OPERACION JAQUE

05 novembre 2011

La liquidation d’Alfonso Cano par l’armée colombienne de cette guérilla narcoterroriste qui vit du trafic de cocaïne et des enlèvements, y compris d’enfants contre rançon, ne signifie pas l’extinction à court terme de ce fléau contre la paix civile, malgré le vœu ardent des 46 millions de Colombiens.

Dans ce splendide pays deux fois grand comme la France et recouvert aux deux-tiers de forêts tropicales ou amazoniennes face à deux océans (Atlantique et Pacifique), les quelques 7.000 terroristes encore présents, sur les 20.000 qu’ils étaient en 2002, n’ont aucune peine à se cacher dans ces reliefs sauvages, mais sont séparés en fronts de plus en plus isolés les uns des autres. Ce contexte ne les empêchera pas de frapper encore à l’aveugle, comme ils en ont la coutume, avec y compris des chevaux piégés contre la population.

Un tel éparpillement de ces rebelles sans cause aucune va s’accentuer avec la disparition de Cano, tué dans le Cauca (au sud-ouest du pays), car son successeur ne peut être qu’un des derniers chefs survivants des FARC, tous retranchés au Venezuela, voire en Equateur. Il s’agit d’Ivan Marquez, de l’afro-américain Joaquin Gomez, de Timochenko et de Pablo Catatumbo. Toutes mes sources me l’ont confirmé depuis longtemps.

On voit mal comment ces candidats à la direction des FARC pourraient reprendre le contrôle des divers fronts colombiens. Leurs allers et venues sont repérés par les avions espions colombiens et américains, et leurs communications écoutées par les services secrets. Ces rebelles sanguinaires bénéficient de l’appui du président castriste Hugo Chavez, même si son homologue colombien Juan Manuel Santos, au pouvoir depuis 2010, fait semblant de croire le Vénézuélien quand il dément leur présence sur son territoire, pour ne pas nuire aux importants échanges commerciaux entre les deux pays.

L’armée colombienne détient en outre un considérable trésor de guerre avec la saisie dans le camp de Cano de dizaines d’ordinateurs, disques surs et clefs USB. Leur déchiffrage va permettre l’identification du réseau commandé par l’ex-patron des FARC, mais aussi de ses complices dans la société colombienne.

A l’heure qu’il est, j’ignore si le pouvoir à Bogota va remettre immédiatement à Interpol, avant de les ouvrir, toutes ces données informatiques afin de valider leur contenu, comme ce fut le cas après la liquidation de Raul Reyes, ex-n°2 des FARC, le 1er mars 2008. Les disques durs de ce terroriste, que j’avais rencontré en 2004, avaient notamment prouvé les liens des FARC avec l’ex-sénatrice Piedad Cordoba, relevée de ses fonctions par la justice, et bien d’autres personnages toujours pas entendus par les tribunaux.

Le moment est venu en tout cas pour le président Santos de proposer aux FARC une reddition générale sans condition, avec la remise aux autorités des 21 officiers encore otages entre leurs mains (dont certains depuis 13 ans !), dans le cadre d’une loi semblable à celle qui avait permis la fin de leur combat pour quelque 30.000 paramilitaires en 2003 sous la présidence d’Alvaro Uribe, dont le rôle aura été primordial dans la lutte anti-terroriste en Colombie.

Nul n’a oublié que l’opération « Jaque » (mise en échec), menée par un commando héroïque de 13 agents secrets colombiens sous la présidence d’Uribe, avait permis le 2 juillet 2008 la libération de 15 otages, dont 3 Américains (après 5 ans de captivité) et Ingrid Betancourt (après 6 ans dans les geôles des FARC), ex-candidate à la présidence colombienne pour le parti des Verts.

Je vous rappelle que mes entretiens avec le chef de ce commando de « Jaque » à Bogota en 2009 ont été publiés dans mon livre en espagnol « Ingrid Betancourt : pasos en falso » (Planeta), toujours en vente en Colombie. Il s’agit d’une version augmentée de mon livre en français « Les secrets de l’opération Betancourt » (Fayard), hélas épuisé si je ne m’abuse.

