FARC

27 juillet 2012

Aucun de mes lecteurs sur les questions d’Amérique Latine n’ignore le  contexte dramatique de la Colombie, avec la persistance d’une guérilla terroriste (les FARC), dans une totale impunité pour ses zélateurs et complices, comme c’est le cas pour Piedad Cordoba.

Cette ex-sénatrice au turban, privée de son siège pour son activisme officiel en faveur de la mafia criminelle des FARC, qui vit du trafic de la cocaïne et des enlèvements d’innocents, vient de franchir une fois de plus la ligne jaune, avec son appel aux Indiens du Cauca (sud-ouest) à « renverser le président Juan Manuel Santos ».

Le ministre de la Défense, Juan Carlos Pinzon, et le procureur général de la Nation, Alejandro Ordonez, ont aussitôt demandé son inculpation, mais l’avocat général, Eduardo Montealegre, en charge des poursuites éventuelles, a invoqué le « droit à la liberté d’expression » avant de prendre la moindre décision.

Dans tout pays démocratique  digne de ce nom, comme la France, le premier individu qui appellerait à un coup d’Etat contre le chef de l’Etat, quel que
soit son grade, serait immédiatement mis aux fers.

17 mai 2012

L’actualité colombienne m’oblige à faire une parenthèse sur la pédophilie en France pour me consacrer à l’horreur en cours en Colombie, avec le terrorisme des FARC, la complicité des politiques, et la mollesse de Paris à leur encontre.

Les événements viennent de se précipiter dans le pays andin alors que les Français, bien loin de ce contexte sanglant, sont rivés sur le nouveau gouvernement.

Hier (mercredi), un attentat à la bombe en plein centre de Bogota contre la voiture de l’ex-ministre de l’Intérieur Fernando Londono ( de 2002 à 2004), sous la
présidence d’Alvaro Uribe, a tué son garde-du-corps et le chauffeur. Blessé à l’omoplate, les tympans  crevés par le souffle de l’explosion, Fernando Londono a été hospitalisé. Quand on connaît le combat de cet homme contre le terrorisme des FARC, il n’est pas besoin de se poser des questions sur les auteurs de cet attentat.

Au même moment, un ancien otage des FARC, ex-député de Cali, Sigifredo Lopez, était arrêté et conduit au palais de justice de Bogota pour sa complicité présumée
avec les FARC dans la prise en  otages de douze députés de Cali, dont lui-même, en juin 2002 par les terroristes en pleine assemblée. Les vidéos, enregistrements téléphoniques et clefs USB saisis dans les archives de l’ex-chef des FARC Alfonso Cano, abattu par l’armée le 4 novembre dernier, ne laissent aucun doute sur le rôle actif de Sigifredo Lopez dans cette opération. Le 18 juin 2007, tous les députés de Cali, sauf lui, avaient été abattus, criblés de 95 balles, par leurs gardiens des FARC. Le
président Simon Gaviria du parti libéral, auquel appartient l’inculpé, a déjà demandé sa suspension immédiate.

La complicité de politiciens et de juges avec les narco-terroristes des FARC n’est pas une nouveauté pour les lecteurs de mon blog. Le nouvel avocat général
Montealegre a déjà annoncé pour juin des révélations qui vont « effrayer » les Colombiens sur ces liens.

Pour finir, je suis surpris par la mollesse du nouveau président français Hollande. On vient d’apprendre qu’il a accepté de désigner un envoyé spécial à lui, comme
l’exigeaient les terroristes des FARC, pour participer à la libération du journaliste français Roméo Langlois, otage des rebelles depuis près de trois
semaines. Il lui suffisait de déléguer son ambassadeur à Bogota, l’excellent Pierre-Jean Vandoorne, mais Paris continue d’ignorer, comme sous Sarkozy, la réalité colombienne, avec des FARC qualifiées de groupe « terroriste » par l’Union européenne depuis juin 2002.

 

14 mai 2012

Les terroristes colombiens, non contents d’enlever ce journaliste au mépris du droit humanitaire international qu’ils ne respectent pas, viennent de mettre des conditions à sa libération au lieu de le relâcher immédiatement.

