DST

16 MAI 2009 

La Colombie, longtemps le plus démocratique des pays en Amérique Latine, devient une dictature sous les excès de ce régime, « le pire de tous à l’exception de tous les autres », comme le répétait Winston Churchill. Je ne fais pas allusion au président Alvaro Uribe, mais à la tyrannie des juges, en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, à moins d’un an des présidentielles. 

Cette dérive vers un despotisme affublé de toges et d’hermine, jamais dénoncée par une presse complice, est illustrée par la dernière initiative en date, prise par Gustavo Moncayo. Ce « marcheur de la paix » a parcouru à pied plus de mille kilomètres  en Colombie pour sensibiliser le public au drame de son fils, le caporal Pablo Emilio, otage des FARC depuis 12 ans (douze, vous avez bien lu). Le père de ce martyr aux mains des terroristes, qui séquestrent plus de 700 autres victimes, a cru bon hier d’engager un référé à Bogota pour exiger que la justice oblige le chef de l’Etat à accepter les conditions de la guérilla sanguinaire pour libérer son garçon. La douleur d’un homme ne peut tout excuser, mais à sa décharge Gustavo Moncayo s’infiltre dans le courant actuel, celui de la dictature des juges. 

Imaginez un instant en France qu’une famille d’otages séquestrés au large de la Somalie par les pirates demande un référé à Paris pour exiger que Nicolas Sarkozy accepte de payer la rançon exigée par les criminels ! A ce rythme, en Colombie, le pouvoir appartiendra, si ce n’est déjà fait, à des magistrats qui prendront les décisions politiques à la place de l’Exécutif, dans un mépris hallucinant de la séparation des pouvoirs, base de la démocratie. 

Le pays andin croule sous les administrations judiciaires : au ministère public (procureurs), il faut ajouter le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel, le Conseil de la Judicature, la Cour suprême. Tous se mêlent de politique au détriment de leur rôle respectif. 

Imaginez un autre instant la Cour suprême des Etats-Unis en train d’ordonner la détention d’un député américain pour ses liens avec un groupe terroriste ! Elle pourrait le faire avec le Représentant démocrate Jim MacGovern, dont les liens avec les FARC ont été démontrés dans le blog (cf. archives). Mais si elle osait s’y aventurer, les médias lui tomberaient dessus à bras raccourcis ! Le rôle d’une Cour suprême consiste à vérifier en toute dernière instance des décisions de justice, et non pas à les provoquer, y compris pour accorder la grâce à un condamné à mort (en Colombie, la peine capitale n’existe pas). 

Le mois dernier, une incroyable décision a été prise par le Conseil d’Etat. Il a interdit l’engagement des 128.000 soldats appelés au service militaire dans le combat contre les terroristes guérilleros, qui doit être réservé selon son ordonnance aux 85.000 militaires professionnels. Ce Conseil d’Etat en a profité pour ordonner à l’Etat de verser 200.000 euros d’indemnité à un appelé du contingent, Wilson Guzman Bocanegra, parce qu’il avait été blessé en 1994 par la guérilla ! 

Imaginez ainsi la dette de la France à l’égard de tous les appelés tués ou blessés au combat dans les guerres récentes ! 

Le Conseil constitutionnel de Colombie, lui, est composé de juges qui prennent des décisions démagogiques à même de faciliter leur élection quand ils laissent tomber la toge pour entrer en politique. Les exemples pullulent.  Le premier d’entre eux n’est autre que Carlos Gaviria, candidat à la présidence en 2006 pour le Pôle démocratique (gauche) après avoir quitté le Conseil. Alejandro Martínez a été au Conseil municipal de Bogota, et José Gregorio Hernández s’est présenté comme candidat à la vice-présidence sur le ticket (perdant) d’Horacio Serpa, l’ancien ministre de l’Intérieur du président Ernesto Samper, élu en 1994 avec l’appui financier du cartel de Cali. 

Quant à la Cour suprême, il est inutile d’épiloguer. Tout a été dit dans ce blog sur sa complicité avérée avec les relais des FARC dans les hautes sphères. Cette Cour poursuit les présumés amis des paramilitaires, les fait arrêter le plus souvent sans aucune preuve, mais à aucun moment n’a engagé la moindre mesure contre Piedad Cordoba, la sénatrice devenue le relais de la guérilla pour imposer au pouvoir les exigences des FARC, y compris dans la remise aux parents de Julian Ernesto Guevara du cadavre de cet officier, qui s’est laissé mourir de faim quand il était l’otage des terroristes. C’était en 2006… Ses restes n’ont toujours pas été remis à sa famille. 

Aux dernières nouvelles, une enquête a été ouverte sur les écoutes téléphoniques réalisées par le DAS (services secrets) dans le pays aux dépens de politiciens, juges et journalistes. Dans une nation en proie au terrorisme, comment éviter ces écoutes, admises dans tous les pays en proie à de tels risque contre sa sécurité! François Mitterrand a fait espionner plus de 2000 politiciens, juges, acteurs et journaliste entre 1981 et 1986. A-t-il été jugé ? Ses sbires n'ont même pas fait un seul jour de prison…

21 avril 2009 

Ce crime n’a provoqué aucune réaction de Nicolas Sarkozy ni de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, ni d’aucune entité. 

Les policiers de la sûreté départementale des Yvelines mènent une enquête sur une affaire de viol collectif. Une lycéenne de 18 ans a déclaré avoir été violée, samedi matin, dans un train entre les gares de Poissy et des Mureaux (Yvelines) par deux ou trois jeunes hommes. Traumatisée, la victime a porté plainte, quelques heures après l’agression, au commissariat de Poissy. 

