CICR COLOMBIE

21 février 2011

Le pesant et persistant silence des médias colombiens en dit long sur l’épisode des fausses coordonnées fournies par les FARC pour la remise de deux otages le 12 février à l’ex-sénatrice Piedad Cordoba, complice avérée des terroristes et privée de son mandat pour cette raison.

Le trouble épisode avait retardé de deux jours ces libérations, et permis, selon des informations explosives de Ricardo Puentes (periodismosinfronteras), l’exfiltration pendant cet intervalle du chef des FARC Alfonso Cano du canyon de las Hermosas, où il était cerné depuis des mois, vers une zone plus sûre. Les artisans d’une telle mission ne seraient autres que les pilotes brésiliens de l’hélicoptère chargé de transporter les deux otages, et Piedad Cordoba, avec  les agents du CICR à bord.

Les présomptions se sont accumulées avec les mensonges successifs de l’ex-sénatrice, les contradictions du président Santos, les affirmations de sources au journaliste Ricardo Puentes, et le black out de la presse sur cette affaire.

Cet affaire sent mauvais. Le président Santos, comme pour se démarquer de l’opération Cordoba qu’il avait autorisée contre toute logique, avait dénoncé un « show médiatique » dans la « farce de la libération au compte-gouttes » de deux autres otages deux jours avant ce scandale. Quand il a appris le retard dans la nouvelle opération, il a reconnu « possible » la mise à profit de l’incident par les FARC pour exflitrer Cano. Son vice-président, Angelino Garzon, avait même avancé que cette hypothèse était vraie, selon ses sources militaires. Santos avait ensuite fait marche arrière, pour dire que Cano sentait « son souffle sur sa nuque » et qu’il était activement pourchassé.

Piedad Cordoba a aligné les mensonges. Elle a d’abord invoqué des raisons climatiques pour justifier la non libération, avant de mettre eu cause une petite rayure sur le papier des FARC localisant le lieu des libérations, et qui aurait induit en erreur les pilotes brésiliens. Tout commandant de bord – on attend avec impatience les commentaires du commandant José – ne manquera pas de s’écrouler de rire devant une telle blague. Un lieu est donné en degrés de latitude et longitude, et une rayure, au demeurant invraisemblable sur le papier préparé par les FARC pour un tel événement, n’aurait jamais pu influer sur les chiffres.

Une semaine après cet épisode, on constate que :

-      ni Piedad Cordoba ni Santos ni Brasilia n’ont expliqué pourquoi l’ex-sénatrice s’était rendue au Brésil avant l’incident pour y évoquer ces libérations par un hélico brésilien.

-      Le pouvoir colombien, ni le Brésil ni le CICR n’ont apporté aucun éclaircissement sur ce qui s’est vraiment passé.

-      La presse se tait et ne pose aucune question. En temps normal, l’hebdo Semana, dont le directeur est un autre Santos, aurait fait sa Une sur l’ex-sénatrice et le jeu sinistre des FARC.

S’il est confirmé que Cano a été exfiltré dans ces conditions, c’est un cataclysme politique qui éclatera.

Mon hésitation à évoquer plus tôt ce possible scandale provenait de l’absence de preuves dans ce qui m’avait été annoncé comme une réalité par certaines de mes sources, insuffisamment recoupées pour en faire une nouvelle. Mais des assurances m’ont été données que cette version des faits était la bonne.

21 janvier 2011
Voici un communiqué du CICR,  organisme humanitaire helvétique réputé pour son indépendance, et appelé à intervenir sur le terrain une fois de plus dans la libération imminente de cinq otages par les FARC:
À la suite des inondations provoquées par la vague hivernale qui a frappé la Colombie ces derniers mois, près de 23 000 personnes sinistrées ont reçu des vivres, des semences et des biens de première nécessité distribués par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix-Rouge colombienne.

 

« Notre aide se concentre principalement sur les zones où nous déployons déjà des activités régulières visant à atténuer les conséquences sur le plan humanitaire du conflit armé », explique Christophe Beney, chef de la délégation du CICR en Colombie.

