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19 mars 2013

Dans leur chambre noire, des dizaines et des dizaines de cassettes vidéo recélant sur négatif  les témoignages des enfants violés à Outreau ont disparu depuis 2004 !

C’est l’un des multiples scandales que je dénonce dans mon livre « Retour à Outreau – Contre-enquête sur une manipulation pédocriminelle », à propos de ces scellés.

Si ces pièces de justice ne dorment plus quelque part, dans une armoire ou une cave d’un palais de justice (à Boulogne-sur-Mer, Douai ou Paris), c’est qu’elles ont été détruites ou dissimulées pour une raison encore inconnue.

Si tel est le cas, tous les responsables de cette entrave à la justice devront un jour s’en expliquer, car l’affaire d’Outreau est loin d’être achevée.

Dans les minutes des débats retranscrits par le greffier pendant les assises de Saint-Omer (2004), on apprend dans le tome 1 (page 261) que le président Monnier avait exigé l’enregistrement audiovisuel des témoignages à la barre des enfants victimes de viols à la tour du Renard, ce qui fut fait chaque jour pendant toutes les audiences. Ces K7 ont été jointes au dossier lors des assises en appel à Paris en 2005.

Je passe sur les détails de mon enquête, pour vous inviter à les retrouver dans mon livre.

Le résultat : les K7 ont disparu ! Ni le ministère de la Justice, ni le tribunal de Paris, ni ceux de Boulogne et de Saint-Omer, tous contactés par mes soins, n’ont pu me dire où se trouvaient ces scellés.

Conformément au droit de la presse à l’information sur une affaire jugée, j’avais demandé à toutes ces institutions d’accéder à ces K7 pour écouter les témoignages de mineurs, traités comme des moins que rien par les avocats des accusés pendant les assises de 2004.

En vain !

Or ces documents filmés ne peuvent avoir disparu, pour deux raisons :

1-  L’un des acquittés à Outreau, Daniel Legrand fils, n’a toujours pas été jugé aux assises des mineurs pour les faits qui lui étaient reprochés dans la même affaire alors qu’il n’avait pas encore dix-huit ans. Dans une étrange dichotomie, tous ceux qui avaient à l’époque dénoncé la longue détention provisoire des adultes accusés n’ont jamais pipé mot sur l’absence du jugement attendu de cet accusé pour des faits commis pendant sa minorité. Les enfants victimes n’ont jamais eu droit à cette comparution de leur prédateur présumé pour assister soit à sa condamnation, soit à son acquittement. Or la justice ne peut annuler un tel renvoi.

 

2-  La jurisprudence non écrite veut que de tels scellés ne puissent être détruits au moins dix ans après les assises. L’appel de Paris sur l’affaire d’Outreau s’est achevé en décembre 2015. Mais nous sommes en mars 2013 !

 

Le mystère de la chambre noire ne fait que commencer. Il s’ajoute à toutes les impostures dénoncées dans mon investigation, longue de deux années…

 

 

7 réponses à “Outreau : le mystère de la chambre noire”

  • Notre société se délite par le haut et par le bas. Il reste des gens comme vous qui avez le courage de montrer les avaries, il y a des citoyens qui sont encore enclins à respecter des règles, mais s’ils ne se bougent pas, c’en est bientôt fini de notre civilisation sous les formes que nous avons connues et que nous aurions plutôt aimé voir progresser.
    Merci pour votre combat

    • tsuky:

      Encore tous mes compliments à Jacques Thomet qui sauve avec quelques autres journalistes « résistants » l’honneur d’une profession de plus en plus déconsidérée.L’énorme travail d’analyse et de synthèse qu’il a fourni montre avec précision les méthodes qui sont très souvent mises en oeuvre dans les affaires sensibles pour limiter au maximun la découverte de la vérité et démolir ceux qui veulent la faire éclater.La disparition des cassettes dans ce genre d’affaires n’est pas une première.Des Etats généraux de la Justice permettraient de repartir sur des bases solides avec de nouvelles règles et avec la mise en place d’un grand pôle de justice spéciallisée pour la défense des enfants et des femmes.Cet organisme permettrait aux victimes et à leurs défenseurs de trouver une aide adaptée en cas de
      dysfonctionnements accidentels ou organisés dans le cas des étouffements et des protections.
      Il est réconfortant de constater que quelques magistrats prennent au sérieux les analyses de jacques Thomet.
      espérons qu’une mouvance judiciaire va se décider à faire cesser tous ces scandales en proposant les mesures qui s’imposent.Le nombre d’éléments solides détenus par les associations de défense des enfants et des femmes
      est très imposant.Reste maintenant à les exploiter de façon positive.

  • Roger:

    Bonjour Jacques, je suis quotidiennement l’évolution de ces affaires, car je trouve que c’est tout simplement un scandale. Je viens commenter afin de faire un parallèle entre votre billet et un procès qui a eu lieu contre la scientologie. Vous devez le savoir, mais la veille du procès, ils se sont rendus compte qu’une partie du dossier incriminant gravement cette secte avait disparu.
    L’Etat ne nous protège pas. On laisse des sectes (sciento, béatitudes…) faire vivre l’enfer à des citoyens sans que jamais les médias n’en parlent, ou qu’un juge décide de mener une lutte contre ce qui font vivre l’horreur aux plus faibles.
    Je ne crois plus en nos élites depuis que j’ai pris conscience de la trop grande clémence envers les pires prédateurs. J’y croirai à nouveau quand les méchants seront mis hors d’état de nuire. J’aime tellement les gens qu’il m’est insupportable qu’on les mette en etoute légalité dans une posture infernale.