30 mai 2010 

Voilà une surprise de taille dans ce premier tour de l’élection présidentielle en Colombie! Après le dépouillement de plus de 50% des bureaux de vote, Juan Manuel Santos, ex-ministre de la Défense d’Alvaro Uribe, et candidat de la droite musclée, comptabilise 46,88% des suffrages exprimés, contre seulement 21,38% à Antanas Mockus, candidat des Verts. 

Si le résultat final se maintient dans ces fourchettes, Santos est assuré de l’emporter largement au second tour, puisque les autres candidats de la droite, German Vargas Lleras et Noemi Sanin (la seule femme à se présenter), obtiennent respectivement 10,11 et 5,63% des voix. 

A gauche, le candidat libéral Rafael Pardo (social-démocrate) plafonne à 4,15%, et le socialiste Gustavo Petro (ex-guérillero du M-19 amnistié) ne réussit pas mieux que 9,82%. 

Le second tour, prévu dans 15 jours si Santos n’obtient pas la majorité absolue à l’issue de ce premier tour, ne fait plus de doute… 

Juan Manuel Santos avait dirigé la fameuse Opération Jaque (Mise en échec) qui avait permis le 2 juillet  2010 la libération de 15 otages des terroristes des FARC, dont trois Américains et une ex-candidate colombienne à la présidence pour le parti Vert, désormais disparue de la circulation, sans une seule goutte de sang versée.

10 novembre 2009 

 

A mes yeux, le chiffre 13  porte désormais bonheur. Ce fut le nombre des participants à l’opération Jaque, ainsi que me l’a révélé à Bogota le chef de la mission qui a réussi à libérer 15 otages, dont Ingrid Betancur, 3 Américains et 11 officiers colombiens, le 2 juillet 2008. 

Ce bel homme, que je me garderai de décrire pour le préserver de ses ennemis, arpente la Colombie sans aucun garde du corps. « Je n’aime pas ça », dit-il, sans se séparer de son pistolet automatique à 15 coups. 

Je ne vous en dis pas plus pour l’instant… 

5 novembre 2009 

Vous allez tirer la langue pendant quelque temps avant de connaître les détails jamais révélés sur l’opération Echec (« Jaque ») du 2 juillet 2008. 

Pendant mon récent séjour en Colombie, j’ai eu l’honneur de dialoguer pendant plusieurs heures avec le major X, chef de cette mission secrète conclue par la libération d’Ingrid Betancourt, des trois Américains, et de 11 officiers colombiens, tous otages des FARC, grâce au culot de 13 agents secrets de l’armée colombienne. 

Soyez patients ! Certains des otages ont attendu 10 ans avant de retrouver la liberté grâce au major X et à ses hommes… 

 16 août 2009 

Je reste effaré par le silence des médias mondiaux, mais surtout colombiens, face à la sangsue Piedad Cordoba, vil instrument des FARC dans la poursuite de leurs tortures autant mentales que physiques. 

Toutes les preuves, et davantage, accablent cette sénatrice, comme l’ont révélé les ordinateurs de Raul Reyes, l’ex-n°2 abattu par l’armée colombienne le 1er mars 2008. 

Mais le mutisme d’une justice colombienne corrodée par les terroristes, doublé d’un silence incompréhensible dans les médias locaux, encourage cette élue au turban à continuer de se jouer de la vie des otages aux mains des FARC. 

Quand elle n’est pas invitée en Europe à pérorer contre le régime démocratique colombien d'Alvaro Uribe, elle sert de porte-parole de la guérilla sanguinaire pour une nouvelle annonce qui redouble les craintes des familles des otages. 

Une fois de plus, elle vient d’assurer que des preuves de vie de 8 des 24 otages dits politiques (tous des officiers, certains depuis 12 ans dans les geôles terroristes) seraient fournies par ses soins demain 17 août. 

Ce n’est pas de preuves de vie dont ont besoin les proches de ces martyrs, mais de leur remise en liberté. 

