EMMANUEL

04 mars 2008 

« Où sont les femmes » continue d’être un succès du chanteur français, Patrick Juvet, depuis sa création en 1977. « Où sont les journalistes » sera le prochain tube si les compositeurs se penchent sur le contexte de l’Amérique Latine, et notamment des régimes castristes au Venezuela et en Equateur. « Que fait le monde libre », dira un autre refrain. 

Les preuves abondent des connexions actives entre les FARC terroristes et les autorités du Venezuela ainsi que de l’Equateur, mais les présidents de ces pays les nient, la grande presse se tait, à de rares excepions, et la communauté internationale ne bouge pas le petit doigt. 

Hélas pour Correa et Chavez, ils mentent à satiété. Je ne vais pas faire un cours sur leurs déclarations démenties par les faits, ce sera le thème d’un livre, mais seulement m'attarder sur deux exemples instructifs. 

En Equateur, Rafael Correa est sur la corde raide pour la succession de révélations sur l’appui financier des FARC à sa campagne électorale de 2006. Je n’y reviens pas, il suffit de relire ici mes archives. Correa dément toute aide de la guérilla terroriste colombienne, annonce sa démission si elle est prouvée « par 20 centimes », et vient de rendre public un présumé « Journal » de Raul Reyes (ex-n°2 des FARC abattu en Equateur le 1er mars 2008) où il est qualifié de « traître » par Raul Reyes, alors que son ministre de l’Intérieur de l’époque, Gustavo Larrea, est considéré par le chef rebelle « d’agent de la CIA ». 

Dans ce contexte, comment le président équatorien Rafael Correa a-t-il pu affirmer le 4 mars 2008, dans une intervention télévisée, que l'attaque colombienne contre le camp en Equateur, où le numéro deux des Farc Raul Reyes a été tué, avait empêché la libération de la France-colombienne Ingrid Betancourt et d'autres otages?
« Je regrette de vous annoncer que les conversations étaient assez avancées pour libérer en Equateur 11 otages, dont Ingrid Betancourt », avait alors affirmé Correa dans un message à la nation.
« Tout a été compromis par des mains guerrières et autoritaires. Nous ne pouvons écarter que cela ait été une des motivations de l'incursion (colombienne) et de l'attaque de la part des ennemis de la paix », a-t-il ajouté.
 

Le même jour, le ministre de l'Intérieur équatorien Gustavo Larrea avait assuré que ces libérations des 11 otages n'avaient « pas de contrepartie » et devaient intervenir en mars.
« Nous n'avons pas négocié avec les Farc autre chose que la libération d'Ingrid Betancourt', a-t-il affirmé, répondant aux accusations de complicité avec la guérilla formulées par Bogota.
« Tous les contacts avec la guérilla l'ont été pour des motifs humanitaires conjointement avec la France. Quelqu'un accuse-t-il le président (français) Nicolas Sarkozy de soutenir les Farc? », s'est-il interrogé. 

Comment ce ministre de l’époque, aujourd’hui voué aux gémonies par Rafael Correa, a-t-il pu proférer de tels mensonges ? Il avouera par la suite n’avoir eu qu’un seul entretien avec Raul Reyes, mais pas en Equateur. Où alors ? Sur la Lune ? Le n°2 des FARC ne bougeait pas de son refuge équatorien, où je l’avais rencontré en 2004. Même si Larrea a rencontré Reyes, une fois donc, peut-être sur la fleuve Putumayo qui sépare les deux pays, comment pouvait-il affirmer qu’une libération de onze otages, dont Ingrid Betancur et les trois Américains, était imminente ? Les courriels de Raul Reyes prouvent le contraire, sans parler du « Journal » du n°2 des FARC transmis à la justice équatorienne par Correa… 