Les bénéficiaires vivent dans 15 municipalités des régions de San Juan y Sipí (département de Chocó), Naya (Cauca), Bajo Cauca (Antioquia), Tierralta (Córdoba) et Catatumbo (Norte de Santander), dans des zones reculées et difficiles d’accès. C’est dans le département de Chocó que les opérations de secours sont le plus importantes : avec le soutien de volontaires de la Croix-Rouge colombienne, le CICR y a distribué des vivres pour un mois, ainsi que des semences de riz et de maïs qui bénéficieront à près de 10 000 personnes. L’objectif est de contribuer à une reprise économique rapide.

L’institution fournit aussi des articles d’hygiène, des ustensiles de cuisine, des hamacs, des couvertures et des matelas. En outre, en coordination avec le programme de lutte contre le paludisme, des moustiquaires ont été distribuées dans plusieurs villages et des réservoirs de stockage et de traitement de l’eau ont été installés dans les abris.

Cette intervention d’urgence vient compléter la vaste campagne d’action humanitaire qui a été menée au niveau national depuis plusieurs mois par la Croix-Rouge colombienne, avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et qui lui a permis de venir en aide à plus de 632 000 familles.

La saison hivernale actuelle est la plus longue et la plus dévastatrice qu’ait connue la Colombie depuis 40 ans. D’après des chiffres officiels, le pays compte plus de 2,2 millions de personnes sinistrées par suite des inondations causées par les fortes pluies qui se sont abattues sur de nombreuses régions en 2010.

11 septembre 2010 

L’état de grâce n’aura duré qu’un mois pour Juan Manuel Santos, piètre successeur d’Alvaro Uribe à la présidence de Colombie. Les attaques meurtrières des FARC contre l’armée et la police se succèdent sans relâche, avec 8 morts hier et 18 la semaine dernière chez les forces de l’ordre. 

Le nouveau président a annoncé une « réponse adéquate » à cette « réception » de son intronisation, mais je me prends à douter de ses facultés à faire face au défi terroriste. 

Ce fils de l’intelligentsia colombienne, héritier du groupe médiatique El Tiempo avant son récent rachat par Planeta (Espagne), est victime de son incapacité à prendre la moindre initiative politique face au contexte explosif de son pays. 

Santos n’a pas su capter le message des FARC lors de son avènement. La guérilla a proposé de négocier avec lui, mais POUR LA PREMIERE FOIS sans exiger le préalable d’une zone démilitarisée pour entamer des pourparlers. 

Son silence face aux poursuites judiciaires iniques contre les agents secrets du DAS chargés des écoutes téléphoniques contre les présumés complices du terrorisme a encouragé les rebelles à prendre la main. 

Son prédécesseur contrôlait au jour le jour l’activité des brigades militaires dans tout le pays, par téléphone. Santos a préféré passer ses premiers jours de président au Brésil pour y subir une fin de non recevoir dans sa volonté de faire condamner les FARC par Lula, au lieu d’aider les chefs de la troupe colombienne à accentuer le combat contre les terroristes sans délai. 

Un tel immobilisme, doublé d’une absence sur le terrain, explique à mes yeux la réaction violente des FARC.   

4 MAI 2009 N’ayons pas peur des mots. La sénatrice colombienne Piedad Cordoba, alliée des FARC,  me fait penser à Twilight, ce héros mondialement connu de Stephenie Meyer devenu un vampire. Piedad Cordoba ressemble à un tel monstre pour son rôle cruel dans l’affaire des otages aux mains de la guérilla. 