Devant la gravité des faits décrits, le parquet de Versailles a saisi, hier, la sûreté départementale des Yvelines. La jeune fille doit être à nouveau entendue.

Samedi à l’aube, de retour d’une soirée parisienne, la lycéenne prend le RER A à la station Châtelet, à Paris, et s’arrête en gare de Poissy pour rejoindre un train de banlieue et regagner le domicile de ses parents. Selon son témoignage, vers 7 heures du matin, elle monte dans la dernière rame où se trouvent six ou sept jeunes âgés d’une vingtaine d’années. Elle s’assied sur une banquette et branche son lecteur MP3. L’un des jeunes se serait alors approché d’elle avant d’essayer de lui arracher les oreillettes de son baladeur. Après cet incident, la jeune fille veut descendre à l’arrêt suivant pour changer de compartiment.
Mais, toujours selon ses déclarations, un membre du groupe se serait interposé puis l’aurait attrapée par le col. « Il m’a dit : Tu fais quoi ? Et on s’est embrouillés. Il m’a saisie à la gorge », déclare-t-elle sur procès-verbal aux policiers. La victime aurait alors porté des coups de pied à son agresseur pour lui faire lâcher prise. En vain. C’est à ce moment que ses complices l’auraient rejoint avant de donner des gifles à la jeune fille immobilisée au sol. « Toujours selon ses propos, ses agresseurs lui ont arraché ses vêtements, précise une source proche de l’affaire. Deux ou trois hommes l’auraient ensuite violée. » Lorsque le train arrive aux Mureaux, la petite bande descend, en prenant soin d’emporter le lecteur MP3, le téléphone portable et les papiers de leur victime.
« C’est une affaire gravissime », souligne le parquet de Versailles qui prend très au sérieux les déclarations de la victime présumée. Trois préservatifs ont été retrouvés dans la rame dans laquelle l’agression aurait eu lieu. La jeune femme, qui se serait beaucoup débattue, porte des ecchymoses sur plusieurs parties du corps. L’expertise médicale, pratiquée le jour des faits, établit qu’elle a subi des rapports sexuels très récents.
Les bandes de vidéosurveillance de la gare des Mureaux ont déjà été étudiées mais elles ne permettraient pas d’identifier les agresseurs. Les enquêteurs de la sûreté, qui gardent à l’esprit l’agression antisémite inventée de toutes pièces, en juillet 2004, par une jeune femme dans le RER D, devaient aller récupérer, hier, d’autres vidéos à la gare Saint-Lazare à Paris. Par ailleurs, la police recherche tout témoin qui se trouvait dans le train au moment de l’agression ou qui aurait aperçu un groupe d’individus à la gare des Mureaux aux alentours de 7 heures du matin.
« Il nous arrive d’être abusés par des femmes déclarant avoir été violées alors que ce n’est pas le cas, confie un enquêteur. Dans cette affaire, le témoignage est plus que crédible et il est étayé par des éléments matériels. » Jointe hier, la mère de la jeune fille a sobrement confié que « son enfant voulait se reconstruire ». « C’est une épreuve très difficile. On la protège énormément, précise la maman. Elle essaie de positiver en se disant qu’elle est encore en vie… » 

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17 mars 2009 (Si les médias veulent publier cette exclusivité, j'en serais fort aise, mais svp citez mon blog en échange !)

Quand on a été pris en otage par la guérilla de Colombie, il vaut mieux s’appeler Ingrid Betancourt, alors candidate à la présidence colombienne et désormais aidée par la France, que de porter le nom de Christophe Beck, un entrepreneur français ruiné et désormais au bord de la misère.   Elle, qui s’est jetée dans la gueule du loup (les FARC) pour faire remonter une cote exsangue dans les sondages (0,3%), a été médiatisée pendant son calvaire, transformée en héroïne par le pouvoir français, et reçue à grands frais à Paris dans un hôtel 5 étoiles. 

Lui, séquestré à son corps défendant par l’autre guérilla de l’ELN de 2005 à 2006, est sans le sou après la vente de tous ses biens par sa famille pour payer une rançon de 600.000 dollars aux terroristes. A 64 ans, il vit avec son épouse Martine dans un mobile home prêté par un ami, près de Perpignan, avec une retraite de 1200 euros par mois.  Un abîme sépare les deux ex-otages dans le traitement par l’Etat français de leurs cas respectifs, mais bien au-delà de ce que j’avais déjà relaté ici et dans mon dernier livre sur Les secrets de l’opération Betancourt (Fayard). L’entretien que je viens d’avoir par téléphone avec Christophe Beck fait froid dans le dos, et va plus loin encore dans les révélations contenues  dans son récent livre L’otage oublié (Jean-Claude Gawsewitch). 

Pendant l’enlèvement d’Ingrid Betancourt, la famille et l’ex-mari de l’otage ont été reçus à de multiples reprises par les présidents Chirac puis Sarkozy, par les ministres des Affaires étrangères Villepin puis Douste-Blazy. Le battage des médias s'est amplifié sans relâche.