    Bravo Jacques pour votre travail, et merci à vous tous pour votre travail de vérité. C’est très courageux de s’attaquer au malin.

    Amitiés.

    • tsuky:

      Roger, il faut du courage pour supporter les incroyables et pourtant réels dénis de justice révélés par cette poignée de journalistes humanistes et courageux qui ébranlent actuellement les murs du château fort de l’omerta.
      Sur le site Donde Vamos de la journaliste Ceri, le citoyen mesure peu à peu l’immensité des crimes camouflés.
      la disparition des dossiers, des cassettes, des témoignages divers sont monnaie courante dans les affaires sensibles.
      Une réflexion unanime de tous ces chercheurs de vérité: »jamais je n’aurais pu croire toutes ces horreurs avant mes recherches! »Et pourtant ce ne sont pas les preuves qui manquent.
      Quand Ceri publiera son livre sur toute cette immense corruption, il pourra servir comme celui de jacques Thomet, de référence dans une nouvelle école de journalisme où l’humanisme et la recherche honnête de la vérité seront
      les deux piliers de leur travail.En attendant beaucoup trop de journalistes préfèrent se taire ou désinformer sans le moindre scrupule.Mais tous ces escamoteurs partisans du storrytelling perdent leur temps car les masques sont tombés.

      • Roger:

        Si vous saviez à quel point ça m’a tué dans mon for intérieur. J’étais quelqu’un qui croyait quand même en l’intégrité de nos gouvernants car je suis optimiste de nature. Depuis que j’ai découvert l’affaire Zandvoort, ainsi que les horreurs commises, ritualisées, en réseau avec des notables pro-mondialistes, je pense avoir saisi dans son ensemble de quelle manière nos pays sont dirigés. Et pourquoi la catastrophe s’accroît tandis que nos politiques et journaux font croire le contraire.
        Le diable existe, il est là, certains le nourrissent, et il faut par tous les moyens protéger la bête. On a mis la Laïcité en place afin que les gens n’aient plus de notion de bien et de mal. Chaque jour je pense à ces enfants victimes, aux honnêtes parents emprisonnés. Si je n’étais pas croyant, j’aurai beaucoup de mal à supporter tous ces mensonges et surtout les horreurs qu’on fait vivre à des enfants. Les êtres les plus sacrés qu’il y a, on leur fait vivre les pires tortures. Pires car elles sont tellement ignobles qu’elles dépassent l’entendement. On n’imagine même pas ce qu’il se passe tant les faits relèvent de l’abominable.

        Merci à vous tous d’exister, de défendre les enfants ainsi qu’une certaine idée de la justice.
        Il n’y a pas de journalisme dès lors qu’on dissimule les pires faits qui puissent exister.
        Cohn Bendit, Lang, Mitterand… ne devraient même pas avoir le droit de s’exprimer en public. Et il y a 3 jours, je vois Daniel CB bénéficier d’une extraordinaire couverture médiatique sur lcp. Une heure lui était consacrée où il s’exprimait en toute liberté. Une émission qui nous le faisait passer pour un modèle en politique. Je trouve insoutenable le fait qu’on laisse les gens croire en des politiques qui ont commis ce qu’il y a de pire sur terre.

        Un des pires mecs qui est montré en héros de mai 68. Oui, la société est malade.
        Merci Jacques, merci Dondevamos, merci Pedopolis, merci Stan Maillaud, merci Jacques, merci à tous ceux qui oeuvrent pour le bien commun. J’ai une pensée pour tous les enfants, vraiment. Chérif, sache que je t’admire et que je prie chaque jour pour que ta parole soit reconnue et que tes souffrances ne soient pas trop dures.
        A tous les enfants, nous sommes nombreux à nous soucier de votre sort.

  • Vassak:

    @Roger, c’est aussi arrivé à Nice sous l’ère Mongolfier, le dossier du G.U.D s’était évaporé dans le Palais de Justice…
    C’est bien que vous citiez ces deux affaires, car justement, les deux magistrates chargées de l’instruction ont curieusement adopter des postures de « médiatrices » au lieu de s’en tenir à leur rôle d’investigatrices. D’ailleurs, des juges d’instruction n’ont absolument aucun devoir de suggérer une réconciliation des parties ou quoi que ce soit de cet ordre.

  • Roger:

    Votre travail de journaliste m’est vital dans la mesure où je suis désormais informé sur la manière dont tourne le pays. Quand on prend connaissance de ce qu’il de passe en coulisses, on n’est plus tout à fait le même.

    Je me répète, mais je vous témoigne à tous mon plus profond respect et ma plus sincère amitié.
    Mon coeur ne sera jamais assez grand pour témoigner de l’amour que je ressens pour tous ces enfants sacrifiés.
    Mon cerveau et mon coeur pleurent devant tant de mensonges et face à une telle cruauté.

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