Dans un communiqué reçu par le CICR, les FARC  proposent, « pour garantir encore plus sa vie et sa sécurité », de « le remettre dans un lieu sûr
à une commission comprenant la Croix-Rouge internationale, l’ex-sénatrice Piedad Cordoba et un représentant personnel du nouveau président français François Hollande ».

Ainsi donc les rebelles veulent une nouvelle fois mettre à profit leurs basses œuvres pour un coup médiatique.
Encore un peu, et ils exigeaient que François Hollande se rende dans la jungle pour récupérer Roméo Langlois…

Si Paris réagit comme il se doit, il suffit au nouveau président français de déléguer un diplomate de l’ambassade de
France à Bogota sans avoir à envoyer un factotum depuis la France.

Quant à la présence incongrue de Piedad Cordoba à cette libération, elle correspond à l’habitude des FARC de mettre au
premier plan l’ex-sénatrice au turban, complice des rebelles et haïe par le peuple colombien.

03 mai 2012

Les FARC n’ont qu’une chose à faire entre deux actes de démence dans leur parcours terroriste: libérer immédiatement Roméo Langlois, le journaliste français qu’ils ont pris comme otage depuis samedi dernier, après avoir tué deux des militaires, dont le sergent José Cortes, chargés de sa protection.

Aucune négociation éventuelle, car on peut s’attendre à tout quand on connaît comme c’est mon cas leur dialectique diabolique, ne peut être exigée de la part de ce groupe sanglant, avec leur relais dans la société locale, les soi-disant « Colombiens pour la paix », menés par l’ex-sénatrice complice des FARC, Piedad Cordoba, et le sinistre Ivan Cepeda.

Pays des droits de l’homme, le France devrait rappeler aux hors-la-loi colombiens que le respect de ces valeurs universelles n’est pas à sens unique, ce qui est hélas le cas aujourd’hui. Paris héberge en effet et subvient grassement aux besoins
des familles de certains chefs des FARC réfugiés en Francet (dont celles de Raul Reyes, Alfonso Cano, deux leaders décédés, et bien d’autres).

Dans ces conditions, comment ce groupe terroriste peut-il séquestrer un journaliste français, Roméo Langlois, qui n’a fait que son travail au service de l’information?

Si j’insiste sur ce point, c’est que je redoute le retour à une erreur monumentale semblable à celle commise en 2007 par l’ex-président Alvaro Uribe à la demande de son homologue français Nicolas Sarkozy pour tenter d’obtenir la libération d’Ingrid Betancourt (enlevée par les FARC en 2002 puis libérée par un commando de l’armée en 2008). Le chef de l’Etat colombien avait alors élargi un commandant de la guérilla, Rodrigo Granda, ainsi que 152 rebelles, en échange d’un geste humanitaire attendu des FARC en faveur de l’ex-otage colombienne. Ce fut un échec total, avec le retour dans les rangs rebelles de
tous les libérés.

La communauté internationale se doit de se mobiliser pour exiger la libération immédiate et sans aucune condition de Roméo Langlois, correspondant de France 24 et du Figaro.

03 mai 2012

(Merci à Fabio de nous avoir transmis l’info)

Toujours aux mains des FARC depuis samedi, le journaliste français Roméo Langlois a échappé de peu à la mort quand les terroristes ont attaqué le détachement de l’armée avec lequel il se trouvait pour couvrir une opération de lutte anti-drogue à Union Peneya (Caqueta).

Dans un entretien avec la radio FM de Bogota, le caporal Luis Carlos Murillo a relaté que le sergent Cortes, chargé de protéger le journaliste avec
lui, avait été tué par les rebelles, qui avaient approché jusqu’à dix mètres de leur refuge. Roméo Langlois, blessé lui-même à un bras et paniqué, avait alors jeté son casque et son gilet pare-balles pour courir en direction des rebelles et manifester ainsi sa non-appartenance à l’armée. Les combats ont fait quatre morts chez les militaires, dont le sergent Cortes.

