ADIEU MA MONTBELIARDE

04 février 2011

(Copyright Jacques Thomet)

En cet an deux mille onze, deux siècles après l’Empire,

Le panier de la plèbe se perce de part en part.

Au lieu des assignats, la politique du pire

Du Tiers-Etat se moque dans un éclat de rire.

Les nouveaux héritiers, de la planche à billets

Usent à discrétion pour renflouer les banques,

Sans se préoccuper des travailleurs inquiets

De ne pouvoir fournir, sur leur table, ce qui manque.

Jamais ne fut propice, autant qu’en ces heures blêmes,

L’éclosion des colères dans une révolution.

Les millions des patrons, véritable blasphème

En face du Smic, n’affrontent que résignation.

Qu’attendent les va-nu-pieds pour finir par chausser

Leurs bottes de sept lieues et foncer sur Paris ?

Qu’ont-ils à perdre sinon la croûte ? A l’Elysée

On ne leur sert sur plat d’argent que de la mie.

Comment peuvent-ils admettre que le chef de Vinci[1],

Non content d’empocher ses treize millions d’euros,

Puisse vouloir, au lieu de se faire harakiri,

Réclamer sept fois plus, sans l’ombre d’un culot ?

Un jour viendra, si Dieu le veut, où ces sangsues,

A la Concorde, seront contraintes de rendre gorge.

La guillotine moisit, la place de Grève n’est plus,

Mais de leur rente le peuple fera un sucre d’orge.

A tous les lampadaires, qu’on pende en effigie,

Puisque le temps n’est plus aux règlements de compte,

Les symboles de l’excès, des traîtres à la patrie,

A épandre, vrai purin, sur un sol qui fait honte.

A revoir ces pantins, jour et nuit, à l’écran,

Je tourne le bouton, croyant être à Guignol.

Pardon, héros de Lyon ! Quand j’étais un enfant,

Ta prouesse faisait du révolté l’idole.

Mon pays bien aimé,  sur ma paire de souliers,

J’ai toujours emporté ton dernier souvenir

Sous d’autres latitudes. Quelle douleur d’effacer

Ces traces de poussière, dernier souffle qu’on expire.

Ton image ressemblait à une petite cassette.

Je l’ouvrais aux barbares, ce fut toujours mon rite,

Ta rivière de diamants, à chacune de nos fêtes,

Pour montrer combien, France, tu n’étais pas un mythe.

Les eaux de la patrie, hélas sous tous les ponts,

Sont passées, trépassées, et ne reviendront plus.

L’heure est venue de recevoir tous les affronts.

Tes émaux et camées sont transformés en pus.

Demain je vais partir, habillé de crêpe noir,

Vers des ports inconnus filer mes derniers jours.

Je porte jusqu’à la fin le deuil de ta mémoire

Sans croire un seul instant à l’éternel retour

De tes valeurs sacrées que je crus immortelles.

Tous les marchands du temple ne se croient pas indignes

De les abandonner chaque jour, à la pelle,

La même qui t’enterre sous leurs tumeurs malignes.

(A suivre)


[1][1] Antoine Zacharias, l’ex-Pdg de Vinci, avait réclamé près de 100 millions d’euros d’indemnités après avoir été contraint de démissionner en 2006.

26 janvier 2011

Copyright Jacques Thomet

Etre honnête aujourd’hui, sous cette République,

N’a plus droit au chapitre. Ce n’est plus qu’une antienne,

Qui vise à faire croire que nos élus l’appliquent,

Mais ils se moquent en cœur de la calembredaine.

Quand le printemps arrive, j’espère, qu’enfin les ides

Vont empêcher chez nous l’avènement du fade.

N’est-ce pas le moment, pour ces odeurs fétides,

De les éliminer sur d’autres barricades ?

Aux incrédules impénitents, je tiens à dire

Pourquoi mon parchemin se trempe de venin.

Notre histoire épique invite, plutôt qu’à en rire,

Au recueil du silence, pour noyer le chagrin.

Jamais je n’oublierai le fracas des tranchées,

Le pas furtif des rats, à portée des cercueils

Que le baron de Buchenwald[1] nous a montrés,

Debout, avant l’accueil de fils de mères en deuil.

