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05 novembre 2011

La liquidation d’Alfonso Cano par l’armée colombienne de cette guérilla narcoterroriste qui vit du trafic de cocaïne et des enlèvements, y compris d’enfants contre rançon, ne signifie pas l’extinction à court terme de ce fléau contre la paix civile, malgré le vœu ardent des 46 millions de Colombiens.

Dans ce splendide pays deux fois grand comme la France et recouvert aux deux-tiers de forêts tropicales ou amazoniennes face à deux océans (Atlantique et Pacifique), les quelques 7.000 terroristes encore présents, sur les 20.000 qu’ils étaient en 2002, n’ont aucune peine à se cacher dans ces reliefs sauvages, mais sont séparés en fronts de plus en plus isolés les uns des autres. Ce contexte ne les empêchera pas de frapper encore à l’aveugle, comme ils en ont la coutume, avec y compris des chevaux piégés contre la population.

Un tel éparpillement de ces rebelles sans cause aucune va s’accentuer avec la disparition de Cano, tué dans le Cauca (au sud-ouest du pays), car son successeur ne peut être qu’un des derniers chefs survivants des FARC, tous retranchés au Venezuela, voire en Equateur. Il s’agit d’Ivan Marquez, de l’afro-américain Joaquin Gomez, de Timochenko et de Pablo Catatumbo. Toutes mes sources me l’ont confirmé depuis longtemps.

On voit mal comment ces candidats à la direction des FARC pourraient reprendre le contrôle des divers fronts colombiens. Leurs allers et venues sont repérés par les avions espions colombiens et américains, et leurs communications écoutées par les services secrets. Ces rebelles sanguinaires bénéficient de l’appui du président castriste Hugo Chavez, même si son homologue colombien Juan Manuel Santos, au pouvoir depuis 2010, fait semblant de croire le Vénézuélien quand il dément leur présence sur son territoire, pour ne pas nuire aux importants échanges commerciaux entre les deux pays.

L’armée colombienne détient en outre un considérable trésor de guerre avec la saisie dans le camp de Cano de dizaines d’ordinateurs, disques surs et clefs USB. Leur déchiffrage va permettre l’identification du réseau commandé par l’ex-patron des FARC, mais aussi de ses complices dans la société colombienne.

A l’heure qu’il est, j’ignore si le pouvoir à Bogota va remettre immédiatement à Interpol, avant de les ouvrir, toutes ces données informatiques afin de valider leur contenu, comme ce fut le cas après la liquidation de Raul Reyes, ex-n°2 des FARC, le 1er mars 2008. Les disques durs de ce terroriste, que j’avais rencontré en 2004, avaient notamment prouvé les liens des FARC avec l’ex-sénatrice Piedad Cordoba, relevée de ses fonctions par la justice, et bien d’autres personnages toujours pas entendus par les tribunaux.

Le moment est venu en tout cas pour le président Santos de proposer aux FARC une reddition générale sans condition, avec la remise aux autorités des 21 officiers encore otages entre leurs mains (dont certains depuis 13 ans !), dans le cadre d’une loi semblable à celle qui avait permis la fin de leur combat pour quelque 30.000 paramilitaires en 2003 sous la présidence d’Alvaro Uribe, dont le rôle aura été primordial dans la lutte anti-terroriste en Colombie.

Nul n’a oublié que l’opération « Jaque » (mise en échec), menée par un commando héroïque de 13 agents secrets colombiens sous la présidence d’Uribe, avait permis le 2 juillet 2008 la libération de 15 otages, dont 3 Américains (après 5 ans de captivité) et Ingrid Betancourt (après 6 ans dans les geôles des FARC), ex-candidate à la présidence colombienne pour le parti des Verts.

Je vous rappelle que mes entretiens avec le chef de ce commando de « Jaque » à Bogota en 2009 ont été publiés dans mon livre en espagnol « Ingrid Betancourt : pasos en falso » (Planeta), toujours en vente en Colombie. Il s’agit d’une version augmentée de mon livre en français « Les secrets de l’opération Betancourt » (Fayard), hélas épuisé si je ne m’abuse.

3 réponses à “Colombie : les derniers chefs des FARC encore en vie sont tous abrités au Venezuela et sont incapables de succéder à Alfonso Cano au lendemain de sa mort”

  • Fabio:

    Le plus interessant dans tout cela est la reaction du Venezuela, de Samper et de Pastrana, qui appelent au « processus de paix ».

    La chose intelligente aurait ete continuer les politiques d’Uribe, en finir avec les Farc en quelques mois, et desarticuler leurs front juridique, politique, mediatique et financier, qui sont l’huile qui perpetue la guerre et le narco-trafic en Colombie.

    Je vois venir un processus de paix avec la mediation de Chavez/Samper/Pastrana/Teodora, ou les Farc seront integrées politiquement avec un brillant avenir comme les narco-terroristes du M-19, qui aujourd’hui controlent la justice, les ministeres, les gouvernations, les mairies, etc etc

    Chavez et ses sbirres ont compris, pourquoi se descrediter avec les Farc si le coup d’etat et le narco-terrorisme peuvent se masquer sous forme de proces democratique?

