INGRID BETANCOURT

12 janvier 2012

Les bananes colombiennes sont délicieuses, mais la république bananière colombienne sent, elle, le sapin avec ses relents de corruption au plus haut niveau de l’Etat à l’annonce de ce scandale sans précédent visant Viviane Morales.

Grâce à une enquête de Mauricio Pombo dans le quotidien El Tiempo de Bogota, on apprend que Viviane Morales, depuis un an avocate générale de la nation, un poste tout-puissant, a touché une fortune pendant 14 ans, de 1996 à 2010, en indemnités de retraite de sénatrice pour une fausse invalidité permanente. Plus de trois millions d’euros !

Soit, elle avait perdu un œil en 1996, mais l’autre a toujours été valide. Comment a-t-elle pu gagner son procès contre l’Etat en 1996, alors que le pouvoir colombien n’était en rien responsable de son handicap partiel de santé ? Un Colombien lambda, privé d’un œil, ou d’une jambe ou même des deux, ne touche rien et doit mendier dans la rue, comme ce handicapé en chaise à roulettes que je croisais tous les matins sur la 7e Avenue de Bogota.

Nous touchons là au gigantesque fossé entre le peuple travailleur mais pauvre en Colombie, et ses classes dirigeantes riches de trafics en tous genres, sans foi ni loi, même quand ils accèdent à la charge de juges.

Cette fausse invalidité totale n’a pas empêché Viviane Morales de briguer la fonction d’avocate générale l’an dernier, et de l’obtenir. Elle n’est donc pas invalide à 100%. Elle n’est pas aveugle, loin de là !

Quand on connaît l’état de gangrène avancée de la justice colombienne, complice des terroristes et des narcos, mais ennemie des héros comme le colonel Alfonso Plazas (toujours en prison), un tel scandale n’étonne même plus. Et j’en viens à me demander si cette avocate générale ne va pas rester à son poste, sans jamais avoir à rembourser l’Etat de ses indemnités illégales. Lisez mes papiers sur les scandales au cœur de la Cour suprême de justice, une infâme institution.

Si Viviane Morales a réussi à mettre dans sa poche un tribunal en 1996, c’est pour une raison bien simple. Elle était alors une égérie du sinistre président Ernesto Samper de l’époque (1994-98), convaincu d’avoir reçu 6 millions de dollars du cartel de la cocaïne de Cali pendant sa campagne électorale. Les preuves abondent en ce sens, mais à l’époque le Congrès, financé par les trafiquants de drogue, avait absous Samper, qui reste interdit de séjour aux USA sous peine de détention immédiate. Ingrid Betancourt, alors députée, avait même fait une grève de la faim pour exiger la démission de ce président pourri.

Avec ses réseaux nocifs au sein du parti libéral colombien, Ernesto Samper continue de jouer un rôle souterrain dans la politique locale, avec pour complice l’actuel président Santos. La nomination de Mme Morales à son poste correspond à ces liens obscurs entre les deux hommes.
Je vous rappelle mes papiers précédents sur le premier scandale de l’ère Morales. Elle a renoué avec son ex-mari Carlos Alfonso Lucio, un ex-terroriste du M-19 devenu avocat des paramilitaires, dans un total conflit d’intérêt avec l’indépendance que doit avoir un avocat général.

La normalité démocratique exigerait :
- La démission immédiate de Viviane Morales
- Le remboursement des trois millions d’euros indus
- Sans compter les dommages et intérêts qu’une justice ordinaire ne manquerait pas de lui infliger, ni les éventuelles poursuites au pénal.

29 novembre 2011

Les miracles existent parfois dans les médias, y compris en Colombie, pour sortir les scandales de la naphtaline. C’est le cas de cette bombe publiée dans le quotidien El Tiempo samedi par Maria Isabel Rueda, une journaliste bien informée.

Son article met surtout en cause Carlos Alonso Lucio, ex-guérillero du criminel M-19, actuel mari de l’avocate générale de Colombie Viviane Morales (diplômée en droit à Paris), mais aussi son ex-compagne dans les années 1990 Ingrid Betancourt.