Pour de basses raisons politiciennes, cette sénatrice que l’on ne voit jamais sur le terrain colombien s’occuper des pauvres, dont fait partie en majorité la communauté afro-américaine à laquelle elle appartient dans le département d'Antioquia, distille depuis deux ans ce genre d’informations susceptibles d’adoucir la douleur des familles.

L'annonce de Piedad Cordoba n'a fait qu'alimenter la terreur des familles. Elle signifie que 16 d'entre elles n'auront aucune nouvelle de leurs proches enchaînés dans les camps de concentration terroristes. 

La Cour suprême de justice de Bogota, connue pour sa corruption et ses liens avec les FARC, n’a toujours pas engagé l’enquête qu’elle avait promise contre Piedad Cordoba depuis les révélations contenues dans les pc de Raul Reyes. 

L’un de ces messages avait révélé, entre autre, que la sénatrice était opposée à la libération d’Ingrid Betancourt, quelques mois avant que les agents secrets colombiens de l’Opération Mise en échec (« Jaque ») ne sauvent l’ex-candidate à la présidence et 14 autres otages, dont 3 Américains,  des griffes de leurs geôliers. 

Un message d’Ingrid Betancourt appelant Piedad Cordoba à exiger la libération sans condition des 24 otages politiques des FARC, plutôt qu’à servir de relais à leur propagande, serait le bienvenu, et lui permettrait de se refaire une santé auprès d’un public français désabusé après les révélations de ses co-otages (Clara Rojas, les trois Américains et dix officiers) dans leurs livres.  Vedette de l’actualité en France quand elle a été libérée le 2 juillet 2008 par neuf agents colombiens déguisés en mission humanitaire, au péril de leurs vies, Ingrid Betancourt n’est plus qu’avant-dernière dans la liste des personnalités préférées des Français publiée ce 16 août par le Journal du Dimanche : 49° sur 50… 

19 juillet 2009 La vidéo du chef militaire terroriste « Mono Jojoy », n°2 des FARC, visible sur ce blog depuis ce matin, a confirmé, si besoin, la véracité des 37.000 fichiers découverts dans les ordinateurs de Raul Reyes après son élimination par l’armée colombienne le 1er mars 2008. Ces documents avaient été avalisés par Interpol, mais les personnages cités dans les courriels avaient évoqué un montage. La réalité des dossiers a été confirmée par « Mono Jojoy » lui-même dans cet enregistrement, saisi dans l'ordinateur de  »Camila », une guérilla des FARC arrêtée à Bogota. 

Une page s’ouvre donc vers l’engagement de poursuites par la justice colombienne contre les complices de la guérilla terroriste, après son mutisme initial qui en dit long sur ses préférences dans les ouvertures d'information judiciaire. Sur les sites de la presse colombienne, les agents de la guérilla continuent de crier au « montage » de la vidéo. Aucun expert ne verra un acteur jouer le rôle de Jorge Briceno, alias « Mono Jojoy », dans cette séquence. C’est bien lui, avec son béret, son arrogance, ses gestes brefs et sa voix aiguisée de coupeur de tête, sous la fine moustache de macho violeur de mineure à l’occasion, comme je l’ai relaté dans mon livre sur « Les secrets de l’Opération Betancourt » (Hugo Doc-novembre 2008). 

Avec l’accumulation de ces preuves, qu’attend Bogota pour engager des poursuites contre l’agent des services secrets français de la DGSE Noël Saez (baptisé « 008 » à l’ambassade de France quand il y était consul de 2000 à 2004, mais qualifié de « 000 » par notre ami Fabio pour ses échecs réitérés dans ses tentatives de faire libérer  Ingrid Betancur) ?  L’espion français a avoué avoir effectué une trentaine de voyages entre Paris et la jungle colombienne entre 2004 et 2008 pour essayer d’arracher Ingrid à ses geôliers.  Il avait réfuté le paiement à cette fin d’une juteuse rançon par lui durant l’un de ses voyages. Les fichiers de Raul Reyes, désormais confirmés par la vidéo de « Mono Jojoy », faisaient état de ce règlement effectué par erreur à des rebelles qui n’en étaient pas. Noël Saez a versé l’argent des contribuables français à de faux terroristes des FARC ! 