Comme les vampires assoiffés de sang, ce sinistre personnage du Congrès colombien insiste, à la demande des FARC, pour jouer le rôle d’intermédiaire dans la libération du caporal Pablo Emilio Moncayo, otage des terroristes DEPUIS 12 ANNEES, et dans la remise du corps du major Julian Ernesto Guevara à la famille de cet officier, qui s’est laissé mourir en 2006, après 9 ans de séquestration par les FARC. Le 25 avril, le président colombien Alvaro Uribe a confié au CICR (Croix rouge internationale) et à l’Eglise le soin de récupérer l’otage Moncayo et la dépouille mortelle de Guevara. Malgré son refus de céder aux exigences des terroristes, les FARC les ont renouvelées à la fin de la semaine dernière : ils veulent remettre leurs proies, l’une décédée depuis trois ans, à la sénatrice. Celle qui est marquée à jamais par sa complicité active avec les FARC, comme l’ont révélé les dossiers de Raul Reyes, l’ex-N°2 de la guérilla abattu le 1er mars 2008 par l’armée colombienne. Dans ces courriers, la sénatrice était signalée pour son opposition à la libération d’Ingrid Betancourt, avant l’opération Jaque qui devait permettre de sauver cet otage le 2 juillet 2008, au nez et à la barbe de ses geôliers !   

Le respect des deux martyrs, l’un encore en vie, l’autre en cendres, aurait dû imposer à la sénatrice de renoncer à une telle fonction de Dracula, de celui qui vit du sang et de la mort. Il n’en a rien été. Elle attend, dans son antre, que veuille bien céder le régime démocratique colombien au chantage de la guérilla. Pis encore. Cette sénatrice, suspectée par la Cour suprême pour ses liens avérés avec les FARC, n’a toujours pas été poursuivie par cette juridiction, prompte à accuser des sénateurs ou députés, souvent sans aucune preuve, pour des liens présumés avec les paramilitaires. 

Cette insoutenable légèreté illustre la complicité évidente de certains magistrats avec la mouvance terroriste. Imaginons une prise d’otages en France, comme celle survenue en 1993 dans une école de Neuilly, ville dont le maire était alors Nicolas Sarkozy. Le futur président aurait-il accepté que l’un des 25 enfants soit remis au trotskiste Olivier Besancenot, et non pas aux pouvoirs établis ? Que la séquestration des autres enfants durât douze ans ? Que chaque année, un autre élève soit remis au facteur communiste ? Je vous laisse répondre, en vous précisant que Sarkozy n’avait pas attendu des années pour résoudre le drame : le preneur d’otages avait été abattu par la police… Je suis frappé, tout autant ou presque, par le mutisme de la presse colombienne sur l’horreur en cours dans le double drame Moncayo-Guevara. Alvaro Uribe a fait une concession sans précédent il y a près de deux mois, en offrant aux FARC de négocier sans aucun préalable, excepté un cessez-le-feu de 4 mois pour parvenir à un échange entre les otages des FARC et les guérilleros emprisonnés. La guérilla n’a pas répondu. Elle a caché son refus sous un macabre écran de fumée : la remise du cadavre du major Guevara et de l’otage Moncayo. 

On pourrait s’attendre à voir les médias se mobiliser, et le peuple avec eux, pour exiger des FARC de s’asseoir à la table des négociations, avec pour résultats une solution globale qui ne serait pas limitée aux cas de Moncayo et du cadavre de Guevara. Ce n’est pas le cas. Je vais être méchant, mais sans l’être en réalité : le silence de la presse obéit à une stratégie politicienne. Dans un an exactement aura lieu l’élection présidentielle en Colombie. On ignore encore si Alvaro Uribe aura obtenu du Congrès le droit de se représenter. Une série d’intérêts masqués obèrent la réaction d’appui à l’initiative pacifiste du président que l’on pourrait attendre des médias locaux. Si le président réussissait son pari, il ferait passer sa cote de popularité, aujourd’hui  de 70%, à 90 ou 95%, comme ce fut le cas après la liquidation de Raul Reyes. Tous les candidats à sa succession disparaîtraient dans la trappe de l'histoire.

Je serai encore plus critique à l’égard des capitales européennes, si rapides à placarder la photo d’Ingrid sur la façade de leurs mairies entre 2002 et 2008. Qu’attendent-elles pour exiger des FARC d’accepter le rameau d’olivier tendu par Alvaro Uribe ? 