Il m’a fallu découvrir le papier de cette collègue colombienne pour apprendre la récente publication du livre qu’elle cite, « En la boca del lobo » (Editions Grijalbo), traduit de la version américaine « At the devil’s table » (Kindle Edition), écrit par l’Américain William Rempel, journaliste durant 36 ans au quotidien Los Angeles Times.
Si Maria Isabel Rueda avait eu l’intention de ruiner la carrière de l’avocate générale Viviane Morales et de provoquer des poursuites contre son mari, elle n’aurait pas procédé autrement.

Qu’on en juge : elle cite d’abord le livre de William Rempel, resté en contact pendant 8 ans par téléphone avec un repenti du cartel de Cali, Jorge Salcedo. Cet ex-chef de la sécurité des frères Rodriguez-Orjuela, patrons d’un cartel aussi sanguinaire que celui de Pablo Escobar à Medellin, vit désormais libre aux USA avec sa famille, sous un nom d’emprunt, pour avoir collaboré avec la justice américaine dans l’enquête contre le cartel.

Selon ce livre, qui n’a fait l’objet d’aucune plainte judiciaire, Jorge Salcedo, cité par Mme Rueda, affirme avoir été témoin de la remise à Carlos Alonso Lucio par les Rodriguez-Orjuela, soit avant leur détention en 1995, d’un « chèque de 50 millions » (sans précision sur la monnaie concernée), soit au moins 100.00 dollars de l’époque s’il s’agit de pesos colombiens.

Les patrons du cartel de Cali, ajoute-t-elle à partir de ces confessions, lui ont donné ce chèque « avec l’engagement de le répartir avec sa collègue Ingrid Betancourt ». Carlos Alonso Lucio et Ingrid Betancourt étaient alors des élus au Congrès colombien.

Ces révélations exigent des explications urgentes de ces deux anciens congressistes. Lucio est donc l’actuel époux de Viviane Morales, et son ex-compagne, Ingrid Betancourt, candidate à la présidence colombienne en 2002, a été libérée par l’armée le 2 juillet 2008 dans l’opération « Jaque » après avoir été otage des FARC pendant six ans.

Mais Maria Isabel Rueda va plus loin à partir de ces extraits tirés du livre publié par William Rempel. Elle révèle les liens ultérieurs de Carlos Alonso Lucio avec les terroristes de l’ELN, puis avec les paramilitaires, sans oublier une peine de prison à lui infligée par la Cour suprême pour corruption.

Dans une savante mise à mort, sans le dire, de la carrière judiciaire de Viviane Morales, Maria Isabel Rueda s’en donne à cœur joie au final de son analyse bien informée.
« Face à un tel CV et autant d’acrobaties, nul ne s’étonnera que l’on impute à Lucio – justement ou pas – un rôle de suprême importance dans les fonctions de son épouse. Les questions se posent même sur son influence éventuelle dans la nomination de juges (…), ou encore à propos de la lenteur de la justice dans l’instruction de l’enquête sur le récent vol dans le bureau de la lutte anti-drogue, dont un des principaux accusés est le meilleur ami de Lucio ».

Je rappelle ici que Viviane Morales, malgré les révélations récentes de témoins sur les mensonges de l’accusation, n’a toujours pas ordonné la remise en liberté du colonel Alfonso Plazas Vega, héros colombien dans la reprise du palais de justice de Bogota incendié en 1985 par les terroristes du M-19, auquel appartenait Carlos Alonso Lucio, avec plus de cent juges abattus par les rebelles.

Le colonel Plazas a été accusé faussement par un ex-terroriste en liberté d’avoir fait disparaître 11 civils en fait abattus pas les rebelles.