Il serait opportun pour Paris de rendre un hommage officiel à cet officier colombien, y compris avec la légion d’honneur à titre posthume, la même qui avait été accordée à la mère d’Ingrid Betancourt en 2003, puis à l’ex-otage en 2008.

Autre information : le site d’Anncol, l’agence des FARC basée à Stockholm, a été fermé jeudi par la Suède. Quand on tente de s’y connecter,
un STOP en rouge s’affiche. Je rappelle que le 25 avril 2011, le président vénézuélien Hugo Chavez, complice des FARC,  avait fait un
cadeau sans précédent à Juan Manuel Santos, nouveau président colombien, avec l’extradition depuis Caracas vers Bogota de Joaquin Perez Becerra, alias « Alberto Martinez », alors directeur d’ANNCOL, l’agence de presse des FARC installée en Suède.

01 mai 2012

Aucun média international n’a encore relevé cette mise en cause insupportable de Roméo Langlois par les FARC, qui l’ont pris comme otage samedi en Colombie. La presse colombienne a seulement fait état d’un appel téléphonique d’une soi-disant porte-parole des rebelles qualifiant ce collègue de « prisionnier de guerre ».

 

Dans un texte de l’agence ANNCOL (publié mardi sur son site internet), organe extérieur des FARC, le journaliste français, ainsi que l’armée colombienne, sont accusés par ces criminels de guerre d’avoir « gravement enfreint » le droit international humanitaire.

 « Ils ont violé les normes du droit humanitaire international, qui interdit la présence de civils dans des opérations
militaires », indique ce texte, avant de mette en cause « la superbe militaire et l’aventurisme journalistique du Français, qui, comme nombre de reporters indépendants, courent des risques pour assurer leur fin de mois ou par intérêt idéologique,
en se prêtant à un spectacle médiatique pour des institutions sinistres comme les forces armées colombiennes, l’un des pires auteurs au monde de violation des droits de l’homme ».

Cette hérésie est signée par un l’agent suédois des FARC, Dick Emanuelsson depuis son présumé repaire au Guatemala. ANNCOL, basée en Suède, est autorisée à y émettre par ce pays membre de l’Union européenne
malgré la qualification de cette guérilla comme organisation terroriste…

Je vous signale que ce même Dick Emanuelsson participait aux conférences de presse à la présidence de la République, lorsque j’y dirigeais l’AFP, sous le mandat …d’Alvaro Uribe. J’en suis témoin.

 

Qu’attend le président colombien Santos pour lancer
un mandat d’arrêt international auprès d’Interpol contre cet individu, complice
avéré des narco-terroristes?

Je rappelle que Roméo Langlois est tombé dans une
embuscade des FARC, avec un détachement de l’armée qu’il accompagnait équipé d’un
casque et d’un gilet pare-balles, lors d’une opération contre des laboratoires
de cocaïne à Union Peneya, dans le département du Caqueta, à 800 km au sud de
Bogota, près du secteur où fut enlevée Ingrid Betancourt en 2002.

29 avril 2012

Correspondant de la chaîne de télévision en continu France 24 et du quotidien Le Figaro, Roméo Langlois, a été blessé à un bras et enlevé
par les FARC samedi lors d’un combat contre cette guérilla qui a fait quatre morts chez les militaires avec qui il se trouvait lors d’une opération anti-drogue.

L’accrochage a eu lieu à Union Peneya, dans le département du Caqueta, à une cinquantaine de km de El Paujil, l’endroit où avait été séquestrée Ingrid Betancourt le 23 février 2002 par le même groupe terroriste. Elle avait été libérée le 2 juillet 2008 par un commando des services secrets colombiens.

Depuis dix ans, ce journaliste que je connaissais avait réalisé de nombreux reportages sur le terrain pour traiter du conflit avec les
Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Le ministre colombien de la Défense a lancé un appel aux Farc, exigeant qu’elle n’attente pas à la vie du journaliste français,
« si elle le détient ». « Elle sera tenue pour responsable de tout ce qui arrivera (à Roméo Langlois), s’il est en son pouvoir », a déclaré
Juan Manuel Pinzon.