Quant à  Hugo Chavez, le mensonge est chez lui aussi une seconde nature. Les faits donc (et pas les vidéos ou documents de Raul Reyes). Quand les FARC annoncent en décembre 2007 la libération de Clara Rojas, l’ex-n°2 d’Ingrid Betancur otage avec elle depuis 2002, et de son enfant Emmanuel, fruit de sa liaison avec un guérillero, Chavez monte soudain au créneau. Il lit un communiqué des FARC annonçant que ces libérations sont retardées par des opérations de l’armée colombienne contre la guérilla. Il accuse alors le président colombien Alvaro Uribe de « dynamiter » le processus. La vérité éclate dans la nuit du Nouvel An 2008 : Uribe révèle que les FARC ont reporté les libérations car elles n’ont plus entre leurs mains le bébé, remis par un délégué des rebelles, depuis plusieurs mois, à l’Institut local du Bien-Etre social.  Je pourrais aligner sans discontinuer les mensonges proférés par les deux apôtres du castrisme en Amérique Latine. Ces témoignages me suffisent, pour « colorier » avec davantage de noir les preuves accablantes des liens actifs entre les deux présidents d’Equateur et du Venezuela, et les FARC.  La Cour pénale internationale de La Haye les attend. Leurs jours sont comptés.

http://programmes.france2.fr/cafe-litteraire/index.php?page=article&numsite=1487&id_article=3218&id_rubrique=1490

18 AVRIL 2009

Voici le lien, ci-dessus.

Je vous laisse voir et commenter.

J'y reviendrai ensuite.

 

17 AVRIL 2009 

 

Je vous invite à suivre ce programme, et suis avide de vos commentaires a posteriori. 

 

Le livre « Captive » de Clara Rojas (Plon) m’a été envoyé jeudi. Il relate ses conditions d’otage, et de mère du petit Emmanuel, chez les FARC, en captivité, avant sa libération le 10 janvier 2008.

Elle y avoue sa « stupidité criante » d'avoir suivi Ingrid Betancourt dans cette aventure, avec à la clef six années de séquestration par une guérilla sans pitié, aux côtés d'une compagne en politique qui l'a rejetée.

Mais je ne vous en dis pas plus … Regardez !

 

 

5 AVRIL 2009 

Voici la traduction de cet article par notre Colibri préféré. Merci encore à lui ! Je vous rappelle que Clara sera sur le plateau de France 2 le 17 avril, dans le Café littéraire de Daniel Picouly, où je suis également invité. 

La traduction de Semana : 

Captive 

LIVRES Le livre très attendu de Clara Rojas conte une histoire où tout est extrême. Extrême, dans l’amitié avec Ingrid, la loyauté puis la trahison, extrêmes la douleur et la joie d’enfanter dans la jungle, les petites guerres quotidiennes entre otages et la cohabitation dévastatrice avec les guérilleros. 

Samedi, le 4 avril 2009 

Durant ses premières années de captivité, Clara Rojas était invisible pour les média. L’aura d’Ingrid Betancourt laissait toujours dans l’ombre la fidèle assistante et amie qui l’avait accompagnée dans le voyage conclu par leur enlèvement. Aujourd’hui, les choses sont différentes. Les mémoires de captivité de Clara Rojas constituent l’un des livres les plus attendus en Colombie et en France. Avec ce qu’elle a vécu, elle n’incarne pas seulement l’amitié et la loyauté, mais aussi le courage et le miracle de la vie, pour avoir accouché au milieu de l’humidité et de l’obscurité de la jungle. Qui souhaiterait lire une compilation de ragots sur la vie privée des otages risque d’être déçu. De même celui qui attendrait un roman d’aventure. Il s’agit plutôt d’un récit à mi chemin entre l’essai personnel et la chronique de jungle, avec un ton porté à la réflexion qui, sans atteindre à la philosophie, explore par moment l’âme des guérilleros, des otages, des politiques, et la sienne propre. 

Le livre relève un peu de l’expiation du pêché originel qui a consisté à faire le voyage ce jour-là avec Ingrid, contre ce que lui dictait son cœur. Il relève aussi beaucoup d’une plaie ouverte quant à Betancourt et le final ingrat de leur amité. On y trouve par endroits un réel mysticisme au sujet de la solitude et de la souffrance, des gouttes distillées de ressentiment à l’égard de ses compagnons de captivité, des ambigüités aussi, quant à la douleur et à la joie que lui a apportées sa maternité, et quant à la façon dont l’ont traitée les guérilleros. Et, bien sûr, une fin heureuse, que tout le monde connaît. 

