DOMINIQUE STRAUSS KAHN

Mercredi 13 mars 2013

Tenir une chronique hebdomadaire pour Libération, rédiger chaque année au moins un livre, narrer sur les plateaux vos galipettes sexuelles avec DSK… Tout    cela est fort bien. Mais il nous semble, Marcela Iacub, que vous êtes d’abord rémunérée par le CNRS. Vous y faites quoi au juste ? Etre chroniqueuse et grosse niqueuse, ça vous occupe une honnête    femme. Alors nous aimerions savoir si vous n’êtes pas, sous cette enseigne de triste renommée, l’une de ces nombreuses budgétivores payées pour une « oisiveté active ». Ne me dites pas que votre    travail consiste à rechercher le prépuce de vos partenaires et en analyser les diverses vertus ! Si ? Anatole de Mururoa, le 13 mars 2013

26 novembre 2011

N’en déplaise à mes contradicteurs, qui considèrent, à tort selon moi, que je défends DSK pour avoir eu l’heur de me limiter aux faits, j’y reviens dare-dare après avoir lu l’intégralité de l’enquête de la New York Review of Books, publiée ce jour sur son site.

La thèse d’un piège sexuel ourdi par le pouvoir français contre Dominique Strauss-Kahn, évoquée par moi dès après l’incarcération de l’ex-patron du FMI à NYC (avant son non-lieu), se renforce avec les dernières révélations de cette revue américaine.

Cette investigation, véritable bombe à retardement, aurait dû être menée par les grands médias français, mais ça n’a pas été le cas alors que Dominique Strauss-Kahn était le favori des Français pour la présidentielle de 2012 contre Nicolas Sarkozy, avant d’être cloué au pilori.

On y apprend pêle-mêle, mais c’est du lourd, que :

-l’un des portables Black Berry de DSK était écouté par les services français. Il en avait été avisé le matin du 14 mai à NYC, avant même sa rencontre sexuée avec la femme de chambre guinéenne, par une amie de l’UMP, selon laquelle un de ses messages sur ce portable avait été « lu dans les bureaux de l’UMP à Paris ».

- DSK appelle alors son épouse Anne Sinclair au téléphone, bien avant l’incident avec la femme de ménage, pour évoquer avec elle « un sérieux problème », dans les faits un espionnage potentiel de son mobile Black Berry, et lui demander d’alerter leur ami Stéphane Fouks, chef de sa communication en tant que PDG de l’agence RSCG, pour lancer une enquête sur ce point précis. La presse française avait alors évoqué cet appel comme s’il s’était agi de l’affaire Nafissatou Diallo, la femme de chambre, alors que ce n’était pas du tout le cas.

- Comme par hasard, mais en est-ce un, ce portable Black Berry a disparu depuis la rencontre entre DSK avec la femme de chambre. Sa perte a provoqué celle de DSK puisque c’est son appel au Sofitel, pour demander qu’on lui retrouve ce téléphone pour le lui apporter à l’aéroport avant son départ imminent pour Paris, qui a permis à la police américaine de le localiser pour le sortir du vol d’Air France, le menotter et l’emprisonner.

- Ce Black Berry avait cessé de fonctionner à 12H51, ce qui reste un mystère puisque DSK avait déjà quitté le Sofitel pour déjeuner avec sa fille. Qui a mis hors service cet appareil sophistiqué ? DSK avait même cru l’avoir oublié au restaurant dans son déjeuner avec sa fille, au point de l’appeler pour lui demander d’aller le chercher dans ce restaurant, en vain.

- Deux des responsables de la sécurité du Sofitel ont été filmés pendant trois minutes en train de se féliciter pour avoir fait tomber DSK, avant l’arrivée de la police appelée sur le 911 d’urgence seulement deux heures après le viol présumé de la femme de ménage.

- Le manège de cette femme de ménage, qui a menti sans relâche depuis son arrivée aux USA, est déjà bien connu pour ses relations avec un trafiquant de drogue américain détenu qu’elle avait eu au téléphone pour lui dire qu’elle savait ce qu’elle faisait et qu’il y avait de l’argent à prendre. L’enquête nous révèle qu’elle a pénétré dans la suite 2826 de DSK alors que les bagages rassemblés par le client en instance de départ étaient visibles et auraient dû l’obliger à sortir des lieux en s’excusant, ce qu’elle n’a pas fait.

- Cette même Guinéenne, en plus de son va-et-vient dans la suite de DSK qu’elle avait nié, a fait des allers et retours dans la proche suite 2820, un nouveau mystère, avant et après l’incident, sans que l’on en sache les raisons, comme le prouve l’enquête du New York Review of Books. Le procureur de NYC n’a pas enquêté à l’époque sur ce point à partir du constat que Nafissatou Diallo avait nié avoir visité cette suite ce jour-là.

Voici un résumé de l’affaire dans Le Monde, avec les premières réactions de l’UMP, puis l’intégralité en anglais de l’article de la New York Review of Books :

LE MONDE :
L’affaire du Sofitel de New York est loin d’avoir livré tous ses secrets. Accusé d’agression sexuelle par une femme de chambre le 14 mai dernier à New York, Dominique Strauss-Kahn a admis une « faute morale » après avoir échappé à un procès au pénal. Mais l’affaire n’est pas close. Les ques0tions inédites posées par Edward Epstein dans un long article de la New York Review of Books à paraître ce week-end, et auquel LeMonde.fr a eu accès, soulèvent de nouvelles zones d’ombre.
Qu’est-il advenu du BlackBerry disparu de l’ancien directeur du FMI ? Avait-il été piraté ? Que s’est-il passé dans la chambre 2820, située au même étage que la suite de DSK et où Nafissatou Diallo s’est rendue à plusieurs reprises avant et après sa rencontre avec l’ancien favori des sondages ? Le journaliste américain, qui a eu accès aux enregistrements réalisés par des caméras de surveillance du Sofitel et à certains relevés téléphoniques, revient, minute par minute, sur les événements troubles qui ont jalonné ce 14 mai.
Dominique Strauss-Kahn découvre qu’il a « un sérieux problème avec un de ses téléphones BlackBerry ». L’appareil, qu’il utilise pour envoyer et recevoir des messages personnels et professionnels, a vraisemblablement été hacké. Une amie de l’ancien directeur du FMI, qui travaille comme documentaliste au siège parisien de l’UMP, lui a envoyé un message dans la matinée pour le prévenir « qu’au moins un de ces e-mails privés récemment envoyés depuis son BlackBerry à son épouse, Anne Sinclair, avait été lu dans les bureaux de l’UMP à Paris. »
10 h 07
Inquiet, Dominique Strauss-Kahn téléphone à sa femme depuis le BlackBerry en question. « Au cours d’une conversation qui dure moins de six minutes, il lui annonce qu’il a un gros problème » et insiste pour qu’elle contacte Stéphane Fouks. Patron de l’agence Euro RSCG, ce dernier pilote depuis quatre ans la stratégie de communication de DSK en vue de la présidentielle de 2012. L’ancien directeur du FMI demande à son épouse de prévenir cet « ami » pour qu’il puisse rapidement « faire examiner le BlackBerry et l’iPad par un expert », une fois que DSK sera rentré à Paris.
12 h 06 – 12 h 07
Nafissatou Diallo, qui travaille depuis trois ans comme femme de chambre au Sofitel, pénètre dans la suite présidentielle occupée par Dominique Strauss-Kahn. D’après les déclarations de l’ancien directeur du FMI, ses bagages sont « visibles » dans l’entrée. « En temps normal, rappelle le journaliste de la New York Review of Books, le personnel n’entre pas dans une chambre pour la nettoyer tant que le client s’y trouve ».
Que se passe-t-il dans les six ou sept minutes qui suivent ? Edward Epstein s’en tient au rapport du procureur de New York qui évoque un « rapport sexuel hâtif ». A 12 h 13, Dominique Strauss-Kahn téléphone à sa fille Camille avec laquelle il a rendez-vous pour déjeuner, pour la prévenir qu’il risque d’être en retard.
12 h 26
Nafissatou Diallo entre dans la chambre 2820, située au même étage que celle de Dominique Strauss-Kahn. La femme de chambre s’y est déjà rendue à plusieurs reprises dans la matinée, selon Edward Epstein. « Y avait-il quelqu’un dans la chambre 2820 en dehors de Nafissatou Diallo avant et après sa rencontre avec DSK ? Si oui, qui étaient-ils et que faisaient-ils là ; et pourquoi, dans tous les cas, Diallo a-t-elle nié qu’elle s’était rendue dans la chambre ? » s’interroge le journaliste. Questionné à ce sujet par les avocats de l’ancien directeur du FMI, le groupe Accor a refusé de répondre.
12 h 28
Dominique Strauss-Kahn quitte le Sofitel dans un taxi en direction du restaurant McCormick & Schmick’s, sur la Sixième Avenue. D’après les caméras de surveillance de l’établissement, il arrive à destination à peu près une demie-heure plus tard.
12 h 51
Le téléphone de DSK est déconnecté et le système de géolocalisation de l’appareil désactivé, comme en témoignent les archives de la compagnie BlackBerry. « Si on excepte la possibilité d’un accident, pour qu’un téléphone soit mis hors service de cette façon, il faut, selon un expert légal, une connaissance technique du fonctionnement du BlackBerry », précise Edward Epstein.
12 h 52
Nafissatou Diallo est prise en charge par le service de sécurité de l’hôtel.
13 h 03
John Sheehan, un expert des questions de sécurité « identifié sur son profil LinkedIn comme ‘directeur de la sûreté et de la sécurité’ chez Accor », reçoit un appel du Sofitel. Appelé en renfort pour assiter les équipes de l’établissement, il passe au moins un coup de fil dans la voiture qui le conduit à l’hôtel. A qui et pourquoi ? Impossible de le savoir. Le journaliste de la New York Review of Books se borne à rappeler que le responsable de la sécurité du groupe Accor, et donc le plus haut supérieur hiérarchique de John Sheehan, n’est autre que René-Georges Querry, un ancien membre de la brigade antigang, qui « a travaillé dans la police avec Ange Mancini, coordinateur national du renseignement du président Sarkozy ».
13 h 33
Brian Yearwood, ingénieur en chef du Sofitel, et un homme dont l’identité n’a pas été dévoilée – mais qui a auparavant accompagné Nafissatou Diallo jusqu’au PC sécurité – s’éloignent du groupe rassemblé autour de la femme de chambre. A l’abri des regards, ils se congratulent, frappent dans leurs mains et se lancent dans « ce qui ressemble à une extraordinaire danse de fête qui dure trois minutes ». Pourquoi les deux hommes se livrent-ils à une telle démonstration de joie ? Edward Epstein, qui a visionné les enregistrements des caméras du Sofitel, s’abstient d’émettre la moindre hypothèse.
14 h 05
Deux officiers de police arrivent au Sofitel.
14 h 15
Dominique Strauss-Kahn se rend compte dans le taxi qui le mène à l’aéroport que le BlackBerry qu’il souhaite faire expertiser à Paris a disparu. Depuis un autre mobile, il réussit à joindre sa fille et lui demande de retourner au restaurant pour vérifier que l’appareil ne s’y trouve pas. Camille renvoie un message à son père à 14 h 28 pour le prévenir qu’elle a fait chou blanc. A 15 h 01, le directeur du FMI, toujours en route vers l’aéroport, essaie en vain de joindre le BlackBerry à partir de son portable de rechange. Une demie-heure plus tard, il se résigne à appeler le Sofitel pour avertir le personnel qu’il a vraisemblablement oublié son téléphone dans la suite 2806.
15 h 42
Un employé de l’établissement new-yorkais rappelle DSK. L’homme, qui parle en présence d’un détective de la police, annonce « faussement » à l’ancien directeur du FMI que son téléphone a été retrouvé. Il lui propose de lui faire porter. « Je suis au terminal d’Air France, porte 4, vol 23″, répond l’intéressé.
16 h 45
La police arrête Dominique Strauss-Kahn dans l’avion qui devait le conduire à Paris. Le BlackBerry ne sera jamais retrouvé et les soupçons de piratage de l’appareil jamais étayés par des analyses d’expert.
Elise Barthet

L’UMP nie toute implication
Contacté par Les Inrocks, l’UMP « dément formellement l’article et les allégations » d’Edward Epstein. D’après le magazine, le parti « a chargé ses avocats de voir s’il y avait des suites judiciaires à donner, notamment pour diffusion de fausses nouvelles ».
Pour sa part, l’un des avocats américains de Dominique Strauss-Kahn a fait savoir vendredi qu’il n’excluait pas que son client ait été victime d’une « entreprise délibérée visant à le détruire politiquement » lors de son arrestation en mai dernier à New York.