Depuis Lyon, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé en marge d’une réunion politique que Roméo Langlois
avait « été enlevé à l’occasion d’un affrontement entre les troupes colombiennes et les Farc »  et « fait prisonnier ».

« Le centre de crise (du ministère des Affaires étrangères) est mobilisé, on est en liaison avec les autorités colombiennes », a ajouté M. Juppé,
précisant qu’il ne disposait pas d’autres informations.

La guérilla des Farc avait annoncé dimanche 26 février qu’elle renonçait définitivement aux enlèvements parmi la population civile, au moment où elle libérait ses dix derniers otages officiers de l’armée ou de la police, certains enchaînés depuis 14 ans dans la jungle.

Voici une analyse de l’ami Eduardo Mackenzie * sur les FARC et leur présumée intention de mettre fin aux enlèvements:

5 mars 2012

Ni « déclaration historique », ni « tournant majeur » dans la vie des Farc : l’annonce faite par les chefs de la guérilla la plus ancienne au monde, quant à leur intention de « mettre fin aux enlèvements de civils » n’a pas dupé les Colombiens. Tous les sondages montrent ces jours-ci que la population ne croit guère aux paroles de ces terroristes, dont l’une des principales sources de financement est, précisément, l’enlèvement des êtres humains.

Même le président colombien Juan Manuel Santos a répondu que cette annonce n’était « pas suffisante». Le chef de l’Etat exige que les Farc mettent fin à leurs attaques et libèrent l’ensemble des otages. Selon l’ancien kidnappé Gustavo Muñoz Roa, les Farc détiennent encore 725 civils kidnappés, en plus des quelques 11 militaires et policiers.

Ce n’est pas la première fois que les Farc font une telle promesse. En mars 1984, elles avaient signé les «accords de l’Uribe » avec le gouvernement du président Belisario Betancur. Elles y exhortaient leurs blocs, fronts et colonnes à ne plus commettre ce crime détestable. L’article 2 de ces accords disait, en effet: «Les Farc-Ep n’encouragent plus l’enlèvement, l’extorsion et le terrorisme sous toutes ses formes et veulent cesser ces pratiques, comme toutes les autres attaques contre la liberté et la dignité humaine».

Les Farc n’ont jamais respecté ce « compromis » et ont continué à enlever et à tuer des civils, des militaires et des policiers.

Elles ont fait croire la même chose au président Virgilio Barco. Les Farc lui ont promis de procéder à une « trêve unilatérale » pour prouver leur bonne volonté et leur intention de négocier avec lui afin de trouver une «solution politique au conflit ». La réalité fut toute autre. En décembre 1988, les autorités de la Jamaïque découvraient une cargaison d’armes, avec des explosifs et avec plus de 1.250 fusils et mitrailleuses allemandes, que les Farc avaient achetées au Portugal et qu’elles voulaient faire entrer clandestinement en Colombie pour renforcer leurs fronts.

Les opérations de séduction des Farc ont toujours le même but : confondre, isoler et démobiliser leur ennemi. Les «accords de l’Uribe » appartiennent à une époque où les Farc étaient en train de recruter de nouveaux combattants, et de construire leur propre parti politique pour faire du prosélytisme sans encombre. Parallèlement, elles s’activaient dans la conformation d’une « coordination des guérillas » pour imposer aux bandes armées d’extrême gauche leurs plans et leurs objectifs.

Les serments des Farc de vouloir se priver d’une ou de deux « formes de lutte », comme elles appellent la panoplie de crimes qu’elles utilisent contre le peuple et l’Etat colombien, ne sont que des dispositifs de combat et de désinformation destinés à jouer un rôle précis dans un plan tactique et dans un cadre stratégique, ainsi que dans un contexte national et international.

Cette fois-ci, par exemple, les Farc visent un objectif majeur : paralyser l’action des forces militaires dans tout le pays ou dans une partie du territoire de la Colombie avec le prétexte d’une nouvelle négociation de paix. Cette tactique avait déjà été utilisée par les Farc avec grand succès pendant le gouvernement de Andrés Pastrana (1998-2002), qui a cédé aux Farc 41 000 kms² pendant trois années en échange de rien. De cette concession hallucinante et irresponsable les Farc sont sorties plus fortes que jamais.

