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Avec 45 ans de métier dans les jarrets, les bras m’en tombent d’ahurissement face à cette invention du Decodex par les confrères journalistes du Monde pour décréter un autodafé sur tous les sites en ligne non conformes à leur soi-disante éthique.

Les Hubert Beuve-Méry et autre André Fontaine doivent se retourner dans leurs tombes devant une telle initiative digne de l’Inquisition.

Mais ce genre de boomerang ne manquera pas de revenir en pleine figure de ces nouveaux disciples d’Anastasie, le vieux symbole d’une censure redevenue à la mode.

Car pour distribuer des bons points ou des coups de latte, il faut avoir soi-même les reins solides – évitons les termes scatologiques. Ce n’est pas le cas de ce quotidien devenu un organe partisan et dénué des préceptes qu’il invoque dans le mode d’emploi du Decodex, un colosse aux pieds d’argile.

Quand on endosse l’habit de censeur, il convient de ne pas offrir de cordes pour se faire fouetter, comme c’est le cas du quotidien Le Monde avec son autocensure permanente doublée d’une scandaleuse dérive vers la conspiration, et je pèse mes mots.

Ainsi, jamais ce journal n’a daigné mener la moindre enquête sur le fléau gravissime des viols d’enfants en France, une cause nationale oblitérée par le pouvoir et les médias. Le Monde n’a même pas publié avant-hier l’information officielle sur le rejet par le Sénat de l’imprescriptibilité des viols d’enfants. Par contre ce quotidien n’a pas hésité à faire l’éloge de certains acquittés d’Outreau qui avaient pourtant avoué leurs forfaits dans le dossier judiciaire. Mon livre « Retour à Outreau », qui dénonce ces présumés criminels sans avoir été poursuivi par eux, n’a fait  l’objet d’aucune critique dans ce journal, alors que je l’avais porté au siège du Monde à la demande de sa directrice de l’époque.

Ainsi, d’autre part, Decodex dénonce dans ses oukases les sites dits conspirationnistes comme Dondevamos, animé par une journaliste bénévole que je connais, dévouée à la cause des enfants comme peu d’associations le sont. Mais n’est-ce pas une conspiration que Le Monde, lui, a menée depuis le début de l’affaire Fillon  en reprenant la nouvelle de l’enquête préliminaire du Parquet financier sans avoir vérifié  que la loi ne lui donne pas cette prérogative ? Qu’est-ce d’autre que cette publication des comptes rendus du Parquet par Le Monde, le lendemain, puisque ces informations n’ont pu lui être données que par ce Parquet ou la Chancellerie ou l’Elysée, dans une opération politique contraire à la séparation des pouvoirs ? Si le Decodex invite à respecter la loi, qu’il transmette cette obligation à leurs collègues  journalistes du Monde qui n’ont pas respecté le secret de l’instruction …

 

Une réponse à “Le Monde, une Anastasie aux pieds d’argile”

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