage, sans donner les identités de ces éventuels nouveaux prisonniers.
Le 16 avril les Farc avaient annoncé leur intention de libérer le caporal, Pablo Emilio Moncayo, en exigeant que la sénatrice Piedad Cordoba, proche de la guérilla, participe à l’opération. Alvaro Uribe s’y refuse, et a répondu que seul le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l'Eglise catholique seraient mandatés pour les tractations.
Pablo Emilio Moncayo, qui avait 19 ans lors de son enlèvement, fait partie du groupe de 22 militaires et policiers, des otages dits « politiques » que la guérilla se dit prête à échanger contre environ 500 de ses combattants capturés par les autorités.
 

 

2 JUIN 2009 

 

Cette enquête d’opinion a été réalisée par Ipsos pour les médias de Bogota Semana (hebdo) et RCN (radio). 

 

83% des Colombiens affirment qu’ils voteront oui si un référendum a lieu pour permettre à Uribe de se représenter en 2010. Cette option est discutée actuellement par le Congrès. 

  

Si le chef de l’Etat peut concourir pour un 3e mandat, 57% voteraient  pour lui au premier tour. Les autres candidats obtiendraient : 6% pour Sergio Fajardo (ancien maire de Medellin), 5% pour Carlos Gaviria (gauche) et 4 % pour Juan Manuel Santos, ex-ministre de la Défense. 

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1ER JUIN 2009 Cette révélation explosive est fournie par le site iranien Tabnak, dirigé par un ancien commandant de l’armée iranienne, Mohsen Rezaie. Les quatre officiers faisaient partie, selon cette source, d’un groupe commandé par le ministre de la Défense iranien, le général Mostafa Mohammad Najjar, et arrivé à Caracas le 30 avril dernier. Leur visite visait à les entraîner à des systèmes de vision nocturnes acquis au Venezuela par les Iraniens, selon la même source. 

Dans mes informations du 30 mai, je vous avais indiqué, avec les réserves d’usage faute de confirmation officielle, qu’Ivan Marquez, n°2 des FARC, serait également l’une des victimes de cet accident aérien survenu le 3 mai à la frontière avec la Colombie.  Ivan Marquez se cache depuis longtemps au Venezuela, où il a été vu en photo avec Hugo Chavez et la sénatrice Piedad Cordoba en septembre 2007, comme ce blog vous l’avait révélé (cf. Mes archives ici), 

18 personnes avaient été tuées dans le crash de l’hélicoptère de l'armée vénézuélienne, alors en patrouille à la frontière avec la Colombie.  Les victimes: un général, 16 militaires de différents rangs et un civil, avait annoncé Hugo Chavez au cours de son programme hebdomadaire “Allô président”, diffusé par la radio et la télévision. Le président du Venezuela n’avait pas évoqué le 18e victime, et encore moins son identité.
L'hélicoptère de fabrication russe et de type MI 17 V5 avait perdu le contact radio avec sa base aérienne, près de la localité d'El Alto de Rubio, dans l'Etat de Tachira (sud-ouest) limitrophe de la Colombie. 

Cette affaire est en passe de devenir un scandale de taille si les informations parcellaires dont je dispose sont confirmées. Non seulement Ivan Marquez aurait trouvé la mort dans l’accident, mais l’appareil aurait été alourdi par une surcharge (j'avais écrit 30 tonnes, c'est évidemment une erreur, signalée par Elboss) comprenant de l’armement et des munitions pour les camps des FARC situés en territoire vénézuélien, près de la frontière avec la Colombie, longue de 2.300 km.   Après l’élimination le 1er mars 2008 de Raul Reyes, n°2 de la guérilla, par l’armée colombienne en Equateur, Ivan Marquez l’avait remplacé, et dirigeait la commission internationale des FARC.  Si sa mort est confirmée, ainsi que la mission de l’hélicoptère, ce  sera un coup terrible contre la guérilla, ainsi que leur soutien depuis dix ans, Hugo Chavez, mais aussi l’Iran. Mes lecteurs n’ignorent rien des liens étroits de coopération militaire tissés entre le régime vénézuélien et le pays des ayatollahs.