L’expiation 

Dans les premières pages du livre, Clara s’efforce de retrouver l’instant où elle a pris la décision erronée de s’embarquer dans un voyage vers San Vicente del Caguán dont elle ne devait pas revenir avant six ans. On note une trace de culpabilité sous sa plume. Elle se repent d’avoir été docile, de n’avoir pas refusé de faire ce voyage. De ne pas avoir prévu le risque. Clara recherche dans plusieurs moments cet instant d’erreur : la veille, encore à Bogota, lorsque le chef de la sécurité d’Ingrid lui a envoyé un fax disant que les conditions n’étaient pas réunies pour voyager dans le Caquetá ; où lorsque, à Florencia, elle fait amèrement le reproche au président de l’époque, Andrés Pastrana, d’ignorer sa présence et celle d’Ingrid sur l’aéroport de cette ville, où plusieurs hélicoptères avaient été remplis de journalistes et de militaires, sans qu’on leur laisse de places. Parce que, obligées de gagner par la route San Vicente del Caguán, au milieu d’une offensive militaire sans précédents, elles rencontrèrent leur destin et devinrent otages. Enfin, ce troisième instant, lorsqu’elle accompagnait Ingrid sur le sentier désigné par les guérilleros, par lequel elles ne reviendraient pas avant très longtemps. Très vite, en captivité, l’amitié se fracasserait sans retour. Et le sentiment d’avoir fait un sacrifice inutile commencerait à lui peser comme un fardeau. Ingrid, pour laquelle Clara avait tant donné, se convertirait en captivité en une inconnue. Sa leader admirée, son idole, se dissoudrait dans la jungle au milieu d’une lutte pour la survie, au milieu de la peur et de la solitude profonde ressentie par chacune d’elles. 

1.   La blessure ouverte 

Les premières brouilles sont survenues lors d’une tentative d’évasion que les divergences d’opinion entre elles allaient faire échouer. Le fait qu’Ingrid ait hurlé de manière exagérée lorsqu’elle s’est fait attaquer par un essaim d’abeilles mit Clara en colère parce qu’elle-même s’était retrouvée piquée par les insectes. Cela compliqua leur fuite, qui, au bout du compte, échoua. Puis vint la mort du père d’Ingrid, à l’origine d’une période de profonde dépression et de douleur insurpassable. Clara commençait à voir comment son amie s’enfonçait dans un monde obscur et s’éloignait d’elle, inexorablement. 

Pour ainsi dire, Clara Rojas avait toujours été au service d’Ingrid Betancourt. Mais leur enlèvement l’obligeait à s’interroger sur elle-même, sur le sens que revêtait sa loyauté inconditionnelle à l’égard d’Ingrid, au moment où celle-ci s’enfermait dans son propre monde, insoucieuse, égoïstement, du fait que Clara également avait besoin de sa compagnie. Alors qu’elles ne parlaient déjà presque plus l’une à l’autre, elles trouvaient des moments pour jeûner ensemble, pour prier, pour lire la Bible, mais rien de plus. Plus qu’une distance ou des désaccords, il y eut entre les deux amies des épisodes de réel dédain et de véritable ressentiment, au point qu’elles ne se reparlèrent plus et que les guérilleros décidèrent de les séparer pendant un moment. Elles demeureraient ensemble encore de nombreux mois, mais désormais aux côtés d’un grand groupe d’otages, parmi lesquels des hommes et des femmes politiques, trois nord-américains, des policiers et des soldats. Cette situation nouvelle, selon le récit de Clara, rendit la coexistence plus difficile. Elle sentait que l’animosité qu’Ingrid exprimait à son égard gagnait le reste du groupe, qui la traitait avec dédain et mesquinerie. Ce climat d’égoïsme, de concurrence pour les choses les plus vénielles, et d’intolérance quotidienne devint exacerbé lorsque les otages apprirent que Clara était enceinte. Même Ingrid, dont elle attendait qu’elle la soutînt, la traitait avec indifférence. 