Mon corps n’y était pas, mais l’âme encore barbotte,

Dans le glauque rappel de chacune des buttes,

Que mon oncle Gaston[2], à la pointe des bottes,

Conquit avant la balle d’une ultime chute.

De ce superbe héros, on ne revit le corps

Que sous la dalle, sans nom, des héros anonymes.

Blessé en Quatorze, c’est en Somme que la mort,

L’évitant à Verdun, en Seize en fit ma rime.

A sa mémoire, je tiens à rendre cet hommage,

Tant l’histoire pour les jeunes a besoin qu’on fige

L’image des anciens, qui le cœur plein de rage

Sont montés à l’assaut, avant qu’on leur exige.

Je le vois, mon ancêtre, dans son bleu horizon,

Partir à l’abordage, et plus vite qu’on pense.

Je l’entends quand je croise sa vieille maison[3],

Crier encore, je crois y être, « vive la France ».

Pendant des heures il a sculpté, dans son boyau,

De son poignard, sur un obus tiré d’en face,

Un seul mot dans le bronze, devenu un joyau.

Il vaut tous les trésors. C’est un défi : « Alsace ! »

Aucune caméra n’a fait la moindre prise

De ces instants magiques, gagnés sur les démons

De l’horreur qu’à l’école on lui avait apprise,

Jusqu’à la gravure du point d’exclamation.

Mais l’interrogation a-t-elle encore cours

Si l’on s’inquiète enfin pour notre devenir ?

Le pays de Ronsard est livré aux vautours

Acharnés à sa perte, jusqu’à n’en plus finir.

A l’ombre de sa tombe, dans un combat épique,

Ils griffent, croquent, imitant l’arène de Lutèce,

Le goût du lucre aux lèvres, sans les Jeux Olympiques

Qu’ils rêvaient d’accueillir pour agrandir leur caisse.

Que la Ville lumière, en pleine obscurité,

Ait pu céder soudain, l’esprit déjà perdant,

Aux avances d’un homme, qui se dit pénétré

D’autres dons, pour l’élire prévôt des marchands[4],

Achève d’un soupir, de me laisser narquois,

Devant l’incompétence, en matière sportive,

D’abominables électeurs, sans foi ni loi,

Dont le vote funeste de ces Jeux nous prive.

La chute de l’Etat, dans les arrière-cuisines,

Donne au pays le goût d’un ragout peu fumeux.

Au lieu de grands commis, pour la mener aux cimes,

La France a choisi de s’offrir aux maître-queux,

Enchantés de laisser pour notre nourriture,

Qu’ils jettent à la volée dans cette basse-cour,

Les reliefs de festins avant leur pourriture.

Un jour, qui sait, ils subiront la Haute-cour.

(A suivre)


[1] Erich Maria Remarque, baron de Buchenwald, auteur de « A l’ouest rien de nouveau »

[2] Gaston Thomet, tué le 13  octobre 1916 dans la bataille de la Somme. Son corps n’a jamais été retrouvé.

[3] A Rochejean, dans le Haut-Doubs

[4] Le prévôt des marchands était jadis l’équivalent du maire de Paris aujourd’hui

10 janvier 2011

(Copyright Jacques Thomet)

Ceux-là prennent le pain mais jamais le régalent. 

Ils entassent leur blé, dans les joies du cumul : 

Indemnités, retraites, redevables du pal 

Qu’exigent les vendanges de tant de pustules. 

 

La vraie démocratie, encore une litote, 

Exige dévouement, dans le dédain du gain. 

La justice se doit de faire une compote 

De ces grappes d’abus qu’il faut broyer sans fin. 

 

La France avancerait si chacun des mandats 

N’était rétribué qu’au salaire minimum. 

Les profiteurs crieront, c’est sûr, au coup d’Etat 

Contre leur rente à vie privée du moindre arôme. 

 

Tremblez, craignez, suez, députés, sénateurs, 

Présidents de ceci, conseillers de cela. 

Contre tous les abus, un jour arrive l’heure 

Du règlement de comptes, et qui sait du trépas. 

 

Ma modeste personne ignore la menace. 

Elle appartient au peuple, s’il comprend qu’on l’abaisse. 

Or vous n’avez cessé de vous voiler la face 

En guettant le volume de vos tiroirs-caisses. 

 

Prenons un exemple.  La nationale dix-neuf, 

Qui relie à Paris notre éternel Vesoul. 