25 AVRIL 2009 

Ce virage stratégique de grande ampleur a été pris aujourd’hui par Alvaro Uribe face aux libérations au compte-gouttes de leurs otages par les FARC, qui exigent à chaque opération la présence de la sénatrice Piedad Cordoba, proche des rebelles. 

Seules la Croix rouge internationale (CICR) et l’Eglise catholique sont autorisées à  réceptionner le caporal Pablo Emilio Moncayo, séquestré depuis 12 ans (douze ans, vous avez bien lu) et dont la libération a été annoncée récemment par les FARC, a annoncé Alvaro Uribe. La guérilla exigeait de remettre leur otage à cette sénatrice d’extrême gauche, dont la complicité avec les FARC a été révélée par les documents saisis dans les ordinateurs de Raul Reyes, le n°2 de la guérilla abattu le 1er mars 2008. L’un des courriers nous avait appris son opposition à la libération d’Ingrid Betancourt par les FARC. Cette insane position explique pourquoi la sénatrice, jadis amie d’Ingrid, n’était pas allée saluer l’ex-candidate à la présidence colombienne quand elle avait été libérée par l’armée dans l’opération Jaque (Mise en échec) le 2 juillet 2008. 

Le chef de l’Etat a profité de cette annonce pour lancer une violente attaque contre la Farc-politique, les élus complices de la guérilla, et l’impunité dont ils bénéficient, à la différence des poursuites engagées par  la justice contre les amis des paramilitaires. « Le gouvernement ne va pas permettre l’impunité sous un prétexte humanitaire à des personnes qui devraient être en prison pour appartenance à la Farc-politique », a déclaré le chef de l’Etat. Il n’a pas cité Piedad Cordoba, mais sa mise en cause la concerne en premier lieu, elle et Carlos Lozano, l’un des chefs du parti communiste colombien (légal en Colombie, faut-il préciser). Depuis les révélations contenues dans les dossiers de Raul Reyes, la Cour suprême de Colombie a annoncé l’ouverture d’une information contre plusieurs élus, dont Mme Cordoba, mais sans jamais la concrétiser. Dans le même temps, cette Cour a continué de poursuivre des députés accusés de complicité avec les paramilitaires. 

Rappelons ici que les FARC, groupe terroriste aux yeux de l’Union européenne, détiennent encore 22 otages politiques, tous officiers de l’armée ou de la police, et des centaines de civils (entre 800 et 1600 selon les ONG) qui ne sont libérés que contre une rançon. 

Depuis le début de 2008, la guérilla a libéré deux otages le 10 janvier (dont Clara Rojas), quatre autres le 27 février, et six autres le 1er février 2009. A chaque fois, Piedad Cordoba avait été chargée par les FARC de réceptionner les otages, avec l’accord d’Alvaro Uribe. 

La réaction du président colombien s’explique à l’aune du contexte politique actuel. 

Depuis un mois, il a fait une concession de taille aux FARC, en les invitant à un dialogue de paix pour un échange entre les otages et les guérilleros détenus en Colombie, sans autre exigence qu’un cessez-le-feu de quatre mois pour permettre une telle négociation. Les FARC n’ont toujours pas répondu à cette offre. 

Last but not least (Enfin et surtout), l’élection présidentielle en Colombie a lieu dans un an. Alvaro Uribe est tenté de se représenter une troisième fois, si le Congrès l’y autorise après le recours à un référendum dont le principe n’a pas encore été avalisé par les élus. Le président n’est pas disposé à permettre à la sénatrice de profiter d’un « trafic de vies humaines », comme le dénoncent les Colombiens sur les sites internet, pour tenter de se présenter à la magistrature suprême, même si elle n’a aucune chance. Elle est honnie dans son pays, comme le confirment tous les sondages et les commentaires des internautes. 

