NOEL SAEZ

24 juillet 2010 

Il me faut encore intervenir pour vous informer d’une nouvelle passée à la trappe dans la presse française, mais qui dément les assertions en 2009 de Noël Saez, l’ex-agent secret français baptisé « 008 », sur la libération, selon lui « achetée » par Alvaro Uribe, d’Ingrid Betancourt en 2008. 

Le Colombien Gerardo Ramirez, alias « Cesar », vient d’être condamné à 27 ans de prison par un juge fédéral des USA, où il a été extradé l’an dernier par le gouvernement de Bogota. 

Cet homme n’est autre que le chef des geôliers d’Ingrid Betancur (Betancourt a été francisé dans les années 1970) et de 14 autres otages, dont trois Américains, tous sauvés par un commando d’agents secrets colombiens le 2 juillet 2008 dans l’Opération « Jaque » (mise en échec). 

« Cesar » avait été neutralisé et détenu par le commando à bord de l’hélicoptère qui transportait les 15 otages pour une fausse opération humanitaire. Incarcéré, il avait été extradé aux USA par la suite. 

Dans Le Figaro du 10 mars 2009, « 008 » avait osé affirmer : « Les geôliers d'Ingrid Betancourt ont été achetés, ils n'auraient jamais libérés leurs otages. Mais ce que je considère important, c'est que les otages aient été libérés. D'ailleurs, aucun n'a été blessé. C'est aussi ce qui me fait penser que tout était préparé à l'avance. L'hélicoptère se pose, il n'y a aucun coup de feu tiré, c'est trop beau pour être vrai. (…) Cette opération a été présentée comme un véritable film hollywoodien. Quand on connaît les Farc, c'est impensable que ça se soit passé comme ça ». 

Voilà un nouvel avatar pour notre ami Noël Saez, ex-consul de France à Bogota et agent secret dans ses heures creuses, peuplées de 30 voyages aux frais de l’Etat entre Paris et la Colombie pour tenter d’amadouer les FARC pour une libération d’Ingrid jamais concrétisée, malgré le paiement d’une rançon millionnaire à de faux guérilleros (voir mon livre en français et en espagnol sur cette affaire). Il avait dénoncé « l'ingratitude » d'Ingrid, qui n'avait pas daigné le remercier pour ses efforts après sa libération par l'armée colombienne.

Cesar n’a pas été acheté, puisqu’il va pourrir en prison pendant 27 ans aux Etats-Unis … 

12 juillet 2010 

 

Le boomerang lancé par la Colombienne Ingrid Betancur (au nom francisé en Betancourt dans les années 1970), pour exiger plus de 5 millions d’euros à la Colombie comme dédommagement pour son enlèvement par les FARC, lui retombe en pleine figure ! L’ex-candidate à la présidence de Colombie en 2002 va devoir rembourser aux Français les millions d’euros dépensés en vain par Paris pour sa libération, finalement obtenue par le commando d'agents secrets colombiens dans l’Opération « Jaque » le 2 juillet 2008. 

Ce n’est pas un vœu du Papy Jacques (menacé de mort encore aujourd'hui par le même internaute dans un commentaire mis en modération), non, mais la réalité.

Aujourd’hui 12 juillet, l’article 13 d’une nouvelle loi française sur l’action extérieure va être adoptée à Paris et prévoit « le remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer. »

Les preuves écrites et les témoignages abondent pour confirmer qu'Ingrid s'est délibérément exposée  aux risques qu'elle ne pouvait ignorer. 

Ingrid va devoir donc rembourser : 

-        Les frais de l’Opération 14 juillet 2003 menée sur ordre de Dominique de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères) par 11 agents secrets français de la DGSE, avec à leur tête un diplomate, l’actuel ambassadeur de France au Panama, Pierre-Henri Guignard, pendant dix jours, en Amazonie, à partir de Manaus (Brésil), pour tenter de récupérer Ingrid Betancur. Les dépenses occasionnées concernent le frêt d’un avion militaire Hercules C-130, le salaire des 11 espions et du diplomate au prorata du temps consacré à l’aventure, les frais d’hôtel, de nourriture, d’avions privés, de vedettes rapides et de carburant. 