NEW YORK REVIEW OF BOOKS
What Really Happened to Strauss-Kahn?
December 22, 2011
Edward Jay Epstein
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Philippe Wojazer/Reuters
Dominique Strauss-Kahn and his wife, Anne Sinclair, in the courtyard of their Paris residence, September 2011
May 14, 2011, was a horrendous day for Dominique Strauss-Kahn, then head of the International Monetary Fund and leading contender to unseat Nicolas Sarkozy as president of France in the April 2012 elections. Waking up in the presidential suite of the Sofitel New York hotel that morning, he was supposed to be soon enroute to Paris and then to Berlin where he had a meeting the following day with German Chancellor Angela Merkel. He could not have known that by late afternoon he would, instead, be imprisoned in New York on a charge of sexual assault. He would then be indicted by a grand jury on seven counts of attempted rape, sexual assault, and unlawful imprisonment, placed under house arrest for over a month, and, two weeks before all the charges were dismissed by the prosecutor on August 23, 2011, sued for sexual abuse by the alleged victim.
He knew he had a serious problem with one of his BlackBerry cell phones—which he called his IMF BlackBerry. This was the phone he used to send and receive texts and e-mails—including for both personal and IMF business. According to several sources who are close to DSK, he had received a text message that morning from Paris from a woman friend temporarily working as a researcher at the Paris offices of the UMP, Sarkozy’s center-right political party. She warned DSK, who was then pulling ahead of Sarkozy in the polls, that at least one private e-mail he had recently sent from his BlackBerry to his wife, Anne Sinclair, had been read at the UMP offices in Paris.1 It is unclear how the UMP offices might have received this e-mail, but if it had come from his IMF BlackBerry, he had reason to suspect he might be under electronic surveillance in New York. He had already been warned by a friend in the French diplomatic corps that an effort would be made to embarrass him with a scandal. The warning that his BlackBerry might have been hacked was therefore all the more alarming.
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At 10:07 AM he called his wife in Paris on his IMF BlackBerry, and in a conversation that lasted about six minutes told her he had a big problem. He asked her to contact a friend, Stéphane Fouks, who could come to his home on the Place des Vosges and who could arrange to have both his BlackBerry and iPad examined by an expert in such matters. He had no time to do anything about it that morning. He had scheduled an early lunch with his twenty-six-year-old daughter Camille, a graduate student at Columbia, who wanted to introduce him to her new boyfriend. After that, he had to get to JFK Airport in time to catch his 4:40 PM flight to Paris.
He had finished packing his suitcase just before noon, according to his own account, and then took a shower in the bathroom, which is connected to the bed in the suite by an interior corridor. According to the hotel’s electronic key records, which were provided to DSK’s lawyers, Nafissatou Diallo, a maid, had entered the presidential suite (room 2806) between 12:06 and 12:07 PM (such records are only accurate to the nearest minute).2 Ordinarily, cleaning personnel do not enter a room to clean when a guest is still in it. According to DSK’s account, his bags were visible in the foyer when he emerged naked from the bathroom into the interior corridor. At this point, according to his account, he encountered the maid in the corridor by the bathroom. (The maid, for her part, says she encountered him coming out of the bedroom.) Phone records show that by 12:13 PM he was speaking to his daughter Camille on his BlackBerry. The call lasted for forty seconds.
What took place between DSK and the maid in those six to seven intervening minutes is a matter of dispute. DNA evidence found outside the bathroom door showed her saliva mixed with his semen. The New York prosecutor concluded that a « hurried sexual encounter » took place and DSK’s lawyers have admitted as much, while claiming that what happened was consensual. The maid has brought a civil suit claiming he used force. It is not clear when she left the room since key card records do not show times of exit. What is known is that DSK called his daughter on his IMF BlackBerry at 12:13 to tell her he would be late.
After DSK completed his call, he dressed and put on his light black topcoat. He carried with him only one small overnight bag and a briefcase (which contained his iPad and several spare phones) and took the elevator to the lobby. At 12:28 PM the hotel security cameras show him departing. He had to go eight blocks to the McCormick & Schmick’s restaurant on Sixth Avenue between 51st and 52nd Street. He was delayed by heavy traffic on Sixth Avenue. The restaurant camera shows that he arrived at 12:54.
Camille was with her new boyfriend. They had a quick meal, and at 2:15 PM, according to the restaurant’s surveillance cameras, DSK got in another taxi to go to the airport. Almost immediately, he discovered that his IMF BlackBerry was missing. It was the phone he had arranged to have examined for bugs in Paris and it was the phone that contained the earlier text message warning him about the interception of his messages. At 2:16 PM he called Camille, who had also just left the restaurant, on his spare BlackBerry and had her go back to the restaurant to search for it. Camera footage at the restaurant shows her crawling under the table. At 2:28 PM she sent him a text message saying that she could not find it. So DSK continued on to the airport.
Back at the Sofitel, meanwhile, Nafissatou Diallo, the maid he had encountered in the presidential suite, had told hotel security that she had been sexually assaulted by a client in that suite. A thirty-two-year-old immigrant from Guinea, she had been working at the Sofitel for three years. At 2:30 PM she was shown a photograph of DSK by the hotel’s security people. According to the official bill of particulars—the statement of the basic facts of the case filed by the prosecutors—the police had apparently not yet fully taken over the case, even though the encounter between DSK and Diallo had occurred over two hours earlier.

Mike King
A schematic drawing of the twenty-eighth floor of the Sofitel New York, with the presidential suite, room 2806, that was occupied by Dominique Strauss-Kahn on May 13 and 14. The nearby room 2820 was entered at least three times on May 14 by the Sofitel maid Nafissatou Diallo.
Part of the delay in bringing in the police may have been the result of Diallo’s not immediately voicing her complaint. After she had left DSK in the presidential suite around 12:13 PM—the time of his call to Camille—she remained on the VIP floor. The hotel’s electronic key records indicate that at 12:26 PM she entered 2820, another VIP suite on the same floor that she had already entered several times earlier that morning. Then, one to two minutes later, she went back to the now empty presidential suite. A few minutes after that, she encountered another housekeeper, her supervisor, in the corridor. In the course of their conversation, Diallo asked the supervisor what would happen if a hotel guest took advantage of a hotel employee. Initially, Diallo told her that this was only a hypothetical question; but then, when pressed further, she said that she had been assaulted by the guest in the presidential suite. The supervisor then brought her to the head of housekeeping, Renata Markozani, who reentered the presidential suite with Diallo at 12:42, according to the key records, and notified the hotel’s security and management personnel. At 12:52 PM, Diallo is seen arriving at the hotel’s security office on the ground floor, located near the 45th Street entrance. She is wearing a beige uniform, and is accompanied by Renata Markozani, whom she towers over. (She is five feet ten inches tall.)
Shortly thereafter the hotel’s own security team was augmented by John Sheehan, a security expert who is identified on LinkedIn as « director of safety and security » at Accor, a part of the French-based Accor Group, which owns the Sofitel. Sheehan, who was at home in Washingtonville, New York, that morning, received a call from the Sofitel at 1:03 PM. He then rushed to the hotel. While en route, according to his cell phone records, he called a number with a 646 prefix in the United States. But from these records neither the name nor the location of the person he called can be determined. When I called the number a man with a heavy French accent answered and asked whom I wanted to speak with at Accor.3
The man I asked to talk to—and to whom I was not put through—was René-Georges Querry, Sheehan’s ultimate superior at Accor and a well-connected former chief of the French anti-gang brigades, who was now head of security for the Accor Group. Before joining Accor Group in 2003, he had worked closely in the police with Ange Mancini, who is now coordinator for intelligence for President Sarkozy. Querry, at the time that Sheehan was making his call to the 646 number, was arriving at a soccer match in Paris where he would be seated in the box of President Sarkozy. Querry denies receiving any information about the unfolding drama at the Sofitel until after DSK was taken into custody about four hours later.
Another person at the Accor Group whom Sheehan might have alerted was Xavier Graff, the duty officer at the Accor Group in Paris. Graff was responsible that weekend for handling emergencies at Accor Group hotels, including the Sofitel in New York. His name only emerged five weeks later when he sent a bizarre e-mail to his friend Colonel Thierry Bourret, the head of an environment and public health agency, claiming credit for « bringing down » DSK. After the e-mail was leaked to Le Figaro, Graff described it as a joke (it resulted, however, in his suspension as director of emergencies by the Accor Group). Even jokes can have a basis. In this case the joke was made by the person who was directly responsible for passing on information to his superiors, including the head of security at Accor, René-Georges Querry—information that, if acted on by informing the American authorities, could have helped destroy DSK’s career. But like Querry, Graff denied receiving any calls or messages from New York until later that evening, telling a French newspaper that the failure to inform him was an « incredible miss » (« loupé »).
By the time Sheehan was called by the hotel at 1:03 PM, Diallo was seated on a bench in the hotel’s ground floor service area, just off the service entrance on 45th Street. Behind her was a « Dutch door, » with the upper half opened, that led to the hotel’s security office. Surveillance camera footage shows her entering the area with a tall unidentified man at 12:52 PM. She mains there until 2:05 PM. At 12:56, she is joined there by Brian Yearwood, the large, heavy-set man who is the hotel’s chief engineer. Yearwood had just come down from the presidential suite on the twenty-eighth floor, which he had entered at 12:51, according to the key records. Yearwood remained close to Diallo as she spoke to Adrian Branch, the security chief for the hotel, who remained behind the half-shut door of the security office. She can be seen gesturing with her hands for about four minutes, pointing to different parts of her body over and over again, suggesting she was telling and retelling her story.
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1. 1
These statements, along with others in this article, were confirmed by sources who prefer to remain anonymous but are known to the author, who has shared his information with the editors. ↩
2. 2
For this article, along with court and other legal documents, I had access to Sofitel electronic key swipe records, time-stamped security camera videotapes, and records for a cell phone used on the day of May 14 by John Sheehan, a security employee of Accor, the company that owns the Sofitel hotel. ↩
3. 3
I had access to the record of only one cell phone used by the Accor Group’s security man, John Sheehan. Neither Sheehan nor the hotel’s security director, Adrien Brand, returned my calls. Through an assistant Brian Yearwood, the hotel’s chief engineer, said he had no comment. ↩

At 1:28, Sheehan, still on the way to the hotel, sent a text message to Yearwood. And then another text message to an unidentified recipient at 1:30. At 1:31—one hour after Diallo had first told a supervisor that she had been assaulted by the client in the presidential suite—Adrian Branch placed a 911 call to the police. Less than two minutes later, the footage from the two surveillance cameras shows Yearwood and an unidentified man walking from the security office to an adjacent area. This is the same unidentified man who had accompanied Diallo to the security office at 12:52 PM. There, the two men high-five each other, clap their hands, and do what looks like an extraordinary dance of celebration that lasts for three minutes. They are then shown standing by the service door leading to 45th Street—apparently waiting for the police to arrive—where they are joined at 2:04 PM by Florian Schutz, the hotel manager.

Mike King
A schematic drawing of the first floor of the Sofitel New York, based on plans registered with the New York City Department of Buildings
A minute later, at 2:05 PM, the footage shows two uniformed police officers arriving and then accompanying Diallo to an adjoining office. It is unclear if the police officially took over the case at this time or later. There is so far no explanation for why the security staff had delayed the call to the NYPD that would lead a scandal involving the possible future president of France. What is clear is that they did so just three minutes after receiving a message from Sheehan. Nor is it clear why the two men were celebrating.
The police arrived, according to the hotel’s security camera footage, at 2:05 PM. They then can be seen escorting Diallo to a room across from the security office. There is an unexplained discrepancy here concerning the information in the bill of particulars, which says that at approximately 2:30 PM, « a photograph of the defendant was shown to the witness [i.e., Diallo] by hotel security without police involvement. » If so, even after leaving the bench (and video surveillance) and going to a room with the police, she remained in the custody of Sofitel security. I asked both Deputy Commissioner Paul Browne and Deputy Inspector Kim Royster why, according to the bill of particulars, the police were not officially involved at this point, but they declined to comment.

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More than an hour later, at 3:28 PM, the police took her to St. Luke’s Hospital, where she was medically examined and they then formally interviewed her. She described to them a brutal and sustained sexual attack in which DSK locked the suite door, dragged her into the bedroom, and then dragged her down the inner corridor to a spot close to the bathroom door—a distance of about forty feet—and, after attempting to assault her both anally and vaginally, forced her twice to perform fellatio. After that, she fled the suite. As has been seen, according to the electronic key information, and to the record of DSK’s call to his daughter showing him speaking to her at 12:13, we can reasonably conclude that any such actions could have taken place only within a period of six or seven minutes, between 12:06-07 and 12:13, when he called his daughter.
At 3:01 PM, as DSK was approaching the airport, he was still attempting to find his missing phone. He attempted to call it from his spare but received no answer. What he did not know was that at 12:51, according to the records of the BlackBerry company, it had been somehow disabled. At 3:29 PM, evidently unaware of what was happening at the Sofitel, he called the hotel from the taxi, saying, according to the police transcript, « I am Dominique Strauss-Kahn, I was a guest. I left my phone behind. » He then said he was in room « 2806. » He was asked to give a phone number, so that he could be called back, after 2806 was searched for his phone.
When he was called back thirteen minutes later, he spoke to a hotel employee who was in the presence of police detective John Mongiello. The hotel employee falsely told him that his phone had been found and asked where it could be delivered. DSK told him that he was at JFK Airport and that « I have a problem because my flight leaves at 4:26 PM. » He was reassured that someone could bring it to the airport in time. « OK, I am at the Air France Terminal, Gate 4, Flight 23, » DSK responded. So the police rushed to the airport. At 4:45 PM, police called DSK off the plane and took him into custody.
DSK was then jailed and indicted by a grand jury on seven counts, including attempted rape, sexual abuse, and unlawful imprisonment. The court eventually dropped all the charges against him because the prosecutors found that the complainant, Diallo, had proven to be an untruthful witness. They wrote in the motion for dismissal that « the nature and number of the complainant’s falsehoods leave us unable to credit her version of events beyond a reasonable doubt. » They said that she « has given irreconcilable accounts of what happened, » and had lied not only to the prosecutors but under oath to the grand jury about her whereabouts after the encounter. She stated that she had hid in the hall after leaving the presidential suite, and entered no other room on the twenty-eighth floor until she told another maid about the attack (which was approximately fifteen minutes later).

