MICHEL GERMANEAU

26 juillet 2010 

Les médias français vont-ils dénoncer, comme je le fais ici, le monstrueux double jeu du régime sarkozyste dans les affaires d’otages ? 

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a décapité l'otage français que l'organisation djihadiste détenait dans le désert malien en représailles contre une opération militaire française de dernière heure sans succès. 

Quand la Colombienne Ingrid Betancourt était otage des FARC, le régime français avait exigé que Bogota ne réalise aucune opération militaire pour tenter de la sauver. Elle avait été libérée le 2 juillet 2009 grâce à un commando d’agents secrets de l’armée colombienne au péril de leurs vies.

 

« Nous annonçons avoir exécuté l'otage français dénommé Michel Germaneau samedi 24 juillet pour venger nos six frères tués dans la lâche opération de la France », aux côtés des forces mauritaniennes contre une unité d'Al-Qaïda, a déclaré le chef de l'Aqmi, Abou Moussab AbdelWadoud, dans un enregistrement sonore diffusé dimanche soir par la chaîne Al-Jazira. 


Nicolas Sarkozy vient de confirmer ce matin cette « barbarie » commise contre le coopérant bénévole de 78 ans, attaché à construire des écoles au Niger, où il avait été enlevé le 19 avril. 

Samedi, un responsable français de la Défense avait annoncé que des militaires français avaient participé le jeudi 22 juillet à un raid dans le désert malien contre un groupe de l'Aqmi, en pensant avoir localisé l'otage.
Cette opération s'était soldée par un échec, l'ancien ingénieur n'étant pas présent dans le camp de l'Aqmi attaqué par les commandos français et des unités mauritaniennes. Sept jihadistes avaient été tués, selon les Mauritaniens. Un premier bilan, auquel se réfère apparemment Amqi dans sa déclaration, avait fait état de six morts.

 

Nicolas « Sarkozy a échoué à libérer son compatriote par cette opération mais il a, sans aucun doute, ouvert pour lui, pour son peuple et pour son pays l'une des portes de l'enfer », a encore déclaré le chef de l'Aqmi dans l'enregistrement.
« La preuve que nos actes suivent nos paroles (…), nous annonçons avoir exécuté l'otage français », a ajouté Abou Moussab AbdelWadoud, également connu sous le nom d'Abdelmalek Droukdel.
Les ravisseurs de M. Germaneau avaient diffusé le 14 mai une photo où il paraissait très fatigué et lançait un appel à l'aide au président Sarkozy.
Aqmi avait aussi publié un message à l'attention de Paris où le groupe menaçait de tuer le Français lundi si Paris ne répondait pas à ses demandes.
« Depuis cette date nous n'avons ni négociation, ni preuve de vie, ni revendication, avec même le refus d'une médiation médicale », avait assuré samedi une source française au ministère de la Défense.
M. Germaneau était détenu par la cellule d'Aqmi dirigée par Abdelhamid Abou Zeid, décrit comme « violent et brutal », qui avait déjà exécuté, l'an dernier, un otage britannique, Edwin Dyer, après six mois de détention.
Londres avait refusé de céder aux exigences du groupe qui réclamait des Britanniques qu'ils oeuvrent à la libération de plusieurs de ses membres prisonniers dans des pays du Sahel.
Ces mêmes exigences ont été formulées par Aqmi – qui détient également deux otages espagnols – pour qu'elle épargne Michel Germaneau.

La question que l'on attend de la presse française auprès de l'Elysée: pourquoi Paris a-t-il ordonné un raid meurtrier sans succès pour sauver Michel Germaneau, alors qu'il exigeait de Bogota et du président Alvaro Uribe de ne pas intervenir militairement pour faire de même avec Ingrid Betancourt, ex-candidate à la présidence de la Colombie ?

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