Sur son trajet tous les élus, comme un sou neuf, 

Brillent et s’enrichissent, mais oublient ses culs de poule. 

 

        A vivre dans le rouge, la couleur du régime, 

        Mais aussi de nos comptes, on a mis le feu vert 

        Aux nouveaux mandarins et à leur train de primes, 

        Gabelles d’un pays qu’ils transforment en désert. 

 

        Qu’attendez-vous mes frères, pour saisir un mandrin ? 

        Mettez-le dans les roues de tous ces profiteurs. 

        Ils quadruplent le prix quand ils font un rond-point[1] 

        Pour permettre au parti de se faire du beurre, 

 

        Sans oublier leurs poches, un vrai bouquet garni, 

        Qui fleurit, s’agrandit, grâce à leur commission. 

        Demandez à la gauche, comment des maires pourris 

        Ont gonflé leur budget. Merci la corruption ! 

 

        L’honnêteté exige d’ajouter presto, 

        Que la droite elle aussi adopte ces abus. 

        L’appât gigote-t-il ? Ils y plantent leurs crocs. 

        Comme dit le dicton : plus c’est bon plus ça pue. 

 

        Si Charles à Colombey était encore en vie, 

        Avant de devenir un chêne qu’on abat, 

        Jamais il n’eut permis l’octroi de la pépie 

Au peuple travailleur, condamné aux abats. 

 (A suivre)



[1] Les ronds-points, florissants en France, ont constitué une source de financement sans précédent pour le PS puis les autres partis dans les communes, selon une haute source du PS, ex-conseiller de François Mitterrand, qui me l'a révélé.

30 décembre 2010

(Copyright Jacques Thomet)

Aucun homme censé, avant le maléfice, 

Ne tiendra à jouer le rôle de Cassandre. 

A la terreur chacun préfère l’artifice 

De croire que le feu ne couve sous la cendre. 

         

Dans la liste sans fin des qualificatifs 

        Dont on a, pour qualifier l’horreur, fait le jeûne, 

        On écarte : voyous, casseurs, ou inactifs, 

        Puisque dans les banlieues ce ne sont que des jeunes. 

 

        Pour avoir ignoré qu’avecque trois couleurs, 

Le bleu le blanc le rouge, devant nos ennemis, 

Son drapeau fut brandi, y compris par des Beurs, 

La France hélas récolte, de son mépris le fruit. 

 

Sur les tombes de nos héros, que nul ne crache. 

Elles appartiennent à des pauvres plutôt qu’aux riches. 

Si elles penchent vers la Mecque, il faut qu’on sache, 

Que nos anciens féaux sont sortis de leur niche 

 

Un matin de Quatorze, mais aussi de Trente-neuf, 

Baïonnette en avant, prêts à se mettre en quatre, 

Sans savoir que leur geste habillerait de neuf 

Un pays à genoux qui ne sut pas combattre. 

 

Qu’on me comprenne bien ! Les linceuls des martyrs 

Baignent du même sang. Qui le dira impur ? 

Dans le carré des morts côte à côte ils expirent. 

Musulmans et Chrétiens, contre Hitler ils en furent. 

 

Venez au cimetière, à Rougemont (du Doubs), 

Où sur les deux milliers de combattants enfouis, 

Aucune différence n’habite les clous 

Qui rivent leurs tombes à l’amour de la Patrie, 

 

A part ce grand détail, je vous prie de me croire : 

Catholiques et Juifs reposent dans l’entrée, 

Quand tous les fils d’Allah, Rachid, Ali, les Noirs 

Sont à l’arrière, alors qu’ils sont majorité. 

 

Pour éviter de confesser que tu me glaces, 

Un dernier soubresaut, France, tout à coup hérisse 

Mon cœur, mes tripes et ma peau, jusqu’à cette race 

En train de finir en vulgaire pain d’épices, 

 

Que le premier renard, surgi du fond des bois, 

Viendra avaler, en pourléchant ses babines, 

Tant ta faiblesse, insigne, transformera en rois 

Tous ceux qui, à ta gloire, préfèrent la rapine. 

 

Un siècle après Lafargue[1], son Droit à la paresse 

Triomphe, et dévide jusqu’à l’ultime maille 

La passion de l’effort dans la commune liesse 

Que suscitait jadis le respect du travail. 