Bryan Smith/ZUMA Press/Corbis
The Sofitel hotel, West 44th Street, New York, May 2011
When asked why she had not used her pass key to go into another room, she said they all had « Do Not Disturb » signs on the door. After her grand jury testimony, prosecutors discovered that this was false when the hotel belatedly provided them with the electronic key records showing that Diallo had entered room 2820 at 12:26 PM, after her encounter with DSK. The same record also showed that she had also entered room 2820 prior to her encounter with DSK at a time when the occupant had not checked out and may have been in the room. Why she concealed visiting 2820 was « inexplicable » to the prosecutors, who noted in their motion for dismissal that if she had mentioned her visits to 2820, it would have been declared part of the crime scene and searched by the police. But she did not do so.
Nor were DSK’s lawyers able to find an explanation. When they attempted to learn the identity of the occupant of 2820, Sofitel refused to release it on grounds of privacy. Given Diallo’s conflicting accounts, all that we really know about what happened in the nearby room 2820 is that Diallo went there both before and after her encounter with DSK and then omitted the latter visit from her sworn testimony to the grand jury. We still do not know if there was anyone in 2820 when she entered it again following the encounter with DSK or if, prior to the police arriving, anyone influenced her to omit mention of room 2820.
The Sofitel electronic key record, which the hotel did not turn over to the prosecutors until the next week, contained another unexplained anomaly. Two individuals, not one, entered DSK’s suite between 12:05 and 12:06 PM while he was showering. Each used a different key card entry. The key card used at 12:06 belonged to Diallo; the key card used at 12:05 belonged to Syed Haque, a room service employee who, according to his account, came to pick up the breakfast dishes. If he did so, he would have turned left and gone to the dining room. But Haque has refused to be interviewed by DSK’s lawyers, so his precise movements have not been made public. Since the key cards do not register the time of exit, it cannot be determined from them if both parties were in the room at the same time or, for that matter, at the time of Diallo’s encounter with DSK.
DSK’s BlackBerry, with its messages, is still missing. Investigations by both the police and private investigators retained by DSK’s lawyers failed to find it. While DSK believed he had left it in the Sofitel, the records obtained from BlackBerry show that the missing phone’s GPS circuitry was disabled at 12:51. This stopped the phone from sending out signals identifying its location. Apart from the possibility of an accident, for a phone to be disabled in this way, according to a forensic expert, required technical knowledge about how the BlackBerry worked.
From electronic information that became available to investigators in November 2011, it appears the phone never left the Sofitel. If it was innocently lost, whoever found it never used it, raising the question of by whom and why it was disabled at 12:51. In any case, its absence made it impossible for DSK to check—as he had planned to do—to see if it had been compromised. Nor was it possible to verify from the phone itself the report he received on May 14 that his messages were being intercepted. So we cannot confirm the warning to DSK that he was under surveillance on that disastrous day.
One vexing mystery concerns the one-hour time gap in reporting the alleged attack on Diallo. After she said that she had been the victim of a brutal and sustained sexual assault, it is hard to understand how the security staff would have ruled out that she might require immediate medical attention. But as has been seen, until 1:31, several minutes after receiving a message from Sheehan, the security staff did not make the 911 call. She did not arrive at St. Luke’s Hospital until 3:57 PM, nearly four hours after the alleged attack. We do not know what decisions were made during that one-hour interval or how they influenced what was to later unfold with such dramatic impact.
By the time the 911 call was finally made, the hotel’s management was presumably aware of the political explosion and scandal DSK’s arrest would cause. DSK could no longer be a challenger to Sarkozy. Such considerations, and the opportunities they presented, may have had no part whatever in the hotel’s handling of the situation, but without knowing the content of any messages between the hotel managers in New York and the security staffs in New York or Paris, among others, we cannot be sure. Meanwhile, several mysteries remain. Was there anyone in room 2820 besides Diallo during and after the encounter with DSK? If so, who were they and what were they doing there; and why, in any case, did Diallo deny that she’d gone to the room? Because she denied it, the police, according to the prosecutor’s recommendation for dismissal, did not search 2820 or declare it a crime scene. And where, if it still exists, is the BlackBerry that DSK lost and feared was hacked?
All we know for sure is that someone, or possibly an accident, abruptly disabled it from signaling its location at 12:51 PM. DSK himself has not explained why he was so concerned about the possible interception of his messages on this BlackBerry and its disappearance. According to stories in Libération and other French journals on November 11, 2011, DSK sent text messages on a borrowed cell phone to at least one person named in the still-unfolding affair involving the Carlton Hotel in Lille, a scandal in which corporations allegedly provided high-class escort women to government officials. (DSK denies that he was connected to the prostitution ring.) If DSK sent these messages, may he also have received embarrassing messages back on his own BlackBerry that could have been damaging to his reputation and political ambitions? Or his concern could also have proceeded from other matters, such as the sensitive negotiations he was conducting for the IMF to stave off the euro crises. Whatever happened to his phone, and the content on it, his political prospects were effectively ended by the events

23 novembre 2011

Nombre d’entre vous avaient dégainé en mai contre mes papiers sur l’affaire du Sofitel, que je ne renie pas. Je n’y défendais pas « DSKkaka », comme certains l’assuraient sous ce vocable donnée à l’ex-patron du FMI, mais dénonçais le scandale de son menottage public et de sa détention sous la foi de mensonges avérés, proférés par une Guinéenne qui aurait dû être expulsée des USA pour ses tricheries dans l’obtention d’un faux statut de réfugiée politique.

DSK a obtenu un non-lieu à NYC, mais ses déboires actuels dans l’affaire de mœurs au Carlton de Lille, avec des ramifications aux USA, le condamnent définitivement à l’oubli, avec la nécessité, que j’ai évoquée ici dès sa détention à New York, de se faire soigner pour qu’il ne soit plus surnommé « DSQ » et puisse tenter, ce qui était encore une option envisageable à son retour en France, même à la portion congrue, de revenir un jour au premier plan.

Au lieu de se retirer sur son Aventin, DSK est en train de perdre les pédales.

1/ Il porte plainte contre les principaux médias français :
« Après l’avalanche d’articles de presse s’exonérant de tout objectif d’information légitime du public, Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn ont chargé leurs avocats de poursuivre judiciairement quelques-unes des publications les plus outrancières ayant participé à cette escalade », indiquent dans un communiqué Mes Frédérique Baulieu, Richard Malka et Henri Leclerc.
« Plusieurs assignations ont déjà été ou vont être délivrées, à L’Express, au Figaro, au Nouvel Observateur, à Paris Match et à VSD », écrivent encore les conseils.

2/ Un site israélien évoque sa possible nomination comme gouverneur de la banque d’Israël. Voici l’article en question publié par JSS News :

« L’ancien directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, était la semaine passée en visite en Israël. Il a passé deux jours en compagnie de sa femme Anne Sinclair et de l’homme d’affaire Jean Friedman avant de retourner vers Paris dans la plus grande discrétion.

Plusieurs sources affirment que DSK pourrait assurer la relève de Stanley Fischer au poste de Gouverneur de la Banque d’Israël. Fischer a été reconduit, il y a quelques mois, mais avait fait comprendre qu’il n’avait aucune intention d’aller au terme de son nouveau mandat. Strauss-Kahn, qui vit des heures noires en France malgré la fin de tous ses procès, pourrait donc prendre la destination d’Israël où il aurait en charge toute l’économie du pays. Expert incontestable en finance, il serait une relève de qualité… Mais, tout cela ne reste qu’une rumeur infondée pour l’instant.
« Ils ont préféré se mettre un peu au vert, quitter la place des Vosges et les paparazzi », glisse un confident au Journal du Dimanche. « Anne a décidé de prendre les choses en main, de faire une pause. »
A n’en pas douter, Dominique Strauss-Kahn et sa femme ont pu profiter de quelques jours de repos et de bonheur à Tel-Aviv. Une ville qu’ils affectionnent particulièrement (Nathan Berdigo – JSSNews) ».

19 septembre 2011

La mièvrerie de son interview par Claire Chazal sur TF1 hier soir a permis à DSK de s’en tirer à bon compte sans avoir rien expliqué de ses affaires sexuelles, dans une nouvelle illustration de l’écoeurante complicité entre les médias et les politiciens en France.

Alors que l’ancien patron du FMI, ex-ministre et favori de la présidentielle 2012, avant ses démêlés américains, prenait pour la première fois la parole devant les Français pour s’en expliquer, aucune des vraies questions que se pose le public n’a été posée.

Que s’est-il passé exactement le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel pendant les 7 à 9 minutes de sa rencontre avec Nafissatou Diallo ?

Que s’est-il passé dans l’appartement parisien prêté par un ami en 2003 avec Tristane Banon ?

A-t-il l’intention de se faire soigner pour guérir de son priapisme avéré ?

Est-il disposé à présenter ses excuses aux Français qui étaient prêts à voter pour lui en 2012 ?

Va-t-il se présenter à ce scrutin ?

06 septembre 2011

Avocate renommée et que j’ai appréciée pour son courageux combat en faveur des femmes dans les années 60, Mme Halimi, ersatz soudain d’un Fouquier-Tinville en jupons, a troqué sa robe pour l’habit du bourreau avec sa virulente condamnation du « violeur présumé » DSK dans Le Monde.

Que des citoyennes et citoyens français incultes chargent encore l’ex-patron du FMI sans avoir lu le rapport du procureur de New York Cyrus Vance sur sa demande de non-lieu adoptée par la justice américaine, c’est triste.

Mais que cette personnalité du barreau traîne dans la boue aujourd’hui, comme « prédateur sexuel présumé », un homme victime d’une menteuse avérée constitue un précédent inquiétant pour la présomption d’innocence, ou l’innocence tout court puisque DSK a été blanchi.

Honte à vous, Gisèle Halimi, nouvelle coupeuse de tête ! Vous êtes digne d’appartenir à un comité de salut public comme sous la Terreur de 1793 !

Voici l’article que Gisèle Halimi a publié ce jour dans Le Monde :

L’indécent retour médiatique de DSK
Point de vue 06.09.11 | 10h24 • Mis à jour le 06.09.11 | 10h55
par Gisèle Halimi, avocate, présidente de Choisir la cause des femmes
Les médias français et leurs décideurs sont-ils sourds, aveugles à l’exigence d’une dignité des femmes ? On pourrait le croire, dans le flot d’images et de commentaires complaisants ou neutres, mais jamais défavorables qui nous a été asséné depuis hier pour signaler l’ »événement » du week-end : le retour de Dominique Strauss-Kahn à Paris.

A moins d’être totalement dépourvu d’aptitude ou de conscience professionnelles, les informateurs ne pouvaient oublier qu’il s’agissait d’un homme – et non des moindres – accusé d’agression sexuelle sur une femme. Donc un prédateur présumé de notre dignité profonde, celle de l’intégrité de notre sexe, de notre corps, mais aussi celle de notre identité de femme.
Qui, quand elle dit non, signifie non. Or Nafissatou Diallo – la plaignante – fut à peine nommée, les faits presque jamais rappelés, la réputation un peu glauque de Dominique Strauss-Kahn escamotée.
Le « retour » du violeur présumé (la tentative de viol équivaut en droit au crime de viol lui-même) était traité comme un événement mondain, à peine politique, rien à voir avec un crime.
J’entends bien que Dominique Strauss-Kahn n’est mis en cause que dans une procédure civile – après l’abandon de poursuites pénales. Mais cela n’empêche en rien de caractériser la source du dommage pour la nécessité de la réparation.
INDIGENCE
Nous avons eu droit à l’éternelle et ridicule séquence de l’épouse – outragée – mais fidèle-soutien-de-l’accusé. Séquence dont on raffole outre-Atlantique, histoire de s’identifier un peu aux Hillary Clinton et autres célèbres cocues. Une épouse pour laquelle la femme victime présumée n’existe pas, n’existe plus.
Seul compte « le retour » de l’homme que l’on croit (à tort) blanchi, car les procédures sont en cours et l’épisode judiciaire loin d’être clos.
Mais laissons cela. Je m’intéresse quant à moi à l’indigence, l’indulgence et l’indécence qui ont marqué la relation médiatique de ce détestable feuilleton.
Et j’y vois le signe que, près d’un demi-siècle après le nouveau combat des femmes pour exister comme individus à part entière, après la réforme du code pénal quant au viol (à l’initiative de Choisir la cause des femmes), leur dignité peut être foulée aux pieds comme dans le passé.
Je n’ose formuler d’autres hypothèses: Dominique Strauss-Kahn intouchable parce que attendu dans le prochain cirque politique ? La victime passée par pertes et profits parce que lointaine, socialement humble (une « domestique ») et noire ? Que les médias s’expliquent, nous expliquent, ou alors, honte à eux !
Article paru dans l’édition du 07.09.11

04 septembre 2011

« DSK n’est pas mort, car il bande encore » (chanson de Carabins adaptée ad hoc)

L’accueil de Dominique Strauss Kahn comme un chef d’Etat au sommet de sa gloire, à l’aéroport de Paris, m’incite à revenir au galop pour mettre au pas ceux qui l’ont si vite dénigré, calomnié, et enterré, aux dépens des faits bruts que je n’ai cessé de présenter ici sans aucun parti pris en sa faveur, malgré les assertions de mes contradicteurs que je respecte.

Obsédé de la braguette, comme tous les politiciens avant, pendant et après lui, DSK a été blanchi à New York d’un présumé viol contre une menteuse guinéenne à répétition, et vient de rentrer triomphalement à Paris, dans l’attente de ses premiers commentaires après un cauchemar de Cent jours, dont sa détention dans l’île de Rykers Island, au large de New York.

Sans lire dans le marc de café, je qualifie de prématurée toute prévision sur le devenir de l’ancien patron du FMI, ex-ministre socialiste des Finances et candidat favori des Français à la présidentielle de 2012 avant sa mésaventure.

L’opinion, versatile, hésite entre une condamnation pour ses frasques sexuelles, un pardon déjà accordé par son épouse Anne Sinclair, monument de dignité dans ce capharnaüm judiciaire, et un appel à se présenter malgré ses déconfitures passagères.

Que je sache, DSK n’est pas cet ancien ministre socialiste pédophile dénoncé par l’ex-ministre Luc Ferry, dont l’identité est connue du tout Paris et des médias, mais que l’enquête en cours n’ose pas entendre.