Le mysticisme 

Dans nombre de livres sur la captivité ou l’oppression, les victimes content leur lutte pour prendre le dessus moralement sur leurs bourreaux. De Primo Levi à Jean Améry, dans les camps de concentration créés par les nazis, jusqu’aux récits des prisonniers de guerre au Vietnam ou de victimes des tortures d’une dictature ou une autre. Clara Rojas n’y fait pas exception. Pendant que son corps s’habitue à la jungle, à l’odeur de la mousse, a la pluie tenace, à la boue omniprésente, à la nuit ténébreuse emplie de rugissements inconnus et à la terrible lenteur de l’écoulement du temps, son esprit se refusait à être domestiqué par les guerrilleros. Et c’est dans le jeûne qu’elle allait trouver non seulement une connexion mystique avec le Dieu de sa religion, mais aussi une méthode pour créer une distance avec ses tortionnaires, pour reconstruire une intimité et un monde auquel ils n’auraient pas accès. Les jeûnes lui donnèrent la liberté et le pouvoir parce que nul autre qu’elle ne pouvait les comprendre et parce que son attitude inspirait le respect aux autres. Elle jeûna parfois avec Ingrid. Ensuite, à mesure que les années passaient, elle jeûnait neuf jours tous les six mois. Ainsi renforçait-elle son esprit, sa foi et sa résistance. Et elle se sentait élevée. Elevée au-dessus de l’adversité. 

1.   Le ressentiment 

A l’évidence, le chapitre le plus attendu du livre de Clara Rojas es celui qui traite de sa maternité. Ceux qui espéraient trouver là le récit d’une histoire d’amour ou des détails sur le père d’Emmanuel seront déçus. Comme elle l’a fait jusqu’à présent, Clara a gardé le silence sur les détails. La vérité sur ce qui s’est passé un jour ou une nuit dans la jungle, s’il y eut de l’amour ou de la passion, ou l’identité de l’homme qui l’a mise enceinte, elle n’en dira rien pour le moment, et elle ne le fera que lorsque Emmanuel le souhaitera. En revanche, elle fait un récit bouleversant du rejet que sa grossesse suscita dans le camp. 

C’est là l’un des passages du livre où l’on saisit avec la plus grande clarté la difficulté de la coexistence que durent affronter les otages, lorsque, au milieu des conditions extrêmes de violence, affleurent la cruauté et l’égoïsme. D’un côté, les intrigues et les comportements morbides engendrés par sa grossesse, et de l’autre la curiosité pour savoir qui était le père de l’enfant. Un otage? Un guerrillero? 

On comprend entre les lignes que Clara Rojas pensait que sa grossesse serait un passeport pour la liberté, et comment elle comprit petit à petit qu’elle serait en fait l’expérience la plus dure qu’elle ait connue dans sa vie. Elle demanda à la guérilla à être libérée ou à pouvoir voir un médecin. Mais elle ne reçut aucun traitement spécial. Au contraire, les autres otages, selon Clara, furent implacables dans leur vigilance afin que la jeune femme enceinte ne bénéficie d’aucun privilège d’aucune nature. L’idée qu’elle pût être libérée du fait de sa grossesse devint le fantasme qui la sépara des autres, et l’objet d’une formidable jalousie. 

Au bout du compte, les tensions avec les autres devinrent insoutenables et le guérillero chargé du campement décida de l’isoler près d’un hangar plein de poules et de cochons. En cette compagnie, elle se sentit mieux. 