 

        Je plains nos enfants, sur qui tombera la tuile 

De payer à jamais, avecque du vinaigre 

La faillite de nos élus, qui au lieu d’huiles, 

N’auront jamais été qu’un ersatz de la pègre.

(A suivre) 



[1] Paul Lafargue – Le droit à la presse (1880)

 

25 décembre 2010

(Copyright Jacques Thomet – 2010) 

Dans ma pauvre province[1], berceau de nos Lumière*, 

La porte reste ouverte, même quand on n’est pas là. 

Essayez en banlieue, vous aurez fort à faire. 

Les voitures brûlent. Ce n’est pas du cinéma. 

 

Dans les quartiers, des « jeunes » incendient les écoles 

Malgré les lois connues de notre République. 

On est censé apprendre, que si un jour on vole, 

Plutôt que de monter, bien vite on tombe à pic. 

 

Pour pallier les carences d’enfants sans parents, 

Qui les mettent bas pour les seules allocations, 

Un féal de l’Etat[2], n’osant montrer les dents, 

Paye leurs grands frères à enseigner ces leçons. 

 

Obéir à nos règles, comme pain quotidien, 

Laisse froid ces loubards qui le laissent rassir. 

Au stade de France, dois-je compter comme miens 

Ceux qui sifflent notre hymne[3], m’obligeant à m’enfuir ? 

 

L’éducation civique s’en va des programmes. 

La Marseillaise meurt, biffée à coups de gomme. 

Nos élus légifèrent avec du vague à l’âme, 

Mais, sans la trique, vous tomberez comme une pomme 

 

Déjà bien mûre, faute d’avoir été cueillie 

Par les hommes censés porter notre culture 

Contre les nostalgiques d’une anomalie 

Prête à qualifier nos chiens d’éléments impurs. 

 

A force d’être aveugles, nos politiques creusent 

Le lit d’une rivière, que l’on craint sans retour, 

Gonflée de turbulences, elle qu’on veut heureuse, 

Après tant de souffrances, jusqu’à la fin des jours. 

 

Apprendre, compter et lire, dans nos us et coutumes 

Visait à rendre égaux et les hommes et les femmes. 

Dans les cités ils raillent, et rayent d’un coup de plume 

Ces progrès des anciens qu’ils jettent dans les flammes 

 

De leurs autodafés. Pour y mettre le feu, 

Ils attendent un blanc seing de leurs buveurs de sang. 

Voltaire, Rousseau, Hugo, Céline, Proust, même Dieu 

Finiront eux aussi par être mis au ban 

 

De peuples épris du glaive, prêts à trancher la tête 

Aux fervents des Lumières, aux fils des libertés. 

Les carcasses d’autos préfigurent la bête, 

Ce Phénix d’un cauchemar, qu’on crut enterrée, 

 

Quand le régicide, de janvier quatre-vingt-treize 

Fit croire à notre peuple, qu’il sortait de la plèbe. 

Plus de deux siècles après, cet assassinat pèse 

Sur ceux qui souffrent d’être restés dans la glèbe. 

 

A l’époque, ils n’étaient que rares à s’émouvoir, 

A voir en Guillotin un vrai démon du pire. 

Si les gens des cités oublient tous leurs devoirs, 

Comment garderont-ils leurs droits sans en pâtir ? 

 

A force de plonger la tête dans le sable 

Pour ne pas voir, qu’en la demeure, gît le péril, 

L’autruche du pouvoir répondra donc coupable, 

Si sa cécité provoque une guerre civile.

(Suivra) 



[1] La Franche-Comté, espagnole jusqu’en 1678

[2] Xavier Darcos, alors ministre de l’Education, avait annoncé en janvier 2009 l’embauche de 5.000 « médiateurs de réussite scolaire » dans les cités pour apprendre aux jeunes l’obligation d’aller à l’école et d’étudier.

*Les frères Lumière, inventeurs du cinéma, sont nés à Besançon

[3] La Marseillaise a été sifflée durant tous les matches de football entre les Bleus et des équipes du Maghreb depuis 2002.

 

23 décembre 2010

(Copyright Jacques Thomet – 2010) 

 

Du monde entier, notre pays est la risée. 