Il n’est pas non plus l’amant d’une gardienne de musée ni de leur fille, logées aux frais de l’Etat Quai Branly à Paris pendant des décennies par le sinistre Mitterrand, auteur de 3.000 écoutes téléphoniques illégales et punies (normalement) par la loi contre des journalistes et comédiennes. L’une des conversations sexy de l’une d’elles l’aidait à prendre son pied à distance, malgré ses problèmes de prostate.

DSK est encore moins adepte des petits garçons adorés dans leurs crimes par tant de franc-maçons ou autres idoles socialistes, comme X et Y.

Rykers Island deviendra peut-être un jour aussi célèbre dans les livres d’histoire française, toutes proportions gardées, que l’île d’Elbe pour l’empereur Napoléon 1er, le château d’If pour Edmond Dantès (le comte de Monte-Cristo), la Calédonie pour l’anarchiste Louise Michel, ou l’île du Diable pour le capitaine Alfred Dreyfus.

Les Français ont la mémoire courte, faut-il le rappeler pour nos jeunes lecteurs. En juillet 1944, le maréchal Philippe Pétain était acclamé à Paris. Un mois plus tard, le général Charles de Gaule, sur les pas de la 2e DB du général Leclerc, libérait la capitale des nazis.

Nous ne sommes plus en guerre, en tout cas et heureusement dans l’immédiat, mais les défis restent les mêmes pour notre société.

Les pires des crimes sont commis non pas en guerre, dans un climat propice à tous les excès, mais dans la paix, quand les enfants sont livrés aux incestes et sodomies rarement condamnés avec la bénédiction de juges effrayés par les avocats de cette mafia criiminelle.

DSK représentait un espoir pour des millions de Français, tout juif qu’il soit, et c’est une avancée dans le pays de Dreyfus et du Vel d’Hiv (20.000 juifs envoyés dans les camps nazis en 1942 par l’Etat vichyste avec l’aide de la police française et des cheminots bien français)

Qu’il soit tombé dans le piège d’une menteuse en mal de profits déjà avérés, comme je l’ai révélé ici, n’en fait pas le monstre présenté au public par des médias aux ordres du bouffon qui nous sert de président.

A suivre donc…

30 août 2011

Rions un peu sur le dos de l’ectoplasme Michel Rocard, cet ancien Premier ministre socialiste incongru, vermoulu, et tellement trouillu qu’il mouillait sa culotte dans tous ses tête-à-tête avec l’ex-président Mitterrand.

Notre ex-ambassadeur chez les manchots (ce n’est pas une blague, il a été désigné à ce poste par Sarkozy en 2009 pour l’Arctique et l’Antarctique) vient d’accuser DSK d’être atteint d’une « maladie mentale » après ses démêlés au Sofitel de New York.

Si j’avais un don de caricaturiste, je le présenterais entouré de mites en train de lui bouffer sur le dos la laine déjà détricotée qui lui reste de son passage aux affaires. Le pauvre risque une broncho-pneumonie faute d’avoir soufflé dans le bon tuba.

« Rocroa », son surnom dans un ancien muppet show à la française à cause de son élocution coupée de croassements inaudibles, endosse ainsi son rôle de méchant corbeau aussi noir qu’étaient absconses ses interventions en politique.

Mes collégues de l’AFP, comme je l’ai relaté dans mon livre AFP : les soldats de l’information (Hugo Doc), devaient se mettre à quatre pour tenter de déchiffrer ce qu’il avait voulu dire devant les médias quand il était à Matignon.

L’âge (80 balais) a accentué la démence précoce de cet ancien prêtre de l’autogestion, qui avait réussi à me faire voter pour lui en 1969 et à contribuer ainsi à la chute de Charles de Gaulle. On m’a appris à ne rien regretter… Désormais, l’impétrant ne s’autogère plus lui-même.

Le commentaire médical de notre énarque sur DSK étonnera d’autant plus qu’il avait affirmé dans un programme de télé, en 2005, que « sucer n’est pas tromper ». Je n’invente rien…

Or les soucis de DSK au Sofitel concernent une fellation. Alors, il est bien malade lui aussi, ce Roro fondateur du RMI (devenu RSA) qui incite la jeunesse à sucer les mamelles de la France sans bouger le petit doigt, sauf pour d’autres programmes que je censure.

A défaut d’un asile chez les demeurés (pardon à eux pour cet écart), Rocard a toute sa place désormais chez ses manchots, pour les aider à jouir de leur vie, sans tromper sa femme, puisqu’ils ne peuvent même pas se livrer aux tristes délices d’Onan…

29 août 2011

Si les médias ont déjà renoncé à traquer la vérité sur l’affaire DSK depuis le non-lieu en faveur de l’ex-patron du FMI, mon site tient à revenir sur ce dossier pour dénoncer, preuves à l’appui, le montage contre lui.

Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, qui se révèle comme un imposteur condamné pour usage de faux témoignage dans une autre affaire en mai, avait présenté faussement la plainte de la femme de ménage comme un rapport médical.

Une fois de plus, j’insiste sur l’abnégation totale de mon investigation sur DSK menée avec l’objectif connu de vous tous, comme dans l’affaire Ingrid Betancourt et celle d’Outreau en cours d’enquête, sans aucun préjugé, mais contre les moulins à vent du politiquement correct.

Il faut savoir, ce que les médias ne vous ont pas dit, que l’avocat de Nafissatou Diallo vient d’être condamné pour usage de fausse preuves en justice par décision en date du 20 mai 2011 de la Cour de New York. Dans une instance Fryer c/ Omnicom, relative à l’indemnisation du préjudice d’un salarié à hauteur de 1 millions de $, le cabinet de Kenneth Tompson, a été condamné à 15.000 $ d’amende par cette Cour pour avoir laissé déposer un faux témoignage en justice en pleine connaissance de cause. Le caractère mensonger du témoignage déposé par le cabinet de Kenneth Thompson ressort littéralement de la retranscription par le greffier, le jour de l’audience. La Cour condamne Kenneth Thompson pour avoir « intentionnellement trompé le défendeur et son conseil au sujet des dommages potentiels subi par M. Fryer » .
En deux mots, Violet Fryer avait demandé des dommages et intérêts millionnaires à son ex-entreprise, Omnicom, sous prétexte d’un recul dans ses prérogatives après un nouvel accouchement, mais sans révéler, élément caché par son défenseur Kenneth Thompson, qu’elle avait entre-temps obtenu un nouveau poste chez Kraft, et mieux payé.

On comprend ainsi comment le même défenseur de Nafissatou Diallo n’a pas hésité à travestir la réalité et à mépriser toute déontologie pour faire triompher le mensonge et empêcher toute vérité de se manifester devant la juridiction de New York face à DSK. Ce n’est pas un hasard si le cabinet Thompson a accepté la cause de Nafissatou Diallo alors même que son premier avocat Norman Stiegel a préféré se désister du dossier.
La prétendue information de dernière minute qui aurait été révélée à l’Express par Kenneth Thompson – dont on nous assurait que les conclusions seraient d’une importance telle qu’elles devaient faire basculer la cause en faveur de Nafissatou Diallo – constitue, en réalité, la présentation trompeuse d’un document dépourvu de toute force probante.

L’Express, en effet, ignorait que le prétendu rapport médical qui prouverait que Nafissatou Diallo aurait été violée n’est en réalité que l’extrait du rapport qui enregistre la plainte de Nafissatou Diallo, déclaration recueillie par l’infirmière lors de l’arrivée à l’hôpital de la plaignante. Il s’agit d’un document unilatéralement établi par la plaignante et non d’un document établi contradictoirement à la demande du tribunal. Cette simple déclaration établie par Nafissatou Diallo au soutien de sa propre cause n’a aucune force probante et comptait déjà au nombre des pièces de la procédure lorsque le procureur a décidé la remise en liberté de DSK. Kenneth Thompson a prêté à ce document une valeur probante qu’il n’avait assurément pas afin de tromper l’Express et déclencher une opération de communication hors le tribunal dans l’espoir de se servir ensuite des publications de la presse française devant le procureur de New York.

Le vrai rapport médical, cinglant au détriment de la Guinéenne, vous le trouvez dans le rapport du procureur Cyrus Vance sur ce site. Aucune lésion de l’épaule ni du vagin chez Mme Diallo, aucune trace de DNA sous les ongles de DSK ni de son accusatrice, aucun déchirement du slip de la présumée victime.

Pour preuve de ce que j’avance, voici la copie de ce qu’ a publié à ce sujet le New York Law Journal:

Law Firm Is Sanctioned Over Client’s Concealment in Bias Suit
Mark Hamblett New York Law Journal
May 27, 2011
The law firm of Thompson Wigdor & Gilly has been sanctioned $15,000 for allowing a client in an employment discrimination suit to conceal that she had obtained a new job for substantially more money.
Southern District Judge William Pauley said Thompson Wigdor allowed Violet Fryer to testify at a deposition last year that she « didn’t hear back » and « didn’t get the job » when in fact she had been offered and accepted a new job at another company nearly two weeks before her testimony.
Thompson Wigdor was ordered to pay the sanction directly to Davis & Gilbert, which represents Omnicom Group Inc. in Fryer v. Omnicom Group Inc., 09 Civ. 9514. Ms. Fryer was ordered to pay $2,500 to Davis & Gilbert.
« While defendant has suffered some prejudice, the primary harm resulting from Ms. Fryer’s and Thompson Wigdor’s conduct is to the judicial process itself, » Judge Pauley said, according to a transcript of a May 20 hearing. The judge, however, did not grant the defense’s motion to dismiss the case.
Ms. Fryer was a research manager who had risen to the level of associate director at Omnicom in 2007 when she took her first maternity leave. She claims her status at the company changed in June 2008, when she gave notice that she would be taking a second maternity leave.
Ms. Fryer sued Omnicom in 2009, represented by Scott B. Gilly and Gregory N. Filosa of Thompson Wigdor. The suit claims she was demoted under a pretense as she was exercising her rights under the Family Medical Leave Act, 29 U.S.C. §2601, that the company failed to reinstate her to the same or equivalent position on her return from leave and/or that the company decided to eliminate her position while she was on leave. She sought declaratory and injunctive relief and damages for retaliatory termination.
Omnicom, represented by Davis & Gilbert, sought records and testimony from Ms. Fryer on her efforts to obtain new employment.
On Sept. 17, 2010, Ms. Fryer accepted a job with Kraft Foods. On Sept. 27, 2010, Thompson Wigdor submitted an expert report saying Ms. Fryer’s potential economic loss exceeded $1 million.
In its motion to dismiss and win sanctions, Omnicom claimed the report was based on « the false premise that Fryer would remain unemployed for years. »
« Fryer’s counsel repeatedly used this false report, implicitly supported by the absence of documents about her new job, as a benchmark to support inflated settlement demands, » Guy R. Cohen and Andrew Keisner of Davis & Gilbert state in their motion.
On Oct. 7, 2010, Ms. Fryer testified in a deposition that she either « didn’t hear back » or she « didn’t get the job. »
« That testimony was false, » Judge Pauley said at the hearing earlier this month. « It is also highly misleading, because it is clear from the tenor of the deposition and the questioner’s earlier inquiries that he was interested in whether Ms. Fryer had obtained new employment. »
Turning to counsel, Judge Pauley said the estimates in the expert’s report on Ms. Fryer’s potential economic loss « were inaccurate on the day the report was served. » Counsel could have disclosed this information before, during or after the deposition, particularly when they were engaged in settlement discussions between Oct. 12 and Oct. 20. The judge said it appeared that the firm failed to do so to extract a favorable settlement.
Judge Pauley said, « Mr. Filosa should have recognized that Ms. Fryer’s deposition testimony would mislead defendant’s counsel into believing that she had not obtained new employment. »
That became clear, the judge said, when he saw the videotape of the deposition.
« The body language and evasion is on the videotape, » he said. « It’s shocking and deeply disappointing to the court. »
Kenneth B. Thompson of Thompson Wigdor conceded at the May 20 hearing that mistakes were made but insisted they were not intentional and were not « part of any type of unconscionable scheme. » Mr. Thompson added that the firm had « taken steps…to make sure this never happens again. »
Mr. Thompson argued against the sanction of dismissal, saying that Ms. Fryer « deserves to have her case decided on the merits. »
« [I]f they did not discriminate against her in connection with her pregnancy, certainly a jury will reach that conclusion, » he said.
Judge Pauley agreed, and though he awarded the monetary sanctions, he said the matter did not warrant the extreme sanction of dismissing the case.
Mr. Cohen said yesterday that Judge Pauley has sent an important message that false and misleading statements, and in particular ones that can influence settlement negotiations, will not be tolerated, whether they are made by a party or by counsel.
Thompson Wigdor’s Mr. Gilly said yesterday, « We have the utmost respect for Judge Pauley, and accept his decision. That the Davis & Gilbert firm would publicize the judge’s decision to the Law Journal demonstrates their true motivations and strengthens our resolve in trying this case on its factual merit. »
@|Mark Hamblett can be contacted at mhamblett@alm.com

24 août 2011

Voici le texte intégral en français, traduit par le site Rue89, des conclusions rendues lundi soir par le procureur de New York en faveur d’un non-lieu pour DSK, approuvé mardi par le juge Obus. Rue89 a traduit l’acte.