Pour sauver Christophe Beck, la France a opéré un hallucinant silence radio. « Mon épouse a envoyé une lettre recommandée à Jacques Chirac. Il ne lui a jamais répondu », s’exclame ce chef d’entreprise. « Aucune autorité parisienne ne l’a jamais reçue ni contactée. Ni Douste-Blazy, ni Noël Saez (note de ma part : cet ancien consul a effectué 25 voyages en Colombie pour tenter d’obtenir la libération d’Ingrid sans aucun succès), ni Daniel Parfait (note : alors directeur des Amériques au Quai d’Orsay et amant d’Astrid, la sœur d’Ingrid, qui n’avait pas divorcé de son mari comme je l’ai révélé ici), ni personne, à part un quatrième couteau du Quai », s’indigne-t-il. « Si je venais à rencontrer Douste-Blazy, je lui mettrais deux baffes. Il nous a pris pour des cons ! », assure l’ancien otage. Le mépris de l’ex-ministre face à la détresse du Français Christophe Beck contraste avec sa dévotion à la cause de la Colombienne Ingrid Betancourt. J’ai révélé dans mon livre déjà cité que Douste-Blazy avait osé proposer à un ami journaliste français, qui partait en reportage en Colombie, de transmettre un message aux FARC : vous libérez Ingrid et on vous retire de la liste des organisations terroristes ! Le collègue avait refusé. 

Pis encore. Le Quai et le consulat de France à Caracas (note : M. Beck avait été enlevé au Venezuela puis vendu à la guérilla colombienne par ses geôliers) n’ont cessé de demander à la famille du Français de « ne pas médiatiser. Ce fut abject. Ils ont même insisté pour que notre député-maire des Pyrénées Orientales, François Calvet (UMP), cesse de politiser mon affaire », révèle l’ex-otage. Son calvaire aurait pu « prendre fin six mois plus tôt, assure-t-il, si le ministère français avait accepté d’aider les miens pour obtenir un prêt de 10.000 euros – j’insiste sur ce point : ma famille n’avait pas demandé un don – afin de boucler la rançon. Le Quai n’a pas donné suite, alors qu’il nous restait un lopin de terre en France qui pouvait servir d’hypothèque. Ce refus a obligé ma femme à liquider notre propriété de 1.500 bovins, développée après des années d’effort, sept jours sur sept. Nous nous sentions un peu les ambassadeurs de la France, avec cet élevage d’abord bas de gamme devenu un bétail de race, que je présentais dans les concours agricoles ». 

Le parcours de l’ancien otage mérite d’être retracé. Patron d’une entreprise de construction métallique, « Beck & Cie » à Perpignan, il l’a revendue à ses ouvriers qui ont en fait une coopérative. Lui-même a contribué au montage de son capital, payé les juristes, et « fait du social », comme il aime à le rappeler, avant de partir pour une nouvelle aventure au Venezuela achevée dans les larmes.  « Leur société reste la première du Languedoc-Roussillon en la matière», dit-il avec fierté, en avouant que ses anciens employés « l’invitent régulièrement au restaurant ».  « Aujourd’hui, je commence seulement à reprendre des couleurs, explique-t-il, car quand on rentre d’un tel chemin de croix, on est déphasé, paumé, détraqué. Je me perdais même dans Perpignan que je connaissais pourtant comme ma poche ». Dans leur mobile home, Christophe et Martine ne pourront pas lire ce reportage. « Nous n’avons pas de ligne téléphonique fixe, et donc pas accès à internet… », avoue-t-il. 

26 février 2009 

Voici le bilan des violences en Martinique la nuit dernière : une cinquantaine de commerces pillés, quinze véhicules incendiés sur deux nuits, trois gendarmes et neuf policiers blessés, dont deux policiers atteints par balle.

 

Craignant une troisième nuit d'émeute, les autorités demandent à la population de ne pas sortir « sans raison valable » après 19 heures. Ce n’est pas un couvre-feu, assure le préfet Ange Mancini, ancien patron du RAID ! 


22 coups de feu ont été tirés cette nuit « en direction pour la plupart des forces de l'ordre », a-t-il révélé dans une conférence de presse. Les médias de métropole n’en ont rien dit. 

« Ce n'est pas un couvre-feu mais une demande de participation à la sécurité générale de tous ». « Il ne se passe rien après 19 heures » lance le préfet aux curieux. « Aucun couvre-feu n’est instauré à Fort de France mais » le préfet « recommande simplement après 19h de ne pas circuler dans les rues de Fort de France à tous ceux qui n’ont pas de raisons professionnelles ou personnelles urgentes de le faire ».
Ensuite, il demande « aux parents d'interdire à leurs enfants de sortir en ville » après 19 heures.
Un appel qui trouve un écho du côté du ministère public qui précise que la responsabilité pénale des parents peut-être engagée par leurs enfants.

Le ministère public veut se montrer ferme. « Nous ferons respecter l'Etat de droit » promet Claude Bellenger, Procureur de la république. « J'observe que les pillages ne concernent pas des produits de première nécessité, mais de produits de luxe. » 

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Le procureur promet qu'il fera requérir avec la plus grande sévérité contre les personnes interpellées. Il annonce en particulier vouloir faire appliquer les « peines-plancher » pour les récidivistes. En clair, 10 ans de prison pour un vol avec violence en récidive, 3 ans pour un attroupement armé (5 ans, s'il ne se disperse pas après sommation).

Selon les informations du parquet, les casseurs interpellés seraient pour la plupart de majeurs. 27 doivent être jugés dans la journée.

 

Ces émeutes sont intervenues alors que l'Etat venait d'accorder aux contestataires des Antilles une hausse de salaires de 200 euros payés par les contribuables de métropole pour tous ceux qui gagnent jusqu'à 1800 euros par mois…

 

 

3 février 2009 

L’intolérable indifférence du ministère français des Affaires étrangères dans l’affaire de l’ex-otage français de la guérilla colombienne en 2005, Christophe Beck (cf. mon article antérieur), ne doit pas jeter le voile de l’oubli sur l’action courageuse sur le terrain que mènent certains diplomates et policiers, comme dans la libération de Stépanie Minana en 2004 au Venezuela. 

