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Le président équatorien  avec un masque à gaz avant de se réfugier dans un hôpital de Quito

  30 septembre 2010 

Le président équatorien Rafael Correa, réfugié dans un hôpital de Quito, a dénoncé ce soir une « tentative de coup d'Etat » alors que des militaires occupaient l'aéroport et que des policiers s'emparaient du Congrès pour protester contre la suppression de certaines de leurs primes. 

Il s’agit de la pire crise affrontée par le chef d'Etat socialiste depuis son élection en 2007. 

« Ceci est une tentative de coup d'Etat menée par l'opposition et certains secteurs des forces armées et de police », a déclaré M. Correa lors d'un entretien à une télévision locale. M. Correa a dit par téléphone qu'il était réfugié dans une chambre d'hôpital de Quito et qu'il craignait pour sa vie.
« Au cas où il m'arriverait quelque chose, je veux exprimer mon amour à ma famille et à ma patrie », a-t-il déclaré.
« Environ 150 membres des forces aériennes équatoriennes ont pris la piste de l'aéroport Mariscal Sucre », a annoncé plus tôt à la radio Luis Galarraga, porte-parole de l'entreprise Quiport, gestionnaire de l'aéroport.
« Pour des raisons de sécurité, les opérations (aériennes) doivent être immédiatement suspendues », a-t-il ajouté.
Pendant ce temps, des dizaines de policiers manifestaient dans la principale caserne de la capitale, mais aussi à Guayaquil, la grande ville portuaire du sud-ouest et à Cuenca, des manifestations qui ont débouché sur des échauffourées et l'emploi de gaz lacrymogènes.
Des policiers ont également occupé le Congrès, a déclaré à l'AFP la porte-parole de cette institution.
Le chef de l'Etat, qui s'était rendu aux abords de la principale caserne de la capitale pour tenter de calmer les agents, a lui-même essuyé une bombe lacrymogène, tombée a ses pieds, et a dû quitter les lieux, un masque sur le visage, après un discours enflammé où il a annoncé qu'il ne cèderait pas. Il a été transporté dans un hôpital de Quito pour soigner une blessure à la jambe apparemment consécutive à un faux-pas.
« Je ne ferai pas un seul pas en arrière, si vous voulez prendre les casernes, si vous voulez laisser les citoyens sans défense, si vous voulez trahir votre mission de policiers, faites-le », a lancé M. Correa.
Il a ensuite visiblement perdu ses nerfs, arrachant presque sa cravate en criant aux policiers: « Si vous voulez détruire la patrie, allez-y. Mais ce président ne cèdera pas ».
« La troupe unie ne sera jamais vaincue », criaient pour leur part les policiers en appelant les militaires à se joindre au mouvement.
Une loi approuvée par l'assemblée supprime certaines primes d'ancienneté pour les membres des forces de l'ordre.
La loi de « service public » a également entraîné une crise entre l'exécutif et le Parlement, la majorité ayant refusé d'adopter certains articles du projet réduisant les émoluments des fonctionnaires de l'Etat.
Mercredi soir, la ministre de la Politique (relations avec le Parlement ndlr), Doris Solis, avait affirmé que Rafael Correa envisageait de dissoudre l'assemblée, à l'issue d'une réunion avec ce dernier.
Le commandant des forces armées équatoriennes, Ernesto Gonzalez, a pour sa part annoncé qu'il soutenait le gouvernement de Rafael Correa.
« Nous sommes dans un Etat de droit, nous sommes subordonnés à la plus haute autorité incarnée par Monsieur le président de la République », a déclaré le général lors d'une conférence de presse retransmise par les médias locaux à Cuenca (sud de l'Equateur).
Rafael Correa, 47 ans, au pouvoir depuis janvier 2007, a été réélu lors d'élections découlant de l'adoption d'une nouvelle constitution, organisées en avril 2009. Son mandat s'achève en 2013. Selon un sondage Cedatos-Gallup publié à la mi-septembre, 53% des Equatoriens approuvent sa gestion. Il affronte toutefois depuis quelques semaines la fronde de divers secteurs, notamment les enseignants et les chauffeurs. L'opposition en outre cherche pour sa part à promouvoir un référendum en vue de sa révocation.
L'Equateur, 14 millions d'habitants, est un pays notoirement instable, où les trois prédécesseurs de Rafael Correa ont été renversés ou destitués par le Parlement.
A Washington, l'Organisation des Etats américains (OEA) a décidé de convoquer une session extraordinaire de son conseil permament consacrée à la situation en Equateur jeudi à 14h30 heure locale (18h30 GMT).

8 réponses à “EQUATEUR : LE PRESIDENT CORREA, REFUGIé DANS UN HOPITAL DE QUITO, DENONCE UNE « TENTATIVE DE COUP D’ETAT »”

  • Fabio:

    Il dit qu’il est « kidnappé ». Qu’attend il donc pour appeler la colombienne experte en « liberations unilaterales »? :)

  • jose:

    Merci a Jacques Thomet d’avoir ouvert ce nouvau dossie sur les agisseents des criminels dictateurs A.L..

    Trop tot pour decortiquer ce qui s’y passe sous les roches politiques d’une goooche anti-democratique.
    Voyons demain.

  • Fabio:

    En voyant la photo, on realise qu’il est devenu turbanné lui-meme, donc peut etre il n’aura pas besoin de la « specialiste » en « liberations ».

    Hugorille pourrait pourtant deployer quelques Sukhois pour lui sauver! :D

  • Maurice:

    Méfiez-vous d’une provocation ou d’une manipulation , il sortait de l’ALBA petit à petit sur la pointe des pieds . Avec ces événements , si il s’en sort vivant , il va rejoindre le giron de son mentor et financier : Chavez . De plus celui-ci va remobiliser ses troupes en faisant croire à une menace !

  • andres:

    me gusta mucho la nueva « moda » de turbantes, que muestra la modela Correa.
    ….ya que el turbante de teodora parece ponerse fuera de moda..bien cierto Correa deberia pensar seriamente cambiar su prefesion…luce bien como modela de turbantes « robolucionarios »

  • Fabio:

    Amen a Maurice: une manipulation a la Hugo est probable, pour ensuite imposer des mesures dans le pays qu’autrement ne passeraient pas. On verra.

    A Andres: c’est la photo de l’année. Lady Gaga et la Semaine de la Mode a Milan seront eblouis devant une telle creativité !!!

  • Maurice:

    Les deux médecins ayant soigné Rafael Correa nient toutes les alégations de celui-ci sur une prétendue rétention . Il n’y aurait pas eu de garde l’empéchant de sortir et il aurait été en contact oermanent avec l’extérieur .Chercher l’erreur !

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