Tenter de soudoyer des terroristes sur le sol d’un pays étranger en guerre contre ces mêmes criminels relève de la justice. Si Bogota ne bouge pas, il reviendra à la justice française de s’emparer du dossier, au nom du peuple français grugé par cette dépense quand la politique officielle de la France refuse le principe du paiement de rançon.

Noël Saez se croyait tellement à l'abri de poursuites qu'il avait osé affirmer, après l'opération « Jaque » (Mise en échec) qui a permis la libération de 15 otages des FARC, dont Ingrid, par les services secrets colombiens, le 2 juillet 2008, que les geôliers des otages avaient été « achetés » par Bogota. Sa forfanterie a été démentie jeudi, avec l'extradition aux USA de « César », le chef de ces geôliers, appelé à y purger une forte peine de prison.

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Photo du 3 juillet 2008: l'arrivée des 15 ex-otages à Bogota

2 juillet 2009 

Onze des quinze otages libérés en Colombie il y a un an jour pour jour dans l’opération  Jaque (Mise en échec) sont retournés mardi sur les lieux de leur sauvetage, réalisé par un commando de neuf héros des services secrets déguisés en délégués humanitaires. 

Les onze sont tous des officiers de l’armée et de la police. Ils ont été conduits en hélicoptère militaire sur la lande où les FARC les avaient remis à la « commission humanitaire », ainsi qu’à la base de Tolemaida. Ils ont pu y revoir l’hélicoptère, utilisé pour l’opération Jaque, sous un hangar. 

Manquaient à cette fête les trois Américains et Ingrid Betancourt. 

Leurs deux geôliers des FARC, César et Gafas, assommés dans l’hélicoptère peu après l’évacuation , sont toujours en prison en Colombie. Cinq procès les attendent pour enlèvements et terrorisme. 

19 MAI 2009

Juan Manuel Santos, a présenté sa démission au président, un an avant la présidentielle en Colombie, à laquelle il sera candidat si Alvaro Uribe ne se représente pas.
« Je considère qu'il est nécessaire de passer le relais et de continuer ma vie publique sur d'autres scènes », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bogota.
Juan-Manuel Santos, âgé de 57 ans et titulaire du portefeuille de la Défense depuis 2006, a précisé qu'il serait candidat à la présidentielle colombienne, en mai 2010, uniquement si le chef de l'Etat Alvaro Uribe décidait de ne pas se représenter.
« S'il décide de ne pas se lancer pour une nouvelle ré-élection, je serai candidat », a-t-il déclaré en ajoutant que dans le cas contraire, il soutiendrait ce dernier.
La Constitution colombienne impose aux ministres candidats à la présidence de quitter leurs fonctions ministérielles un an au moins avant le scrutin.
Alvaro Uribe n'a pour sa part pas encore indiqué s'il postulerait à nouveau. L'actuelle Constitution ne l'autorise pas à briguer un troisième mandat consécutif. Pour qu'une éventuelle candidature du président soit possible, ses partisans prônent l'organisation d'un référendum constitutionnel qui autoriserait celle-ci. Cette option est actuellement débattue par le Congrès.
Le conservateur Juan-Manuel Santos, l'un des favoris dans les sondages dans le cas où le chef de l'Etat ne serait pas candidat, était ministre de la Défense lors de la libération le 2 juillet 2008 de quinze otages de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) par l'armée, dont la Colombienne Ingrid Betancur.
C'est également lui qui a donné le feu vert au bombardement d'un camp des Farc en Equateur, le 1er mars 2008. Vingt-cinq personnes avaient été tuées dont le numéro deux des Farc, Raul Reyes. Quito avait alors rompu les relations diplomatiques avec son voisin, jamais rétablies depuis.
Déjà titulaire des portefeuilles du Commerce et du Trésor, M. Santos, formé à Harvard et à la London School of Economics (LSE, école d'économie de Londres) est aussi journaliste de formation et issu d'une famille de patrons de presse, propriétaires jusqu'en 2008 du quotidien El Tiempo de Bogota. Le journal a été racheté par le groupe espagnol Planeta (Barcelone)