Voici l’article en question de Maria Isabel Rueda :

DEL AMOR Y OTROS DEMONIOS
Por: MARÍA ISABEL RUEDA | 5:37 p.m. | 26 de Noviembre del 2011
María Isabel Rueda

Con un « sí » a secas la fiscal Viviane Morales aceptó públicamente que se ha reconciliado con su ex marido, Carlos Alonso Lucio. ¿Qué tanto puede el amor influir en su buen juicio?
La fiscal Viviane Morales acaba de responder, en una entrevista con Bocas, una pregunta personal. Con un « sí » a secas aceptó públicamente que se ha reconciliado con su ex marido, Carlos Alonso Lucio. ¿Qué tanto puede el amor influir en su buen juicio?
En su reciente best seller, En la boca del lobo, el jefe de seguridad del cartel de Cali, Jorge Salcedo, cuenta que fue testigo de un pago que los Rodríguez Orejuela le hicieron hace algunos años al actual esposo de la fiscal Morales, Carlos Alonso Lucio, en ese entonces congresista. Le entregaron un cheque por 50 millones con el compromiso de que lo repartiera con su colega Íngrid Betancourt. Incluso, antes de esta revelación, se sabía que Lucio fungió durante un tiempo como ‘lobista’ del cartel de Cali y que, en calidad de tal, tramitaba citas para el círculo de los Rodríguez Orejuela con periodistas. La época coincide con otros cuentos tenebrosos que eran vox pópuli en los pasillos del Congreso, sobre que Lucio visitaba las cárceles para discutir su agenda legislativa con jefes de bandas criminales.
La vida de Carlos Alonso Lucio está llena de saltos mortales. Cuando se desencantó del M-19 (una versión dice que fue Carlos Pizarro el que se decepcionó de él), Lucio saltó de ese grupo guerrillero a asesorar al Eln. Estaba desempeñando ese oficio cuando este grupo guerrillero secuestró al actual presidente del Senado, Juan Manuel Corzo. A cambio de su liberación, la guerrilla le exigió al entonces ministro del Interior, Horacio Serpa, que organizara una delegación de jóvenes parlamentarios que fueran a discutir una agenda política con los cabecillas del Eln al monte. En esa delegación viajaron, entre otros, los entonces congresistas Germán Vargas Lleras, Juan Fernando Cristo y Viviane Morales. Ella llevaba un perrito. Luego de un tortuoso viaje aéreo, la comisión llegó al monte. Ella desapareció durante todo el día mientras sus colegas negociaban con el Eln la liberación de Corzo. La congresista reapareció para retornar a Bogotá con la comisión. El perrito se quedó con Lucio en el monte.
No sé qué pasó entre el Eln y Lucio. Pero de él solo volvió a saberse años más tarde, cuando saltó sorpresivamente a las noticias como asesor de los paramilitares. Según EL TIEMPO, está documentado periodísticamente que durante ese período acompañó al paramilitar ‘Julián Bolívar’ en un viaje a Caracas.
También es cierto que Lucio pagó una temporada de cárcel al haber sido encontrado culpable de estafa por la Corte Suprema de Justicia.
Con semejante hoja de vida y tantas acrobacias, no puede extrañar que a Lucio se le adjudique justa o injustamente un papel de gran ascendencia sobre el cargo de su esposa, la Fiscal. Hasta se ha preguntado si él ha influido en ciertos nombramientos, como en el del fiscal Pabón, el primero que tuvo a su cargo el proceso de los Nule. O si la lentitud de la Fiscalía en instruir el proceso del robo de la Oficina de Estupefacientes se debe a que uno de los principales implicados es mejor amigo de Lucio.
También puede ser una mera coincidencia. O una suposición inmerecida por parte de la Fiscal. Porque estar casada con Lucio no significa que ella carezca del carácter suficiente para defender su independencia profesional de la influencia de su vida personal. Por eso, esta columna no tiene por objeto solicitarle a la doctora Viviane que escoja entre su cargo y su relación sentimental con un personaje tan controvertido. ¿Qué autoridad tiene una periodista como yo para ponerla en ese dilema? Ni más faltaba. Pero, como analista de opinión, estoy en la obligación de decir públicamente que la controversia sí existe y que es válido ventilarla.
¡SE ME OLVIDA! La Fiscal podrá escudarse en que esa pregunta de Bocas se la hicieron solo por ser mujer. Pero si el Fiscal fuera Lucio y su esposa la que exhibiera semejante hoja de vida, seguramente la pregunta le habría caído a él.