Cette étudiante française de Biarritz (Pyrénées occidentales) avait été séquestrée pendant 46 jours dans un cul de basse-fosse par un commando de truands vénézuéliens et guérilleros colombiens qui exigeaient deux millions d’euros pour la libérer. Le Quai d’Orsay avait alors pour ministre le sulfureux Dominique de Villepin, ancien ami proche d’Ingrid Betancur (au nom francisé en Betancourt).

Non seulement Villepin n’a rien fait pour la libérer, mais ils n’a à aucun moment convoqué les médias, comme il le faisait à tout moment pour exiger du président Alvaro Uribe qu’il capitule devant les FARC pour accepter leur diktat et faire ainsi libérer Ingrid. Il avait y compris accepté que la France paye une rançon aux terroristes, versée en fait à de faux rebelles vite évanouis dans la nature.   

Pour Christophe Beck et Stéphanie Minana, le Quai n’a pas versé un seul denier. Abandonné par le Quai d’Orsay, Monsieur Beck est aujourd’hui ruiné, condamné à vivre dans une caravane près de Perpignan, après que sa famille eut vendu tous leurs biens au Venezuela pour payer la rançon aux terroristes colombiens. Vous comprendrez mon courroux (un euphémisme) quand j’ai su que le terroriste des FARC Wilson Bueno, alias Isaza, est désormais hébergé en France, et entretenu aux frais du contribuable, depuis deux mois, pour avoir libéré l’un des otages qu’il maintenait enchaînés à des arbres.

Quand il a été libéré, Christophe Beck avait souligné le contraste entre l’aide sur place apportée à sa famille pendant son calvaire de 13 mois par l’ambassade de France à Caracas, et l’indifférence du Quai, dont le directeur des Amériques n'était autre à l'époque que notre Daniel Parfait, bien connu de ce blog, pour être devenu l’amant (et non le mari) d’Astrid Betancur, la sœur d’Ingrid, quand il était ambassadeur en Colombie (2000-2004). Je reviendrai un jour sur l’action de ce dernier…  

Cette action des diplomates sur place au Venezuela, avec à leur tête l’excellent ambassadeur Pierre-Jean Vandoorne, apprécié de tous, que j’ai connu quand je dirigeais l’AFP dans la région, mérite d’être soulignée. Dans l’enlèvement de Stéphanie Minana, c’est cette ambassade qui a réussi à la sortir du guêpier. Quatre policiers français de l’ambassade étaient intervenus. L’un d’eux l’a sauvée, l’arme au point, en la couchant au sol quand ses geôliers avaient tenté de l’abattre. 

Le jour même de sa libération, j’avais pu parler au téléphone à Stéphanie. Je vous livre la copie de ma dépêche AFP du 25 janvier 2004 : 

« Encore sous le choc mais « si heureuse d'être là » après 46 jours comme otage au Venezuela, la Française Stéphanie Minana avoue avoir vécu « chaque seconde avec la mort » et tient à rendre hommage au policier français qui lui a « sauvé la vie », dans un entretien avec l'AFP depuis Bogota. 

   Etudiante en espagnol de 25 ans, elle avait été enlevée le 8 décembre à Valera, à 500 km au sud-ouest de Caracas, contre demande de rançon, avant d'être libérée vendredi lors d'un assaut des forces de l'ordre qui a fait un mort parmi les ravisseurs. Elle se reposait dimanche à la résidence de l'ambassadeur de France à Caracas, Pierre Jean Vandoorne.     »Dès que la fusillade a éclaté entre le commando vénézuélien et mes ravisseurs, un policier français s'est précipité sur moi, l'arme au poing, prêt à tirer pour me protéger », souligne-t-elle. Elle ne souhaite pas révéler l'identité de ce « merveilleux policier ». 

   L'assaut contre les auteurs de cette prise d'otage, au nombre de huit – sept Vénézuéliens et un Colombien – s'est déroulé dans la localité d'Agua Santa, à une cinquantaine de kilomètres de Valera, où l'un des frères de l'étudiante est industriel. Le commando policier, dont a fait partie un Français, était composé de vingt hommes.    Pendant ses 46 jours de captivité, « à l'air libre, exposée aux pluies, au froid, et à la grippe », l'étudiante française n'a eu accès « ni à un livre ni à la radio », mais aujourd'hui, elle « se sent si bien d'être en vie », ajoute-t-elle, qu'elle « ne réalise pas encore vraiment » ce qui lui est arrivé. 

   Pour tenir contre la « pensée de la mort permanente, à chaque seconde », elle « n'a cessé de prier et de songer à (sa) famille ». « J'ai lutté par amour, et cet amour m'a sauvée. C'est aux miens que j'ai aussitôt pensé dès que j'ai pris conscience d'avoir été arrachée aux bandits par la police », confie-t-elle.    Ses ravisseurs, qui exigeaient l'équivalent de deux millions d'euros pour la libérer, « ne lui disaient rien » sur leurs contacts avec sa famille. 

   Compte tenu de « l'enquête en cours », elle ne souhaite pas donner davantage de précisions sur ses conditions de détention, mais des sources de l'AFP avaient assuré samedi qu'elle avait été « fortement maltraitée et entravée ».    Stéphanie Minana a souffert de « déshydratation et de douleurs provoquées par ses liens », selon la police, mais elle ne se plaint aujourd'hui que des « amibes » contractées par une eau non traitée. « Je n'avais à manger que des féculents », poursuit-elle. 