Alvaro Uribe a déjà précisé qu’il était prêt à affronter « la pression internationale, de l’opinion et de l’opposition » après sa décision d’écarter la sénatrice ou ses amis de toute interférence dans les éventuelles libérations d’otages par les FARC. 

Pour ce faire, le président colombien risque de se retrouver bien seul, quand on connaît l’incapacité de ses diplomates à l’étranger, notamment à Paris, à expliquer le contexte colombien, et le refus des FARC de négocier. 

30 MARS 2009 

Pour avoir travaillé comme journaliste libre en Colombie, au Venezuela, en Equateur, et rencontré toutes les parties au conflit (Alvaro Uribe, Raul Reyes, Hugo Chavez, Rafael Correa, etc), je vous livre ce que serait mon plan comme médiateur, dans l’échange souhaité hier par les FARC entre leurs 22 otages politiques et les guérilleros emprisonnés en Colombie. 

Avec la concession de taille faite hier par les guérilleros, qui abandonnent pour la première fois le préalable de l’abandon par le pouvoir d’un mini-Etat aux rebelles, je prétends que le nœud gordien du conflit colombien pourrait être tranché en 30 jours. 

Voici ce plan : 

-        Une fois les deux parties d’accord avec ma médiation, menée sans aucun autre intermédiaire et hors la présence de tout média du début à la fin du processus, Bogota et les FARC décrètent un cessez-le-feu bilatéral d’un mois, renouvelable automatiquement pour un autre mois dès l’échange terminé. 

 

-        Le CICR sera garant de l’indépendance des contacts et des libérations envisagées, et la France sera responsable des conditions de transport et de sécurité. 

 

 

-        Les FARC me remettent la liste des guérilleros détenus dont ils attendent l’élargissement. Concomitamment, le gouvernement colombien me remet la liste des militaires et policiers aux mains de la guérilla. 

 

-        En compagnie de médecins du CICR et de son délégué en Colombie, et sous la protection unique d’une force logistique de l’armée française, ce laps de temps sera requis pour vérifier l’identité sur place des personnes, une à une, leur état de santé, et leur disposition, dans le cas de rebelles détenus, à réintégrer les rangs des FARC. 

 

 

-        Le gouvernement colombien ne pourra exiger l’engagement écrit des guérilleros emprisonnés à cesser le combat. Les FARC ne pourront exiger par écrit la réintégration dans leurs rangs des détenus qui souhaitent quitter la rébellion. 

 

-        Les deux listes définitives une fois closes, les personnes concernées par ces libérations seront acheminées vers un même lieu secret, toujours sous le contrôle du CICR et par la force française. Le plan de vol pour permettre l’acheminement des otages et des détenus rebelles vers ce lieu sera communiqué au chef de l’Etat colombien quand les appareils aériens français de transport seront prêts à décoller. Cette communication s’impose pour faciliter le survol sans encombre du territoire. 

 

 

-        Le rassemblement des otages et détenus une fois achevé, dans deux secteurs séparés du même lieu, les ex-otages seront les premiers à repartir vers le lieu assigné par le gouvernement colombien pour leur réception. Les guérilleros libérés seront acheminés vers le lieu assigné par l’Etat-major des FARC pour leur réception. 

 

-        Aucun contact avec la presse ne sera autorisé, ni pour les ex-otages, ni pour les ex-détenus rebelles, avant que la médiation ne soit annoncée par mes soins comme terminée avec succès. 

  

Un tel plan mériterait bien entendu d’être affiné dans un contexte de réalité. Mais je le prétends viable. 

 

4 février 2009 

 

Connu pour ses positions de gauche et sa lutte contre Alvaro Uribe, Hollman Morris fait l’objet d’une enquête judiciaire dilligentée par le procureur Mario Iguaran après une plainte des quatre otages (trois policiers et un militaire), libérés dimanche par les FARC. Il lui est reproché l’interview forcée qu’ils lui ont accordée avant d’être relâchés, avec l’obligation par leurs geôliers de dire le plus grand bien de la guérilla sous peine de ne pas être libérés, voire d’être exécutés. 

