REVUE DE PRESSE

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La clinique de Rubio au Venezuela, où serait hospitalisé Joaquin Gomez, le successeur de Raul Reyes comme n°2 des FARC

11 mars 2008 

La clinique de Rubio, dans l’Etat de Tachira, à 670 km au sud-ouest de Caracas, a été investie par la Garde nationale vénézuélienne depuis l’hospitalisation le samedi 8 mars d’un présumé chef des FARC. 

Selon plusieurs médias vénézueliens, l’homme aurait été blessé de deux balles, l’une dans la mâchoire, l’autre dans l’œsophage, dans un affrontement avec l’armée colombienne en Colombie. Il s’agirait de Joaquin Gomez, 60 ans, désigné par la guérilla comme le n°2 des FARC après l’élimination de Raul Reyes le 1er mars en Equateur dans un bombardement de l’armée colombienne. 

L’identité du blessé a été confirmée par l’ex-député de la région, Cesar Perez Vivas. Les autorités vénézuéliennes se sont refusées jusqu’ici à révéler l’identité de la personnalité soignée dans la clinique. 

6 mars 2008 

La France continue sa politique d’immixtion dans les affaires colombiennes sans aucune réaction des médias français avec une nouvelle danse du ventre de Nicolas Sarkozy devant la guérilla des FARC dans un seul but : la libération de la Colombienne Ingrid Betancourt, ex-candidate dans son pays aux présidentielles de 2002 avant son enlèvement la même année.  « Je dis au chef des Farc, à Monsieur Marulanda qu'il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d'une femme et qu'il mesure bien la décision qu'il va prendre », a déclaré le président français pour la TV colombienne RCN. « Les Farc sont inscrites sur une liste d'organisations terroristes, à eux de savoir s'ils veulent en sortir ou s'ils veulent y rester. S'ils laissent mourir Ingrid Betancourt, il est sûr qu'il n'y aura aucune discussion. S'ils sauvent Ingrid Betancourt, alors peut-être que le monde les regardera un peu différemment ». Ce matin, dans le quotidien Le Figaro, le président français a répété qu’il était prêt à se rendre en Colombie « s’il le faut », avant d’interpeller le fondateur de la guérilla : « c’est à lui de savoir ce qu’il veut aux yeux du monde entier : apparaître comme un assassin, ou comme quelqu’un qui aura le courage de faire un geste humanitaire ». Traduisons en clair le marché de Nicolas Sarkozy, sous couvert de ses menaces contre les rebelles: 

-        si les FARC libèrent Ingrid Betancourt, Paris s’emploiera à les faire sortir de la liste terroriste établie en 2002 par l’Union européenne. 

-        Les 782 autres otages de la guérilla, séquestrés pour certains depuis 11 ans, pourront continuer de pourrir dans les camps de concentration des FARC. 

-        Si Ingrid Betancourt venait à disparaître, les FARC seraient des assassins. Tant qu’elle est en vie, ils ne le sont plus vraiment. 

-        Un tête à tête entre Sarkozy et Marulanda dans la jungle andine consacrerait une victoire historique pour cette guérilla, et lui redonnerait un oxygène inespéré après l’élimination de Raul Reyes le 1er mars par l’armée colombienne. 

-        Les FARC auront alors pignon sur rue avec un bureau de liaison à Paris et à l’ONU. Le gouvernement de Bogota, élu démocratiquement, sera mis à l’index de la communauté internationale. 

-        Nicolas Sarkozy, président dit de droite, aura contribué à ressouder l’union de l’internationale révolutionnaire en Amérique Latine autour du quintette des présidents Hugo Chavez-Rafael Correa-Evo Morales-Raul Castro-Daniel Ortega (Venezuela, Equateur, Bolivie, Cuba, Nicaragua), décidé à l’étendre à tout le sous-continent américain. 