   Originaire de Biarritz (sud-ouest de la France), l'étudiante a l'intention de regagner la France après ce qu'elle qualifie de « calvaire », mais « pas tout de suite », car elle a besoin de « se refaire une santé physique et morale ». 

Le 4 février suivant, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait décoré à Paris les quatre policiers français qui avaient participé à la libération de Stéphanie Minana. Après les avoir assurés de sa « reconnaissance » et de « l'admiration de nos compatriotes », M. Sarkozy leur avait remis la médaille « pour actes de courage et de dévouement. » 

    »Courage », et modestie pour le capitaine de police Jean-Philippe Goudet, du Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), en poste à Caracas et seul des quatre à avoir participé directement à l'opération de ses collègues vénézuéliens.     »Ils ne voulaient pas que je les accompagne, ils ont tenté de me faire croire à une opération de routine lorsque je les ai vus se préparer à partir, armés », explique-t-il aux journalistes. 

   Alors, il a insisté et ils ont fini par accepter, non sans s'être assurés: « est-ce que tu a les c… pour venir? », se souvient-il.    Ensuite, après « 1h30 de marche depuis un village andin, nous nous sommes retrouvés à huit sur place, devant deux toiles de tente tendues entre deux arbres et un premier ravisseur a aussitôt tiré sur nous. Les Vénézuéliens ont riposté et l'ont abattu. » 

   Puis, « Stéphanie m'a demandé, en espagnol, si nous allions la tuer. Je lui ai répondu, en français, que non, que j'étais policier et compatriote. Alors, elle s'est jetée dans mes bras, mais je l'ai aussitôt couchée au sol pour la protéger de la fusillade car les deux autres ravisseurs présents s'enfuyaient en tirant à tout va », conclut calmement Jean-Philippe Goudet.     Il ajoute que les ravisseurs, moitié Vénézuéliens pour la détenir, moitié Colombiens pour les négociations, se sont comportés, pour les premiers, « comme des animaux. C'était de la délinquance commune de bas étage », estime-t-il.    Son autre collègue du SCTIP de Caracas, le commandant Fernand Cadrot et le commandant Alain Brunach ainsi que le lieutenant Philippe Albrand, de la police judiciaire française envoyés au Venezuela pour tenter de négocier avec les ravisseurs, ont été décorés de la médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement. 

14 janvier 2009 Les sanctions prises mercredi par le Département du Trésor des USA visent à geler les actifs de ces délégués du terrorisme colombien dans des sociétés américaines, et à interdire toute transaction financière ou commerciale entre des entreprises ou des citoyens américains avec les personnes concernées. 

Le Trésor américain justifie cette décision par le fait que « ces individus, en tant que représentants des FARC et membres de leur Commission internationale, tentent de recruter des militants et d’obtenir appui et protection pour les activités des FARC dans le trafic de drogue et le terrorisme ». La mesure concerne : 

-        Omar Arturo Zabala Padilla, alias Lucas Galdron. Selon le Trésor, « il dirige près de 80% des activités des FARC en Europe », comme responsable pour la France, la Suisse et l’Italie. -        Vlaudin Rodrigo Vega, alias « Carlos Vlaudin », dirige les FARC en Australie. 

-        Maria Remedios Garcia Albert, alias Irene ou Soraya, dirige les FARC en Espagne. Arrêtée le 26 juillet dernier à Madrid, elle a été relâchée aussitôt par le juge Baltasar Garzon après le paiement d’une caution de 12.000 euros. Mon commentaire : 

-        Mes lecteurs n’ignorent rien de la présence de Lucas Galdron en Suisse. Ce professeur de philo a enseigné sans aucun problème à Lausanne, où il réside. Dans mon récent livre sur « Les secrets de l’opération Betancourt » (Fayard), je cite son entretien au quotidien Le Temps de Genève du 15 mars 2007. Il y confirme ma version sur le fait qu’Ingrid Betancur s’était volontairement jetée dans la gueule du loup le 23 février 2002 pour être enlevée par les FARC en Colombie, croyant qu’elle le serait pour quelques semaines, afin de remonter dans les sondages pour l’élection présidentielle de mai 2002.  Elle n’avait que 0,3% d’intentions de vote ! -        La déléguée en Espagne a trouvé en 24 heures 12.000 euros pour payer une caution. Je m’interroge sur l’origine de ces fonds. S’il me fallait sortir une telle somme, je n’y parviendrais pas, et surtout pas en 24 heures ! 

-        Le délégué en Australie. J’aimerais savoir quelle est l’opinion de l’ex-Premier ministre Howard, que mes lecteurs citent sur mon site pour ses déclaration sur l’intégration des immigrés (« où vous vous intégrez, ou vous partez »). -        Je reste ébahi par la naïveté des USA. Pourquoi leur a-t-il fallu tant de temps pour prendre une telle décision ? Le contenu des ordinateurs de Raul Reyes, cité par les Américains pour justifier leurs mesures, est connu depuis mars 2008 ! 