-        Les frais de l’envoi à Bogota par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en avril 2008, pendant dix jours, d’un avion français médicalisé Falcon-50, avec au moins quatre personnes à bord, dont l’ex-agent secret « 008 » Noël Saez et son mentor, le Suisse Jean-Pierre Gontard, pour une nouvelle tentative de sauvetage avortée. 

-        Le remboursement de la rançon de plus de 100 millions de dollars versée par le même « 008 » à de présumés FARC (en fait des escrocs), en 2003, pour obtenir la libération, en vain, de cette dame. 

-        Le remboursement des près de 30 voyages (et des frais connexes) réalisés par « 008 » entre Paris et Bogota (puis vers la jungle auprès des FARC), entre 2002 et 2008, pour un dialogue sans résultat visant à la faire libérer. 

-        Le remboursement des frais engagés indûment par le régime de Nicolas Sarkozy, depuis la libération d’Ingrid le 2 juillet 2008, pour la « protection » de cette Colombienne, avec deux policiers français chargés de sa sécurité à travers le monde. Ces frais, comme l’a révélé en son temps ce blog, atteignaient déjà 77.000 euros pour le seul second semestre 2008, comme l’avait révélé le propre ministère de l’Intérieur. 

-        Le remboursement des frais de l’Airbus envoyé à Bogota le 3 juillet 2008 pour ramener à Paris Ingrid et sa famille. 

J’attends que l’un ou l’autre de nos élus exige du pouvoir en place, et de ses prédécesseurs, une réponse chiffrée à ces dépenses engagées par nous tous, les contribuables français, pour demander leur remboursement par Mme Betancur. Je vous invite, lecteurs, à engager cette demande auprès de vos députés ou sénateurs. 

Voici l’Article 13 du projet de loi sur l’action extérieure de la France, en cours d’adoption ce jour :

« L’État peut exiger  le
remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer ».  

Voyez le précédent de l'Allemagne : 

L’Allemagne reconnaît la possibilité pour l’État de rechercher une participation au coût de sauvetage de ses ressortissants : le tribunal administratif fédéral s’est prononcé en mai 2009 sur la décision d’imputer partiellement les frais d’hélicoptère engagés à l’occasion du sauvetage d’un Allemand, qui lors d’un séjour touristique en Colombie en 2003 avait été enlevé pendant dix semaines par la guérilla marxiste de l’ELN (Ejército de Liberación Nacional). Il a jugé que le transport par hélicoptère équivalait à une « aide à la réparation d’une situation de crise » dont la charge revenait, en vertu des règlements consulaires, à la personne secourue. Le tribunal a par ailleurs estimé que l’État allemand avait fait preuve de modération, dès lors qu’il n’avait demandé au plaignant que le coût de l’évacuation en hélicoptère, alors qu’il a estimé ses dépenses totales à quelque 40 000 euros.

(Source : Rapport de l'Assemblée nationale par Hervé Gaymard, 12 mai 2010) 

 

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Fuera de colección

La liberación de Ingrid: Pasos en falso
Jacques Thomet
 
Periodismo y Actualidad
Páginas:
264 páginas

ISBN:
978958422351-7
Formato:
15 x 23 cm.
Encuadernación:
Tapa rústica
Sello:
Diana
No. de Edición: 
1
Publicación:
Febrero 2010
 
Precio: $ 49,000.00
   
  Pasos en falso.
  Íngrid Betancourt fue secuestrada el 23 de febrero de 2002 y liberada el 2 de julio de 2008. En este libro se sacan a la luz hechos desconocidos sobre las acciones de su familia y de los gobiernos de Francia y Colombia para rescatarla de las farc. Se revelan, especialmente, los pasos en falso que dio el gobierno francés, manifiestos en declaraciones erróneas, iniciativas absurdas y métodos cuestionables para intentar sacar a Íngrid de la selva. Jacques Thomet cuenta cómo Francia dilapidó millones de dólares en viajes inútiles, operaciones secretas desatinadas, pago de un rescate a falsos rebeldes, concesión de asilo político a familiares de los jefes guerrilleros para liberar a la rehén de sus secuestradores, sin el menor éxito. Desde el Palacio del Elíseo, y a través de la familia Betancourt y del ex marido de Íngrid, Fabrice Delloye, se ayudó a que los franceses tuvieran la percepción de que el presidente de Colombia, y no las farc, era el responsable de su largo cautiverio. En este libro se controvierten muchas verdades “oficiales” y se muestra una imagen de Íngrid Betancourt distinta de la de una Juana de Arco a punto de ser sacrificada, con la que muchos la identificaron, gracias a la propaganda del gobierno francés y al halo mediático que ayudaron a darle familiares, amigos y simpatizantes. También en este libro se informa por primera vez de sucesos ignorados sobre
la muerte de Raúl Reyes y la Operación Jaque.