19 MAI 2009 

Depuis quelques minutes, les 45 millions de Colombiens savent qu’ils vont pouvoir voter dans un prochain référendum pour ou contre la possibilité d’Alvaro Uribe de se représenter à la présidence en mai 2010 pour un 3e mandat de quatre ans, après l’adoption de ce principe par le Sénat à une marge majorité (62 pour et 5 contre). Seul un ultime coup de théâtre, comme l’éventuelle opposition du Conseil constitutionnel  à ce suffrage du Congrès, pourrait empêcher le maintien au pouvoir du chef de l’Etat, compte tenu des sondages largement favorables à la réélection de cet homme à poigne face au terrorisme des FARC. 

Ma position personnelle contre un tel cas de figure, connue depuis des mois, me permet de dénoncer avec davantage de force la tactique suicidaire de la gauche caviar dans sa stratégie obtuse pour récupérer le pouvoir et ses prébendes. 

Les principaux organes de la justice sont gangrenés par les nostalgiques gauchistes d’un castrisme inavoué, à condition qu’il ne touche pas, ce qu’ils croient possible si cette hérésie parvient au pouvoir, à l’oligarchie dont ils font partie. La Cour suprême fait de la politique au lieu de se limiter à son rôle de contrôle, le Conseil d’Etat en remet une couche en interdisant les appelés de l’armée à combattre le terrorisme, et, le comble, les juges viennent de faire appel au représentant de l’ONU pour l’indépendance de la justice, l’Argentin Leandro Despouy, pour enquêter sur de présumées écoutes téléphoniques réalisées par le DAS (services secrets) contre les magistrats. 

Cette dernière initiative prêterait à rire si elle ne traduisait l’hypocrisie de l’oligarchie colombienne. De tous temps, le DAS a espionné les opposants à la démocratie, souvent des ex-terroristes amnistiés ou de vraies taupes de la guérilla déguisées en affables démocrates. Dans sa haine du président, cette gauche caviar oublie cette donnée pour l’accuser d’avoir organisé, sans preuve aucune, des écoutes téléphoniques. Mais c’est moi, Français, qui vous le dis, chers Colombiens : si un Etat démocratique comme la France a toujours et continue d’espionner au téléphone les ennemis du régime, avec parfois des excès comme ces 2.000 journalistes, juges, comédiens ou autres enregistrés par les services de l’Elysée sous le socialiste François Mitterrand, entre 1981 et 1986,  comment pouvez-vous reprocher au DAS de faire le même travail dans un pays confronté à un terrorisme sanguinaire ? 

A l’inverse, le Cour suprême de Colombie continue de démontrer ses liens inavoués avec cette gauche aussi glauque que ses programmes sont flous. Ses juges arrêtent sans relâche des élus, ce qui n’est pas de leur ressort, pour leurs présumés liens avec des paramilitaires, mais n’ont toujours pas fait de même avec les complices des FARC terroristes, comme Piedad Cordoba. Si ce Leandro Despouy venait à Bogota, son rôle pourrait se retourner contre ceux qui l’appellent : ces juges proches d’une infâme guérilla, qui enlève jusqu’à des bébés, comme j’en ai été le témoin. 

Venez en Colombie, Leandro Despouy, et jugez vous-mêmes ! Vous verrez que la justice y est tellement indépendante qu’elle bascule dans le camp de la terreur. 

 

15 mai 2009 

Ce que je prévoyais depuis des mois, comme le prouvent les archives de ce blog, est en train de se réaliser. « Uribe penche vers l’autocratie », titrait hier l’hebdomadaire britannique The Economist, une sommité de la presse mondiale, à propos de l’éventuelle réélection du président colombien pour un troisième mandat de quatre ans en mai 2010. Ce média n’a pourtant cessé de faire l’apologie d’Alvaro Uribe jusqu’ici pour sa réussite dans la lutte contre le terrorisme de la guérilla des FARC. 

Sans tomber dans l’autosatisfaction, je vous rappelle mes mises en garde, contestées par mes plus fervents lecteurs. En Amérique Latine, la terre des putsch en série, vouloir se perpétuer au pouvoir, malgré l’appui populaire, revient à passer pour un dictateur, comme l’a prouvé la récente condamnation à 25 ans de prison d’Alberto Fujimori, sauveur du Pérou contre les menées du Sentier Lumineux. J’ai contesté l’idée d’un troisième mandat pour Uribe pour cette raison. The Economist aboutit aux mêmes conclusions. 