On moque la semaine des quatre jeudis, 

Quand les trains, par les grèves, ne sont pas arrêtés, 

Voire le bac, aux calendes grecques remis. 

 

Notre intrus de service, dans son long décalogue, 

Promettait d’en finir avec ces vastes blagues. 

Son dédain pour nous (il n’a même pas un blog) 

Donne la préférence à la valeur des bagues 

 

Qu’il offre à l’Italienne, depuis le tabouret 

Que glisse sous ses pieds, l’un de ses courtisans. 

De l’ancien mannequin cette montre gousset, 

Qu’elle lui offrit, décompte déjà le temps 

 

Avant sa décision de se faire la paire, 

A la moindre incartade du valet d’Empire 

Dans sa quête, insatiable, des belles éphémères, 

Qu’il insiste, en cachette, à désirer séduire. 

 

Sa libido qui sait, dans l’attrait des femelles, 

Au lieu du bien prévu lui aura fait du mal. 

A Clichy on l’attend, mais aussi à Sarcelles 

Pour que la peur enfin s’en aille avec la gale. 

 

Qu’attendez-vous Monsieur, devant la caillera, 

Crient les victimes d’une litanie de crimes. 

Vous prétendiez réduire, et à hue et à dia, 

Ces héros des banlieues, qui cassent pour la frime. 

 

Au lieu de nettoyer avec votre kärcher 

Ces gens du rap qui appellent à tuer les keufs, 

Vous préférez vous consacrer à votre meuf, 

Quand le peuple vous croyait un paratonnerre.

 

 Rien, vous restez coi. Finissons-en donc, Seigneur, 

Avec tout le respect qu’un manant de mon rang 

Doit à son maître, malgré les affres de la peur. 

Empêchons nos cités de baigner dans le sang. 

 

Faites enfin quelque chose ! Avec vos six cerveaux[1] 

Qu’a comptés, éblouie, la dame de vos nuits, 

Eparpillez vos dons, épargnez-nous les maux 

Qui menacent la France de tomber sans vie. 

 

Le danger autrefois se nichait à Berlin. 

Allez-vous imiter ce forban, Daladier, 

Qui signa au côté de l’Anglais Chamberlain, 

L’abandon à Hitler de nos meilleurs alliés ? 

 

Comparer ces époques, qui sait, vous hérisse, 

Mais les grands maux toujours sont nés d’une faiblesse. 

Si vous voulez enfin que le pays guérisse, 

L’heure est venue d’agir. Paris vaut une messe. 

(Suivra)



[1] « Il a cinq ou six cerveaux parfaitement irrigués » (Carla Bruni à propos de son mari, Nicolas Sarkozy)

23 décembre 2010

(Copyright Jacques Thomet – 2010) 

Aujourd’hui le tyran est une hydre à deux faces. 

La gauche et la droite partagent le festin, 

A la Chambre, au Sénat, mais surtout loin des masses, 

Ils ont tué le pays mais s’en lavent les mains. 

 

Dans sa soif de pouvoir, le nouveau Bonaparte 

Recourt à l’apostat pour retarder sa perte. 

Il débauche à gauche et embauche, brouillant les cartes, 

Puisque pour l’OTAN [1]Paris devient ville ouverte. 

 

L’arête de son nez, coupante, un vrai rasoir, 

Aiguisa le ciseau qu’il promit de brandir. 

Elle n’est que mollesse, de Louis XVI la poire, 

Que l’imposteur s’en va cueillir, pour se dédire 

 

Des dindons de la farce, qu’il a mise en musique, 

Acclamé par l’armée des requins de sa claque. 

(Aux idées il préfère des cris hystériques.) 

Je n’ai pas dit d’un claque, quand plutôt il les plaque, 

 

Ces votants qui ont cru, étrangers à sa ruse, 

Leur candidat, du passé, faire table rase. 

Dans le noir de leur vie, à la place des muses, 

Les nantis tissent une toile qui nous écrase. 

 

Ma harangue mourrait, si les gens de la Haute 

Etaient seuls à plonger l’ardoise dans le rouge. 

Avec les trente-cinq heures[2] vint la grande faute. 

La loi « de progrès » empêche que rien ne bouge, 

 

Sauf l’attrait du facile, du lendemain factice, 

Qu’une fan du Grand soir, sous couvert d’une rose, 

A voulu transformer en un vain bénéfice 

Sans voir que son décret empêchait qu’elle éclose. 