  • Fabio:

    La grande presse internationale commence à parler de la supercherie droit-de-l’hommiste en Colombie des ONG’s ultra-capitalistes et miraculeuses qui multiplient les victimes, les temoins, et surtout les dollars. Je peux vous parier pourtant que la presse francaise evitera le sujet, duquel elle meme avait contribué à l’escroquerie.

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    The Wall Street Journal
    November 7, 2011
    A ‘Human Rights’ Swindle in Colombia
    By MARY ANASTASIA O’GRADY

    Colombia’s taxpayers paid millions in compensation for a ‘massacre,’ most of whose victims are alive. The lawyers kept half the money for their organization.

    As Occupy Wall Street droned on about the evils of corporate avarice last month, a multimillion-dollar international scandal broke in Bogotá, exposing greed and corruption in the « nongovernmental organization » (NGO) world of human rights.

    The army kill of Revolutionary Armed Forces of Colombia (FARC) commander Alfonso Cano made big headlines over the weekend. But don’t expect the NGO story to get much ink. It doesn’t fit the pre-approved narrative in which these virtuous organizations supposedly have a higher calling than profit. Yet the record will show that Colombia has been ripped off by a bunch of left-wing lawyers masquerading as do-gooders for human rights. It raises serious questions about whether the same tactics might have been used in numerous other cases.

    This particular heist took place in 2005, when the Colombian NGO, José Alvear Restrepo Lawyers Collective (Cajar), brought to the Inter-American Human Rights Court (IHRC) in San José, Costa Rica, the case of a 1997 « massacre » at the hamlet of Mapiripán. Cajar claimed that 49 people had been killed by paramilitary forces, and it laid the blame at the feet of the Colombian military. It said the army could have intervened but did not, and that the victims’ families were owed hefty state compensation. The court agreed. Colombian taxpayers had to cough up some 15.3 billion pesos ($8 million).

    Last week, a lawyer for Cajar admitted that out of that settlement the NGO kept seven billion pesos for itself. Not bad for charitable work. Yet grabbing almost half of what was due the peasant plaintiffs may be the least of its offenses. According to the Colombian attorney general’s office, a recent investigation shows that at least 36 of the so-called victims are either still alive or, if dead, did not perish at Mapiripán. The AG says the number of the known killed at Mapiripán is six, with seven unaccounted for. These findings carry the strong implication that the IHRC case was built on fraud.

    If so, the deception did not start in San José. Cajar had previously made the same assertion in Colombian courts and had prevailed. This did not yield any big payday for the lawyers and plaintiffs. But it did serve to convict an army general who was not even in command of the region at that time, and it established, according to the court, state culpability for a sizable massacre. Cajar then took that ruling to the IHRC where it proceeded to claim monetary damages for 49 victims.

    For the record, a lawyer for Cajar says the organization was deceived along with the Colombian state and the IHRC. « It was a chain of deception, » Rafael Barrios said during a meeting at the Inter-American Human Rights Commission in Washington 10 days ago. But it’s hard to believe that simple campesinos cooked up this scheme on their own and tricked sophisticated lawyers, the Colombian legal system, and the Organization of American States’s human rights court. At least one of the « victims, » Mariela Contreras Cruz, is telling a different story.

    According to reports in the Colombian press, Ms. Contreras, whose husband was killed by the FARC, says that when she was first approached by Cajar she was not aware of a lawsuit for damages. Her understanding was that the organization was searching for missing people and that finding her two missing sons was the only thing she wanted at the time. « I never told them my sons were dead. I told them they had disappeared. » She says she told Colombia’s attorney general at the time the same thing but was ignored.

    Ms. Contreras received 1.75 billion pesos in victim compensation and says that when she eventually found one of her sons, she took him to see a Cajar lawyer. The lawyer, she says, told her to « leave it be. »

    The revelation that the supposed mass slaughter at Mapiripán was made up has sparked an outcry in Colombia. « It is a mockery toward the system of international human rights that so many of us have defended, » President Manuel Santos said in the days after the story broke. « It is sad that situations like this, where wise guys that cannot call themselves anything but corrupt, undermine the credibility of the system. »

    Colombia has already paid out $25 million in 12 such cases that it lost at the IHRC to various NGOs. Interior Minister Germán Vargas Lleras warns that the fraud in the Mapiripán case may have occurred elsewhere. « If this occurred in a case so well known, one cannot rule out that similar behavior could have taken place in other investigations. »

    In fact similar behavior is documented. As I reported in June 2001, FARC sympathizers are known to practice « judicial warfare » by launching allegations of human rights violations against the military. Manipulating witnesses and using suborned testimony are standard operating procedure.

    So why was there no due diligence at the IHRC? One problem is that witnesses can file their testimony by affidavit (though Ms. Contreras went to the court) and in those cases there is no cross examination. With the military so internationally maligned by FARC propaganda, the presumption of innocence probably got lost in the shuffle.

  • siagnole:

    un livre passionnant d’ailleurs!

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