-        Ma surprise concerne aussi la Suisse. Dans mon livre, je vous révèle la réponse de la ministre helvète des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, à mes questions sur la présence de Lucas Galdron en Suisse. Selon elle, les représentants des FARC n’y ont aucune activité criminelle ou délictueuse. Washington va-t-il condamner Berne, comme complice des terroristes colombiens ? -        Une dernière question : comment Lucas Galdron a-t-il pu passer impunément trois mois à Paris après son entretien avec Le Temps en 2007, sans faire l’objet d’aucun contrôle policier de la DGSE ou de la DST ? C'est une autre révélation de mon livre. Pour ne pas froisser les FARC, dont Paris attendait inutilement un geste : la libération de la Colombienne Ingrid Betancur. J’enlève le point d’interrogation, car la réponse est celle-là.  Les chefs rebelles, dont Raul Reyes, connaissaient déjà le talon d’Achille français : ils y avaient envoyé leurs familles profiter en France des libéralités de notre pays, avec aide financière, logement social, etc. Une fois encore, les détails sont contenus dans mon livre…Il aura fallu 9 agents secrets colombiens pour libérer Ingrid dans l’opération Jaque, au péril de leur vie, sans aucune aide de la France… 

*Une toute dernière remarque : qui sait si les biens financiers des FARC ne se sont pas envolés en fumée dans les hedge funds des banques et de Bernie Maddox, l’escroc aux 50 milliards de dollars, approvisionné comme vous le savez par des banques françaises, suisses et espagnoles ! Y aurait-il un ersatz de morale dans cette histoire ??? 

13 décembre 2008 

Mesdames, Messieurs, 

Dans le cataclysme actuel des guerres civiles, un chef d’Etat, dénué de toute ambition à ce titre, me paraît mériter votre prix en 2009. Je veux parler d’Alvaro Uribe, président de Colombie. 

Elu puis réélu en 2002 et 2006, conformément aux observateurs de l’Union européenne, cet homme a réussi à ramener la paix dans ce pays violent, avec plus de 200.000 morts depuis 1964. 

Uribe a mis fin à 40 ans de terrorisme aveugle déclenché par des guérillas qui vivaient des enlèvements de civils libérés – parfois morts – contre rançon, et du trafic de cocaïne. 

En ma qualité de journaliste international, après 33 années au service de l’Agence France-Presse y compris comme rédacteur en chef, dont 18 ans dans les Amériques, je propose la nomination de ce président à votre trophée. 

Je le fais avec d’autant plus de liberté que je suis indépendant de toute pression, de tout lien politique, de toute Eglise. Seule me guide ma passion pour la vérité, contre la propagande. 

Personne n’a guidé ma décision, encore moins Alvaro Uribe dont je n’épargne pas les failles dans mon dernier livre sur « Les secrets de l’opération Betancourt » (Fayard-2008). 

Mais le bilan du président colombien est à la hauteur de votre distingué prix ,mérité selon moi. Il a d’abord ramené à la raison les sinistres paramilitaires. 30.000 d’entre eux se sont rendus depuis 2003. 

En 2008, il a fait extrader aux Etats-Unis les 15 chefs de ces groupes d’autodéfense, dont le n°1 Salvatore Mancuso, pour la présumée poursuite de leur action criminelle depuis leurs cellules. 

Le 12 décembre 2008, cette action salvatrice s’est poursuivie avec l’extradition de « Don Diego », l’un des derniers barons de la cocaïne, lié aux paramilitaires. 

Alvaro Uribe a frappé des deux côtés, avec le démantèlement des FARC, groupe terroriste d’extrême gauche. Les troupes de cette guérilla sont passées de 18.000 à 8.000 unités. 

Cette hémorragie n’a pas été obtenue dans le sang, mais par la persuasion. Un plan de réintégration des rebelles à la vie civile, avec aide financière et formation, l’a déclenchée. 

Au lieu de « vietnamiser » les réduits rebelles, avec des bombardements massifs, le président colombien n’a cessé d’appeler les chefs des FARC à négocier, puis leurs hommes à se rendre. 

Les meneurs de la guérilla, en six années consécutives, ont refusé toutes les propositions d’Uribe pour une ouverture, y compris le 13 décembre 2005 (il y a exactement trois ans). 

Ce jour-là, Alvaro Uribe a fait une concession de taille, contre tous ses engagements antérieurs de fermeté, avec son accord pour offrir un territoire démilitarisé aux FARC afin de négocier un accord. 

Les FARC ont alors révélé leur refus de toute solution autre qu’armée, avec leur rejet d’un mini-Etat qu’aucun chef d’Etat démocratique ne pourrait accepter face à une menace terroriste. 

Face à ce « non » de la guérilla, le président colombien a alterné les coups de main militaires ponctuels avec les offres de reddition, sans jamais provoquer de carnage chez les rebelles. 

Au contraire même. Quand les 11 députés de Cali, otages des FARC, ont été assassinés par leurs geôliers le 18 juin 2007, Uribe n’a pas répondu par la force, encore moins par l'arrogance face à Paris qui accusait l'armée colombienne de ces meurtres. 

Ses partisans ont pu le lui reprocher, mais il a préféré la voie pacifique, à la demande du nouveau président français, Nicolas Sarkozy, en libérant un chef des FARC, Rodrigo Granda.  Pour ouvrir davantage la voie du dialogue, Alvaro Uribe a décidé, sans aucune contrepartie, toujours en juin 2007, de libérer 152 guérilleros des FARC. La guérilla a répondu par le mépris.  Cet esprit d’ouverture face à une porte fermée par les FARC s’est poursuivi avec l’accord d’Uribe à une médiation du président vénézuélien Hugo Chavez, malgré leur conflit idéologique. 