 

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9 MARS 2009

Voici ma réponse à Noël Saez (photo) après son entretien au Figaro, que je vous transmets ci-dessous. J'espère que ce média la publiera. Je l'ai envoyée par courriel:

Auteur de deux livres sur la Colombie (« Ingrid Betancourt : histoire de cœur ou raison d’Etat » – Hugo Doc, et « Les secrets de l’affaire Betancourt »-Fayard), je suis cité – Jacques Thomet – à deux reprises ce lundi dans l’interview de Noël Saez à la Une du Figaro.fr. J’invoque le droit de réponse pour lui répondre et apporter mon té moignage, utile à la compréhension du dossier. Je compte sur votre déontologie pour le publier. 1-    Pour M. Saez, « les geôliers d'Ingrid Betancourt ont été achetés, ils n'auraient jamais libéré leurs otages ».  Il discrédite ainsi l’opération « Mise en échec »  (Jaque) et les risques mortels pris par les neuf agents secrets colombiens pour sauver 15 otages dont Ingrid, sans apporter aucune preuve à l’appui. Sa mission de six années comme émissaire français en Colombie (2002-2008) ne s’est traduite par la libération d’aucun otage malgré ses 25 voyages chez les FARC. L’amertume de l’échec ne justifie pas la mise en cause de l’exploit colombien. 2-    Noël Saez réfute mon affirmation selon laquelle l’action de la France avait « braqué » Bogota, pour assurer : « toutes nos démarches ont été faites à la demande du président colombien ». L’ex-consul de France est le seul à croire ce qu’il dit. Dans mon premier livre (« Ingrid Betancourt : histoire de cœur ou raison d’Etat »-Hugo Doc),  j’avais révélé que Noël Saez avait réalisé 5 voyages en 2005 en Colombie chez les FARC sans en aviser au préalable le gouvernement colombien. Dans l’un de ces déplacements, il avait même été retenu pendant plusieurs heures à l’aéroport de Bogota par le DAS (services secrets colombiens). La Colombie avait protesté auprès de Paris contre ces visites secrètes. 

3-    Selon Noël Saez, « depuis son retour en France, Jacques Thomet n'a pas essayé de me contacter, c'est que cela ne l'intéressait pas ».  Comment notre diplomate en retraite peut-il jouer avec la réalité ? Je l’ai contacté par courriel, mais il ne m’a jamais répondu. J’en ai les preuves écrites. 4-    Noël Saez dément avoir remis une rançon « à qui que ce soit » en Colombie. Hélas pour lui, son démenti est contraire à la réalité. Les 37.000 dossiers récupérés dans les ordinateurs de Raul Reyes, le n°2 des FARC éliminé le 1er mars 2008 par l’armée colombienne, ont tous été validés par Interpol. L’un de ces courriels adressé par Reyes à M. Saez lui reproche d’avoir versé un rançon à des escrocs qui s’étaient fait passer pour une délégation de la guérilla. Cette révélation est publiée dans mon livre sur « Les secrets de l’opération Betancourt » (Fayard). Notre ancien agent consulaire à Bogota ajoute qu’il « n’était pas sur cette opération en 2003 ». Mais la réalité est autre : il était chargé du dossier Betancourt depuis 2002, comme le confirme une lettre adressée à lui pat Raul Reyes le 1er juillet 2003, que j’ai publiée dans mon livre « AFP-Les soldats de l’information » (Hugo Doc). C’est tellement vrai que Noël Saez a vitupéré devant moi avec des noms d’oiseau contre les auteurs de « l’opération 14 juillet 2003 », Dominique de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères, et ami intime d’Ingrid), et Daniel Parfait, alors ambassadeur de France à Bogota. « Ils m’ont flingué mes contacts avec les FARC, ces e… », éructait devant moi Noël Saez. Je dirigeais à l’époque l’AFP à Bogota, et tous les diplomates de l’époque en Colombie peuvent le confirmer.  Dans l’opération 14 juillet 2003, Villepin avait envoyé 11 agents de la DGSE pour tenter de récupérer Ingrid Betancourt, avec un fiasco total comme résultat.  5-    Selon Noël Saez,  « le travail du consul que j'étais à l'époque est de s'intéresser à la situation des Français en difficulté. Si Villepin n'avait pas été là, on aurait fait pareil ». Hélas, encore une fois, notre ex-consul oublie ses dossiers. Jamais la France n’a rien fait pour Aida Duvaltier. Cette héroïne française avait choisi de prendre la place de son mari, otage de la guérilla colombienne en 2001, parce qu’il était malade du cœur. Elle est décédée en captivité en 2006. L’ambassade de France n’a rien fait pour elle. 6-    «  L'exemple récent de Florence Cassez montre que la France s'intéresse à la situation de tous ses citoyens en difficulté », ajoute Noël Saez. Combien j’eusse aimé trouver la même dévotion de la France avec le sort tragique de Christophe Beck, cet ex-otage de l’ELN colombien en 2006 penda     nt un an. Sa famille a dû vendre tous ses biens pour payer la rançon de 600.000 dollars et obtenir sa libération. Le Quai d’Orsay s’est distingué avec son refus de prêter 10.000 euros à ses proches pour boucler le paiement aux terroristes. Ruiné, il vit désormais dans une caravane près de Perpignan.