Entre douleur et bonheur 

A l’évidence, la naissance d’Emmanuel constitue le sommet du témoignage de Clara Rojas. A ce stade, elle s’était déjà convaincue qu’elle accoucherait au milieu de la jungle, chose qu’elle n’arrivait même pas à imaginer. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, c’est de devoir affronter une césarienne dans des conditions de douleur extrême. Avec à peine une ampoule et une lanterne, avec une anesthésie qui prit fin avant qu’ils aient terminé de la recoudre, et avec un mouvement de traction pour sortir l’enfant qui manqua de le rendre invalide, et, en fin de compte, des semaines à se débattre entre la vie et la mort, au cours desquelles ni la fièvre ni la douleur ne lui laissaient de répit. Elle évoque cela comme les moments de solitude les plus profonde de sa vie. Le corps détruit et la douleur de ne pas avoir une épaule amie sur laquelle pleurer. Au milieu de tant d’adversité, elle fut l’objet des attentions des guérilleros, qui se soucièrent de sa survie comme de celle du bébé. En particulier, ‘Martín Sombra’, le guérillero vétéran, le geôlier des otages, a représenté pour Clara à la fois le personnage inflexible qui ne fut pas capable de la libérer pour qu’elle accouche libre, et la personne qui lui a remonté le moral lorsqu’elle sentait sa vie quitter son corps et qu’elle n’avait plus de force pour la retenir. La vie est un paradoxe. Aujourd’hui Clara est libre et ‘Sombra’ en prison, sous la menace d’une extradition. 

Mais la vie aux côtés d’Emmanuel dura peu de temps pour Clara. Les bombardements incessants obligeaient les otages à des marches épuisantes sous surveillance, et l’enfant pleurait constamment. Il devint pour Clara une autre source de conflits avec ses compagnons de détention. Au surplus, il était malade. Au bras disloqué depuis sa naissance vint s’ajouter une leishmaniose au visage. Les guérilleros le lui prirent avec la promesse qu’ils reviendraient. Non seulement elle ne le revit jamais dans la jungle, mais les FARC eux-mêmes allaient perdre sa trace. Au paysan du Guaviare auquel ils l’avaient confié pour qu’ils s’en occupent, les autorités allaient le retirer, au motif qu’il avait mauvaise mine. 

Une fin heureuse 

Après la perte d’Emmanuel, les jours de Clara et des autres otages commencèrent à se répéter sans pitié. Ils allaient de l’espoir d’être libérés à l’angoisse que tout soit gâché. La vie quotidienne, outre les brouilles déjà connues, comportait également de petites récompenses. Un Noël partagé, une radio pour écouter les nouvelles ou de la musique, ou la satisfaction d’apprendre que quelqu’un avait réussi à s’évader, comme cela fut le cas lorsque Jhon Frank Pinchao y parvint et confirma au monde que Clara avait un fils et qu’il s’appelait Emmanuel. 

La campagne pour la libération des deux allait alors commencer. Par l’intermédiaire du président Hugo Chávez, la première libération unilatérale de la part des FARC se préparait. A ce stade, Clara ne comprenait pas pourquoi, puisqu’ils parlaient de libérer Emmanuel, l’enfant n’était pas avec elle. Jusqu’à ce qu’elle apprenne que l’enfant était depuis plusieurs années à Bogota, sous la tutelle des autorités. Le reste, les Colombiens et le monde entier l’ont vu à la télévision. La libération de Clara et de Consuelo González, et les retrouvailles heureuses avec son fils et sa mère, une mère qui avait vécu depuis février 2002 un calvaire aussi atroce que celui de sa fille et de son petit-fils. 

 

 

 

25 mars 2009 

 

Je n’ai pas publié le texte de Elle.fr mis en ligne par cet hebdo hier, et j’ai bien fait. 

 

Voici le lien de Elle.fr sur sa prétendue révélation : 

http://www.elle.fr/elle/societe/news/clara-rojas-des-revelations-sur-ingrid-betancourt/(gid)/863786 

 

« Ce que dit ce média est archi-faux », a insisté Elisabeth Laborde, attachée de presse de la maison Plon, qui édite le livre de Clara Rojas, « Captive » (sortie le 17 avril en librairie), en réponse à ma question pour ce blog. 

 

Je suis étonné que Elle n’ait pas encore supprimé cette fausse information gravissime. 