 

Aucun d’entre nous ne se trouvait dans la zone du Guaviare où les otages ont été remis au CICR. Les paroles des uns (Morris) se heurtent à celles des autres (le ministre de la Défense Juan Carlos Santos). Même si je ne partage pas l’opinion de ce collègue, dont l’émission de TV « Contravia » colporte des points de vue proches de la guérilla, je respecte sa mission. 

 

Il se trouvait dans la zone des FARC au moment de la libération des quatre otages ? Pour moi, il n’a fait que son travail, même s’il a été aide par les rebelles pour ne pas sauter sur les mines antipersonnel placées par les FARC autour de la zone prévue pour ces libérations. Dans la recherche de l’information, toutes les sources doivent être recherchées, sous peine de n’être qu’un porte-parole du pouvoir établi. 

 

Hollman Morris a effectivement interviewé les otages, qui ont prononcé les textes exigés par les FARC. Mais il n’en a pas fait état, ni pour RFI, dont il est le correspondant, ni pour aucun autre média. S’il avait refusé d’enregistrer, il devenait à son tour un ennemi des FARC, et perdait ses sources. 

 

Avait-il l’intention de produire par la suite ces confessions forcées, si les quatre otages avaient décidé de ne pas les dénoncer après leur libération, par crainte pour leur vie et celle de leurs proches ?

 

A cette question, la réponse appartient au seul journaliste incriminé aujourd’hui par la justice, et j’espère qu’elle était négative, mais, dans les faits avérés, faute d’autre preuve tangente, même si les quatre ex-otages ont eu le courage de révéler le montage de la guérilla, il n’a commis aucun délit.     

 

Je vous joins le communiqué de RFI de ce soir sur cette affaire : 

 

Précisions de RFI sur la  mise en cause 

de l’un de ses correspondants en Colombie 

 

 

Hollman Morris, l’un des correspondants de RFI en Colombie, se trouvait dimanche 1er février sur les lieux de la libération de 4 otages détenus par les Farc depuis 2007 pour les besoins d’un documentaire dans le cadre de son métier de journaliste. Il est aujourd’hui accusé par le ministre colombien de la Défense, Juan-Manuel Santos, « d’affinités avec les Farc ». 

 

RFI souhaite préciser qu’aucune interview liée à cette libération n’a été proposée par Hollman Morris ou commandée par la radio. 

 

Hollman Morris  a uniquement réalisé deux correspondances sur la libération des otages pour RFI. 

 

Aucun propos des otages n’a été diffusé ou utilisé sur l’antenne de RFI. 

 

Hollman Morris est également directeur d’une émission de télévision consacrée aux droits de l’Homme et a été primé pour son travail par l’organisation Human Rights Watch. 

 

RFI a toujours soutenu la liberté de l’information dans le monde, a toujours respecté le principe d’impartialité de ses antennes et de ses journalistes. 

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3 février 2009

 

Ce héros colombien, arraché d'une voiture de l'ONU en 2001 par un commando des FARC, a été acheminé jusqu'à Villavicencio (120 km au sud de Bogota) par l'hélicoptère brésilien du CICR après sa libération par les terroristes au terme de 8 années dans les chaînes de ces criminels contre l'humanité.

On imagine les retrouvailles émouvantes entre l'ex-otage et sa famille: Claudia Rugeles, sa femme, et Alan Felipe, son fils âgé aujourd'hui de 14 ans. Elles viennent d'avoir lieu sur la piste de l'aéroport de Villavicencio. Voici la 1e photo.

 

3 février 2009

Le CICR vient de l'annoncer

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3 février 2009

 

 

La nouvelle vient d'être annoncée par le porte – parole du CICR (Comité internationale de la Croix Rouge), Yves Heller.  A bord du Cougar brésilien ont pris place trois délégués du CICR, dont un médecin, et Piedad Cordoba.

 

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