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24 juillet 2009 Ce scandale que je vous ai relaté ce matin prend des proportions désastreuses pour Barack Obama, un président sans aucun sens de l’Etat, hélas pour les USA qui avaient cru bien faire en donnant sa chance à ce représentant de la communauté noire. 

L’association des officiers supérieurs de la police de Cambridge (Massachusetts), par la voix de son président, vient de demander au président américain de « présenter ses excuses aux hommes et femmes de la police de Cambridge ». Le président de l’association des officiers de police en charge des patrouilles a lui aussi exigé des excuses du chef de l’Etat. 

Je vous résume le scandale. Le 16 juillet, Henry Louis Gates, un intervenant noir à Harvard (la célèbre université située à Cambridge), revient de voyage et enfonce la porte de sa maison, qu’il ne parvenait pas à ouvrir, avec son chauffeur. Une passante, employée du Harvard Magazine, croit assister à un cambriolage et appelle le 911 (urgences). Le sergent James Crowley arrive sur les lieux. Il s’agit d’un officier respecté, qui enseigne en outre l’éthique policière à l’Académie de police locale et exige l’absence de toute considération ethnique dans les interventions, selon tous les témoignages. 

Vous pouvez lire sur le lien antérieur de mon blog la main courante signée par le sergent Crowley et confirmée par un autre policier arrivé sur place après lui. L’officier annonce à M. Gates qu’il enquête sur un possible cambriolage en cours dans la maison. « Pourquoi, parce que je suis un Noir américain », lui répond l’homme avant de le traiter « d’officier raciste ». M. Gates ne cessera de répéter cette offense, même quand le policier lui demande de fournir son identité pour vérifier s’il est le propriétaire des lieux. M. Gates refuse, exige de voir l’identité du policier, finit par lui montrer son badge de Harvard, qui ne comporte pas son adresse, et lances des menaces : « vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! Vous allez en entendre parler !». 

Le ramage provoqué par l’homme se poursuit devant la maison, où la femme témoin du présumé cambriolage est entourée maintenant d’autres passants et de policiers. Les hurlements de « policier raciste » proférés par M. Gates, devenant un trouble à l’ordre public, l’officier le met aux arrêts, lui passe les menottes, devant et non derrière comme c’est la règle, pour lui permettre de prendre sa canne qu’il utilise pour se déplacer, et le transfère au poste de police.  Cette affaire banale au demeurant devient un scandale quand Obama apprend l’incident, qualifie l’intervention policière de « stupide », et évoque la longue histoire de racisme aux USA devant les micros et caméras, comme si les policiers blancs, James Crowley en tête, poursuivaient une politique de ségrégation. Pis encore, Obama finit par avouer, devant les journalistes qui relancent leurs questions (ce que ne fait pas la presse française), qu’il ne « connaissait pas tous les éléments du dossier », et rend hommage à « l’excellent policier James Crowley », mais sans avancer la moindre excuse. Cette erreur d’Obama provoque alors un tollé. Les sites internet débordent de réactions négatives face à ses remarques racistes, sauf en France, où le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) a même osé ce vendredi, sur son site,  « demander à Nicolas Sarkozy d’être aussi énergique que Barack Obama contre les comportements policiers inadéquats envers les minorités ». Le Cran a du retard et ignore qu'Obama est revenu en arrière.

Les gaffes s’accumulent dans le camp d’Obama.  « Barack Obama se serait peut-être gardé de s'exprimer sur l'arrestation d'un ami noir s'il avait su que ses propos prendraient une telle proportion », a reconnu vendredi son porte-parole Robert Gibbs, tout en défendant la position du président américain.


« Je crois qu'il regretterait (ses propos) s'il se rendait compte combien cela détourne d'autres questions et devient une obsession. Je crois qu'il regretterait probablement de détourner votre attention par des obsessions », a dit M. Gibbs à un groupe de journalistes qui lui demandaient si M. Obama regrettait d'avoir qualifié de « stupide » l'attitude de la police qui a arrêté la semaine dernière un éminent universitaire noir.
M. Gibbs a cependant souligné que M. Obama n'avait pas, a priori, l'intention de prendre à nouveau la parole pour arrondir les angles.
« Je crois que le président sait et comprend combien le métier de policier est difficile, il a un profond respect pour les hommes et les femmes qui assurent notre sécurité. Je crois qu'il a dit l'essentiel de ce qu'il avait à dire sur le sujet », a dit M. Gibbs.
 

 La réaction du porte-parole d'Obama en dit long sur l'incompétence de la nouvelle administration américaine. A l'entendre, le président des USA NE SE REND PAS COMPTE DES CONSEQUENCES DE CE QU'IL AVANCE PUBLIQUEMENT SUR UNE AFFAIRE PRESUMEE DE RACISME SANS RIEN CONNAITRE AU DOSSIER.

L’absence d’excuses de la part d’Obama ne manquera de le faire plonger dans les sondages, ainsi que je le prédisais ce matin sur ce blog. C’est la fin de l’état de grâce, déjà entamé par son soutien lamentable à Mel Zelaya, l’ex-président dictateur du Honduras soutenu par toute la mouvance castriste à laquelle il appartenait.

Je ne fais pas partie de ces Français qui détestent les USA tout en copiant depuis toujours leur modèle, et je n'oublie pas que sans eux « nous serions tous en Germanie », comme le chantait Michel Sardou. Je n'en suis que plus triste face à l'écroulement d'un Empire dépourvu de tout point de repère.

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