 

Je vous rappelle que je serai sur le plateau de France 2 le 17 avril en direct avec Clara Rojas, dans l’émission « Café littéraire » de Daniel Picouly, entre 22H et 00H. L’ex-directrice de campagne d’Ingrid y présentera son livre sur ses six ans de captivité comme otage des FARC. 

11 mars 2009 

Quelle leçon de dignité et de dévouement à la cause des victimes des FARC nous donne cette jeune femme, qui a passé six ans dans les griffes des terroristes pour avoir  voulu rester volontairement aux côtés d’Ingrid Betancur!

Quel exemple offre-t-elle à Ingrid, retirée sur son Aventin après avoir tourné le dos à ses comités de soutien, à son mari colombien défenseur acharné de sa remise en liberté, et à la lutte qu'elle avait promis de mener en faveur des 3000 otages des FARC…

Clara Rojas va être reçue par Benoît XVI ce mercredi avec Emmanuel, l’enfant qu’elle a eu avec l’un de ses geôliers, et sa maman, Clara, 78 ans, une dame d’une rare tenue comme je vous l’ai relaté ici et dans mes livres. L’ambassadeur de Colombie en Italie, Sabas Pretelt de la Vega, va profiter de cette visite pour dissuader certains secteurs en Italie « qui croient encore que les enlèvements sont des actions de guerre, et pour leur faire prendre conscience de ce que la prise d’otages constitue l’un des actes terroristes les plus barbares ». 

fayardcouveet4e081020081.pdf

Mon enquête sort le 3 novembre 2008 en librairie. Réservez-le livre, publié chez Fayard !

Jacques Thomet

Si vous avez manqué l’émission de ce mercredi 27 février 2008 diffusée par France 2 sur Ingrid Betancourt, voyez-la sur le site de la chaîne, et vous serez édifiés sur les mensonges directs ou par omission qu’elle contient par rapport au compte rendu jamais contesté de mon livre « Ingrid Betancourt : histoire de cœur ou raison d’Etat » (Hugo Doc). 

 

Bien évidemment, je n’ai pas été invité à témoigner dans ce reportage alors que j’étais sur place en Colombie, pour l’AFP, avant, pendant et après l’enlèvement d’Ingrid, y compris à Florencia le jour de sa séquestration par les FARC. La télévision publique continue de jouer le politiquement correct, mais ce n’est pas une nouveauté. AUCUN de tous ceux qui ont parlé pendant les deux heures de l’émission n’était sur les lieux… 

 

Pour ceux qui n’ont pas lu mon bouquin, voici les aberrations que j’ai relevées dans l’ordre, suivies de mes commentaires en italique: 

 

-         Ingrid Betancourt se rendait à San Vicente del Caguan, le 23 février 2002, « pour protéger la population qui avait peur des représailles » après la rupture du processus de paix avec les FARC le 20 février par le président Andrés Pastrana, affirme Mélanie, fille de l’otage et de son ex-mari, le Français Fabrice Delloye : candidate colombienne à la présidentielle de mai 2002, Ingrid voulait aller à San Vicente pour y passer au maximum l’après-midi du 23. Son mari actuel, Juan Carlos Lecomte, l’a reconnu. Elle devait rentrer le soir même ou le lendemain. Qui allait protéger la population les jours suivants s’il y avait danger ? 

 

-         Ingrid nous est présentée comme une héroïne : à aucun moment le reportage ne rappelle qu’elle n’était créditée que de 0,3% des intentions de vote à moins de trois mois du scrutin présidentiel. Elle n’avait aucune chance d’être élue. Alvaro Uribe avait été élu dès le premier tour avec 54% des voix. 

 

-         Ingrid n’a pu monter dans l’un des hélicoptères à Florencia pour se rendre à San Vicente malgré sa demande au général Arcesio Barrero : j’étais dans l’un de ces hélicos avec mes collègues de la presse internationale. D’abord il n’y avait plus aucune place, nous étions serrés comme des sardines, sans même pouvoir nous asseoir. L’hélico du président Pastrana, devant nous, a été touché par des impacts de rafales tirées par les FARC, ce qui confirme l’extrême danger de ce déplacement. Le reportage ne dit pas que Pastrana avait reçu TOUS les candidats à l’élection la veille pour leur demander de ne pas se rendre à San Vicente. 

