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24 nov 2013

Daniel Legrand fils, l’un des 13 acquittés d’Outreau, doit être jugé, par les Assises de Rennes, à une date non encore fixée, pour les faits qu’il est accusé d’avoir commis lorsqu’il était mineur.

Ce procès servira – ou devrait servir – de socle à une totale remise en cause des fausses vérités établies par les pouvoirs de l’Etat, et relayées par les médias, sur la réalité de ce scandale des enfants violés en France, souvent impunément.

Une nouvelle fois, j’appelle les enfants victimes d’Outreau, qui n’ont pas été convoqués aux Assises de Saint-Omer en 2004 pour témoigner, à se faire connaître sur mon courriel (jacquesthomet25@live.fr) s’ils souhaitent sortir de leur silence et contribuer ainsi à l’éclatement de la vérité.

56 d’entre vous, qui êtes passés en majorité à l’âge adulte, ont été cités au moins une fois dans l’enquête menée par le juge Fabrice Burgaud, avec le concours de la police entre février 2001 et juillet 2002, comme victimes possibles de prédateurs adultes à Outreau. 56 mineurs, pas moins, dans le dossier judiciaire de 30.000 pages que j’ai épluché de A à Z pendant quatre mois !

Seuls 12 d’entre vous ont été reconnus comme victimes de viols par les Assises de Saint-Omer puis de Paris (en appel) en 2004 et 2005, et indemnisés par l’Etat, soit 25.000 euros par enfant, alors que les 13 acquittés ont reçu au total 12 millions d’euros de l’Etat en dédommagement…

Mon livre « Retour à Outreau - Contre-enquête sur une manipulation pédocriminelle» (que l’on peut se procurer sur le site www.kontreculture.com) a révélé les multiples horreurs cachées dans cette affaire, dont :

- le meurtre de quatre enfants au moins,

- les aveux de trois des futurs acquittés,

- la disparition des vidéos qui avaient enregistré les auditions des enfants à Saint-Omer.

Nul n’ignore votre difficulté à sauter le pas pour venir témoigner des crimes sexuels (le viol est un crime passible des Assises en France) dont vous avez été victimes. Même si vous avez voulu barricader votre martyre dans un puits de silence, seule sa révélation publique, dans l’anonymat qui sera requis conformément à la loi, peut vous aider à reconstruire une vie amputée.

Une telle mobilisation collective, par le biais de ses répercussions médiatiques, permettra non seulement de rétablir la vérité, de redonner vie à la parole des enfants violés aujourd’hui en France mais non plus entendue, et d’exiger ensuite de l’Etat la prise en charge de votre suivi individuel, pour vous réintégrer dans la société et vous donner les moyens financiers adéquats.

Il n’est pas admissible que les 12 mineurs reconnus comme victimes à Outreau aient été abandonnés à leur triste sort, une fois devenus majeurs, sans aucune aide des services de l’enfance, et avec une misérable indemnité comparée à celle donnée aux acquittés. Vous êtes à même d’exiger la même reconnaissance financière que celle offerte aux acquittés.

Si vous me contactez, votre anonymat sera bien entendu respecté, comme il se doit. J’attends vos témoignages.

Jacques Thomet

 

14 réponses à “Outreau : je lance un nouvel appel aux enfants victimes à se faire connaître”

  • Jacques:

    Encore ??? Et cela d’autant plus que je ne vois strictement rien quant à l’aide psychologique qui pourrait leur être apporté. Mais il est vrai que bien souvent, pour ceux qui veulent faire passer des victimes cela ne peut être que bien secondaire. Si des victimes ont décidé de ne pas porter leurs cas devant la justice c’est leur propre choix et cela doit absolument être respecté. Les victimes ne sont pas les nouveaux esclaves pour les chasseurs de pédophiles ou même de pédocriminels.

    • maire:

      votre commentaire est une honte, où plutôt d’une indigence rare en terme de réflexion: laissons les victimes souffrir en silence si elles n’ont pas la force de se battre (ce qui est impossible sans une aide telle que la propose JT) , et par la même occasion, laissons les prédateurs continuer leurs massacres…
      Vous êtes une caricature de l’égoîsme bien pensant…

      • Jacques-M:

        Mais non, vous n’y êtes pas du tout Maire. Faisons les parler, Si ils ne veulent pas parler, torturons-les et si ils ne parlent pas assez vite, flagellons-les. Ou, ben tiens, même faisons les même rechercher par la gendarmerie nationale comme de vulgaires salopards. Encore mieux, lançons une campagne d’affichages à travers la France. Tout cela au nom de leurs mal être et surtout pour rechercher des pédophiles. Voilà d’ailleurs à quoi devraient même servir les enfants et adolescents: comme appâts d’incestueux et de pédocriminels pour une société bien pensante … n’est-ce pas ?

        Plus sincèrement, que croyez-vous que ces gens là n’ont pas entendu parler de Jacques Thomet et n’ont pas pris la décision de ce qu’ils doivent faire, déjà pour eux-mêmes ?

  • Jacques-M:

    Question à Jacques…

    Lorsque vous écrivez cette phrase: « Vous êtes à même d’exiger la même reconnaissance financière que celle offerte aux acquittés. » Pensez-vous sincèrement que c’est vraiment le débat de fond ? Le fric ne serait donc que la seule chose que les victimes d’abus sexuels recherchent ? Ce qui est même également souvent prétexté par les abuseurs et agresseurs d’enfants et d’ados.