 

Fille à papa[3], mais sans rien des saintes nitouches, 

Son manque d’attrait n’empêche qu’on ne résiste 

A sa cuiller d’argent devenue une louche 

Pour nous plonger tous dans le bouillon communiste, 

 

Sans le nom mais avec tous ses succédanés. 

Comment baptisez-vous un régime où l’effort 

Est l’ennemi du bien chez tous les assistés ? 

Pour ces nourris logés, le statu quo est d’or. 



[1] Nicola Sarkozy a annoncé le 13 mars 2009 le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, dont elle était sortie en 1966 à l’initiative du président Charles de Gaulle.

 

[3] Martine Aubry est la fille de Jacques Delors, ex-ministre et ancien président de la Commission européenne

  (copyright Jacques Thomet - 2010)     

       Qui sait si le moment de boucler leurs valises 

        N’est pas venu. Au président, le procureur 

        Dira qu’à Karachi [1]il compta pour du beurre, 

        Ou le mettra en détention sur la banquise. 

         

        Un tel exil, frappé du sceau écologique, 

        Permettrait, comme pénitence, à ce duo, 

De voir qu’on peut vivre sans entasser des briques, 

Mais en aidant le monde à compter les manchots. 

         

        Pour épargner les coups de chaleur à l’espace, 

        Que les juges envoient la délinquance en col blanc 

        Congeler et fournir de nouveaux blocs de glace 

        En Arctique. Le temps rafraîchira, comme avant. 

 

Si l’on est décidé à sauver la planète, 

Pourquoi ne pas lancer un bagne atmosphérique ? 

Ils seront des millions à payer là leurs dettes, 

Grâce à la confection d’icebergs électriques. 

 

Viendront-ils, les comités de salut public,  

Pour enfin nettoyer les écuries d’Augias ? 

C’est trop tard, je m’en vais, traitez-moi donc d’inique, 

Mais ma France se noie. Qui veut boire la tasse ? 

 

Oui, je te quitte, pour éviter ces flots de haine, 

Qu’engendre le nouveau  Napoléon, l’infime. 

Prendre les armes? Pour la guerre? Qu’à cela ne tienne, 

Au lieu de mitraillettes, dégoupillons les rimes ! 

 

Victor Hugo le grand avait choisi l’exil 

Pour compter et conter dans sa robe de bure, 

Plein de sa certitude au sommet de son île, 

Les derniers jours sanglants d’une autre dictature. 

 

Dans le noir marigot, infesté de reptiles, 

Se profile déjà la cohorte d’obscurs, 

Essayant de moquer mon recours à un style 

Qu’ils méprisent, pour manquer d’en avoir la carrure.

(à suivre)



[1] Me Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, qui a fait 14 morts, dont 11 salariés de la DCN en 2002, a accusé le 17 décembre 2009 le président Nicolas Sarkozy d'être « au cœur de la corruption » dans ce dossier.

 

 21 décembre 2010

(Je commence aujourdhui la diffusion quotidienne, à l'intention de mes fidèles lecteurs, de cet apophtègme de six mille mots composé en alexandrins un an plus tôt, et qui n'a pas intéressé les éditeurs contactés.)

Par Jacques Thomet (copyright 21 décembre 2010) 

Combien je t’ai aimée ! Aujourd’hui je te pleure. 

Faudra-t-il, France, te mettre les points sur les i ? 

Tu as perdu l’envie de nos mises en demeure, 

Pour te donner à un petit-fils de Hongrie. 

 

Quand je vois ce bambin assis sur notre trône, 

Et pour fou du Roi la gratteuse de guitare, 

Dévoreuse d’amants mais toujours si aphone, 

Il me vient un autre air : c’est le chant du départ. 

 

J’aimerais assister à leur fuite à Varennes, 

Comme ce serrurier[2] qui sur son agenda, 

Le jour où la Bastille lui prenait les rênes, 

Ecrivit « rien » sans savoir que ce fut son glas. 

 (à suivre)



[1] La Montbéliarde est une race bovine qui tire son nom de la ville de Montbéliard (Doubs) où elle a été importée de Suisse au XVIIIe siècle.

[2] Louis XVI. Sur son carnet, le 14 juillet 1789, il avait commenté : « rien »

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