Pour ceux qui l’ignorent, rappelons le contexte. La campagne électorale a commencé en Colombie. Dans un tel climat, les révélations sur de présumés scandales à tous les niveaux vont sortir à tout bout de champ, avec des arrière-pensées politiques évidentes. C’est déjà fait avec l’hebdomadaire Semana. Ce média est dirigé par Alejandro Santos, l’un des héritiers de la famille éponyme. L’un des ses aïeux, Eduardo, a été président de Colombie de 1938 à 1942. Son oncle, Juan Manuel, est l’actuel ministre de la Défense d’Alvaro Uribe, et candidat depuis toujours à la présidence. On comprend mieux pourquoi Semana vient de s’opposer au maintien au pouvoir du chef de l’Etat. 

Ce qu’oublie de commenter ce média, c’est le scandale des « faux positifs ». Il s’agit de jeunes civils de banlieue tués par l’armée après avoir été emmenés dans des zones de la guérilla, pour gonfler les chiffres de la lutte armée contre les FARC. Près de 1300 de ces victimes auraient été ainsi inscrites dans une macabre comptabilité depuis 2002. Dans n’importe quelle démocratie normale, le premier fusible à sauter serait le ministre de la Défense dans un tel scandale. Seuls des militaires, dont trois généraux, ont été poursuivis. Il s’agit d’un crime collectif digne de passer devant la Cour pénale internationale, en compagnie des atrocités commises par les FARC. 

L’autre scandale en cours concerne les écoutes téléphoniques réalisées par les services secrets du DAS aux dépens de journalistes, juges et politiciens. Là, je me permets de sourire. Tous les pouvoirs ont recours à cet espionnage, comme François Mitterrand de 1981 à 1986. Plus de 2000 journalistes ou autres ont été écoutés par les services secrets français. Jamais personne n’a osé évoquer un Watergate contre le président socialiste, alors que cette expression est déjà avancée en Colombie  par des médias qui ont oublié une donnée de base : leur pays lutte contre un terrorisme aveugle, présent dans tous les secteurs de la société… 

Comme l’oligarchie et ses relais médiatiques ne veulent pas d’un troisième mandat pour Alvaro Uribe, tous les moyens sont bons et seront utilisés pour l’empêcher d’arriver à ses fins, malgré un appui de 71% dans les sondages. 84% des Colombiens sont prêts à voter un référendum pour lui permettre de se représenter. Même les investissements immobiliers des deux garçons d’Uribe sont scrutés à la loupe et mis en cause au Congrès ! Imagine-t-on les députés français en train d’enquêter sur les affaires des fils Mitterrand ? C’est le rôle de la justice, ce qui a été le cas pour Jean-Christophe dans une enquête sur l’Angolagate. 

A l’inverse, la complice des FARC Piedad Cordoba, sénatrice d’extrême gauche, n’a toujours pas été poursuivie par la Cour suprême de justice, qui arrête sans relâche des élus sur de présumés contacts avec les paramilitaires. 

Nous voici revenus en Amérique Latine à une période noire de l’histoire, avec des données inversées. Les anciens dictateurs étaient de droite. Les nouveaux hommes forts, en 2009, se disent tous de gauche, pour se gagner les faveurs de la communauté internationale. Voyons ainsi le panorama d’aujourd’hui : 

-        Au Venezuela, Hugo Chavez bouscule la Constitution et se fait réélire, cette fois jusqu’en 2015, soit 16 ans au pouvoir. C’est le double de ce qu’aura réalisé Uribe en 2010, mais personne ne crie au loup dans l’intelligentsia, malgré ses complicités actives avec les FARC. 

-        En Equateur, Rafael Correa change lui aussi la Constitution, et se fait réélire en dépit de ses liens démontrés avec les FARC. 

-        En Bolivie, Evo Morales fait de même, menace de mort les autonomistes de l’Est, ignore les lois, appuie les massacres de chiens par les « ponchos rouges », comme préfiguration de ce qui attend ses ennemis. 

-        Au Nicaragua, le pédophile et violeur de la petite Zoilamerica n’a toujours pas été entendu par la justice, et triche en prime aux élections. 

Tous ces présidents sont des complices de la guérilla terroriste et de leurs alliés. 

Le titre de mon article est on ne peut plus clair pour les peuples de ces pays : si vous voulez survivre, dites non à la dictature d’Uribe, et oui à celle des autres présidents de gauche. 