23 février 2011

Un juge colombien a ordonné mercredi le gel et la saisie des avoirs de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ex-otage des Farc, dans le cadre de sa procédure de divorce d’avec son second époux, le Colombien Juan Carlos Lecompte, a rapporté la radio Caracol.

« Le juge a décidé d’accéder à la demande de M. Lecompte. La décision judiciaire prononçant le gel et la saisie de ces avoirs a été connue aujourd’hui (mercredi) », a déclaré l’avocat de l’époux, Heli Abel Torrado, à Caracol.

Me Torrado avait intercédé auprès du magistrat en septembre pour obtenir le gel des avoirs de Mme Betancourt en Colombie mais aussi à l’étranger.

Cette décision de la justice concerne les appartements qu’Ingrid Betancourt possède en Colombie, aux USA et à Paris, ainsi que les droits d’auteur sur ses livres.

L’ancienne sénatrice, candidate à la présidentielle colombienne de 2002 avant d’être prise en otage pendant six ans par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), vit séparée de M. Lecompte depuis sa libération par l’armée en 2008 et a demandé le divorce.

Mme Betancourt a épousé M. Lecompte en secondes noces le 17 octobre 1997. Elle était auparavant mariée au Français Fabrice Delloye, avec qui elle a eu deux enfants.

16 février 2011

Si Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour enlèvements, n’a bénéficié d’aucune grâce, elle le doit certainement à la vindicte publique en France pour défendre cette condamnée de droit commun, avec le relais d’une presse aveugle et d’un avocat déchaîné, dans une insolente instruction à charge contre la justice de ce pays démocratique.

Avec une telle médiatisation à grande échelle, la surenchère dans les offenses contre un Etat souverain a dès le départ pris le pas sur la discrétion d’une action diplomatique oubliée tant par le président Sarkozy que par le défenseur de Cassez, Me Frank Berton.

Le chef de l’Etat français a répété les mêmes erreurs que dans l’affaire Ingrid Betancourt. La publicité de ses interventions avait transformé cette Colombienne en trésor de guerre pour ses geôliers des FARC, et jamais les terroristes ne l’auraient libérée. Elle serait encore dans la jungle si un commando colombien des services secrets n’avait pas risqué sa peau pour la sauver en 2008.

Dans l’affaire Cassez, les initiatives de Sarkozy, sur fond de fracas médiatique, n’ont cessé d’humilier le Mexique, son président Calderon, sa justice et son peuple.

Quant à Frank Berton, petit avocat devenu grand depuis le désormais célèbre procès de pédophilie aux Assises de St-Omer puis de Paris (ses deux clients ont été acquittés), son plantureux grain de beauté sous l’œil droit semble s’être transformé en œillère : il a confondu le Mexique, prochain président du G-20, avec le procès d’Outreau !

Je ne vais pas relater ici la succession de ses déclarations incendiaires. Mais je lui pose une question. Comment avez-vous pu vous emporter, Maître, au point de comparer récemment « l’affaire Cassez au Mexique avec l’affaire Dreyfus en France » ? Quel diable sorti d’Equateur (l’un de vos cauchemars heureusement apaisé) vous a-t-il poussé à mettre sur le même pied un capitaine de l’armée française injustement condamné il y a un siècle pour intelligence avec l’Allemagne, puis réhabilité, et la compagne, condamnée pour enlèvements, d’un criminel mafieux auteur de prises d’otages avec mutilation de ses victimes ?