Mais pendant les huit années qui suivirent, celles du gouvernement du président Alvaro Uribe (2002-2010), les Farc ont subi de sérieux coups durs : leurs effectifs ont été réduits de moitié, leurs otages les plus importants ont été libérés par les forces armées, en juillet 2008, et les chefs « historiques » des Farc ont été abattus, incluant Alfonso Cano, en 2011.

Chaque semaine ou presque les Farc subissent les assauts des militaires, et elles voudraient obtenir de Juan Manuel Santos une « trêve bilatérale » et relancer un processus semblable à celui du Caguan (1999-2002).

Le scénario idéal pour faire pression sur le président colombien est le VIème Sommet des Amériques (14-15 avril 2012) à Cartagena, où les gouvernements pro Chavez du continent vont vanter les mérites d’une telle stratégie « de paix ».

Santos s’est éloigné de son prédécesseur, Alvaro Uribe, et a abandonné la doctrine de la sécurité démocratique. Il s’est entouré des fractions politiques qui avaient perdu l’élection présidentielle de 2010. Ces fractions sont enclines à revenir à la méthode « douce » des pourparlers avec les terroristes.

Sous Santos, la guerre que mène l’extrême gauche consistant à monter des procès truqués contre les militaires s’est accentuée. La justice pénale militaire a été abolie de fait. Tout cela contribue à miner le moral de l’Armée. Il y a quelques jours, le ministre colombien de la Défense, a osé discuter avec l’Ong HRW, à Washington, un point capital de la lutte contre les narcoterroristes : si l’aviation de combat avait ou non le droit de les attaquer. Le ministre n’a pas cédé aux pressions mais le fait d’avoir accepté de discuter un tel point a donné froid dans le dos auprès de beaucoup d’observateurs. C’était du jamais vu. Cela a révélé à quel point le gouvernement de Santos est prêt à prêter l’oreille aux Ongs dites de « doits de l’Homme » ainsi qu’aux groupuscules qui sont vus en Colombie comme la périphérie « politique » des Farc.

*Journaliste et écrivain colombien, auteur de Les Farc ou l’échec d’un communisme de combat (Publibook, Paris, 2005)

27 février 2012
(Désolé pour mon retard à relater cet événement, mais je suis en Belgique pour un autre événement, personnel et « heureux », un 4e petit-fils…)

Bien malin celui qui a pu prévoir, et ce n’est pas mon cas je l’avoue, cet incroyable coup de théâtre annoncé hier soir par les terroristes sanguinaires des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) : la guérilla, fondée en 1964, renonce aux enlèvements et va libérer la dizaine de militaires et policiers encore otages dans la jungle, certains depuis treize ans. 13 ans !

Trois facteurs de taille expliquent ce tournant sans précédent pris par des rebelles sans foi ni loi qui vivaient jusqu’ici des enlèvements de civils contre rançon et du trafic de cocaïne.

Le premier concerne la perte de tous leurs leaders, tués par l’armée depuis 2008, notamment sous la main de fer de l’ex-président Alvaro Uribe pendant ses deux mandats (2002-2010). La liquidation de Raul Reyes (N°2) le 1er mars 2008 par les militaires, suivie de la mort du fondateur des FARC Manuel Marulanda (probablement dans un bombardement de l’armée), puis l’exécution du chef militaire Mono Jojoy avant celle du nouveau commandant des FARC Alfonso Cano l’an dernier, ont décimé la direction du mouvement, dont le nouveau chef, Timochenko, a été contraint de trouver refuge au Venezuela avec la complicité du président castriste Hugo Chavez. Au début des années 2000, la Colombie souffrait de 3.000 enlèvements de civils en moyenne par an. En 2010, ils étaient tombés à moins de 400 sous les coups de boutoir des forces armées et policières dans le cadre de la politique de « sécurité démocratique ». Le 2 juillet 2008, une spectaculaire opération de commando menée par les services secrets avait permis la libération de 15 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, entre leurs mains depuis 2002.