Inculpation No. 02526/2011.
Au nom du peuple, l’Etat de New York demande l’abandon de l’inculpation de l’accusé, telle qu’elle est désignée ci-dessus, pour agression sexuelle sur la plaignante dans un hôtel du centre de Manhattan, le 14 mai 2011.
La nature des accusations exige que l’on soit en mesure de prouver avec certitude que l’accusé a engagé un acte sexuel avec la plaignante sous la contrainte, et sans son consentement. Après enquête approfondie, il apparaît que la preuve de deux éléments essentiels – l’usage de la force et l’absence de consentement – ne peut reposer que sur le témoignage de la plaignante lors d’un procès.
Les preuves physiques, scientifiques et d’autres natures indiquent que l’accusé a engagé un acte sexuel précipité avec la plaignante, mais elles ne permettent pas de dire si l’acte a eu lieu sous contrainte et sans consentement. Mis à part la plaignante et l’accusé, il n’y a pas d’autre témoin de l’incident.
Pour que le jury déclare l’accusé coupable, il est donc nécessaire qu’il soit convaincu, au delà de tout doute raisonnable, que la plaignante est digne de foi. L’affaire dépend en effet entièrement de son témoignage.
Au moment de l’inculpation, toutes les preuves disponibles nous ont laissé penser que la plaignante était fiable. Mais d’autres éléments recueillis durant l’investigation ont gravement remis en cause sa fiabilité dans cette affaire. Que des individus aient menti dans le passé ou commis des actes criminels ne fait pas nécessairement d’eux des gens indignes de notre confiance et cela ne nous empêche pas de les appeler à la barre des témoins durant le procès.
Mais, quelle que soit la réalité des faits dans cette affaire, le nombre et la nature des mensonges de la plaignante nous empêche de faire confiance sa version des faits au delà de tout doute raisonnable. Si nous ne pouvons la croire sans douter, nous ne pouvons pas demander à un jury de le faire.
Nous avons résumé ci-dessous les circonstances qui nous ont amenés à cette conclusion. Il ne s’agit pas d’une affaire où nous imposons à la plaignante des investigations excessives ou des critères élevés. Au contraire, nous sommes confrontés à une situation dans laquelle il est apparu de plus en plus clairement que la crédibilité de la plaignante ne résistait même pas à l’évaluation la plus basique.
En résumé, la plaignante a donné des versions changeantes et contradictoires des événements concernant la supposée agression sexuelle, et par conséquent, nous ne pouvons pas être certains de ce qui s’est passé le 14 mai 2011, et nous sommes incapables de savoir quelle version la plaignante donnerait durant le procès.
Au cours de chaque entretien avec des procureurs, alors qu’il lui était simplement demandé d’être sincère, elle ne l’a pas été, que cela soit sur des détails ou sur des faits importants, certains mensonges portant sur son passé et d’autres sur les circonstances même des faits incriminés.
Dans deux entretiens, par exemple, la plaignante a évoqué de façon saisissante, et avec de nombreux détails, un viol dont elle aurait été victime dans son pays d’origine, viol dont elle admet aujourd’hui qu’il a été entièrement inventé. Elle a également admis avoir menti lorsqu’elle a raconté aux procureurs et au grand jury ce qu’elle avait fait immédiatement après l’agression.
Cette tendance à dire des contre-vérités ne date pas des contacts de la plaignante avec le bureau du procureur. Notre investigation a montré que la plaignante avait déjà fait dans le passé de nombreuses fausses déclarations, dont certaines inscrites dans les fichiers du gouvernement et faites sous serment ou sous peine de parjure. Tous ces mensonges devraient, évidemment, être révélés au jury durant un procès, et leur accumulation aurait un effet dévastateur.
Enfin, nous avons conduit une minutieuse investigation dans le but de découvrir des éléments permettant d’en savoir plus sur la nature de l’acte sexuel engagé entre l’accusé et la plaignante. Tous les éléments recueillis, qui auraient pu être pertinents pour statuer sur les questions de l’usage de la force et de l’absence de consentement, se sont révélés non concluants.
Nous ne faisons pas cette recommandation à la légère. Notre scepticisme vis-à-vis de la crédibilité de la plaignante nous rend incapables de savoir ce qui s’est véritablement passé dans la suite de l’accusé, le 14 mai 2011, et empêche donc de continuer les poursuites judiciaires. Par conséquent, nous conseillons respectueusement que l’accusation soit levée.
Critères des poursuites judiciaires
Le pouvoir substantiel accordé aux procureurs leur donne aussi des responsabilités spécifiques. Plutôt que d’agir uniquement en avocat zélé au service d’un client, les procureurs ont un vaste ensemble d’obligations envers la communauté, la victime et l’accusé :
« Le [procureur] n’est pas le représentant de telle ou telle partie dans une controverse, mais celui d’une souveraineté dont l’obligation de gouverner de façon impartiale est aussi irréfutable que son obligation de gouverner tout court ; et, par conséquent, dont les intérêts dans une poursuite judiciaire ne sont pas de gagner l’affaire, mais de rendre justice. Ainsi, il est d’une certaine façon le serviteur de la loi, et son but est double : le coupable ne doit pas s’échapper, ni l’innocent souffrir. »
Les règles de conduite professionnelle de New York qui, comme les codes d’éthique ont cours dans toutes les juridictions, et l’American Bar Association’s Criminal Justice Standards, se basent sur la même croyance selon laquelle la tâche du procureur est d’obtenir justice, et pas de simplement gagner des procès.
Les procureurs doivent également respecter les règles spécifiques qui reflètent notre rôle particulier dans le système judiciaire. Plus précisément, une condamnation ne doit être prononcée que si la culpabilité est prouvée sans doute possible. Cette exigence est « basée sur la croyance fondamentale de notre société selon laquelle il est bien pire de condamner un innocent, que de laisser partir un coupable ».
Cette exigence guide les décisions des procureurs, qui doivent décider s’ils doivent ou non poursuivre une enquête, au-delà de la décision des jurés de condamner ou non. Au début d’une affaire, les procureurs sont souvent appelés à porter des accusations avant que tous les éléments de l’enquête soient connus, ou que toutes les étapes de l’investigation exigées pour le procès soient remplies.
Selon les règles éthiques de New York, les accusations peuvent être utilisées à charge de l’accusé si elles se basent sur des causes probables. Mais pendant des générations, avant de déterminer si une affaire devait être menée jusqu’au tribunal, les procureurs criminels du comté de New York ont insisté sur le fait qu’ils devaient être personnellement convaincus, sans aucun doute possible, de la culpabilité de l’accusé, et qu’ils devaient se savoir capables de prouver cette culpabilité à un jury.
Les normes qui gouvernent la conduite des procureurs fédéraux, ainsi que l’American Bar Association’s Criminal Justice Standards, prennent aussi en compte le besoin pour les procureurs de jouer le rôle de gardiens, en leur permettant d’évaluer librement les preuves et les éléments disponibles avant de décider de l’ouverture d’un procès.
Ces principes essentiels, que ce Bureau respecte, sont donc clairs. Si, après un minutieux examen des faits, le procureur n’est pas convaincu que l’accusé est indubitablement coupable, il ou elle doit abandonner le procès. Bien qu’une certaine empathie pour les victimes d’un crime soit un attribut essentiel pour chaque procureur travaillant dans ce Bureau, cette empathie ne doit pas éclipser notre obligation d’agir en se basant exclusivement sur des preuves et des faits, en toute conscience de la haute importance des preuves dans une affaire criminelle.
Cadre procédural
L’accusé a été placé en détention provisoire le 14 mai 2011, et le jour suivant, a été identifié par la plaignante parmi d’autres individus, puis arrêté par les services de police de New York. Au nom du peuple, il a été déposé une plainte pour crime le 15 mai 2011, accusant le prévenu des mêmes crimes pour lesquels il a été plus tard inculpé, qui sont spécifiés plus bas.
Le 16 mai 2011, l’accusé a été traduit en justice à la cour d’assises, et malgré une demande de mise en liberté sous caution, a été placé en détention provisoire sur demande du représentant du peuple. Suivant les codes du CPL, paragraphe 180.80, il a été demandé au représentant du peuple de présenter des éléments à un grand jury dans un délai de 144 heures, afin d’éviter que l’accusé ne soit remis en liberté.
En se basant sur les éléments disponibles à ce moment-là, il a été estimé au nom du peuple que l’affaire devrait être présentée à un jury. Cette présentation a eu lieu le 18 mai 2011 ; l’accusé a choisi de ne pas témoigner durant la procédure. Le jury a décidé une mise en examen ce même jour.
La mise en examen (numéro 02526/2011) portait sur le prévenu, Dominique Strauss-Kahn :
• deux accusations d’acte sexuel criminel aggravé, en infraction au paragraphe 130.50 du code pénal ;
• une accusation de tentative de viol aggravé, en infraction aux paragraphes 110 et 130.55 du code pénal ;
• une accusation d’abus sexuel aggravé, en infraction au paragraphe 130.65 du code pénal ;
• une accusation de détention illégale sans préméditation, en infraction au paragraphe 135.05 du code pénal ;
• une accusation de relation forcée, en infraction au paragraphe 130.52 du code pénal ;
• et une accusation d’abus sexuel au troisième degré, en infraction au paragraphe 130.55 du code pénal.
Le 19 mai 2011, l’accusé a réitéré sa demande de libération sous caution, et la caution a été portée à 1 million de dollars, plus une garantie de 5 millions. Les conditions de libération incluaient la remise du passeport de l’accusé aux autorités, sa détention à domicile dans le comté de New York, et le port d’un bracelet électronique à ses frais.
Il a été traduit en justice le 6 juin 2011, a plaidé non-coupable. Le procès a été reporté au 18 juin 2011.
Le 30 juin 2011, dans une lettre destinée à l’avocat de la défense, il a été révélé une information disculpant la défense concernant la plaignante, conformément aux obligations du procureur sous CPL 240.20, la règle 3.8 des règles de conduite de New York, Brady v. Maryland, 373 U.S 83 (1963).
L’affaire a été avancée au 1er juillet 2011 pour des raisons de renouvellement d’une demande de caution, pour laquelle cette cour a libéré l’accusé sur son propre engagement, à la demande de ce dernier et avec le consentement du procureur, à la condition que celui-ci garde possession du passeport et des documents de voyage de l’accusé.
Le 7 juillet 2011, l’affaire a été administrativement ajournée, sur consentement des deux parties, du 18 juillet 2011 au 1er août 2011, afin de permettre la poursuite de l’enquête des deux côtés. Le 26 juillet 2011, l’affaire de nouveau été ajournée au 23 août 2011.
Déroulé de l’enquête
A – Enquête initiale et acte d’accusation
Le 14 mai 2011, la plaignante, une femme de chambre de l’hôtel Sofitel, situé sur la 44e rue Ouest à Manhattan, fait état au service de sécurité de l’hôtel, puis plus tard aux forces de police new yorkaises (NYPD), qu’elle a été agressée sexuellement par l’accusé dans sa suite d’hôtel.
Elle l’a tout d’abord signalé à son responsable, peu de temps après son interaction avec l’accusé, étant chargée de nettoyer sa suite (suite 2806). Son responsable a ensuite convoqué un responsable supérieur, à qui la plaignante a répété sa réclamation. Ce dernier a informé la sécurité de l’hôtel et la direction du personnel, qui a en retour informé la police new yorkaise.
Des agents de la police de New York et des inspecteurs ont interrogé la plaignante, avant de l’emmener dans un hôpital du quartier pour un examen médical, plus tard dans l’après-midi.
En substance, la plaignante a rapporté aux inspecteurs de la police de New York, puis aux procureurs par la suite, que peu de temps après être entrée dans la suite de l’accusé pour effectuer ses tâches de ménage, celui-ci est sorti nu de sa chambre, s’est approché d’elle et a attrapé ses seins sans son consentement.
Selon la plaignante, l’accusé a fermé la porte de la suite, l’a forcée à entrer dans la chambre, l’a poussée sur le lit, et a tenté d’introduire avec force son pénis dans sa bouche, ce qui a entraîné un contact entre son pénis et les lèvres fermées de la plaignante. Celle-ci a déclaré que l’accusé l’a ensuite entraînée de force plus loin dans la suite, en la poussant à terre dans un couloir étroit.
Selon elle, il a arraché son uniforme, a baissé ses bas, a atteint sa culotte puis a violemment saisi son sexe. Enfin, la plaignante a rapporté que l’accusé l’a mise à genoux de force, a introduit de force son pénis dans sa bouche, a tenu sa tête, puis a éjaculé.
Selon la plaignante, cet acte sexuel a eu lieu au fond du couloir de la suite, à proximité de la salle de bain. La plaignante a affirmé avoir immédiatement craché le sperme de l’accusé sur la moquette du couloir de la suite, et l’a fait à plusieurs reprises alors qu’elle fuyait.
Le département de police new yorkais a découvert que l’accusé devait prendre un vol Air France [note de bas de page 8 : les enquêteurs ont auditionné les employés de l'hôtel qui ont effectué le check-out de l'accusé aux alentour de 12h28 et ils ont également auditionné le concierge de l'hôtel] à l’aéroport John F. Kennedy, à destination de l’Europe. Il lui a été demandé de descendre de ce vol à 16h45, par des inspecteurs assignés au « Port Authority Police Department », avant d’être arrêté.
[Note de bas de page 9 : jusqu'au 6 juin 20011, la défense n'a pas révélé l'endroit précis où l'accusé se trouvait entre son départ de l'hôtel et son arrivée à l'aéroport. Il s'agit du restaurant situé dans la sixième avenue entre la 51e et 52e rue].
Le jour de l’incident et les jours qui ont suivi, la plaignante a été interrogée par des inspecteurs de la brigade des victimes de la police de New York (NYPD’s Manhattan Special Victims Squad) et par d’autres enquêteurs et procureurs expérimentés, y compris des membres de l’unité spéciale pour les crimes sexuels du bureau (Office’s Sex Crimes Unit).
Comme dans toutes les affaires où la parole d’un témoin est essentielle pour prouver le crime, les procureurs ayant interrogé la plaignante lui ont expliqué que ses situations passée et présente seraient minutieusement examinées. La plaignante a exprimé sa volonté de coopérer avec les procureurs et d’être honnête.
Lors de ces premiers entretiens avec les procureurs et la police, qui ont enquêté sur les détails de l’incident ainsi que sur la situation et l’histoire de la plaignante, la plaignante est apparue honnête. Son compte-rendu de l’incident était convaincant, et, comme elle l’a répété à plusieurs reprises aux inspecteurs et procureurs de l’unité spéciale aux victimes, il était matériellement cohérent.
L’enquête, entre la date de l’incident et le 18 mai, n’a pas révélé de signaux d’alarme dans les origines de la plaignante. Elle travaillait à l’hôtel Sofitel depuis plus de trois ans, son dossier de salarié ne contenait aucun rapport d’incident ou problème disciplinaire, et ses responsables ont indiqué qu’elle était une employée modèle.
Elle n’avait pas d’antécédents criminels, et a obtenu l’asile par la Cour de l’immigration des Etats-Unis. Bien qu’elle ait noté être entrée, à l’origine, avec un visa et des documents délivrés à quelqu’un d’autre, elle a reconnu ce fait sans hésitation.
Des preuves montrent enfin que la plaignante n’avait pas connaissance au préalable du séjour de l’accusé à l’hôtel, ce qui lui aurait permis d’organiser une rencontre entre eux, et qu’elle est entrée dans la suite de l’accusé pensant qu’elle était vide. D’autres preuves étaient cohérentes avec l’idée d’une relation sexuelle non-consentie entre la plaignante et l’accusé.
Comme décrit ci-dessus, la plaignante aurait laissé éclater son désarroi face à ses deux responsables. Tous deux ont été auditionnés par un procureur dans les premières 48 heures de l’enquête, et ont rapporté qu’elle était apparue bouleversée.
Un résultat préliminaire des tests d’ADN conduits par l’Office of Chief Medical Examiner (OCME) a établi que plusieurs taches situées sur la partie supérieure de l’uniforme d’hôtel de la plaignante contenaient du sperme qui fournissait l’ADN de l’accusé.
Bien que ce résultat d’expertise préliminaire n’ait pas déterminé si la relation sexuelle entre la plaignante et l’accusé était forcée, il a établi que l’accusé avait pris part à un acte sexuel avec la plaignante. Une enquête rapide a également indiqué que la rencontre entre la plaignante et l’accusé fut brève, suggérant qu’il était peu probable que l’acte sexuel soit le produit d’une rencontre consensuelle.
L’enquête précédant la mise en accusation a indiqué que l’accusé avait quitté l’hôtel de façon précipitée, mais l’on ne savait pas à ce moment-là où l’accusé était allé directement après son départ de l’hôtel. Ce qui était connu, cependant, est que plus tard dans l’après-midi du 14 mai 2011, l’accusé avait embarqué à bord d’un vol Air France à l’aéroport John F. Kennedy, à destination de l’Europe, et qu’il était un citoyen français.
Avant la lecture de son acte d’accusation, il était aussi établi qu’en tant que citoyen de nationalité française, il ne ferait pas l’objet d’une extradition pour motif de poursuites criminelles aux Etats-Unis.
En se fondant sur de multiples entretiens avec la plaignante et une évaluation de toutes les preuves disponibles à l’époque, les inspecteurs de la police de New York et procureurs qui ont parlé avec la plaignante pendant la phase initiale de l’enquête sont arrivés, individuellement, à la même conclusion. Chacun a trouvé la plaignante crédible et était convaincu que les charges criminelles étaient fondées. En conséquence, l’affaire a été présentée devant un grand jury et l’accusé a été inculpé.
B – Enquête ultérieure
De la date de l’acte d’accusation jusqu’à ce jour, le bureau du procureur de la République a continué de mener une enquête complète et de grande envergure sur l’accusé, la plaignante et les faits de cette affaire.
Cette enquête a inclus les résultats d’examens physiques sur la plaignante et l’accusé, et les tests scientifiques d’expertises médico-légales obtenues de chacun d’eux et de leurs vêtements.