Comment avez-vous pu hier qualifier votre cliente « d’otage politique», quand il s’agit d’une affaire de droit commun ? Vous avez, Maître, révulsé le Mexique contre vous et Florence Cassez. Je vous cite : « Tout le monde sait que ses droits et les Droits de l’Homme n’ont pas été respectés, que ce dossier a été construit, que ce dossier a été instrumentalisé par Genaro Garcia Luna (le ministre mexicain de la Sécurité publique) et que l’on a (…) une volonté de s’acharner contre cette femme. Garcia Luna, inquiet de devoir répondre de ses agissements devant la justice française, a convaincu Calderon de dire non à l’année du Mexique ». Selon vous, ces deux hommes « régentent à la fois le pouvoir judiciaire et le pouvoir politique » au Mexique. « Le gouvernement (mexicain) se sert d’elle (…) pour détruire les relations entre les deux pays, c’est assez incroyable ».

Si vous êtes « très inquiet » pour votre cliente, comme vous l’avez dit, vous ne devez vous en prendre qu’à vous-même. Vos propos démesurés contre un Etat souverain n’auront pas servi les intérêts de Florence Cassez. Bien au contraire. Je vous rappelle que la propre mère de Florence Cassez avait récemment plaidé pour l’annulation de l’Année du Mexique en France ! Comment une telle erreur a-t-elle pu être commise par cette dame, dont je respecte les initiatives même malheureuses pour sauver sa fille, si ce n’est avec votre agrément, vous qui maintenant mettez en avant le désir de votre cliente que soit maintenue cette manifestation culturelle ?

Vous avez cru vous retrouver dans un nouveau procès d’Outreau, à barboter à grands cris dans cette mare de pédophiles, dont les acquittés, je vous le rappelle, ne sont pas innocentés, mais acquittés, je le répète.

Maître, vous n’êtes plus chez les Chti’s, comme à Saint-Omer, mais dans un procès à l’échelle internationale. Ce contexte différent exigeait un savoir-faire diplomatique, des contacts discrets, et, avant tout, aucune médiatisation. Je vous garantis qu’une telle procédure aurait déjà permis à votre cliente de purger une peine symbolique en France, malgré les crimes pour lesquels elle a été condamnée au Mexique.

Hélas, Maître, je crains que votre « quart d’heure de publicité », cher à Andy Warhol, ne soit réduit à la portion congrue par votre petitesse. Dans le procès d’Outreau, 15 enfants (dont 3 ont retiré leurs plaintes sous pression) ont été reconnus victimes d’actes pédophiles. Vous, vos confrères de la défense, les juges, le pouvoir politique, et la commission parlementaire sur Outreau, digne de Robespierre, n’avez jamais eu le moindre mot à l’égard de ces 15 enfants victimes d’abus sexuels.

Maître, quand on dispose d’un souffle de dignité, comment avez-vous pu dire après les procès d’Outreau : « Ma satisfaction personnelle est d’avoir provoqué la chute de l’experte (Marie-Christine) Gryson, la victimologue désavouée par la cour à cause de ses liens avec le conseil général, représentant les mineurs victimes. Avec ses méthodes, elle avait jugé tous les gamins crédibles. Le simple dessin d’une araignée ou d’une maison sans fenêtre suffisait à en faire des victimes d’abus sexuels ! Le week-end suivant, j’ai demandé à mes chtiots (NDLR : les petits dans le Nord-Pas-de-Calais) de prendre un papier et un crayon. Eh bien, mes enfants ont dessiné des araignées ! »

Maître, mes enfants n’ont jamais dessiné des araignées, même en Equateur ! Vous et vos collègues ont laminé, avec vos mots à l’emporte-pièce, dans de grands effets de manche qui ont ramené la presse adoubée sous vos ailes, les témoignages rapportés depuis le début par les défenseurs des enfants, dont Mme Gryson.

Peu vous importait le sort de ces mineurs, placés de façon inqualifiable sur le banc des accusés quand ceux-ci, les vrais, étaient assis sur les sièges du public ! Les enfants ont été les méchants, et les adultes les bons, grâce ou à cause de vous tous, dans ce scandale judiciaire qui n’est pas fini, je vous le promets.

Mais je puis vous dire d’avance que ces enfants, quand ils seront majeurs, auront leur mot à dire, le mot que vous tous avez empêché de sortir de leur bouche sous votre pression d’avocats enrobés d’hermine.

Catégories
Commentaires récents
Archives