Mais n’oubliez pas que la roue tourne, comme ce fut le cas pour Pinochet et consorts… 

4 MAI 2009 N’ayons pas peur des mots. La sénatrice colombienne Piedad Cordoba, alliée des FARC,  me fait penser à Twilight, ce héros mondialement connu de Stephenie Meyer devenu un vampire. Piedad Cordoba ressemble à un tel monstre pour son rôle cruel dans l’affaire des otages aux mains de la guérilla. 

Comme les vampires assoiffés de sang, ce sinistre personnage du Congrès colombien insiste, à la demande des FARC, pour jouer le rôle d’intermédiaire dans la libération du caporal Pablo Emilio Moncayo, otage des terroristes DEPUIS 12 ANNEES, et dans la remise du corps du major Julian Ernesto Guevara à la famille de cet officier, qui s’est laissé mourir en 2006, après 9 ans de séquestration par les FARC. Le 25 avril, le président colombien Alvaro Uribe a confié au CICR (Croix rouge internationale) et à l’Eglise le soin de récupérer l’otage Moncayo et la dépouille mortelle de Guevara. Malgré son refus de céder aux exigences des terroristes, les FARC les ont renouvelées à la fin de la semaine dernière : ils veulent remettre leurs proies, l’une décédée depuis trois ans, à la sénatrice. Celle qui est marquée à jamais par sa complicité active avec les FARC, comme l’ont révélé les dossiers de Raul Reyes, l’ex-N°2 de la guérilla abattu le 1er mars 2008 par l’armée colombienne. Dans ces courriers, la sénatrice était signalée pour son opposition à la libération d’Ingrid Betancourt, avant l’opération Jaque qui devait permettre de sauver cet otage le 2 juillet 2008, au nez et à la barbe de ses geôliers !   

Le respect des deux martyrs, l’un encore en vie, l’autre en cendres, aurait dû imposer à la sénatrice de renoncer à une telle fonction de Dracula, de celui qui vit du sang et de la mort. Il n’en a rien été. Elle attend, dans son antre, que veuille bien céder le régime démocratique colombien au chantage de la guérilla. Pis encore. Cette sénatrice, suspectée par la Cour suprême pour ses liens avérés avec les FARC, n’a toujours pas été poursuivie par cette juridiction, prompte à accuser des sénateurs ou députés, souvent sans aucune preuve, pour des liens présumés avec les paramilitaires. 

Cette insoutenable légèreté illustre la complicité évidente de certains magistrats avec la mouvance terroriste. Imaginons une prise d’otages en France, comme celle survenue en 1993 dans une école de Neuilly, ville dont le maire était alors Nicolas Sarkozy. Le futur président aurait-il accepté que l’un des 25 enfants soit remis au trotskiste Olivier Besancenot, et non pas aux pouvoirs établis ? Que la séquestration des autres enfants durât douze ans ? Que chaque année, un autre élève soit remis au facteur communiste ? Je vous laisse répondre, en vous précisant que Sarkozy n’avait pas attendu des années pour résoudre le drame : le preneur d’otages avait été abattu par la police… Je suis frappé, tout autant ou presque, par le mutisme de la presse colombienne sur l’horreur en cours dans le double drame Moncayo-Guevara. Alvaro Uribe a fait une concession sans précédent il y a près de deux mois, en offrant aux FARC de négocier sans aucun préalable, excepté un cessez-le-feu de 4 mois pour parvenir à un échange entre les otages des FARC et les guérilleros emprisonnés. La guérilla n’a pas répondu. Elle a caché son refus sous un macabre écran de fumée : la remise du cadavre du major Guevara et de l’otage Moncayo. 

On pourrait s’attendre à voir les médias se mobiliser, et le peuple avec eux, pour exiger des FARC de s’asseoir à la table des négociations, avec pour résultats une solution globale qui ne serait pas limitée aux cas de Moncayo et du cadavre de Guevara. Ce n’est pas le cas. Je vais être méchant, mais sans l’être en réalité : le silence de la presse obéit à une stratégie politicienne. Dans un an exactement aura lieu l’élection présidentielle en Colombie. On ignore encore si Alvaro Uribe aura obtenu du Congrès le droit de se représenter. Une série d’intérêts masqués obèrent la réaction d’appui à l’initiative pacifiste du président que l’on pourrait attendre des médias locaux. Si le président réussissait son pari, il ferait passer sa cote de popularité, aujourd’hui  de 70%, à 90 ou 95%, comme ce fut le cas après la liquidation de Raul Reyes. Tous les candidats à sa succession disparaîtraient dans la trappe de l'histoire.