Agents de police, enquêteurs, témoins, personnel médical, médecins légistes et experts médicaux ont été interrogés. Documents, comptes-rendus et autres preuves ont été regroupés et analysés, y compris des rapports de communications électroniques, des rapports financiers, des rapports d’entreprise, des rapports médicaux, des enregistrements des caméras de vidéo-surveillance de l’intérieur de l’hôtel Sofitel et d’autres endroits, des rapports de police et autres rapports d’agences gouvernementales et de maintien de l’ordre.
Etant donné qu’un témoignage crédible de la part de la plaignante était nécessaire à l’établissement des charges criminelles, procureurs et inspecteurs ont interrogé la plaignante de façon répétée, au sujet de son histoire personnelle, de sa situation actuelle et des détails mêmes de l’incident.
Lors des entretiens menés entre le 14 mai et le 7 juillet 2011, la plaignante a fourni aux procureurs et enquêteurs des informations détaillées concernant l’incident, son histoire personnelle et sa situation actuelle.
Le 7 juin 2011, l’avocat de la plaignante a signalé aux procureurs que celle-ci n’avait pas été honnête au sujet de son histoire personnelle, y compris concernant son compte-rendu d’un précédent viol présumé. Lors d’entretiens complémentaires menés les 8,9 et 28 juin 2011, la plaignante a elle-même admis ne pas avoir été honnête avec les procureurs sur certains aspects de son histoire personnelle et de sa situation actuelle.
Au cours de l’entretien datant du 28 juin, en présence de son avocat, de trois procureurs et d’un enquêteur, la plaignante a non seulement admis avoir été malhonnête avec les procureurs au sujet de ses activités faisant suite à l’incident, mais également qu’elle avait menti au grand jury sur ce point important. Dans une lettre datée du 30 juin 2011, le Bureau a dévoilé les fausses déclarations et autres potentielles informations disculpant l’accusé à la cour et à l’avocat de la défense.
Du 1er juillet 2011 jusqu’à ce jour, le Bureau a continué d’enquêter sur l’affaire, y compris en interrogeant davantage de témoins civils, de scientifiques, d’experts médicaux, en analysant d’autres résultats d’expertises médico-légales fournis par l’OCME, et en évaluant des informations supplémentaires fournies par les avocats de la plaignante et de l’accusé.
Les procureurs ont également rencontré la plaignante une nouvelle fois, le 27 juillet 2011 ; la plaignante a alors de nouveau modifié son compte-rendu de ce qui s’était déroulé immédiatement après sa rencontre avec l’accusé.
Raisons de la préconisation d’un non-lieu
Au procès, l’accusation a en charge de prouver la culpabilité d’un accusé, au-delà d’un doute raisonnable. Pour une multitude de raisons, y compris celles présentées ci-dessous, les mensonges de la plaignante ne permettent pas de lui accorder de la crédibilité.
Parce que nous ne pouvons pas donner du crédit au témoignage de la plaignante au-delà d’un doute raisonnable, nous ne pouvons demander à un jury de faire de même. Les preuves restantes sont insuffisantes pour justifier les poursuites criminelles. Nous sommes par conséquent obligés, au regard de questions aussi bien légales qu’éthiques, de nous diriger vers le non-lieu.
Le témoignage de la plaignante au procès ne peut compter pour établir une preuve au-delà d’un doute raisonnable.
Au cours de nombreux entretiens, la plaignante a donné des versions incompatibles avec ce qu’il s’est passé immédiatement après sa rencontre avec l’accusé, ce qui ne nous permet pas d’établir ce qui s’est réellement passé ni de se reposer sur l’honnêteté du témoignage de la plaignante à cet égard. Elle a également fait plusieurs fausses déclarations, que ce soit aux procureurs ou dans le passé. Certaines de ces déclarations ont été faites sous serment ou peine de parjure, ce qui constitue pour certaines d’entre elles des actes frauduleux.
A. Les incessants récits contradictoires de la plaignante sur l’incident
Première version. Depuis la date de l’événement jusqu’au 28 juin 2011, la plaignante a affirmé, a plusieurs reprises, qu’après l’acte sexuel avec l’accusé, elle s’est enfuie de la suite de l’accusé et est allée au bout du couloir du 28e étage.
La plaignante a affirmé ensuite qu’après avoir craché sur le tapis du couloir du 28e étage, elle est restée sur place, terrorisée, jusqu’à ce qu’elle tombe par hasard sur son responsable. A ce moment, ils sont entrés tous les deux dans la suite 2806. Elle a alors commencé à raconter à son responsable ce qu’il s’était passé entre elle et l’accusé, et a répété sa version des faits lorsqu’un deuxième responsable est arrivé.
Lorsque les procureurs lui ont demandé pourquoi elle était restée dans le couloir du 28e étage plutôt que de fuir dans une chambre vide de ce même étage pour téléphoner à ses responsables ou à la sécurité, elle a affirmé que toutes les autres chambres de l’étage indiquaient la mention « Ne pas déranger », ce qui les rendait inaccessibles.
Deuxième version. Lors d’un entretien mené le 28 juin 2011, en la présence de son avocat, la plaignante a donné une version sensiblement différente de ses agissements après les faits dans la suite de l’accusé. Au début de cet entretien, elle a admis pour la première fois qu’elle avait été malhonnête à propos de ce point-clé avec les procureurs et qu’elle avait menti dans son témoignage face au grand jury.
La plaignante a donné une nouvelle version de ces faits, affirmant qu’après avoir quitté la suite de l’accusé, elle est allée directement dans une autre chambre (la 2820) pour finir de la nettoyer. Elle a donné des détails précis, disant qu’elle avait passé l’aspirateur et nettoyé les miroirs ainsi que d’autres meubles dans la chambre. Elle a ensuite affirmé qu’après avoir fini ses tâches ménagères dans la chambre 2820, elle est retournée dans la chambre de l’accusé et a commencé à la nettoyer.
Elle a rapporté que lorsque par la suite, elle s’est dirigée vers une armoire à linge dans le couloir du 28e étage pour récupérer des fournitures, elle a rencontré son responsable, et qu’ensuite ils sont allés tous les deux dans la chambre 2806.
Plutôt que de raconter immédiatement à son supérieur ce qu’il s’était passé avec l’accusé, la plaignante a questionné son responsable sur un hypothétique problème concernant le droit des clients à imposer des choses aux membres de l’équipe, et a rapporté les faits avec l’accusé seulement quand son responsable l’y a obligée.
Etant donné l’importance de cette nouvelle version – qui était en désaccord avec son témoignage sous serment devant le grand jury -, les procureurs l’ont beaucoup interrogée à ce sujet au cours de l’audition du 28 juin.
La plaignante ayant affirmé qu’elle était entrée dans la chambre 2820, le cabinet du procureur a obtenu l’enregistrement électronique des badges de cette chambre. Ces enregistrements, qui ont aussi été donnés à l’avocat de la plaignante par quelqu’un d’extérieur à ce bureau, indiquent que la plaignante est entrée dans la chambre 2820 à 12h26, et est aussi entrée dans la suite de l’accusé à la même minute (12h26).
Le laps de temps extrêmement court que la plaignante a passé dans la chambre 2820 contredit le fait qu’elle affirme avoir accompli plusieurs tâches ménagères dans cette chambre avant de rejoindre la suite de l’acccusé.
Troisième version. Dans une audition ultérieure menée le 27 juillet 2011, la plaignante a de nouveau changé sa version concernant ses actes immédiats après la rencontre avec l’accusé.
A cette date, elle a déclaré avoir nettoyé la chambre 2820 plus tôt dans la matinée du 14 mai. Immédiatement après les faits, elle a affirmé avoir quitté la suite 2806 et couru jusqu’à l’angle du couloir, comme elle l’avait d’abord indiqué, sans aller directement à la chambre 2820.
Après avoir vu l’accusé prendre l’ascenseur, elle est entrée momentanément dans la chambre 2820 pour récupérer des fournitures. Concernant les propos de la plaignante du 28 juin, elle les dément et affirme qu’il y a dû avoir une erreur de traduction de la part de l’interprète ou une incompréhension des procureurs.
[Note de bas de page 11 : la plaignante a fait la démonstration de sa capacité à parler et à comprendre l'anglais au cours de plusieurs entretiens avec les enquêteurs et les procureurs. En effet, par moments, elle a corrigé les traductions de ses remarques faites par l'interprète. Chose qu'elle n'a notamment pas faite sur ce sujet précisement lors de l'entretien du 28 juin].
Mais cette revendication n’est pas crédible à la lumière des nombreuses questions complémentaires posées concernant ce point, ainsi que l’insistance de la plaignante le 28 juin sur le fait que la version donnée ce jour-là était honnête.
D’un point de vue critique, sa volonté de nier avoir tenu ces propos à ces mêmes procureurs qui l’ont entendue les tenir le 28 juin met sa crédibilité en question à une étape des plus importantes.
[Note de bas de page 12 : il y a au moins un doute sur le fait que la plaignante est tout de suite sortie de la suite après que l'accusé a éjaculé. Le rapport du Sexual Assault Forsenic Examiner (Safe, examinateur assermenté médico-légal des agressions sexuelles) qui a examiné la plaignante à l'hôpital le jour des blessures décrit la version de la plaignante sur l'éjaculation de l'accusé et déclare : « La plaignante rapporte qu'il s'est habillé et a quitté la chambre et qu'il ne lui a rien dit durant les faits ».
Ce rapport suggère certainement que l'accusé a quitté les lieux en premier, bien que l'examinateur reconnaît la possibilité que le rapport regroupe différentes parties du récit de la plaignante dans la même phrase.]
En l’absence de preuve disponible, le procureur reste incapable de tirer un récit cohérent de la plaignante concernant ce qu’elle a fait après les faits – des problématiques qui pourraient être centrales au procès.
Non seulement cela affecte sa fiabilité en tant que témoin, mais ces versions différentes compliquent la tâche d’établir ce qu’il s’est réellement passé dans le laps de temps crucial entre 12h06 et 12h26 ; et nous n’avons aucune confiance en la plaignante et sur l’honnêteté de ses propos si elle était appelée comme témoin au procès.
B. Le choix persistant de la plaignante à faire de fausses déclarations, incluant les fausses versions d’un précédent viol.
1. Fausse version d’un viol
En réponse aux questions des procureurs le 16 mai 2011, la plaignante a indiqué qu’elle avait déjà été violée par des soldats qui avaient envahi sa maison en Guinée. Dans un entretien le 30 mai 2011, elle a donné des détails précis et importants sur le nombre et la nature de ses assaillants et la présence de sa petite fille de 2 ans durant la scène qui, a-t-elle dit, a été enlevée de ses bras et jetée à terre.
Pendant les deux entretiens, elle a identifié certaines cicatrices visibles sur elle, qui selon elle proviennent de l’attaque. A ces deux occasions, la plaignante a raconté le viol avec beaucoup d’émotion et de conviction : elle a pleuré, parlé avec hésitation, est apparue – chose qu’on peut comprendre – bouleversée, et pendant la première audition, elle a plongé son visage entre ses bras posés sur la table devant elle.
Lors d’entretiens ultérieurs menés les 8 et 9 juin 2011, la plaignante a avoué aux procureurs qu’elle avait entièrement inventé cette attaque. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, elle a d’abord dit qu’elle avait menti sur ce viol collectif parce qu’elle avait inclus ce fait dans sa demande d’asile et qu’elle avait peur de ne pas dire la même chose que dans ladite demande. Elle a aussi ajouté qu’au moment où elle a affirmé cela, elle n’était pas sous serment.
Lorsqu’elle a été confrontée au fait que sa demande d’asile écrite ne mentionnait pas de viol collectif, elle a assuré avoir inventé le viol collectif, comme d’autres détails de sa vie en Guinée, avec l’aide d’un homme non nommé qu’elle a consulté lorsqu’elle préparait son asile.
Elle a dit aux procureurs que cet homme lui avait donné une cassette incluant la mention d’un viol fictif, mention qu’elle a mémorisée. Au bout du compte, elle a dit aux procureurs qu’elle décidait de ne pas faire référence au viol dans sa demande écrite.
[Note de bas de page 14 : lors de ses auditions des 9 et 28 juin, la plaignante a déclaré qu'elle avait en effet été violée dans le passé dans son pays natal, mais dans un contexte complètement différent de celui qu'elle avait décrit lors de ses auditions précédentes. Nos auditions de la plaignante n'ont rien donné permettant d'enquêter sur ou de vérifier ce fait.]
Il est clair que, dans le cas où une plaignante accuse un suspect d’agression sexuelle, le fait qu’elle ait donné précédemment une fausse version d’une autre agression sexuelle est hautement significatif. Ce qui a été dit aux procureurs comme un mensonge intentionnel, et fait d’une manière complétement persuasive – manière identique à celle que la plaignante a adoptée pour raconter la rencontre avec l’accusé – est aussi hautement significatif.
Mais la chose la plus considérable est sa capacité à raconter une invention comme un fait avec une totale conviction.
Les procureurs avancent souvent au jury que le comportement d’un témoin est un facteur-clé dans l’évaluation de la crédibilité, et un juge donne la même instruction aux jurés d’un point de vue législatif . Dans ce cas, la preuve des éléments de l’usage de la force et d’un manque de consentement reposent sur un seul témoin, la plaignante.
Le fait qu’elle ait précédemment convaincu des procureurs et des enquêteurs aguerris qu’elle avait été la victime d’une autre agression sexuelle, sérieuse et violente – mais fausse -, avec la même attitude qu’elle aurait sûrement eu au procès, est fatal.
Sachant que son attitude convaincante ne peut être le signe fiable de son honnêteté, et ajoutés à cela les nombreux mensonges lors de nos entretiens avec elle, nous sommes obligés de conclure que nous ne sommes plus convaincus de la culpabilité de l’accusé au-delà d’un doute raisonnable, et ne pouvons demander à un jury de condamner sur la base du témoignage de la victime.
[Note de bas de page 15 : à certains moments, les mensonges de la plaignante étaient accompagnés de dramatiques étalages d'émotions. Au cours d'une des auditions, le procureur a interrogé la plaignante sur une circonstance personnelle particulière, et elle a calmement répondu par la négative à la demande.
Dans une audition deux jours plus tard, elle a été interrogée de manière plus poussée sur le même sujet. En réponse, elle s'est laissée tomber sur le sol, puis s'est roulée en pleurant ; après s'être ressaisie, elle a dit ne pas connaître la réponse à la question du procureur. Encore dans un autre entretien, le procureur a reposé ses questions. Cette-fois, la plaignante a répondu par l'affirmative, d'une manière factuelle, à la question.]
2. Faux témoignage sous serment
Egalement significatif, la plaignante a admis avoir fait une fausse déclaration sous serment, dans un témoignage devant le grand jury qui a décidé de la présente inculpation, et aussi dans des déclarations écrites, et dont la non-sincérité est soumise à des peines de parjure vis-à-vis du gouvernement fédéral.
Dans un cas comme celui-ci, où le témoignage de la plaignante est crucial pour prouver les accusations de crime au-delà de tout doute raisonnable, le fait qu’elle ait fait un faux témoignage devant un grand jury à propos des faits incriminés et qu’elle ait fourni de faux documents soumis à des peines de parjure est hautement problématique.
3. Autres contre-vérités
En plus des faux récits de la plaignante sur un viol et les fausses déclarations faites sous serment ou sous risque de peine pour parjure, elle a manqué de sincérité vis-à-vis des enquêteurs à propos de tant d’autres éléments que nous ne pouvons plus lui faire confiance.
Par exemple, elle fait de nombreuses déclarations (qui, admet-elle maintenant, étaient frauduleuses) pour proroger son droit à résider dans un logement à loyer modéré, déclarations dans lesquelles elle omettait de déclarer ses revenus du Sofitel. La plaignante a également manqué de sincérité à de nombreuses reprises, sur des sujets divers touchant à son passé et ses relations personnelles.
Ce n’est pas tout : en réponse à des questions de routine des procureurs concernant ses sources de revenu, la plaignante n’a pas évoqué des flux d’argent – 60000 dollars au total – déposés sur son compte bancaire par d’autres personnes de quatre autres Etats. Quand elle a été interrogée sur ces transactions, elle a déclaré qu’elle avait autorisé son fiancé en Arizona à utiliser son compte courant pour y faire des dépôts pour ce qu’elle croyait être, a-t-elle déclaré, un commerce de vêtements et d’accessoires.
[Note de bas de page 16 : le fiancé de la plaignante a été condamné en Arizona pour trafic de cannabis, après avoir livré 36 500 dollars à des policiers en civil [se faisant passer pour des vendeurs, ndlr] afin d’acquérir ce cannabis. La plaignante a déclaré qu’elle n’avait pas connaissance du fait que les fonds déposés sur son compte étaient issus du trafic de drogue.]
A l’époque, a-t-elle déclaré, il lui avait demandé de retirer des sommes qu’il avait déposées et de donner l’argent à un partenaire commercial situé à New York. Elle a affirmé ne pas savoir combien d’argent avait transité sur son compte de cette façon. Bien qu’elle nie avoir profité d’aucune de ces transactions, des parts de chaque dépôt restaient fréquemment sur son compte.
Par ailleurs, dès le 16 mai 2011, la plaignante a été interrogée sur ses potentielles motivations financières, sachant qu’elle avait recruté un avocat spécialisé dans les affaires civiles. Elle a déclaré sans équivoque qu’elle n’avait pas saisi la justice en vue d’obtenir de l’argent. Elle a maintenu cette position au cours d’auditions qui ont précédé ou succédé à l’inculpation [de Strauss-Kahn, ndlr], déclarant avec émotion, à une occasion, que personne ne pourrait « l’acheter ».
Mais à une date très proche de ces déclarations, la plaignante a eu une conversation téléphonique avec son fiancé incarcéré, dans laquelle a été mentionné le potentiel gain financier qu’il était possible de tirer de l’événement du 14 mai 2011.