6 mars 2008 

La France continue sa politique d’immixtion dans les affaires colombiennes sans aucune réaction des médias français avec une nouvelle danse du ventre de Nicolas Sarkozy devant la guérilla des FARC dans un seul but : la libération de la Colombienne Ingrid Betancourt, ex-candidate dans son pays aux présidentielles de 2002 avant son enlèvement la même année.  « Je dis au chef des Farc, à Monsieur Marulanda qu'il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d'une femme et qu'il mesure bien la décision qu'il va prendre », a déclaré le président français pour la TV colombienne RCN. « Les Farc sont inscrites sur une liste d'organisations terroristes, à eux de savoir s'ils veulent en sortir ou s'ils veulent y rester. S'ils laissent mourir Ingrid Betancourt, il est sûr qu'il n'y aura aucune discussion. S'ils sauvent Ingrid Betancourt, alors peut-être que le monde les regardera un peu différemment ». Ce matin, dans le quotidien Le Figaro, le président français a répété qu’il était prêt à se rendre en Colombie « s’il le faut », avant d’interpeller le fondateur de la guérilla : « c’est à lui de savoir ce qu’il veut aux yeux du monde entier : apparaître comme un assassin, ou comme quelqu’un qui aura le courage de faire un geste humanitaire ». Traduisons en clair le marché de Nicolas Sarkozy, sous couvert de ses menaces contre les rebelles: 

-        si les FARC libèrent Ingrid Betancourt, Paris s’emploiera à les faire sortir de la liste terroriste établie en 2002 par l’Union européenne. 

-        Les 782 autres otages de la guérilla, séquestrés pour certains depuis 11 ans, pourront continuer de pourrir dans les camps de concentration des FARC. 

-        Si Ingrid Betancourt venait à disparaître, les FARC seraient des assassins. Tant qu’elle est en vie, ils ne le sont plus vraiment. 

-        Un tête à tête entre Sarkozy et Marulanda dans la jungle andine consacrerait une victoire historique pour cette guérilla, et lui redonnerait un oxygène inespéré après l’élimination de Raul Reyes le 1er mars par l’armée colombienne. 

-        Les FARC auront alors pignon sur rue avec un bureau de liaison à Paris et à l’ONU. Le gouvernement de Bogota, élu démocratiquement, sera mis à l’index de la communauté internationale. 

-        Nicolas Sarkozy, président dit de droite, aura contribué à ressouder l’union de l’internationale révolutionnaire en Amérique Latine autour du quintette des présidents Hugo Chavez-Rafael Correa-Evo Morales-Raul Castro-Daniel Ortega (Venezuela, Equateur, Bolivie, Cuba, Nicaragua), décidé à l’étendre à tout le sous-continent américain. 

6 mars 2008 

Les trois chefs d’Etat doivent se retrouver dans l’île des Caraïbes pour le XXe sommet du Groupe de Rio dans la soirée, sauf changement de dernière heure dans leur programme. Ces retrouvailles n’auront rien de chaleureux, même si leur rencontre fera monter la température dans le climat de tension extrême de la crise survenue avec l’élimination de Raul Reyes, N°2 des FARC, par l’armée colombienne le 1er mars sur le territoire équatorien. 

Tous les ingrédients sont réunis pour transformer ce Sommet en terrain miné. Caracas et Quito ont mobilisé leurs troupes aux frontières avec la Colombie, traînent Bogota dans la boue, et le président Alvaro Uribe va poursuivre Chavez devant la Cour de justice internationale pour « soutien et financement de génocides ». 

La Colombie joue toutefois profil bas avec sa décision de n’envoyer aucun renfort militaire aux frontières, dans une volonté évidente de ne pas envenimer un conflit jusqu’ici limité à une guerre de mots.  Le Groupe de Río est un organisme créé en 1986 pour rechercher le dialogue, l’intégration et la concertation politique entre les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Les pays membres : Argentine, Belize, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, Salvador, Guatemala, Guyana, Honduras, Mexico, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, République Dominicaine, Uruguay et Venezuela.