Je serai encore plus critique à l’égard des capitales européennes, si rapides à placarder la photo d’Ingrid sur la façade de leurs mairies entre 2002 et 2008. Qu’attendent-elles pour exiger des FARC d’accepter le rameau d’olivier tendu par Alvaro Uribe ? 

 3 mai 2009  Encore un petit effort, et la mouvance terroriste aura bientôt réussi, à force d’un odieux chantage, à faire passer le président Alvaro Uribe pour le responsable d’une double horreur : 

-        Le maintien en captivité par les FARC du caporal Pablo Emilio Moncayo, otage depuis 12 ans. 

-        La non remise par les FARC à sa famille du cadavre du major Julian Ernesto Guevara, séquestré en 1997 par la guérilla et qui s’est laissé mourir en janvier 2006. Le 16 avril, les FARC ont annoncé la libération du premier et la remise du cadavre du second, à la condition que cette opération soit coordonnée par la sénatrice Piedad Cordoba, proche de la guérilla. Le 25 avril, Alvaro Uribe répond : seules la Croix rouge internationale (CICR) et l’Eglise catholique sont autorisées à  intervenir. 

Depuis un mois et demi maintenant, le président colombien a fait une concession de taille aux FARC, en les invitant à un dialogue de paix pour un échange entre les otages et les guérilleros détenus en Colombie, sans autre exigence qu’un cessez-le-feu de quatre mois pour permettre une telle négociation. Les FARC n’ont jamais répondu à cette offre.   Nouveau rebondissement jeudi 30 avril : les FARC se moquent de la réponse de Bogota et réitèrent leur exigence d’avoir Piedad Cordoba comme interlocutrice pour la libération de Moncayo et la remise du cadavre du major, « comme garantie de transparence ». Ce chantage devient infamant, répugnant et insupportable. Dans les deux cas, les FARC parlent d’opération « humanitaire ». Quel terme pour la mise aux fers pendant douze ans du caporal Moncayo !  Quel adjectif pour la mémoire d’un officier mort enchaîné ! 

Voyez dans quelles conditions est décédé le major Guevara en 2006. Son ami, le sergent John Jairo Duran, l’un des 15 otages dont Ingrid libérés par le commando des services secrets colombiens le 2 juillet 2008 dans l’opération « Jaque » (Mise en échec), l’a relaté dès le 6 juillet suivant à Bogota. Avec un nœud dans la gorge, il a raconté au palais présidentiel que le major Guevara s’était laissé mourir, sans pratiquement manger, pour ne pas fléchir face aux humiliations de ses geôliers, qui exigeaient de lui, parce qu’il était un officier supérieur, qu’il les suppliât de lui donner sa nourriture ou qu’il insultât la police nationale.  « Savoir cela m’a rempli de fierté, parce que je sais que Julián n’aurait jamais permis qu’on maltraite ses hommes ou qu’on les humilie. C’était ça, mon fils », avait alors dit la mère de l’officier, Emperatriz,  les yeux baignés de larmes. Le sergent Duran a conservé durant plus de deux ans, depuis ce matin de janvier 2006, les cahiers personnels dans lesquels le capitaine faisait le récit de ses journées dans la jungle.  Il devait les remettre à sa mère  au cours d’une cérémonie officielle.

On peut s'attendre à une campagne de la mouvance terroriste pour dénoncer « l'intransigeance » du président colombien ! Comme cela a été le cas  pendant six ans pour Ingrid Betancur avant l'opération Jaque. Je me souviens entre autre avoir entendu à la télévision, dans l'émission « Revu et corrigé » de Paul Amar, qui n'avait rien revu ni corrigé, un ancien journaliste de la radio Europe 1, Ivan Levai, avancer au printemps 2008 que « si Ingrid venait à décéder aux mains de la guérilla,  ce serait autant la faute d'Uribe que des FARC ».

Quel chef d'Etat peut-il accepter la permanente surenchère de terroristes détenteurs d'otages ? Rappelons nous deux choses:

1- récemment, l'armée française a abattu plusieurs preneurs d'otages somaliens qui détenaient des Français sur un voilier français au large du Golfe. 