Voici le papier du figaro.fr: 

Noël Saez : «Les geôliers de Betancourt ont été achetés»

Propos recueillis par Jérôme Bouin (lefigaro.fr)
09/03/2009 | Mise à jour : 18:17
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«Pour en finir avec les Farc, explique Noël Saez, il faudra nécessairement se mettre autour d'une table et engager un processus de paix». Mais ils «devront mettre fin aux enlèvements».
«Pour en finir avec les Farc, explique Noël Saez, il faudra nécessairement se mettre autour d'une table et engager un processus de paix». Mais ils «devront mettre fin aux enlèvements». Crédits photo : RICHARD VIALERON/LE FIGARO.

INTERVIEW- L'ancien émissaire français auprès des Farc et du gouvernement colombien conteste la version donnée par Bogota sur la libération de l'ex-otage. Il dément en revanche tout versement de rançon par la France au groupe terroriste.

Ancien consul de France à Bogota, Noël Saez a été chargé en 2003 par Dominique de Villepin de négocier un «accord humanitaire» en vue de libérer des otages. Parmi eux, Ingrid Betancourt. Moins d'un an après la libération de cette dernière, il publie «L'émissaire»* avec comme objectif de rétablir la vérité sur les négociations, mais aussi sur l'opération «Jaque», qui a permis la libération de l'ex-otage franco-colombienne le 2 juillet 2008. Ce jour-là, un hélicoptère d'une prétendue organisation humanitaire se posait dans la jungle. Les geôliers, persuadés que des facilitateurs internationaux proches de la guérilla doivent effectuer un transfert des otages, sont bernés. 15 otages sont libérés.

LEFIGARO.FR. – Qu'est-ce que le grand public ignore encore de cette opération de l'armée colombienne ?
NOËL SAEZ. - Le grand public ignore comment elle a été effectuée. En Colombie, la population est même persuadée que c'est le fruit d'un excellent travail de l'armée. Je veux démontrer le contraire. Les geôliers d'Ingrid Betancourt ont été achetés, ils n'auraient jamais libérés leurs otages. Mais ce que je considère important, c'est que les otages aient été libérés. D'ailleurs, aucun n'a été blessé. C'est aussi ce qui me fait penser que tout était préparé à l'avance. L'hélicoptère se pose, il n'y a aucun coup de feu tiré, c'est trop beau pour être vrai.

Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?
En février 2008, le président colombien Alvaro Uribe nous a informé, Bernard Kouchner et moi, avoir procédé à l'arrestation de la femme de Cesar, le geôlier de Betancourt. Elle avait d'importantes responsabilités au sein de la guérilla. Cesar a donc pu être «retourné» à ce moment. Puis, fin avril-début mai, un avocat colombien a reçu un envoyé de Cesar. Ce dernier s'engageait à libérer ses otages à condition de ne pas être extradé. Enfin, le président colombien a fait une déclaration dans laquelle il disait avoir été approché par un commandant détenant des otages et prêt à les libérer s'il n'était pas extradé. Il a précisé avoir donné son accord. Cette opération a été présentée comme un véritable film hollywoodien. Quand on connaît les Farc, c'est impensable que ça se soit passé comme ça.