19 juillet 2009 La vidéo du chef militaire terroriste « Mono Jojoy », n°2 des FARC, visible sur ce blog depuis ce matin, a confirmé, si besoin, la véracité des 37.000 fichiers découverts dans les ordinateurs de Raul Reyes après son élimination par l’armée colombienne le 1er mars 2008. Ces documents avaient été avalisés par Interpol, mais les personnages cités dans les courriels avaient évoqué un montage. La réalité des dossiers a été confirmée par « Mono Jojoy » lui-même dans cet enregistrement, saisi dans l'ordinateur de  »Camila », une guérilla des FARC arrêtée à Bogota. 

Une page s’ouvre donc vers l’engagement de poursuites par la justice colombienne contre les complices de la guérilla terroriste, après son mutisme initial qui en dit long sur ses préférences dans les ouvertures d'information judiciaire. Sur les sites de la presse colombienne, les agents de la guérilla continuent de crier au « montage » de la vidéo. Aucun expert ne verra un acteur jouer le rôle de Jorge Briceno, alias « Mono Jojoy », dans cette séquence. C’est bien lui, avec son béret, son arrogance, ses gestes brefs et sa voix aiguisée de coupeur de tête, sous la fine moustache de macho violeur de mineure à l’occasion, comme je l’ai relaté dans mon livre sur « Les secrets de l’Opération Betancourt » (Hugo Doc-novembre 2008). 

Avec l’accumulation de ces preuves, qu’attend Bogota pour engager des poursuites contre l’agent des services secrets français de la DGSE Noël Saez (baptisé « 008 » à l’ambassade de France quand il y était consul de 2000 à 2004, mais qualifié de « 000 » par notre ami Fabio pour ses échecs réitérés dans ses tentatives de faire libérer  Ingrid Betancur) ?  L’espion français a avoué avoir effectué une trentaine de voyages entre Paris et la jungle colombienne entre 2004 et 2008 pour essayer d’arracher Ingrid à ses geôliers.  Il avait réfuté le paiement à cette fin d’une juteuse rançon par lui durant l’un de ses voyages. Les fichiers de Raul Reyes, désormais confirmés par la vidéo de « Mono Jojoy », faisaient état de ce règlement effectué par erreur à des rebelles qui n’en étaient pas. Noël Saez a versé l’argent des contribuables français à de faux terroristes des FARC ! 

Tenter de soudoyer des terroristes sur le sol d’un pays étranger en guerre contre ces mêmes criminels relève de la justice. Si Bogota ne bouge pas, il reviendra à la justice française de s’emparer du dossier, au nom du peuple français grugé par cette dépense quand la politique officielle de la France refuse le principe du paiement de rançon.

Noël Saez se croyait tellement à l'abri de poursuites qu'il avait osé affirmer, après l'opération « Jaque » (Mise en échec) qui a permis la libération de 15 otages des FARC, dont Ingrid, par les services secrets colombiens, le 2 juillet 2008, que les geôliers des otages avaient été « achetés » par Bogota. Sa forfanterie a été démentie jeudi, avec l'extradition aux USA de « César », le chef de ces geôliers, appelé à y purger une forte peine de prison.

19 juillet 2009

Voici le lien:

http://www.semana.com/multimedia-conflicto/revelaciones-jojoy-15-minutos-video/2242.aspx

 

Cet enregistrement montre le chef militaire des FARC, Jorge Briceno, alias « Mono Jojoy », dans une intervention en pleine jungle face à ses hommes peu après la mort, le 26 mars 2008, de Manuel Marulanda, fondateur de cette guérilla terroriste colombienne. 