Le feu vert d’Uribe s’est traduit par la libération de six otages, sans compter Emmanuel, le fils de l’une d’entre eux, Clara Rojas, abandonné par les FARC et récupéré par l’assistance publique. 

Le refus avoué des FARC à toute autre libération d’otage a conduit Uribe à mener une double  approche des rebelles : l’appel à se rendre contre une prime, et le ciblage de leur chef. 

Cette politique a donné tous ses fruits. Le leader de la guérilla terroriste, Raul Reyes, a été tué dans une attaque de l’armée le 1er mars 2008, et ses adjoints ont abandonné les armes. 

Le même mois de mars, Ivan Rios, n°3 des FARC, a été abattu par son garde du corps qui s’est rendu, et la cheffe guérillera Karina a abandonné le combat pour se livrer elle aussi. 

Cette politique de la main tendue s’est encore concrétisée avec la reddition le 26 octobre 2008 de Wilson Bueno, alias « Isaza », et de sa compagne Lilia Isabel. 

Ces deux geôliers d’otages ont ramené ce jour-là à la liberté le député Oscar Tulio Lizcano, séquestré depuis huit ans par les FARC, avant de recevoir l’asile politique en France en décembre. 

Malgré ses ressentiments personnels contre les FARC, qui ont tué son père Alberto en 1983, Alvaro Uribe a revigoré l’image de la Colombie, premier pays démocratique en Amérique Latine. Ses résultats sont officiels : moins de 250 enlèvements en 2007 contre 3200 en 2001, moins de 15.000 meurtres en 2007 contre 45.000 en 2001.

Sans verser une seule goutte de sang, un commando des services secrets colombiens a réussi l'exploit du siècle le 2 juillet 2008: la libération de 15 otages, dont Ingrid Betancourt.  Dans une nouvelle preuve d’ouverture, Alvaro Uribe a offert en décembre 2008 la liberté et une subvention à tous les rebelles des FARC qui se rendraient avec leurs otages, sans jugement.  Nec plus ultra : les Colombiens et les étrangers peuvent désormais voyager en voiture dans ce magnifique pays sans risquer d’être pris en otage contre rançon. Ils vivent, enfin. 

 

11 décembre 2008

Pour les lecteurs inquiets de mon suivi permanent sur les pérégrinations d’Ingrid Betancourt (de son vrai nom Betancur) depuis sa libération le 2  juillet par neuf  agents secrets colombiens, je rappelle que l’affaire de cette ex-otage colombienne, aux mains des FARC pendant plus de six ans, relève d’une imposture majeure dans MON pays.

J’ai dénoncé sur ce blog cette supercherie, devenue un scandale d'Etat, ainsi que dans deux livres, et continuerai à le faire, jusqu’à ce que la vérité finisse par éclater au grand jour malgré l’autocensure flagrante de la grande presse.

Ainsi de son interview cette semaine dans Paris-Match. L’hebdomadaire fait la Une sur « sa nouvelle vie », photo tout sourire à l’appui.  Voici le lien, c’est une pub gratuite pour ce média : 

http://www.parismatch.com/parismatch/Dans-l-oeil-de-match/Reportages/Exclusif-Ingrid-Betancourt-sa-nouvelle-vie/(gid)/61129/ 

A vous de juger, mais une question mérite qu’on s’arrête sur la réponse :

« As-tu revu ton mari à Bogota?
- Je n’y ai passé que quelques heures. Son père est à l’hôpital, gravement malade. On n’a pas réussi à se voir. »

Ce blog n’est pas un gardien de la moralité, mais se veut un lieu d’enquête. J’ai côtoyé Juan Carlos Lecompte, le second mari d’Ingrid depuis 1997, à de multiples reprises en Colombie à partir de 2002: pendant des manifestations pour la libération des otages, à la cathédrale de Bogota quand il s’y est enfermé avec d’autres pour la même requête, le jour où il a déversé du purin devant le Congrès de la capitale pour stigmatiser la « pourriture » des élus, à l’heure de sa fuite à l’étranger quand il se sentait menacé, etc, etc.

Jamais il n’a quitté le portrait géant en carton pâte d’Ingrid, son épouse. Il le transporait même avec lui dans ses voyages en avion pour plaider la cause de sa femme. Cet homme s’est battu sans relâche, avec ses méthodes à lui, professionnel de marketing.  Hélas pour lui, sa belle-mère, Yolanda Pulecio, et sa belle-sœur, Astrid Betancur, n’ont cessé de le haïr. 

Quand Ingrid a été libérée à Bogota le 2 juillet, elle lui a vite tourné le dos sur la piste de l’aéroport, avant de rejoindre Paris, mais sans lui. Dans sa dernière interview en juillet, il a donné à entendre, face à cette attitude, que leur couple s’était volatilisé dans la jungle.

La réalité est devenue évidente. Plus de 5 mois plus tard, Ingrid revient à Bogota, mais sans prendre le temps de revoir son mari, le seul de la famille d’Ingrid à avoir remercié le président Alvaro Uribe pour l’opération « Jaque » de sauvetage de 15 otages, dont Ingrid.

Par contre, Ingrid vient de passer dix jours en Amérique Latine, aux frais des contribuables français puisque deux gardes du corps de notre police l’ont accompagnée en permanence, selon toutes mes sources, y compris pour donner au président colombien une lettre de Nicolas Sarkozy sur la disposition de la France à recevoir des ex-terroristes des FARC s’ils libéraient leurs otages. Ingrid en a ainsi ramené deux à Paris, Wilson Bueno « Isaza » et Lilia Isabel, membres de cette guérilla pendant 12 ans, pas plus tard qu'hier. Si ces deux guérilleros sont imités par leurs coreligionnaires, la France pourrait avoir à accueillir 8.000 rebelles colombiens dans les prochains mois, tous frais payés !