La veille de la libération d'Ingrid Betancourt, Bogota avait annoncé votre départ pour rencontrer Alfonso Cano, qui venait de prendre la tête des Farc. Cette annonce visait-elle à détourner l'attention des Farc ?
Cette annonce était destinée à rendre crédible l'opération «Jaque» aux yeux des Farc. Bogota nous a utilisés. Cela dit, c'est aussi le rôle du médiateur.

Dans un livre paru fin 2008, le journaliste Jacques Thomet estimait que la France n'avait eu «aucun rôle» dans cette libération mais qu'au contraire son action avait «braqué» Bogota. Qu'en dites-vous ?
Mr Thomet écrit ce qu'il veut. Il n'était pas sur le terrain, moi si. Je ne suis bien évidemment pas d'accord avec cela. Nous n'avons jamais rien fait dans le dos du régime colombien. Toutes nos démarches ont été faites à la demande du président colombien. Depuis son retour en France, Jacques Thomet n'a pas essayé de me contacter, c'est que cela ne l'intéressait pas.

Citant les fichiers retrouvés après le bombardement du camp de Raul Reyes, Thomet estime que vous avez remis, au nom de la France, une rançon destinée à obtenir la libération de Betancourt. De l'argent qui aurait finalement atterri dans les mains d'une autre organisation, et non aux Farc. Est-ce exact ?
Il reprend ici une information d'une chaîne de radio-télévision proche du pouvoir. Cette chaîne parle d'une rançon remise en 2003. À cette date, je n'étais pas sur cette opération. Ensuite, je n'ai jamais remis un centime à qui que ce soit. Si un mail de Reyes évoque cette rançon, il est faux. Enfin, lors de ma toute première entrevue avec les Farc, on m'avait fait comprendre que Betancourt faisait partie des otages seulement «échangeables» dans le cadre d'un accord humanitaire.

Considérez-vous toujours que la stratégie consistant à parler avec les Farc était la bonne ?
Oui. Les Farc existent depuis plus de 45 ans, ils sont profondément ancrés dans la jungle colombienne. Pour en finir avec eux, il faudra nécessairement se mettre autour d'une table et engager un processus de paix. Pour cela, les Farc devront mettre fin aux enlèvements.

Après les critiques émises il y a quelques jours par ses trois anciens codétenus américains, vous avez reproché de votre côté à Ingrid Betancourt un manque de reconnaissance à votre égard. Pourquoi ?
Nous avons travaillé plus de six ans sur ce dossier, effectué plus de vingt missions dans la jungle. Nous n'avons jamais perdu le contact avec les otages et l'issue a été positive. Après la libération, je n'ai plus eu aucune nouvelle. J'ai sollicité sa famille auprès de qui j'ai manifesté mon désagrément. La moindre des choses aurait été de nous réunir pour savoir ce qui s'est passé pendant plus de six ans, cela ne l'a pas intéressée. Elle m'a envoyé une lettre. Puis je l'ai rencontré en décembre, à Mexico. Je lui ai dit. Pour moi, l'incident est clos. Elle a reconnu son erreur.

Ingrid Betancourt aurait-elle bénéficié d'un tel investissement du pouvoir français pour la libérer si elle n'avait pas été proche de Dominique de Villepin ?
Le travail du consul que j'étais à l'époque est de s'intéresser à la situation des Français en difficulté. Si Villepin n'avait pas été là, on aurait fait pareil. L'exemple récent de Florence Cassez montre que la France s'intéresse à la situation de tous ses citoyens en difficulté.