Connu pour sa cruauté, « Mono Jojoy » y souligne les désastres vécus par les FARC en mars 2008, avec l’élimination de Raul Reyes, n°2, d’Ivan Rios, n°3, et le décès, apparemment des suites d’une crise cardiaque, de Marulanda, alias « Tirofijo ». 

Mais, surtout, il valide le contenu des ordinateurs saisis par l’armée colombienne dans le campement de Raul Reyes en insistant sur les répercussions négatives à attendre de la publication de leur contenu par le gouvernement colombien. 

Cette vidéo va déclencher des réactions en chaîne dans les chancelleries étrangères, avec des conséquences encore inimaginables à ce stade, puisqu’elle a été publiée hier par la revue Semana. Révélé par l’agence de presse américaine AP, le document avait été saisi dans l’ordinateur d’une guérillera, Adela Perez, alias « Camila », récemment arrêtée à Bogota. 

« Mono Jojoy » y lit aussi un texte de Marulanda, écrit le 21 mars 2008, cinq jours avant sa mort, où le chef des FARC évoque « les dollars versés » pour la campagne de Rafael Correa, président d’Equateur, et les rapports avec Hugo Chavez, président du Venezuela. 

Dans l’immédiat, Correa, un castriste en herbe de la mouvance Hugo Chavez, est sur la sellette. Il a toujours démenti, et continue de nier, le financement de sa campagne électorale en 2006 par les FARC, mais les preuves sont tellement accablantes qu’il sera condamné un jour ou l’autre à la démission, s’il ne provoque pas un bain de sang pour se maintenir au pouvoir. 

Cette bombe à retardement va frapper, sinon faire tomber, d’autres têtes : 

-        Hugo Chavez : les documents de Raul Reyes ont démontré son aide financière et militaire aux FARC. Il avait toujours qualifié de « faux » les dossiers du n°2. 

-        Piedad Cordoba : la sénatrice colombienne au turban, fanatique des FARC, s’était opposée à la libération d’Ingrid Betancourt. 

-        Daniel Ortega : le pédophile du Nicaragua ne pourra plus cacher son aide aux terroristes. 

-        « 008 », l’agent secret français Noël Saez : les documents de Reyes confirment ce qu’il nie, à savoir le versement d’une rançon de la France, par lui, à de faux rebelles pour tenter d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt. 

-        Jean-Pierre Gontard, l’émissaire suisse accusé d’avoir servi de porteur de valises des FARC. 

-        Et bien d’autres, nous y reviendrons… 

18 juillet 2009 

(Malgré 1800 km parcourus en voiture depuis jeudi dans cette belle France, je ne résiste pas au plaisir, avant même de défaire mes valises, de vous alimenter sur le flot de nouvelles en provenance de notre si chère Amérique Latine…) 

 

La Colombie a extradé aux USA jeudi l’ex-geôlier d'Ingrid Betancourt, le guérillero des FARC Gerardo Aguilar, alias « Cesar », capturé au moment de l'opération de libération de la Colombienne et de 14 autres otages le 2 juillet 2008. 


Gerardo Aguilar a été remis à des représentants des autorités américaines, sur la base militaire de Catam, dans l'ouest de Bogota, d'où ils ont décollé pour les Etats-Unis.

 

Le chef de la police judiciaire colombienne, Gilberto Ramirez a expliqué à des journalistes qu'il était réclamé par les Etats-Unis pour « prise d'otages et soutien aux activités terroristes des Forces armées révolutionnaires de Colombie » (FARC). 

Selon le ministre de l'Intérieur Fabio Valencia, l'homme est également recherché pour trafic de drogue et réclamé à ce titre par un tribunal de Washington D.C., ce qui a motivé l'acceptation par la Cour suprême colombienne de la demande d'extradition.

 

« Cesar » avait été capturé au côté d'Alexander Farfan, alias « Gafas », pendant l'opération Jaque (échec et mat) au cours de laquelle l'armée colombienne avait libéré, le 2 juillet 2008, Ingrid Betancourt, enlevée en février 2002 et les trois Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, des employés de l'entreprise américaine de sécurité Northrop Grumman Corporation, pris en otages un an plus tard, ainsi que onze militaires et policiers colombiens.

 

Les Farc avaient accusé les deux hommes d'être des « traîtres » et d'avoir été complices de cette opération, moyennant finances. 