[Note de bas de page 17 : cet appel a été traduit et certifié conforme par deux traducteurs Fulani-Anglais. Bien que divergents dans le mot-à-mot précis, les deux traductions sont sur le fond similaires sur la question de gagner de l'argent avec l'assistance d'un avocat spécialisé au civil. Le 8 août 2011, la plaignante a introduit une plainte au civil contre l'accusé, demandant des dommages et intérêts dans des proportions non spécifiées.]
Bien qu’il n’y ait rien de répréhensible à chercher une réparation financière à l’occasion d’une poursuite civile, le fait que la plaignante ait démenti avoir un intérêt financier contribue à affecter sa crédibilité.
En résumé, la plaignante a manqué de sincérité de façon persistante et parfois inexpliquée dans sa description de faits, tantôt de grande, tantôt de petite importance. Dans nos entretiens avec elle, la vérité complète sur les faits incriminés et sur son passé est restée pour cette raison difficile à cerner.
Les preuves physiques et les autres preuves ne permettent pas d’établir un usage de la force ou d’absence de consentement.
Les preuves physiques, médicales ou autres qui sont disponibles dans cette affaire ne sont pas de grande valeur sur la question clé de l’usage de la force et de l’absence de consentement. Elles établissent de façon concluante que l’accusé a eu des contacts sexuels avec la plaignante le 14 mai 2011. Elles ne prouvent cependant pas que ces contacts ont été imposés par la force ou étaient non-consentis, et elles ne corroborent pas certains aspects du récit, par la plaignante, des faits incriminés.
A. Les preuves sur les lieux des faits
Sur la base du récit initial, par la plaignante, des faits incriminés, deux lieux à l’hôtel Sofitel ont été identifiés et examinés par les enquêteurs de la police criminelle de New York : la suite 2806, où les faits ont eu lieu, et la zone au bout du couloir du 28e étage où la plaignante affirme, dans ses premiers récits, qu’elle s’est réfugiée immédiatement après les faits.
[Note de bas de page 18 : parce que la plaignante n'a pas indiqué avant le 28 juin 2011 qu'elle était entrée dans la chambre 2820, cette chambre n'a pas été examinée par les enquêteurs de la criminelle.]
L’unité de police criminelle a identifié cinq zones, dans l’entrée de la suite 2806, qui recèlent potentiellement des secrétions biologiques telles que de la salive ou du sperme.
[Note de bas de page 19 : les enquêteurs ont prélevé des échantillons de chacune de ces zones pour un examen plus approfondi au laboratoire de biologie médico-légale OCME. Ces échantillons ne recelaient pas la présence de sperme ou d'amylase, enzyme contenu dans la salive, le sperme et d'autres sécrétions biologiques, y compris les sécrétions vaginales.]
Le jour suivant, l’unité de la police criminelle a retiré la moquette de l’entrée de la suite, ainsi que du papier peint du mur de cette entrée, et a livré ces éléments au laboratoire médico-légal OCME. Les tests préliminaires conduits par l’OCME ont permis d’identifier cinq zones sur le tapis qui contenait des sécrétions biologiques.
Une de ces taches, qui a été localisée à environ 2 mètres du lieu où la plaignante affirme que le contact sexuel a eu lieu, recelait la présence de sperme et d’amylase et contenait un mélange d’ADN de l’accusé et de la plaignante. Aucune des autres traces sur la moquette ou sur le papier peint ne contenait de traces d’ADN de l’accusé ou de la plaignante.
[Note de bas de page 20 : trois des autres taches sur la moquette contenaient le sperme et l'ADN de trois autres hommes non identifiés, et une tache contenait de l'amylase et un mélange d'ADN de trois autres individus non identifiés. La tache sur sur le papier peint contenait du sperme et l'ADN de quatre autres hommes non identifiés. Comme rien n'établit qu'une autre personne était présente durant les faits incriminés, les circonstances de la présence de ces traces d'ADN non identifiées n'ont pas de lien avec l'enquête.]
Le 14 mai 2011, l’uniforme de la plaignante, qui consiste en une robe et une blouse, a été retrouvé par elle, à la demande de la police, et envoyé au laboratoire medico-légal de l’OCME. Trois traces sur la partie supérieure de l’uniforme ont été identifiées comme contenant du sperme ; deux des trois contenaient de l’amylase pouvant provenir de sperme, salive ou sécrétion vaginale. Seul l’ADN correspondant à celui de l’accusé a été obtenu de ces trois traces.
D’autres prélèvements sur le corps de la plaignante, dans le cadre de l’examen matériel des preuves d’une agression sexuelle potentielle n’ont pas permis d’identifier de sperme ou d’amylase et donc n’ont donné aucun résultat ADN. De même, des prélèvements sous ses ongles n’ont pas donné de résultat.
Les prélèvements sous les ongles de la main gauche de l’accusé contenaient son propre ADN ; ceux sous les ongles de sa main droite n’ont donné aucun résultat.
Un prélèvement pénien sur l’accusé recelait du sperme et contenait de l’ADN de ce dernier, de même qu’une trace sur un caleçon retrouvé après son arrestation. Deux petites tâches de sang sur le caleçon contenaient également le propre ADN de l’accusé, de même qu’une petite tache de sang sur le drap du dessus de la suite de l’hôtel. Au cours de l’enquête, les taches sont apparues comme étant sans lien avec les faits incriminés, car au moment de son arrestation, l’accusé souffrait d’un problème de peau qui entraînait des saignements sur la peau de ses mains.
A aucun moment la plaignante n’a affirmé avoir saigné pendant les faits, ou qu’un des deux avait subi une quelconque blessure entrainant un saignement ; de même, aucune trace de sang n’a été trouvée sur les vêtements ou le corps de la plaignante.
Au moment des faits, la plaignante portait deux paires de collants (une plus sombre, une plus claire).
[Note de bas de page 21 : quand elle a été présentée à l'OCME, la paire claire était à l'intérieure de la paire sombre.]
Sous les deux paires, elle portait une culotte. Le 14 mai 2011, la police s’est fait remettre ces effets par la plaignante, après qu’elle a été accompagnée à l’hôpital, et les a faits suivre pour examen à l’OCME. L’ADN de l’accusé, provenant de tissus cellulaires, a été trouvé sur la bande élastique des deux collants et sur celui de la culotte.
L’ADN de l’accusé, également provenant de tissus cellulaires, a aussi été trouvé sur l’entrejambe des collants clairs, mais pas sur celui des collants sombres ou de la culotte.
Parce qu’un individu peut toucher des textiles sans obligatoirement y déposer de l’ADN, ces résultats suggèrent que l’accusé à touché les sous-vêtements de la plaignante mais ils ne contredisent ni ne confirment les déclarations de la plaignante, qui affirment que l’accusé a placé sa main à l’intérieur de ses sous-vêtements et touché directement son sexe.
Le 16 mai 2011, la police criminelle est retournée à l’hôtel, dans la suite, et a, entre autres examens, effectué des prélèvements dans le lavabo de la petite salle d’eau et a collecté des mouchoirs en papier dans la salle de bain proprement dite.
La plaignante a déclaré qu’après l’incident et pendant qu’elle était dans la suite le 14 mai 2011 avec sa supérieure, elle avait craché dans l’évier de la salle d’eau. Les deux prélèvements dans l’évier et les mouchoirs ont été livrés à l’OCME ; ils n’ont pas révélé la présence de sperme mais d’amylase. L’OCME n’a pas pu extraire un matériel suffisant des prélèvements dans les éviers pour établir un profil ADN.
B. Les preuves médicales
1. Examen physique
Au moment de l’incident, la plaignante a été examinée par une infirmière assermentée qui est une examinatrice expérimentée et certifiée Safe à l’hôpital Roosevelt de St Luke. Pendant cet examen initial, l’examinatrice n’a noté aucune blessure visible faite à la plaignante et a relevé qu’elle ne souffrait de traumatisme ni sur son corps, ni dans sa cavité orale.
Le seul constat physique que l’examinatrice a relevé est une « rougeur » qui a été observée lors de l’examen gynécologique. L’examinatrice n’a pas pu affirmer avec un degré raisonnable de certitude médicale que cette « rougeur » était une conséquence directe des faits incriminés, ni même que c’était une blessure ou un hématome. L’examinatrice a déclaré que cette rougeur pouvait être la conséquence des faits décrits par la plaignante, mais pouvait également être liée à une série d’autres causes.
Pendant la période qui a suivi l’inculpation, nous avons sélectionné et consulté un deuxième expert médical, hautement expérimenté sur les questions liées aux agressions sexuelles. Cet expert a examiné le dossier médical de la plaignante postérieur au 14 mai 2011 et a abouti aux mêmes conclusions de l’experte certifiée Safe, à avoir que la coloration rouge était un élément non-spécifique, qui pouvait être attribué à de nombreuses causes autres qu’un traumatisme : friction, irritation, ou inflammation de la zone.
Cet expert a confirmé qu’on ne pouvait exclure que la rougeur ait été causée par la façon dont la plaignante affirme avoir été saisie, mais c’est selon lui peu probable.
2. Blessure à l’épaule
A l’hôpital, la plaignante a d’abord évoqué une douleur à son épaule gauche, qu’elle évaluait à 5 sur 10 sur l’échelle de la douleur. Comme il est rapporté dans son dossier médical, la douleur a clairement diminué lors des heures passées aux urgences.
L’examen médical de la plaignante n’a pas révélé de luxation, et il n’a pas été effectué de radio. Une déchirure musculaire et une contusion ont été diagnostiquées, bien qu’aucun bleu ni gonflement n’aient été observés sur son épaule. Aucun anti-douleur ne lui a été prescrit à l’hôpital, ni aucun autre traitement.
Dans les jours suivant les événements incriminés, il a été demandé à la plaignante à plusieurs reprises si elle souffrait de blessures à la suite des faits, et de façon constante elle a répondu que son épaule avait été douloureuse le jour des faits incriminés mais qu’elle allait beaucoup mieux dès le lendemain.
Au cours de ces premières auditions, la plaignante n’a pas montré d’apparente souffrance et ne s’est pas plainte verbalement de douleur ni d’inconfort. Elle a même effectué de vigoureux mouvements en présence des enquêteurs.
A la lumière de ces déclarations répétées d’absence de blessures physiques, aussi bien qu’au regard des constatations médicales, aucune charge attestant d’une blessure physique ne pourrait être invoquée dans une plainte criminelle ou devant un grand jury.
Le 13 juin 2011, le défenseur de la plaignante a notifié au procureur que sa cliente souffrait assez sérieusement de son épaule pour devoir recevoir un traitement médical immédiatement qui l’empêchait de se rendre aux auditions.
Le 22 juin 2011, son chirurgien orthopédique a diagnostiqué via un IRM un choc de type 2 sur l’épaule gauche, accompagné de tendinite, mais il s’est montré incapable de déterminer la date de la blessure ni son origine.
Après avoir constaté d’autres symptômes, parmi lesquels engourdissement et picotements dans ses doigts, la plaignante a vu un deuxième médecin pour une évaluation de sa colonne vertébrale. A notre connaissance, ce médecin n’a pas dressé de diagnostic.
Par la voix de son avocat, la plaignante a lors assuré au procureur que sa blessure à l’épaule (choc type 2) résultait de sa rencontre avec le défendant. Elle n’a pas fourni aux services du procureur le document permettant d’avoir accès à son dossier médical antérieur aux faits, ce qui aurait permis de savoir s’il existait une blessure à l’épaule.
Plus important, le cabinet du procureur s’est adjoint les services d’un éminent expert orthopédique afin d’examiner tous les documents relatifs à la blessure de l’épaule. Cet expert a conclu qu’avec un degré de certitude médicale raisonnable, cette blessure, s’il s’agit bien d’une blessure, était plutôt causée par « un usage répété à la verticale de son avant-bras lors de gestes rotatifs et vifs », « comme ceux que peut effectuer un sportif lorsqu’il lance un poids en hauteur ».
[Note de bas de page 23 : bien qu'il ne puisse pas donner une opinion définitive, l'expert a noté que les conclusions de l'IRM devraient être de l'ordre du normal. Du point de vue de l'expert, « son expérience et celle des autres indiquent que les comptes-rendus de l'IRM fournis par les radiologues ont tendance à trop diagnostiquer les déchirures du labrum (ligament entourant la cavité de l'épaule). Il est relativement possible que les résultats notés sur l'IRM soient considérés comme une variante normale, étant donné que les déchirures postérieures du labrum sont connues pour être présentes en l'absence de pathologie associée, c'est à dire comme variante normale.]
L’expert en conclut donc que dans le cas où la blessure révélée par l’IRM aurait été causée lors d’un seul traumatisme, tel qu’elle l’a décrit, il aurait dû être accompagné  » d’une douleur importante, pas seulement au cours des douze premières heures, mais également lors des jours suivants « .
De plus, l’expert ne pense pas plausible que la douleur qui aurait disparu en 48 heures ressurgisse près de 28 jours plus tard.
A la lumière de ces différents facteurs liés à la déclaration d’une blessure physique, et plus remarquablement suite aux conclusions de l’expert, la blessure à l’épaule ne vient pas corroborer l’accusation d’agression sexuelle.
[Note de bas de page 24 : dans un entretien mené le 27 juillet 2011, la plaignante a affirmé pour la première fois qu'en conséquence du fait que l'accusé ait violemment saisi son sexe, elle avait souffert de douleurs en urinant lors des premiers jours suivant l'incident. Les rapports médicaux ne font pas état d'une plainte de cet ordre, la plaignante ne l'ayant pas non plus rapporté aux procureurs avant le 27 juillet, contrairement à ce qu'elle affirme désormais.]
3. Les trous du collant
Comme indiqué plus haut, au moment des faits incriminés, la plaignante portait deux paires de collants.
Il a été noté, au moment où elle a été recueillie, et plus tard à la police scientifique, que le le plus clair des collants avaient des trous. Un de ces trous mesurait approximativement 7,5 centimètres et était situé dans l’entre-jambes, tout près de la couture du vêtement. L’autre, située en haut du collant, mesure environ 4 centimètres.
Comme les collants étaient recouverts au départ, la plaignante a volontiers admis devant le Safe examinateur, puis devant la police et le procureur qu’elle ne savait pas si ces trous étaient le résultat ou non de la conduite du défendant ou s’ils n’avaient aucun lien avec les faits incriminés.
L’expérience commune indique que les collants en nylon peuvent être troués pour de multiples raisons, y compris un usage normal. Pour ces raisons nous sommes dans l’impossibilité de prétendre devant un jury que les trous observés sur les collants de la plaignante corroborent l’accusation d’un rapport sexuel non consenti.
C. Chronologie de l’attaque supposée et les actions de l’accusé dans les suites immédiates
La relative brièveté de la rencontre entre l’accusé et la plaignante a d’abord suggéré que l’acte sexuel n’était probablement pas consentant. Spécifiquement, les enregistrements des passes d’accès à l’hôtel indiquaient que la plaignante avait d’abord pénétré dans la suite 2806 à 12h06. Les enregistrements téléphoniques ont montré plus tard que l’accusé avait téléphoné à sa fille à 12h13.
[Note de bas de page 25 : le jour de l'incident, il y a eu un possible décalage de deux minutes entre le temps indiqué sur le compte-rendu des entrées par clé électronique de l'hôtel et le temps réel, les temps enregistrés pouvant être antérieurs de deux minutes aux temps réels. Bien que nous ayons été informés que les temps des appels dans les comptes-rendus des téléphones portables sont synchronisés aux temps réels, le passage exact du temps ne peut pas être déterminé avec certitude du fait du décalage de l'hôtel.]
Par conséquent, il apparaissait que, quoi qu’il se soit passé entre l’accusé et la plaignante, les événements s’étaient déroulés approximativement entre sept et neuf minutes.
Mais à la lumière des défaillances de la plaignante à offrir un récit précis et constant de l’immédiat après-rencontre, il est impossible de déterminer la durée de la rencontre elle-même.
Que l’accusé ait pu passer un bref coup de fil à 12h13 n’indique pas de manière infaillible quand la rencontre a eu lieu, quelle que soit sa durée, ni où se trouvait la plaignante entre 12h06 et 12h26.
Toute déduction qui pourrait se concevoir quant à la chronologie de la rencontre est nécessairement affaiblie par l’impossibilité de consolider la chronologie elle-même.
D. La preuve de la réaction qui a immédiatement suivi les faits
Les témoins de la réaction qui a immédiatement suivi les faits ont été entendus de manière répétée et sont apparus fiables. Les témoins ont indiqué que la plaignante était apparue bouleversée au moment de raconter sa rencontre avec l’accusé.
Mais à la lumière de notre impossibilité, précisée ci-dessus, d’accréditer le récit de la plaignante, de même que la capacité de celle-ci à mobiliser des émotions pour faire de l’effet, la force et l’effet des preuves relatives à sa réaction immédiate sont grandement diminués.
Il est aussi notable que la version courante de la plaignante de sa réaction immédiate auprès de son premier superviseur n’est pas compatible avec certains aspects du compte-rendu du superviseur lui-même.
E. Autres allégations d’inconduite sexuelle par l’accusé
Pendant l’instruction de l’affaire, il a été porté à l’attention du Bureau l’existence d’une autre agression sexuelle supposée commise par l’accusé sur la personne d’une autre femme en France. D’après l’accusation rapportée publiquement dans le cadre d’une interview en France en 2003, l’accusé avait tenté de la violer dans un appartement vide.
[Note de bas de page 26 : Claire Chartier & Delphine Saubaber, "Pourquoi je porte plainte contre DSK", L'Express, le 4 juillet 2011.]
Il paraît cependant peu probable que les avocats de la partie civile soient autorisés à introduire dans leur dossier le témoignage relatif à l’attaque supposée.
Conclusion
Pour tous les faits précités, le procureur demande que l’accusation No. 02526/2011 soit annulée. Aucune précédente demande de réparation n’a été faite devant aucun juge ou tribunal.
New York, le 22 août 2011
Joan Illuzzi-Orbon, assistant du procureur
John (Artie) McConnell, assistant du procureur
Traduction : Maryne Cervero, Aurélie Champagne, Blandine Grosjean, Valentine Pasquesoone, Pascal Riché, Lucile Sourdès, Sara Taleb.