    • Jacques Thomet:

      Ce n’est pas « la seule chose », mais une exigence de taille.

      • Jacques-M:

        A mon avis, je dirais que non, mais cela n’est que mon point de vue personnel en tant qu’ancienne victime d’abus sexuels. Je dirais que ce que demandent généralement les victimes c’est la reconnaissance de leurs victimisations et que les frais, comme au Québec, de leurs thérapies soient pris en charge par les abuseurs – agresseurs. J’ai même entendu dire que, parfois, il y avait des dédommagements étaient remis aux victimes et que celles-ci étaient ensuite remises à des associations luttant pour telle ou telle autre cause. De toutes façons, même si des victimes demandent une compensation, cela ne les regarde qu’elles-mêmes. Et n’est surtout pas à moi d’en juger. Ce sont, comme je l’ai dit, les abuseurs et les agresseurs qui prétendent que les victimes le demandent pour les discréditer, discréditer les souffrances dont les victimes peuvent être – sont confrontées.

  • outreau en V.O.:

    Il faut espérer …mais le moine Pierre Albert Etienne qui avait répertorié plus de 50 enfants qui étaient ses victimes d’ attouchements, n’ en a vu que très peu venir à son procès alors qu’ils étaient eux aussi devenus adultes.
    Et pourtant les victimes du moine ne risquaient pas de se trouver face à l’ogre des assises ( Dupond-Moretti) qui est censé de nouveau se mettre à la tête de 10 avocats comme il l’ a déjà précisé pour défendre Daniel Legrand …la menace est suffisante pour geler toute velléité !

    Il faudrait pouvoir leur dire qu’ un comité de soutien des victimes s’organisera pour payer 10 avocats, de vrais ténors reconnus eux pour leur humanité et leur déontologie en plus de leur talent.

  • outreau en V.O.:

    Si seulement Manon pouvait réussir à convaincre son compagnon de dénoncer le curé !

    http://blogs.mediapart.fr/blog/caprouille

  • incroyable mais vrai !!!!:

    meme dans cette affaire outreau les francaises et les francais n ont meme pas vu 10 avocats honnetes et integres aller aider et plaider pour les enfants victimes de pedophilie pour la bonne cause !!!!

  • une maman:

    Qu’ont-ils fait de leur COLÈRE tous ces ptiots sans défense ?….
    N’ont-ils pas envie de la CRIER MAINTENANT qu’ils sont GRANDS et plus FORTS ?…
    Foncez la CRIER, Motivez-vous c’est l’opportunité de pouvoir devenir des HOMMES et FEMMES enfin LIBRES !!!…
    Avec vous! Anne

    • Jacques-M:

      N’ont-ils pas envie de la CRIER MAINTENANT qu’ils sont GRANDS et plus FORTS ?

      Bonjour,

      Je ne sais pas si une victime devient plus forts parce qu’elle est plus grande. Il me semble que c’est plutôt le contraire. Une victime adulte, peut-être plus un homme d’ailleurs, subi de nombreuses pressions. Les pressions de son entourage, et les siennes propres aussi. Il n’y a pas autant d’ambivalences lorsque l’on est encore enfant ou adolescent que lorsque l’on est adulte. C’est peut-être les raisons pour lesquelles, à tort bien naturellement, un enfant pourra souvent mettre sa souffrance de côté par son silence et le refoulement jusqu’au jour où, adulte, cela lui rejaillira en pleine figure avec toutes les problématiques, même les problématiques complémentaires, que cela lui impose.

      D’ailleurs, ces derniers temps, j’avais l’intention de lancer une campagne pour l’écoute des enfants et des adolescents par les pharmacies et par facebook, et cela avec toute l’information nécessaire quant au fait de l’écoute elle-même mais aussi par des consignes strictes du comportement à avoir lors de cette même écoute. Je pense en effet que l’on est pas assez écoute des enfants et des jeunes adolescents et que cette même campagne pourrait leur faciliter la parole au lieu de se replier sur eux-mêmes dans le refoulement et le déni. En outre, comment s’ étonne-t’on encore que des personnes abusés deviennent eux-mêmes des abuseurs puisqu’au moment même où on aurait pu plus facilement les écouter, bien souvent ils sont délaissés, même s’il ne sont pas si nombreux à tomber dans ces conditions. Il faudrait prendre le mal en amont pour l’éviter, voire même pour leurs propres reconstructions le plus tôt possible. Malheureusement, facebook a l’air bien plus compliqué que je le pensais au début…

  • Tom Tom:

    Merci beaucoup d’avoir publié in extenso l’analyse psychologique de Daniel Legrand et ses aveux… Ceci a levé tout mes doutes quant à sa culpabilité. En effet les deux témoignages sont contradictoires. Ils ne parlent que de gamines dans son témoignage mais de gamins 2 ans plus tard dans son expertise. Il est à la limite de la débilité et influençable. Dans l’expertise il parle de Myriam comme d’une proche mais dans le témoignage il dit la fille. etc. etc. Il est donc clair pour moi qu’on peut pas bâtir une quelconque accusation sur ceux-ci.

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