 

-         Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, dénigre le gouvernement de son pays et soutient les FARC, au point d’affirmer que si Pastrana n’a pas voulu emmener Ingrid avec lui, c’est parce qu’il avait peur qu’elle lui vole la vedette à San Vicente : quelle vedette, puisqu’elle n’avait que 0,3% d’intentions de vote ? La manipulation de l’information en France laisse croire qu’elle allait être élue ! 

 

-         Le reportage montre les images de la vidéo d’Ingrid du 30 août 2003, en oubliant le principal : elle demande alors à ne pas être échangée elle toute seule contre des guérilleros ! 

 

-         Last but not least : 

 

-         RIEN sur l’opération des Pieds Nickelés de juillet 2003, quand Dominique de Villepin, alors ministre français des Affaires étrangères et ami très proche de l’otage, tente une opération de sauvetage d’Ingrid depuis Manaus (Brésil) avec 11 espions de la DGSE transportés depuis Paris par un avion militaire. La tentative avorte et provoque une crise grave avec le Brésil et la Colombie, dont les présidents n’avaient pas été informés de cette initiative. 

 

-         Rien sur le scandale Emmanuel : l’histoire du bébé de Clara Rojas, né d’une relation de l’adjointe d’Ingrid avec un guérillero, a illustré la barbarie des FARC. Le reportage ne dit rien des mensonges de la guérilla sur l’enfant. 

 

-         Rien sur les concessions du gouvernement colombien : le commandant des FARC Rodrigo Granda a été libéré en mai 2007 par le président Alvaro Uribe à la demande de Nicolas Sarkozy. Cette grâce a été suivie de la libération de 152 guérilleros. Le reportage n’en dit mot. 

 

Face à cette propagande à sens unique, j’avoue avoir le sentiment de hurler dans le désert. Vous allez me rétorquer avec raison : mais pourquoi ne faites-vous pas une émission similaire avec votre point de vue ? Ma réponse : tous les projets abordés sur ce point avec les grandes chaînes françaises ont été mis jusqu’ici au congélateur ! 

Les trois parlementaires colombiens otages des FARC depuis 7 ans, et dont la prochaine libération avait été annoncée par la guérilla le 3 février, vont être remis incessamment au président vénézuélien Hugo Chavez. Il s’agit de Gloria Polanco de Losada, Luis Eladio Perez et Orlando Beltran, tous enlevés par les rebelles en 2001. Les FARC ont justifié cette mesure par leur « mauvais état de santé ».  Les FARC détiennent près de 800 otages, dont 44 politiques et officiers. Parmi eux figurent Ingrid Betancourt et trois Américains. 

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Piedad Cordoba, sénatrice colombienne

Attention ! Je recommande la plus grande prudence devant cette révélation, sur son site internet, de la sénatrice colombienne. L’annonce en a été faite hier soir, selon ses dires, à la radio RFI. Or le site RFI ne publie aucun entretien aujourd’hui avec la congressiste et aucun média n'a repris jusqu'ici l'information. 

Si je ne suis pas d’accord avec la stratégie de la famille Delloye-Betancourt dans son approche du dossier des otages, je respecte, faut-il le répéter, la douleur de tous ses proches devant une séquestration longue de presque 6 ans. Je reste donc circonspect devant cette affirmation. 

Mais je ne puis la taire malgré mes réserves, dans la mesure où Piedad Cordoba est devenue avec Hugo Chavez un intermédiaire avec les FARC pour la remise en liberté de Claraleti Rojas et Consuelo de Perdomo le 10 janvier, puis, bientôt, de trois autres parlementaires, Gloria Polanco, Luis Eladio Perez et Orlando Beltran. 

Voici le passage en question du site internet de Piedad Cordoba sur l’interview à RFI :  « Je veux dire à la France, je veux dire à la communauté internationale qu’elles peuvent avoir la certitude absolue que nous allons libérer (entregar, en espagnol) Ingrid dans un délai rapide. Très bientôt nous allons pouvoir l’embrasser. Il faut attendre que les choses se calment pour que l’on puisse agir». 