23 août 2011

Pour avoir vécu six ans aux USA, je rappelle aux néophytes que mentir sous serment (sur la Bible) constitue un crime dans ce pays, et je vois mal comment l’accusatrice de DSK pourra échapper à son expulsion vers la Guinée, son pays d’origine.

Je vous recommande avant tout de lire les 25 pages du procureur Cyrus Vance sur sa demande hier de non-lieu pour DSK, suivie de sa concrétisation par le juge Michael Obus tout à l’heure.

« Fact and fact », les faits, rien que les faits, relève de la première obligation pour un journaliste. Cette exigence n’a cessé d’être oblitérée dans l’affaire DSK, dans le tourbillon de calomnies et de preuves occultées par les médias internationaux pour mieux frapper un homme à terre, qui plus est de confession juive, ceci expliquant souvent cela sans le dire.

Nafissatou Diallo, cette femme de chambre du Sofitel devenue une Gorgone de DSK, a tellement accumulé de faux témoignages SOUS SERMENT, pour obtenir l’asile aux USA, payer moins d’impôts, puis détruire l’ex-patron du FMI, que la justice américaine se doit d’agir pour la renvoyer dans son pays.

Mais, il y a un « mais ». Les juges oseront-ils braver le corporatisme des « afro-américains », devenus partie prenante dans la défense de la Guinéenne, soutenue y compris par des représentants des Black Panther de sinistre mémoire ?

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