2- quand Uribe a eu la faiblesse, le 1er mars dernier, de laisser Piedad Cordoba, à la demande des FARC, coordonner la libération par la guérilla de quatre officier otages, cette opération a donné lieu à une propagande éhontée: la sénatrice enturbannée était accompagnée de militants proches des FARC qui ont proféré des accusations mensongères sur les menaces de l'armée pendant ces libérations. Pis encore: le pseudo-journaliste colombien Hollman Morris, proche des FARC, a osé interviewé les quatre officiers avant leur libération, pour leur faire dire que tout avait été magnifique pendant leur séquestration. S'ils ne l'avaient pas fait, ils auraient été ou exécutés, ou au minimum gardés comme otages. Ce Morris avait tenté de vendre cette ignominie à la chaîne de télévision Al Jazeera pour 4000 dollars Ni ce canal ni Morris n'avaient répondu à mes demandes d'explication.

Une fois de plus, je pose la question à l'Elysée et au Quai d'Orsay: pourquoi la France n'intervient-elle pas pour demander aux FARC de libérer Moncayo mais aussi tous les otages, de remettre le corps de Guevara, et d'accepter le dialogue offert par Uribe ?

 

 

17 AVRIL 2009 

 

Je vous invite à suivre ce programme, et suis avide de vos commentaires a posteriori. 

 

Le livre « Captive » de Clara Rojas (Plon) m’a été envoyé jeudi. Il relate ses conditions d’otage, et de mère du petit Emmanuel, chez les FARC, en captivité, avant sa libération le 10 janvier 2008.

Elle y avoue sa « stupidité criante » d'avoir suivi Ingrid Betancourt dans cette aventure, avec à la clef six années de séquestration par une guérilla sans pitié, aux côtés d'une compagne en politique qui l'a rejetée.

Mais je ne vous en dis pas plus … Regardez !

 

 

LE CAPORAL MONCAYO, QUE LES FARC VONT LIBERER, A ETE ENLEVE SOUS LA PRESIDENCE D’ERNESTO SAMPER, ELU AVEC L’APPUI FINANCIER DU CARTEL DE LA COCAINE DE CALI, ET DEFENDU A L’EPOQUE PAR PIEDAD CORDOBA 

 

16 AVRIL 2009 

 

L’horreur fait des ronds en Colombie, mais pas dans l’eau. Elle se nourrit d’une putréfaction ambiante qu’il convient de dénoncer. Je viens de vous annoncer la prochaine libération du caporal Moncayo, otages des FARC depuis le 21 décembre 1997. Près de 12 ans dans ses chaînes, faut-il insister, pour avoir défendu à 18 ans son pays contre les barbares de cette guérilla ! La même organisation qui tue des Indiènes AWA et leur arrache leur foetus de 8 mois, ainsi que ce blog vous l'a relaté.

 

A cette époque, en 1997, le président s’appelait Ernesto Samper. Cet homme devrait être en prison, et je le maintiens, quoi qu’il m’en coûte. C’est pour le combattre qu’Ingrid Betancourt, alors députée colombienne, avait observé durant 13 jours une grève de la faim au Congrès en 1995.  C’est à son  crédit. 

 

Ce chef de l’Etat corrompu a été accusé d’avoir reçu du cartel de la cocaïne de Cali une aide financière de 6 millions de dollars pour sa campagne électorale en 1994. Son ministre de la Défense, auteur des révélations sur ce financement criminel, n’est autre que Fernando Botero, fils du sculpteur éponyme, mondialement connu pour ses statues de femmes fortes. Il a passé 30 mois en prison, comme fusible en Colombie, quand son mentor réussissait à finir son mandat grâce à l’appui d’un Congrès autant corrompu que lui, et aussi avec l’aide de Piedad Cordoba. PERSONNE ne l’a oublié en Colombie. 

 

C’est cette sénatrice, devenue un maillon des FARC dans la société civile colombienne, qui joue désormais le rôle de réceptrice des otages que la guérilla décide de libérer au gré de son bon vouloir. 

 

Quand je vous dis que j’ai la gerbe, vous me comprenez ? Je vous rappelle que cet Ernesto Samper ne peut se rendre aux USA, qui lui refusent tout visa pour les raisons ci-dessus exposées, et malgré le blanc-seing du Congrès colombien corrompu jusqu'à l'os. Un jour, il devra répondre devant la Cour pénale internationale.

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