C’est ce qu’affirment des sources militaires colombiennes citées par la radio RCN de Bogota.  Dès la libération le 27 février par les FARC des quatre otages Gloria Polanco, Orlando Beltran, Jorge Eduardo Gechem et Luis Eladio Perez, le président vénézuélien a appelé sur son téléphone satellitaire le n°2 de la guérilla. Cette communication a permis de localiser son campement, pulvérisé le 1er mars par l’armée colombienne, avec pour bilan la mort de 17 guérilleros dont Raul Reyes, ainsi que la saisie d’armes et surtout de quatre ordinateurs remplis d’informations, selon les mêmes sources. 

Voici le lien diffusé par la télévision du Congrès colombien ce 5 mars 2008 sur l'attaque mortelle contre le n°2 des FARC en Equateur.

Vous remarquez au début comme des avions en papier qui tournoient dans le ciel. Il s'agit de drones, appareil espions de 2 mètres d'envergure utilisés pour le repérage.

Selon mes informations, ils seraient d'origine israélienne:

http://www.el-nacional.com/www/site/detalle_multimedia.php?q=med/18547

 

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Noël Saez (à droite) lors d'un entretien avec Hugo Chavez (à gauche) à Caracas fin 2007

Ne vous fiez pas trop aux communiqués officiels des Chancelleries. Ils ne reflètent pas toujours la réalité. Comme je ne veux pas être taxé de grossièreté (le terme utilisé par Raul Reyes contre Ingrid Betancourt dans son dernier mail), je ne traiterai pas les déclarations de Paris de mensongères sur les relations de la France avec le n°2 des FARC, abattu le 1er mars par l'armée colombienne en Equateur. 

 

Raul Reyes n'était « pas récemment » en contact avec Paris à propos d'Ingrid Betancourt, a affirmé ce 5 mars 2008 Laurent Wauquiez, porte-parole du Premier ministre français François Fillon. La France a ainsi démenti les assertions des FARC la veille, selon lesquelles Raul Reyes « est tombé pendant qu’il était en train de mettre au point une entrevue avec le président Sarkozy, par l’intermédiaire du président Chavez », pour « trouver des solutions à la situation d’Ingrid Betancur (sic) ainsi qu’à l’objectif d’échange humanitaire ». L’Espagne, l’un des trois pays médiateurs avec la France et la Suisse, a précisé que les derniers contacts avec Raul Reyes « remontent à juin 2007 ». 

La réalité est tout autre pour Paris, n’en déplaise à Matignon et à l’Elysée. Selon mes informations de source sûre, Nicolas Sarkozy a reçu le 22 novembre à Paris, des mains de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, amie des FARC, une lettre personnelle du fondateur et chef de cette guérilla, Manuel Marulanda, dit « Tirofijo ». La parlementaire accompagnait alors Hugo Chavez, le président du Venezuela, dans ses entretiens avec le chef de l’Etat français. Leur délégation avait alors transmis à Sarkozy la proposition de retirer les FARC de la liste des organisations terroristes établie par l’Union européenne, en échange de la libération d’Ingrid Betancourt. 

Les entorses à la vérité pour justifier une bonne cause sont légion dans l’histoire. Fin juillet 2003, Paris avait démenti tout contact avec les FARC après la pantalonnade de l’avion militaire français envoyé en Amazonie par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Dominique de Villepin, avec 11 espions à bord, pour récupérer, en vain, Ingrid Betancourt, sans en avoir informé au préalable ni le président Jacques Chirac ni les présidents du Brésil et de la Colombie. 

Dans mon dernier livre, « AFP- Les soldats de l’information » (Hugo Doc), j’ai publié la copie d’un fax qui démontre le contraire. Ce document, daté du 1er juillet 2003, est signé par … Raul Reyes, et adressé à Noël

Saez, alors consul de France en Colombie et agent de la DGSE (contre-espionnage français), pour évoquer une rencontre entre eux dans la jungle. 

Vous venez d’assister à une nouvelle intox des FARC, relayée sans vergogne par la presse française. Contrairement à ce qu’a affirmé la guérilla hier 4 mars 2008, Raul Reyes ne préparait pas une entrevue avec le président français, et n’avait pas l’intention de libérer Ingrid Betancourt quand il a été éliminé par l’armée colombienne le 1er mars

Mon blog vous avait révélé ces mensonges dès hier soir. 