La France a-t-elle envisagé au cours de la détention de Betancourt, de faire sortir les Farc de la liste des organisations terroristes de l'UE et de leur permettre d'ouvrir une représentation diplomatique ?
Bien sûr. La condition était que les Farc libèrent tous les otages (et cessent de poser des bombes, ce qui est acquis). Ce retrait, que la France aurait sollicité auprès de l'UE, était temporaire, dans l'attente d'un processus de paix. Cette offre est toujours sur la table. Pour cela, il faut que les Farc mettent fin aux enlèvements, qu'ils cessent d'être des terroristes.

Selon un journal colombien, la Cour pénale internationale a obtenu le contenu des ordinateurs de Reyes, et des personnalités étrangères pourraient être amenées à témoigner. L'accepteriez-vous ?
Evidemment. Je n'ai rien à cacher.

5 mars 2009 http://info.rsr.ch/fr/news/rsr.html?siteSect=1053 

Les geôliers terroristes d’Ingrid Betancourt et des 14 autres otages (dont les trois Américains) ont été « achetés et retournés », notamment « leur chef César », par le pouvoir colombien, pour la libération des séquestrés le 2 juillet 2008, affirme Noël Saez dans un entretien avec la Radio Suisse Romande (RSR). Cf. le lien ci-dessus.  Mais je vous retranscris ici l'ensemble.L’ancien consul et émissaire français, qui nie par ailleurs avoir été un agent secret (mais je maintiens qu’il était un homme de la DGSE) appuie donc la version des FARC qui n’ont pas digéré le coup splendide de l’Opération Jaque (Mise en échec), mené par un commando de neuf agents secrets colombiens dissimulés en groupe humanitaire. 

« On a été utilisés pour faire diversion et rendre crédible l’opération, on était à 400 km de l’endroit des libérations », dit « 008 » dans cette interview. L’émissaire suisse Jean-Pierre Gontard, qui fait l’objet d’ne enquête en Colombie pour son rôle auprès des FARC, notamment le versement d’une rançon aux rebelles pour faire libérer deux employés suisses de Novartis, « est tout à fait innocent des faits qu’on lui reproche », selon Saez. 

« Ca ne tient pas debout les histoires de rançon versées par nous, c’est ridicule, selon des documents trouvés dans les ordinateurs de Raul Reyes. On a voulu me faire porter le chapeau et le président Sarkozy m’a défendu », ajoute-t-il. Noël Saez dénonce « le manque d’élégance du gouvernement colombien qui nous a jetés en pâture », et avoue avoir eu des attitudes de « sympathie avec FARC, c’est normal, on n’est pas médiateur si on n’a pas la confiance des parties. On nous a accusés d’avoir été complices et conseillers politiques des FARC. On n’était pas des mercenaires à la botte du gouvernement, on peut reprocher au gouvernement colombien de nous avoir salis », poursuit Saez. 

Mon commentaire: dommage que je n'aie pu assister à cette conférence de presse, je suis en Comté. La RSR en rajoute dans ses commentaires contre la Colombie en assurant que 20 millions de dollars de rançon ont été payés par le pouvoir pour la libération d'Ingrid. Evidemment, leur source n'est autre que Lucas Galdron, « l'ambassadeur » des FARC en Suisse (cf. son interview au Temps le 15 mars 2007, que vous pouvez trouver sur mon blog. Il vit à Lausanne, et Gontard lui apportait des enveloppes cachetées de Raul Reyes sans savoir ce qui se trouvait à l'intérieur! Il l'a avoué à la télévision suisse TSR, c'est aussi sur mon blog).

Mon cher Noël, comment peux-tu inventer de telles absurdités, avec tout le respect que je te dois ? Si une rançon quelconque avait été versée aux geôliers d'Ingrid et des trois Américains dans un tel retournement des terroristes, qui aurait payé ? Mais la France et les USA ! Et pourquoi César aurait-il pris une telle râclée dans l'hélico quand le commando lui a pris son pistolet 9mm ? Tu as vu son oeil au beurre noir ! S'il avait été de mèche, il serait aujourd'hui en France réfugié politique, et c'est toi qui l'aurait accompagné avec Ingrid en classe Affaires, comme cela a été fait pour Wilson Bueno, alias Isaza, qui n'avait libéré qu'UN otage, Oscar Tulio Lizcano, de seconde catégorie si j'ose dire…

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