Ci-dessous le texte en espagnol du site internet de la sénatrice : La senadora aprovechó para recordar su reconocimiento por las gestiones de Ingrid Betancourt cuando Córdoba estuvo secuestrada por los paramilitares, y anunció que pronto la ex candidata presidencial quedaría en libertad. “Yo le quiero decir a Francia, le quiero decir a la comunidad internacional que tengan la absoluta certeza de que a Ingrid la vamos a entregar dentro de muy poco tiempo (…) Muy pronto vamos a poder abrazarla”.  Y matizó: “Hay que esperar que se calmen las cosas para uno poder actuar”. 

8 de febrero de 2008
La senadora colombiana Piedad Córdoba afirmó en una entrevista exclusiva a RFI que la liberación de tres ex parlamentarios secuestrados desde hace seis años y medio por la guerrilla de las FARC, sería “muy rápida, en los próximos días”. A horas de viajar a Caracas para monitoriar la operación, la mediadora aseguró que podría haber otras liberaciones y que Ingrid Betancourt sería entregada “dentro de muy poco tiempo”.
La liberación de un nuevo grupo de rehenes constituído por ex parlamentarios sería una cuestión de horas. A pocas horas de viajar a Caracas para seguir de cerca la entrega de secuestrados, la senadora colombiana Piedad Córdoba conversó con Alexandra Pineda, enviada especial de RFI a Bogotá. Invocando motivos de seguridad, Córdoba no quiso dar una fecha exacta para la liberación, pero indicó que será “muy rápido, en los próximos días”. En otro tramo de la charla, Córdoba respondió sobre la relación personal que la une con la cautiva franco-colombiana Ingrid Betancourt. “Sí, yo tengo un gran afecto por Ingrid. Y le quiero contar que muchos de los que estaban ahí que entre otros

salen mañana [por este viernes]… perdón, salen en los próximos días, fueron mis grandes amigos en el congreso”. Los secuestrados que serían liberados por razones de salud son los tres ex parlamentarios Gloria Polanco, Luis Eladio Pérez y Orlando Beltrán, capturados por las FARC seis años atrás. Córdoba añadió que se procederá como en la liberación anterior, con la asistencia de la Cruz Roja. Además puntualizó que a diferencia de la última operación ésta sería “una cosa muy reducida”, puesto que la guerrilla dice temer bombardeos y que el presidente Hugo Chávez quiere ser “muy cuidadoso” en esta oportunidad. 

A esta inminente liberación podría seguirle otra. Las FARC “lo están considerando, pero todo depende de las condiciones de seguridad”. “Soy conciente de que el intercambio se va a dar y se llegarán a dar algunas otras (liberaciones) ». « Tal vez sería después de ésta y si se da otra, es la última (…). Tanto el presidente Chávez como yo estamos trabajando en ese sentido”, declaró la parlamentaria.  La senadora aprovechó para recordar su reconocimiento por las gestiones de Ingrid Betancourt cuando Córdoba estuvo secuestrada por los paramilitares, y anunció que pronto la ex candidata presidencial quedaría en libertad. “Yo le quiero decir a Francia, le quiero decir a la comunidad internacional que tengan la absoluta certeza de que a Ingrid la vamos a entregar dentro de muy poco tiempo (…) Muy pronto vamos a poder abrazarla”.  Y matizó: “Hay que esperar que se calmen las cosas para uno poder actuar”. Piedad Córdoba descartó que las tensas relaciones entre Bogotá y Caracas fuesen un obstáculo para liberaciones venideras, por ser, para el presidente Chávez, “un tema de carácter humanitario”. En cuanto a los ataques personales que ha sufrido en los últimos tiempos, Córdoba denunció que se está generando a través de los medios de comunicación y desde el sitio web Facebook “un marco de impunidad para quien quiera asesinarme. Es una situación bastante difícil, pero tengo claro que está dirigida por el gobierno”. 

 

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