 

Noël Saez, l’agent secret français « 008 », de la DGSE, qui n’avait pas avancé d’un pouce en six années pour obtenir la libération de l’ex-candidate colombienne à la présidence de son pays, avait abondé dans le même sens sans la moindre preuve, intoxiqué par sa haine contre le régime démocratique d’Alvaro Uribe. 

 

La Suisse, pays hôte de multiples chefs des terroristes colombiens, dont Lucas Galdron, leur « ambassadeur » autoproclamé dans la Confédération, n’est pas en reste. Sa Radio Suisse Romande (RSR), dans son interview complaisante de « 008 », avait même affirmé que le gouvernement colombien avait payé 20 millions de dollars à « Cesar » pour la libération des 15 otages dont Ingrid ! 

 

« Cesar » avait été, avec « Gafas », le chef  des geôliers des trois Américains et d'Ingrid Betancourt pendant plusieurs années. 

On attend les réactions de « 008 » et de la Suisse, où continue de sévir la diaspora terroriste de la guérilla colombienne. 

6 juillet 2009

Voici un article de la Tribune de Genève: 

Gontard n’est pas inculpé! Il peut revenir en Colombie»: Iguaran

Par Gustavo Kuhn

Tribune de Genève

http://www.tdg.ch/actu/monde/gontard-inculpe-revenir-colombie-2009-07-03

4 juillet 2009

Un an après l’éviction du médiateur suisse par Bogotá, le procureur général assure qu’aucune charge formelle n’est retenue contre l’universitaire genevois. Son bureau veut «seulement» l’interroger sur des soupçons d’appui à la guérilla des FARC.
Un an exactement après la libération d’Ingrid Betancourt, le procureur général de Colombie, Mario Iguaran, a reçu à Bogotá un groupe de journalistes venus de Genève. Le cas de Jean-Pierre Gontard a évidemment été abordé. En juillet 2008, l’émissaire suisse dans le dossier des otages des FARC a en effet été accusé par le ministre de la Défense Juan Manuel ­Santos d’avoir remis 500 000 dollars à un émissaire de la guérilla au Costa Rica en échange de la libération en 2001 de deux employés de ­Novartis détenus en otage. Suite à ces attaques, le Ministère public colombien a ouvert une enquête pénale pour «gestion de fonds d’une organisation terroriste», contre l’universitaire genevois mandaté par la Suisse.  Raul Reyes était le porte-parole des FARC. Il a été abattu avec 25 autres personnes le 1er mars 2008 dans un bombardement de l’armée colombienne sur territoire équatorien. Un nombre incalculable d’informations auraient alors été recueillies dans ses ordinateurs portables.

Où en est l’enquête?

Les mentions de Gontard retrouvées dans l’ordinateur de Raul Reyes (*) ont généré des doutes au sein de la justice colombienne. Ces références nous laissent supposer qu’il était un auxiliaire des FARC (ndlr: plutôt qu’un médiateur). Ce qui nous a amenés à ouvrir une enquête et à l’appeler pour qu’il éclaircisse certaines interrogations. Nous avançons cependant avec beaucoup de précaution pour ne pas affecter l’Etat de droit, ni le tact diplomatique, ni les bonnes relations avec un pays ami comme la Suisse. C’est pourquoi nous sommes très ouverts à réaliser les interrogatoires par voie diplomatique, sans procédure agressive ou arbitraire.

Est-il inculpé d’un délit précis?

Non. Mais une enquête a été ouverte. On le soupçonne d’association de malfaiteurs, d’appuyer le terrorisme.

Concrètement, s’il vient en Colombie, sera-t-il arrêté?

Non, il ne sera pas arrêté. Il n’a pas encore été accusé. On veut l’entendre d’abord. Il peut venir ici; il n’y a pas de mandat d’arrêt contre lui.

Mais les charges sont très graves! Sera-t-il inculpé?

Il faut préciser que ce ne sont pas des charges formelles. Nous voulons qu’il réponde à nos questions. Par les voies qu’il désire. On ne va pas délivrer un mandat d’arrêt pour cela. Nous ne faisons pas de la diplomatie à travers la justice. Nous faisons de la justice à travers la diplomatie.  Une fois qu’on l’aura entendu et qu’il aura éclairci toutes nos interrogations, nous réexaminerons les autres preuves. Et prendrons une décision.

