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03/06/15

Un virulente attaque a été lancée mercredi aux assises de Rennes contre le ministère public, accusé par les avocats de la partie civile « d’arbitraire, de destruction de l’Etat de droit », et d’être « sorti de la route » dans sa conduite du procès Daniel Legrand fils dans le dossier Outreau.

Ces gravissimes mises en cause de deux avocat généraux par les défenseurs des enfants violés, pendant leurs plaidoiries, n’auront pas manqué de frapper les jurés appelés à se prononcer vendredi sur une éventuelle condamnation de l’accusé dans leur délibéré.

La première victime de ce tir de barrage n’est autre que Jean-Jacques Zirnhelt, pour son témoignage à la barre la veille. Actuellement procureur de Pontoise et avocat général à Versailles, il a été procureur général près la cour d’appel de Douai en 2004 à 2011.

C’est à ce titre qu’il avait hérité de l’ordonnance de renvoi de Daniel Legrand fils devant les assises des mineurs, décrétée en 2003, pour les crimes de viols présumés commis par lui contre des enfants quand il était lui-même mineur. L’accusé avait été acquitté en 2005 avec 12 autres adultes aux assises de Paris dans la même affaire d’Outreau pour de présumés crimes de viol quand il avait déjà la majorité légale.

Dans son intervention, M. Zirnhelt a révélé avoir annoncé en 2006, dans une réunion avec les avocats de la défense aux procès d’Outreau, en l’absence de leurs collègues de la partie civile, qu’il « n’avait pas l’intention d’audiencer ce procès » aux assises des mineurs.

« Compte tenu des épreuves subies par les enfants qui avaient vu leurs parents condamnés, et du fait qu’en appel à Paris ils n’avaient pas parlé, j’ai pensé que ce ne serait pas bon pour eux qu’ils reviennent devant une cour d’assises », a-t-il précisé avant d’assurer que « jamais il n’avait pris une telle décision (dans sa carrière) ». Parmi les avocats présents à cet accord secret, dénoncé à Rennes par la partie civile, figuraient Eric Dupond-Moretti, Frank Berton et Hubert Delarue, à nouveau sur le banc de la défense à Rennes.

Le procureur a affirmé avoir communiqué son « intention » à sa hiérarchie, et n’avoir pas le souvenir d’une réaction de celle-ci. Il a aussi confessé « ne pas en avoir informé son successeur à Douai, Olivier de Baynast, pour la raison que « ce n’était pas un dossier d’actualité »        

Dans sa plaidoirie, Yves Moneris, avocat de la partie civile, a qualifié ce refus d’audiencer le procès Legrand fils d’être « tout sauf légal », et d’une volonté de « faire un enterrement de première classe de ce procès » avec la décision de M. Zirnhelt de « n’avoir rien dit à son successeur ». Convoqué comme témoin à Rennes, Olivier de Baynast a refusé de s’y rendre, pour des raisons non expliquées.

La mise au congélateur de ce dossier a déclenché l’ire de Lev Forster, autre avocat des enfants violés. « C’est l’arbitraire, la destruction de l’Etat de droit », s’est-il écrié.

L’autre cible, dans la vindicte des avocats de la partie civile, aura été l’avocat général Stéphane Cantero, représentant du ministère public à Rennes. Son obstination permanente à intervenir à décharge, depuis le début du procès, s’est encore concrétisée mercredi avec son invitation à témoigner par visioconférence depuis Montréal, faite au psychologue Hubert Van Gijseghem.

Le président des assises, Philippe Dary, a déclenché une nouvelle levée de boucliers dans la partie civil en révélant que ce psychologue canadien avait reçu un mail de l’avocat général Cantero lui expliquant les raisons de cette invitation.

« Monsieur le procureur, vous êtes sorti de la route », s’est insurgé Me Moneris. « Moi, je n’ai pas le droit de parler à un témoin quand je le cite ». Son collègue Lev Forster a également moqué cette initiative de M. Cantero : « si on doit faire venir un spécialiste en lui disant ce qu’il a à dire… », a-t-il ironisé, avant de tourner en ridicule les théories du psychologue canadien,

Selon ce dernier, « la parole d’un enfant victime ne doit pas être recueillie dans un endroit confortable, mais au contraire dans un lieu qui inspire le respect et l’autorité. Le mineur doit donc se rendre immédiatement à la police, seul, et ne pas être accompagné ». Cette méthode a été brocardée par Lev Forster : « vous imaginez un enfant qui vient de se faire violer se rendre par ses propres moyens au poste de police ? »

Ces deux premières plaidoiries de la partie civile, qui se poursuivront demain, ont longuement commenté le cas de Daniel Legrand fils et démontré que l’accusation tenait contre lui, notamment à partir de ses aveux et des dénonciations incontestables des enfants.  