Le second élément a trait à la perte du peu de crédit qu’il restait aux FARC aux yeux de l’opinion internationale lorsqu’ils ont assassiné en novembre dernier quatre officiers de l’armée qu’ils détenaient enchaînés comme otages, certains depuis 12 ans.

Le troisième facteur se dessine en pointillé, à partir des informations relatées ici récemment sur un projet gouvernemental de réintégrer les guérilleros dans la vie politique démocratique, dans des conditions proches d’une amnistie. Je n’exclus pas que des contacts aient eu lieu, qui sait au Venezuela, entre Timochenko et des émissaires du président Santos, successeur d’Uribe, pour ébaucher un tel plan. Sans un tel contexte, j’imagine mal les FARC procéder du jour au lendemain à l’abandon des prises d’otages. Ce ne fut jamais leur pratique.
N’oublions pas que les rebelles n’avaient pas cessé d’enlever des civils et des élus y compris pendant l’époque du Caguan, cette zone démilitarisée grande comme la Suisse (42.000 km2) que l’ex-président Andrés Pastrana avait offerte aux FARC au sud du pays pour un dialogue de paix sans résultat, entre le 15 novembre 1998 et le 21 février 2002.

La question de l’amnistie risque de déclencher d’intenses débats en Colombie si elle prévoit d’y inclure les rebelles auteurs de crimes, comme ce fut le cas avec le M-19 en 1990.
Ainsi du nouveau maire de Bogota, Gustavo Petro. Cet ex-commandant du M-19 avait été l’un des mentors de l’attaque sanglante, par les rebelles, du palais de justice de la capitale en 1985, suivie de son incendie et de la prise en otages de 200 juges, dont près de 100 avaient été tués, avant la reprise des lieux par l’armée. Le M-19 avait été financé par Pablo Escobar, chef du cartel de la cocaïne de Medellin, pour que les rebelles brûlent tous les dossiers judiciaires de ses membres en passe d’être alors extradés aux USA.

Aujourd’hui, dans une hallucinante entorse à la logique, Gustavo Petro a été élu maire de Bogota, mais c’est le colonel Alfonso Plazas, héros de la reprise du palais en 1985, qui a été condamné à 30 ans de prison en 2009 par une justice corrompue, à partir de faux témoignages sur une présumée disparition de 11 civils pendant cette opération, alors qu’il avait déjà été jugé dans les années 1980 et relaxé.

11 janvier 2012

A 9 mois de la présidentielle au Venezuela, Hugo Chavez, candidat à la réélection malgré son cancer, vient de commettre l’irréparable contre la démocratie avec la désignation d’un tel scélérat à ce poste-clef.

Jugez du peu avec le pedigree de Henry Rangel Silva que mes lecteurs ici connaissent bien : agent actif des FARC dont Chavez abrite les chefs au Venezuela, ce général a aidé les terroristes colombiens à négocier l’achat d’armements, est recherché pour trafic de drogue par les USA qui ont gelé ses avoirs, et a annoncé en 2010 son intention de ne pas laisser l’opposition gouverner si elle gagnait en 2012. « Les forces armées sont totalement fidèles à Chavez et à son mariées à son projet » communiste, avait-il alors déclaré.

Hugo Chavez se moque ainsi de Washington, et surtout de son voisin, la Colombie, avec en tête le président Juan Manuel Santos, qui a repris des relations cordiales avec lui malgré la complicité du chef de l’Etat vénézuélien avec les FARC. On attend avec impatience la réaction de Bogota à cette pierre jetée dans le jardin de leur soi-disant amitié.