Comme journaliste professionnel, je ne comprends pas trois choses :

-        Pourquoi l’auteur de l’entretien, Christine Ockrent, ne lui demande pas les raisons de cet « oubli » de son mari, en juillet puis en décembre ?

-        Pourquoi le même entretien est réalisé par Mme Ockrent, épouse du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dans un conflit d’intérêt de premier ordre ?

-        Pourquoi ce média ne s’interroge pas sur l’arrivée en France de terroristes soi-disant repentis et appâtés par l’option de vivre une vie de rêve en France avec l’aide de l’Etat, et sous sa protection, aux dépens des contribuables français, sans être jugés pour leurs crimes contre l’Humanité devant la Cour Pénale mondiale de La Haye ? C'est là, aux Pays Bas, qu'ils devront être jugés un jour, comme l'a été Milosevic. Lui avait au moins un avantage: avoir été élu par les Yougoslaves, ce qui n'est pas le cas des FARC, haïs par les Colombiens et jamais élus à aucun poste, même pas de maire local.

11 décembre 2008

C'est ce que vient d'annoncer le président Alvaro Uribe pour inciter les guérilleros des FARC à se rendre, au lendemain de l'accueil en France comme réfugié de Isaza et Lilia Isabel, deux FARC repentis.

Comme la France a déjà confirmé son accord pour recevoir de tels criminels s'ils relâchent leurs otages, mes craintes risquent de se concrétiser, à savoir une vague de redditions chez les FARC et une arrivée massive de guérilleros, 8.000 peut-être, sur le territoire français, s'ils relâchent leurs milliers d'otages, dont 28 « politiques ».

L'offre du président colombien a provoqué une polémique à Bogota, les juges n'étant pas d'accord avec cette amnistie déguisée, prise sans aucune décision ni accord des organes judiciaires.

Au lieu de moisir dans une prison à vie après une condamnation par la Cour pénale internationale de La Haye, ces terroristes (les FARC sont ainsi catalogués par l'Union européenne depuis juin 2002) pourront nous côtoyer bientôt dans les rues de Paris, de Besançon, ou de Langon, entourés d'autant de gardes du corps. Ils recevront une indemnité de réfugié politique, disposeront d'un logement social, apprendront gratuitement notre langue et n'auront même pas besoin de travailler.

Le secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme, que Bernard Kouchner veut supprimer, devra être maintenu, sous le nom de secrétariat d'Etat aux Droits des FARC repentis. Son nouveau titulaire sera, évidemment, qui vous savez…soit une ancienne otage colombienne.

Avec un tel geste, Ingrid Betancourt (Betancur selon le patronyme de son père Gabriel), qui ne manquera pas d'aller les chercher dans sa patrie colombienne pour les ramener dans une noria d'Airbus, devrait aisément, cette fois, recevoir le prix Nobel de la Paix en 2009… 

 

  

25 novembre 2008 

 

 

En France, les frais de sauvetage engagés par les pompiers et la sécurité civile pour tirer d’affaire les aventuriers en danger, notamment en haute montagne par hélico, doivent désormais être remboursés par les contrevenants aux consignes. 

 

La Colombienne Ingrid Betancur a contrevenu aux consignes de l’armée colombienne le 23 février 2002, en refusant de faire demi-tour avec son 4×4, pour se rendre à San Vicente del Caguan malgré les exigences des militaires et des services secrets. J’en détiens la preuve dans un document officiel que m’a adressé l’ancien président de la République colombienne, Andrés Pastrana. Ingrid Betancur et sa famille doivent donc rendre l’argent à l’Etat français ! 

 

Dans mon dernier livre « Les secrets de l’opération Betancourt » – Fayard, je révèle la supercherie de cette affaire en France, où les politiques ont tous été complices d’un scandale d’Etat dissimulé par une presse aux ordres. Ingrid Betancur – son vrai nom francisé par elle – s’est jetée dans la gueule du loup ce 23 février 2002, comme l’ont confirmé les faits bruts et le témoin Alain Keler, photographe pris comme otage avec Ingrid pendant 24 heures (cf. mon premier livre sur « Ingrid Betancourt – Histoire de cœur ou raison d’Etat ? » – Hugo Doc). 

 

En une phrase, pour les paresseux incapables de lire mon livre, Paris a dépensé POUR RIEN une fortune pour cette Colombienne, sauvée par les services secrets de l’armée colombienne. En voici les principaux chapitres budgétaires: 

-       une trentaine de voyages de notre espion Noël Saez, « 008 », en Colombie. 

-       Une forte rançon payée par « 008 » à de faux FARC. 

-       Le fiasco d’une expédition de 11 espions français en Amazonie 

-       L’échec du Falcon 50 de Bernard Kouchner en avril 2008 

-       L’accueil et hébergement en France de familles entières des chefs des FARC 

-       D’innombrables voyages de la famille Betancourt et d’autres espions français

-  Les subventions publiques françaises aux Comités Betancourt

Ingrid, rendez l'argent ! Nous ne cesserons de l'exiger, à vous qui n'avez même pas la dignité de retourner en Colombie pour défendre les centaines d'otages aux mains des FARC.

Ingrid, rendez l'argent ! Qu'attendez-vous pour vous mêler aux millions de Colombiens qui défileront le 28 novembre pour exiger la libération des otages avant Noël ?

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