Quand cette décision sera-t-elle prise?

Difficile de le dire. Mais l’importance de l’enquête doit nous amener à le faire rapidement.

http://programmes.france2.fr/cafe-litteraire/index.php?page=article&numsite=1487&id_article=3218&id_rubrique=1490

18 AVRIL 2009

Voici le lien, ci-dessus.

Je vous laisse voir et commenter.

J'y reviendrai ensuite.

christophebeck.jpg 

17 mars 2009 (Si les médias veulent publier cette exclusivité, j'en serais fort aise, mais svp citez mon blog en échange !)

Quand on a été pris en otage par la guérilla de Colombie, il vaut mieux s’appeler Ingrid Betancourt, alors candidate à la présidence colombienne et désormais aidée par la France, que de porter le nom de Christophe Beck, un entrepreneur français ruiné et désormais au bord de la misère.   Elle, qui s’est jetée dans la gueule du loup (les FARC) pour faire remonter une cote exsangue dans les sondages (0,3%), a été médiatisée pendant son calvaire, transformée en héroïne par le pouvoir français, et reçue à grands frais à Paris dans un hôtel 5 étoiles. 

Lui, séquestré à son corps défendant par l’autre guérilla de l’ELN de 2005 à 2006, est sans le sou après la vente de tous ses biens par sa famille pour payer une rançon de 600.000 dollars aux terroristes. A 64 ans, il vit avec son épouse Martine dans un mobile home prêté par un ami, près de Perpignan, avec une retraite de 1200 euros par mois.  Un abîme sépare les deux ex-otages dans le traitement par l’Etat français de leurs cas respectifs, mais bien au-delà de ce que j’avais déjà relaté ici et dans mon dernier livre sur Les secrets de l’opération Betancourt (Fayard). L’entretien que je viens d’avoir par téléphone avec Christophe Beck fait froid dans le dos, et va plus loin encore dans les révélations contenues  dans son récent livre L’otage oublié (Jean-Claude Gawsewitch). 

Pendant l’enlèvement d’Ingrid Betancourt, la famille et l’ex-mari de l’otage ont été reçus à de multiples reprises par les présidents Chirac puis Sarkozy, par les ministres des Affaires étrangères Villepin puis Douste-Blazy. Le battage des médias s'est amplifié sans relâche.

Pour sauver Christophe Beck, la France a opéré un hallucinant silence radio. « Mon épouse a envoyé une lettre recommandée à Jacques Chirac. Il ne lui a jamais répondu », s’exclame ce chef d’entreprise. « Aucune autorité parisienne ne l’a jamais reçue ni contactée. Ni Douste-Blazy, ni Noël Saez (note de ma part : cet ancien consul a effectué 25 voyages en Colombie pour tenter d’obtenir la libération d’Ingrid sans aucun succès), ni Daniel Parfait (note : alors directeur des Amériques au Quai d’Orsay et amant d’Astrid, la sœur d’Ingrid, qui n’avait pas divorcé de son mari comme je l’ai révélé ici), ni personne, à part un quatrième couteau du Quai », s’indigne-t-il. « Si je venais à rencontrer Douste-Blazy, je lui mettrais deux baffes. Il nous a pris pour des cons ! », assure l’ancien otage. Le mépris de l’ex-ministre face à la détresse du Français Christophe Beck contraste avec sa dévotion à la cause de la Colombienne Ingrid Betancourt. J’ai révélé dans mon livre déjà cité que Douste-Blazy avait osé proposer à un ami journaliste français, qui partait en reportage en Colombie, de transmettre un message aux FARC : vous libérez Ingrid et on vous retire de la liste des organisations terroristes ! Le collègue avait refusé. 