La crise entre la Colombie d’une part, le duo Venezuela-Equateur favorable aux FARC d’autre part, a déclenché une partie de pokeur menteur où la grande presse perd à tout coup. « Et si l’exécution de Raul Reyes avait empêché la libération d’Ingrid Betancourt ? », ont répété les TV et radios françaises sous l’influence de l’ex-mari d’Ingrid, Fabrice Delloye, qui a qualifié de « dégueulasse » l’opération contre le n°2 des FARC. 

Raul Reyes « est tombé pendant qu’il était en train de mettre au point une entrevue avec le président Sarkozy, par l’intermédiaire du président Chavez », pour « trouver des solutions à la situation d’Ingrid Betancur (sic) ainsi qu’à l’objectif d’échange humanitaire », avaient affirmé les FARC dans un communiqué. 

Ainsi que je l’écrivais hier soir, ‘aucun des documents trouvés dans l’ordinateur de Raul Reyes ne fait allusion au projet de rencontre entre Raul Reyes et Nicolas Sarkozy. Le dernier message du n°2 des FARC faisait seulement état de la « pression » de l’affaire des otages sur le commandement rebelle, et de son intention de proposer à Hugo Chavez d’accueillir tous les otages ‘politiques’ et les guérilleros incarcérés en Colombie (dans le cas d’un accord de toutes les parties) jusqu’à la signature d’un accord’. 

Ma thèse a été confirmée ce 5 mars 2008 par Laurent Wauquiez, porte-parole du Premier ministre français François Fillon : Raul Reyesn'était « pas récemment » en contact avec Paris à propos d'Ingrid Betancourt, a-t-il insisté devant la presse, en réponse au texte de la guérilla.

L’Espagne, l’un des trois pays médiateurs avec la France et la Suisse, a été encore plus précise. Les derniers contacts avec Raul Reyes « remontent à juin 2007 », ont affirmé des sources dpilomariques à Madrid. 

Vous venez d’assister à une nouvelle intox des FARC, relayée sans vergogne par la presse française. Contrairement à ce qu’a affirmé la guérilla hier 4 mars 2008, Raul Reyes ne préparait pas une entrevue avec le président français, et n’avait pas l’intention de libérer Ingrid Betancourt quand il a été éliminé par l’armée colombienne le 1er mars

Mon blog vous avait révélé ces mensonges dès hier soir. 

La crise entre la Colombie d’une part, le duo Venezuela-Equateur favorable aux FARC d’autre part, a déclenché une partie de pokeur menteur où la grande presse perd à tout coup. « Et si l’exécution de Raul Reyes avait empêché la libération d’Ingrid Betancourt ? », ont répété les TV et radios françaises sous l’influence de l’ex-mari d’Ingrid, Fabrice Delloye, qui a qualifié de « dégueulasse » l’opération contre le n°2 des FARC. 

Raul Reyes « est tombé pendant qu’il était en train de mettre au point une entrevue avec le président Sarkozy, par l’intermédiaire du président Chavez », pour « trouver des solutions à la situation d’Ingrid Betancur (sic) ainsi qu’à l’objectif d’échange humanitaire », avaient affirmé les FARC dans un communiqué. 

Ainsi que je l’écrivais hier soir, ‘aucun des documents trouvés dans l’ordinateur de Raul Reyes ne fait allusion au projet de rencontre entre Raul Reyes et Nicolas Sarkozy. Le dernier message du n°2 des FARC faisait seulement état de la « pression » de l’affaire des otages sur le commandement rebelle, et de son intention de proposer à Hugo Chavez d’accueillir tous les otages ‘politiques’ et les guérilleros incarcérés en Colombie (dans le cas d’un accord de toutes les parties) jusqu’à la signature d’un accord’. 

Ma thèse a été confirmée ce 5 mars 2008 par Laurent Wauquiez, porte-parole du Premier ministre français François Fillon : Raul Reyesn'était « pas récemment » en contact avec Paris à propos d'Ingrid Betancourt, a-t-il insisté devant la presse, en réponse au texte de la guérilla.