Je vous joins mon ancien papier publié ici le 3 août 2009 :
REVELATIONS DU NEW YORK TIMES: LES FARC ONT FORME DES TROUPES VENEZUELIENNES A LA GUERRE DE GUERILLA ET DEMANDE DES MISSILES SOL-AIR A CHAVEZ L’AN DERNIER !
3 août 2009 | Auteur jacquesthomet
3 août 2009
Ces preuves sont contenues dans des documents explosifs retrouvés dans des ordinateurs saisis récemment sur des rebelles arrêtés par l’armée colombienne. Elles contredisent les démentis de Hugo Chavez sur son appui en argent et en armes aux FARC.
Une copie de ces courriels, actuellement analysés par des agences de renseignements occidentales, a été fournie à Simon Romero, journaliste au New York Times. Un courriel du commandant des FARC Ivan Marquez, daté de 2008, décrit un plan pour acheter au Venezuela des missiles sol-air, des fusils et des radios. Il fait état de ses contacts avec le général Henry de Jesus Rangel Silva, alors directeur des services secrets de la police vénézuélienne, et Ramon Rodriguez Chacin, un ex-ministre de l’Intérieur de Chavez connu pour ses liens actifs avec les FARC. (Rappelez-vous, c’est sur mon blog, la scène de janvier 2008. Lors de la libération de l’otage Clara Rojas par les FARC, Chacin, alors émissaire, avait encouragé les guérilleros à « continuer la lutte ». Une caméra a enregistré la scène).
Installé au Venezuela avec l’aval de Chavez, Ivan Marquez évoque la fourniture de ces armements près du Rio Negro, dans l’Etat vénézuélien de l’Amazonie, et la remise de documents aux trafiquants d’armes, par le général Rangel Silva, pour leur permettre de circuler dans le pays afin d’acheminer la livraison. Mais les documents saisis ne confirment pas si la livraison a effectivement eu lieu.
Rodriguez Chacin et Rangel Silva sont accusés par le département du Trésor américain de trafic de drogue. Leurs comptes ont été gelés aux USA. Ils encourent une peine de prison allant jusqu’à 30 ans s’ils pénètrent aux Etats-Unis.
Les documents cités par le quotidien révèlent aussi que les FARC ont donné des cours de guerre de guérilla à des officiers vénézuéliens, comme l’indique un commandant de la guérilla, Timoleon Jimenez, alias « Timochenko », qui lui aussi opère depuis le Venezuela. Un autre document saisi en mai dernier révèle enfin que Hugo Chavez a parlé personnellement avec Timoleon Jimenez pour lui exprimer sa solidarité avec le combat des FARC.
Voici le papier du NYT : Venezuela Still Aids Colombia Rebels, New Material Shows
By SIMON ROMERO
Published: August 2, 2009 CARACAS, Venezuela — Despite repeated denials by President Hugo Chávez, Venezuelan officials have continued to assist commanders of Colombia’s largest rebel group, helping them arrange weapons deals in Venezuela and even obtain identity cards to move with ease on Venezuelan soil, according to computer material captured from the rebels in recent months and under review by Western intelligence agencies.
The materials point to detailed collaborations between the guerrillas and high-ranking military and intelligence officials in Mr. Chávez’s government as recently as several weeks ago, countering the president’s frequent statements that his administration does not assist the rebels. « We do not protect them, » he said in late July. The new evidence — drawn from computer material captured from the rebel group, the Revolutionary Armed Forces of Colombia, or FARC — comes at a low point for ties between Venezuela and Colombia. Mr. Chávez froze diplomatic relations in late July, chafing at assertions by Colombia’s government that Swedish rocket launchers sold to Venezuela ended up in the hands of the FARC. Venezuela’s reaction was also fueled by Colombia’s plans to increase American troop levels there.
« Colombia’s government is trying to build a case in the media against our country that serves its own political agenda, » said Bernardo Álvarez, Venezuela’s ambassador in Washington, describing the latest intelligence information as « noncorroborated. » Mr. Chávez has disputed claims of his government’s collaboration with the rebels since Colombian forces raided a FARC encampment in Ecuador last year. During the raid, Colombian commandos obtained the computers of a FARC commander with encrypted e-mail messages that described a history of close ties between Mr. Chávez’s government and the rebel group, which has long crossed over into Venezuelan territory for refuge.
The newest communications, circulated among the seven members of the FARC’s secretariat, suggest that little has changed with Venezuela’s assistance since the raid. The New York Times obtained a copy of the computer material from an intelligence agency that is analyzing it. One message from Iván Márquez, a rebel commander thought to operate largely from Venezuelan territory, describes the FARC’s plan to buy surface-to-air missiles, sniper rifles and radios in Venezuela last year.