Pis encore. Le Quai et le consulat de France à Caracas (note : M. Beck avait été enlevé au Venezuela puis vendu à la guérilla colombienne par ses geôliers) n’ont cessé de demander à la famille du Français de « ne pas médiatiser. Ce fut abject. Ils ont même insisté pour que notre député-maire des Pyrénées Orientales, François Calvet (UMP), cesse de politiser mon affaire », révèle l’ex-otage. Son calvaire aurait pu « prendre fin six mois plus tôt, assure-t-il, si le ministère français avait accepté d’aider les miens pour obtenir un prêt de 10.000 euros – j’insiste sur ce point : ma famille n’avait pas demandé un don – afin de boucler la rançon. Le Quai n’a pas donné suite, alors qu’il nous restait un lopin de terre en France qui pouvait servir d’hypothèque. Ce refus a obligé ma femme à liquider notre propriété de 1.500 bovins, développée après des années d’effort, sept jours sur sept. Nous nous sentions un peu les ambassadeurs de la France, avec cet élevage d’abord bas de gamme devenu un bétail de race, que je présentais dans les concours agricoles ». 

Le parcours de l’ancien otage mérite d’être retracé. Patron d’une entreprise de construction métallique, « Beck & Cie » à Perpignan, il l’a revendue à ses ouvriers qui ont en fait une coopérative. Lui-même a contribué au montage de son capital, payé les juristes, et « fait du social », comme il aime à le rappeler, avant de partir pour une nouvelle aventure au Venezuela achevée dans les larmes.  « Leur société reste la première du Languedoc-Roussillon en la matière», dit-il avec fierté, en avouant que ses anciens employés « l’invitent régulièrement au restaurant ».  « Aujourd’hui, je commence seulement à reprendre des couleurs, explique-t-il, car quand on rentre d’un tel chemin de croix, on est déphasé, paumé, détraqué. Je me perdais même dans Perpignan que je connaissais pourtant comme ma poche ». Dans leur mobile home, Christophe et Martine ne pourront pas lire ce reportage. « Nous n’avons pas de ligne téléphonique fixe, et donc pas accès à internet… », avoue-t-il. 

11 MARS 2009 

Combien de fois faudra-t-il que je répète l’évidence face aux mensonges proférés par les FARC et relayés maintenant par « 008 », notre ineffable Noël Saez, sur le prétendu « achat » par le président Alvaro Uribe de ces deux geôliers des 15 otages (dont Ingrid) que le commando des services secrets colombiens a libérés le 2 juillet 2008 au péril de leur vie ? 

 

Ces deux guérilleros des Farc, capturés lors du sauvetage de l'otage Ingrid Betancourt et de 14 autres séquestrés dont les trois Américains, seront traduits devant la justice colombienne pour enlèvement, ont annoncé les autorités judiciaires. 


Gerardo Antonio Aguilar Ramirez, alias « Cesar », et Alexander Farfán Suarez, alias « Gafas », avaient été capturés par l'armée colombienne lors de l'opération Jaque (Mise en échec) qui avait permis en juillet dernier de sortir de la jungle un groupe de 15 otages, dont l'ex-candidate à la présidentielle et trois Américains. 


Les poursuites à l'encontre de ces deux membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ne concernent toutefois pas ce groupe d'otages, mais l'enlèvement de l'ancien sénateur colombien Luis Eladio Perez, relâché par la guérilla marxiste en février 2008 après six ans de captivité.
« Lors de l'enquête, le parquet a établi que les accusés avaient été chargés de surveiller l'ex-sénateur et d'autres otages depuis novembre 2004 jusqu'au jour de sa libération », ont indiqué les autorités judiciaires dans un communiqué.
Les deux guérilleros, actuellement détenus à Bogota, sont considérés comme des traîtres par les Farc qui considèrent qu'ils ont volontairement remis les otages à l'armée lors de l'opération de sauvetage.
Selon les témoignages des anciens otages américains, les deux hommes auraient également assuré leur surveillance dans la jungle, ce qui a conduit les Etats-Unis à réclamer leur extradition.
Cette demande avait été rejetée par la Cour suprême colombienne, qui a cependant autorisé l'extradition de l'un des deux pour trafic de drogue. 

Si Cesar et Gafas avaient décidé de se rendre avec leurs otages, ils auraient bénéficié des mêmes faveurs dont ont profité tous les autres guérilleros retournés, comme Wilson Bueno, alias « Isaza ». 

Isaza vit désormais en France en compagnie de toute sa famille, avec l’aide financière offerte par Nicolas Sarkozy aux frais du contribuable français, pour avoir libéré un seul otage, Oscar Tulio Lizcano… 

J’ai honte pour mon pays des déclarations de « 008 » sur le prétendu « achat » de Cesar et Gafas par le pouvoir colombien. 

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