12 réponses à “Outreau: « l’arbitraire » du ministère public dénoncé par les avocats des enfants violés au procès Legrand fils”

  • Humanité:

    Merci pour ces informations

  • Après le confinement radical des massacres barbares, ALEGRE, DUTROUX (assassinats en nombre de témoins et instructeurs), FOURNIRET, disparues de l’Yonne et centre de torture d’Appoigny (plus assassinats de témoins et du gendarme JAMBERT de deux balles dans la tête), lycéenne de Tournon, AMIDLISA, Outreau, il est cohérent, en univers totalitaire, que les rituels satanistes (cf le témoignage de l’ex-policier des RG de Toulouse sur une radio du Québec), comme aux USA (cf la somme « Cult and ritual abuse »), soient couverts façon Black List et plafond de verre.
    Ce que traduit cet état de fait, c’est que la France est, aujourd’hui, un système totalitaire élaboré, radical, société secrète au grand jour au sens d’Hannah ARENDT (des membres de société secrète se sont vantés d’avoir couvert des coupables selon votre site jadis), déjà au grand jour depuis les 10 millions de morts des génocides de la Françafrique, du Biafra au Beach en passant par le Rwanda, près pour mettre en œuvre le Mein Kampf, parfaitement connu, du Satanisme : le massacre de l’Humanité entière « indigne de vivre ».
    L’article 40 du CPP et l’article XVI de la Déclaration des droits qualifient le Totalitarisme français : un jour il y aura un tribunal de Nuremberg.

  • Correction : prêt pas près

  • denis moulin:

    une pièce de plus pour le dossier déposé devant la cour européenne des droits de l’homme qui j’espère le jugera recevable.

    Le point que vous venez de soulever est l’évènement majeur de la journée d’hier, et la presse « officielle » n’en rapporte rien dans leurs chroniques.

    Pourquoi ne suis-je pas surpris.

    A toute à l’heure

  • lerny:

    franchement depuis le début du procès je ne voit pas l’utilité de remuer tout cela même pour les enfants Delay qui sont bien sur des victimes incontestables et incontesté de cette affaire. C’est bien de mettre en exergue tout ce qui vous semble aller dans le sens des thèses que vous défendez mais on pourrait en mettre en exergues dans l’autre sens par exemple: « Outreau : pour la première fois, un des fils Delay reconnaît avoir accusé à tort  » Ce procès n a fait que raviver les souffrances des uns comme des autres et montrer une fois de plus la légèreté de l’instruction qui ne permettra pas au procureur général de demander autre chose que l’acquittement.

    • Soutiens aux enfants:

      Les enfants violés seront libérés partiellement quand ils voient que leurs violeurs sont punis et condamnés. Cette phrase d’un des enfants violé m’a bouleversé. Quand il a su que ses violeurs ont reçu des sommes d’argent astronomique, il a crié:  » Je ne sais pas qu’on peut gagner gros en violant des enfants! » Cette phrase me tue! Acquitter les coupables, c’est le meilleur moyen de détruire les enfants! Ce procès a été voulu par les enfants. Votre logique est débile! Laisser les acquittés en paix pour ne pas faire souffrir aux enfants violés! C’est quoi cette logique?

      • lerny:

        S’ils ont été acquittés peut être tout simplement étaient ils innocents comme de nombreux mis en cause qui n’ont même pas été renvoyés aux assises parce que les déclarations ne ten

  • Pas surpris du tout, moi non plus (malheureusement)…

  • annuaire de la magistrature:

    Precision : Monsieur Zirnhelt est à la retraite depuis Septembre 2011

  • Erreur judiciaire:

    Apparemment vous applaudissez quand certains psychologues sont tournés en ridicule alors que vous soutenez l’analyse d’autres psychologues tels M.Emirzé dont la commission d’enquête parlementaire a montré qu’il rédigeait ses rapports par copier-coller.

    Cela montre que le sujet des experts est un sujet important, et qu’il faudrait au minimum, par respect du contradictoire, que les expertises se fassent à charge et à décharge.
    Dans cette affaire d’ailleurs, le juge Burgaud a t-il au moins eu droit à une expertise psychologique?

    Question mélange des genres, Lev Forster est l’hopital qui se moque de la charité. Il est l’avocat d’une des parties civiles, après avoir été aussi celui du procureur Lesigne. (cf: https://www.youtube.com/watch?v=BxhHf8RMn5Q ) Cela montre que certains magistrats étaient proches des accusateurs.
    Ce n’est pas interdit de défendre les 2, mais que Forster n’aille pas reprocher à d’autres procureurs d’être proches de la défense.

  • une mère en colère:

    Et bein

  • Erreur judiciaire:

    M. Thomet,

    Comme je pense que vous êtes de bonne foi (même si visiblement le contradictoire vous pose un problème), pourriez-vous nous expliquer le rôle de la franc-maçonnerie lors de ce procès Outreau 3
    cf votre post de 2013: http://www.jacquesthomet.com/jacquesthomet/2013/07/19/outreau-les-francs-maons-taient-partout-au-procs/

    Lev Forster est franc-maçon ou du moins en a défendu un nombre important. Lesigne probablement aussi.
    Et les autres? Burgaud? Cantero? Dupont-Moretti?
    S’agit-il d’un règlement de comptes entre les maçons de gauche et les maçons de droite?

    De plus, que sont devenus les autres enfants victimes dans ce dossier? Etait-ce qu’ils n’existaient pas? ou est-ce que « Innocence en danger » n’a pas réussi à les persuader et pourquoi?

    Et je suis d’accord avec vous qu’il est dommage que Cantero ait pris position, au lieu de laisser les 6 avocats de la défense plaider. (déjà puisque ceux de la partie civile avaient pu plaider)
    Mais cela équilibre par rapport au procès 1, ou un procureur (Lesigne?) avait requéri des condamnations, alors que les auditions avaient démontré de graves irrégularités dans le dossier.

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