It is not clear whether the arms Mr. Márquez refers to ended up in FARC hands. But he wrote that the effort was facilitated by Gen. Henry Rangel Silva, the director of Venezuela’s police intelligence agency until his removal last month, and by Ramón Rodríguez Chacín, a former Venezuelan interior minister who served as Mr. Chávez’s official emissary to the FARC in negotiations to free hostages last year. In the message, Mr. Márquez discusses a plan by Mr. Rodríguez Chacín to carry out the deal near the Río Negro in Amazonas State in Venezuela. Mr. Márquez goes further, explaining that General Rangel Silva gave the arms dealers documents they could use to move around freely while in Venezuela.
Intelligence of this kind has been a source of tension between Colombia and Venezuela, with the government here claiming the information is false and used to further political ends. Colombian officials, by contrast, argue that the intelligence proves that the FARC survives in part on its ability to operate from Venezuela’s frontier regions. The latest evidence, suggesting that the FARC operates easily in Venezuela, may put the Obama administration in a tough spot. President Obama has recently tried to repair Washington’s relations with Venezuela, adopting a nonconfrontational approach to Mr. Chávez that stands in contrast to the Bush administration’s often aggressive response to his taunts and insults.
But the United States and the European Union still classify the FARC as a terrorist organization. The Treasury Department accused General Rangel Silva and Mr. Rodríguez Chacín last year of assisting the FARC’s drug trafficking activities, opening the officials to freezes on their assets, fines and prison terms of up to 30 years in the United States. Venezuela has said the men are not guilty of those charges. « We do not comment on intelligence matters, » said Noel Clay, a State Department spokesman, in relation to the latest captured communications. A spokesman from the Colombian Foreign Ministry declined to comment on the matter.
Computer records obtained in the Colombian raid in Ecuador last year appeared to corroborate the assertion that Venezuela helped the FARC acquire the Swedish-made rocket launchers at the heart of the latest diplomatic dispute between the two countries. The launchers were purchased by the Venezuelan Army in the late 1980s but captured in Colombia in combat operations against the FARC last year. The FARC’s use of Swedish arms has an added dimension: the rebels kidnapped a Swedish engineer in Colombia in 2007, holding him hostage for nearly two years — during which he was reported to have suffered brain damage and paralysis from a stroke — before releasing him in March.
« The issue of these weapons is extremely serious for us, » said Tommy Stromberg, the political officer at the Swedish Embassy in Bogotá, the Colombian capital, which also oversees Sweden’s affairs in Venezuela. Mr. Stromberg said Venezuela had bought Swedish arms as recently as 2006. « We have asked Venezuela’s Foreign Ministry for clarification on how this happened, but have not had a response. » The computer records from the raid in Ecuador last year also seem to match some of the information in the new communications under review by Western intelligence officials.
For example, a message obtained in the Ecuador raid and written in September 2007 contained an earlier reference to the arms deal discussed recently by the FARC. In the earlier message, Mr. Márquez, the rebel commander, referred to dealers he described as Australian, and went into detail about the arms they were selling, including Dragunov rifles, SA-7 missiles and HF-90M radios, the same items he discusses in the more recent communications. Another file from the Ecuador raid mentioning an offer from the FARC to instruct Venezuelan officers in guerrilla warfare matches recently obtained material from a rebel commander, Timoleón Jiménez, that says the course took place. Other communications refer to FARC efforts to secure Venezuelan identity cards in a plan overseen by General Rangel Silva, the former Venezuelan intelligence chief. In other material captured as recently as May, Mr. Márquez, the rebel commander, said Mr. Chávez had spoken personally with Mr. Jiménez, expressing solidarity for the FARC’s struggle. Then Mr. Márquez went into more mundane matters, referring to unspecified problems the FARC had recently encountered in La Fría, an area in Venezuela near the border with Colombia.

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