L’Espagne, l’un des trois pays médiateurs avec la France et la Suisse, a été encore plus précise. Les derniers contacts avec Raul Reyes « remontent à juin 2007 », ont affirmé des sources dpilomariques à Madrid. 

Si vous avez manqué l’émission de ce mercredi 27 février 2008 diffusée par France 2 sur Ingrid Betancourt, voyez-la sur le site de la chaîne, et vous serez édifiés sur les mensonges directs ou par omission qu’elle contient par rapport au compte rendu jamais contesté de mon livre « Ingrid Betancourt : histoire de cœur ou raison d’Etat » (Hugo Doc). 

 

Bien évidemment, je n’ai pas été invité à témoigner dans ce reportage alors que j’étais sur place en Colombie, pour l’AFP, avant, pendant et après l’enlèvement d’Ingrid, y compris à Florencia le jour de sa séquestration par les FARC. La télévision publique continue de jouer le politiquement correct, mais ce n’est pas une nouveauté. AUCUN de tous ceux qui ont parlé pendant les deux heures de l’émission n’était sur les lieux… 

 

Pour ceux qui n’ont pas lu mon bouquin, voici les aberrations que j’ai relevées dans l’ordre, suivies de mes commentaires en italique: 

 

-         Ingrid Betancourt se rendait à San Vicente del Caguan, le 23 février 2002, « pour protéger la population qui avait peur des représailles » après la rupture du processus de paix avec les FARC le 20 février par le président Andrés Pastrana, affirme Mélanie, fille de l’otage et de son ex-mari, le Français Fabrice Delloye : candidate colombienne à la présidentielle de mai 2002, Ingrid voulait aller à San Vicente pour y passer au maximum l’après-midi du 23. Son mari actuel, Juan Carlos Lecomte, l’a reconnu. Elle devait rentrer le soir même ou le lendemain. Qui allait protéger la population les jours suivants s’il y avait danger ? 

 

-         Ingrid nous est présentée comme une héroïne : à aucun moment le reportage ne rappelle qu’elle n’était créditée que de 0,3% des intentions de vote à moins de trois mois du scrutin présidentiel. Elle n’avait aucune chance d’être élue. Alvaro Uribe avait été élu dès le premier tour avec 54% des voix. 

 

-         Ingrid n’a pu monter dans l’un des hélicoptères à Florencia pour se rendre à San Vicente malgré sa demande au général Arcesio Barrero : j’étais dans l’un de ces hélicos avec mes collègues de la presse internationale. D’abord il n’y avait plus aucune place, nous étions serrés comme des sardines, sans même pouvoir nous asseoir. L’hélico du président Pastrana, devant nous, a été touché par des impacts de rafales tirées par les FARC, ce qui confirme l’extrême danger de ce déplacement. Le reportage ne dit pas que Pastrana avait reçu TOUS les candidats à l’élection la veille pour leur demander de ne pas se rendre à San Vicente. 

 

-         Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, dénigre le gouvernement de son pays et soutient les FARC, au point d’affirmer que si Pastrana n’a pas voulu emmener Ingrid avec lui, c’est parce qu’il avait peur qu’elle lui vole la vedette à San Vicente : quelle vedette, puisqu’elle n’avait que 0,3% d’intentions de vote ? La manipulation de l’information en France laisse croire qu’elle allait être élue ! 

 

-         Le reportage montre les images de la vidéo d’Ingrid du 30 août 2003, en oubliant le principal : elle demande alors à ne pas être échangée elle toute seule contre des guérilleros ! 

 

-         Last but not least : 

 

-         RIEN sur l’opération des Pieds Nickelés de juillet 2003, quand Dominique de Villepin, alors ministre français des Affaires étrangères et ami très proche de l’otage, tente une opération de sauvetage d’Ingrid depuis Manaus (Brésil) avec 11 espions de la DGSE transportés depuis Paris par un avion militaire. La tentative avorte et provoque une crise grave avec le Brésil et la Colombie, dont les présidents n’avaient pas été informés de cette initiative. 

 

-         Rien sur le scandale Emmanuel : l’histoire du bébé de Clara Rojas, né d’une relation de l’adjointe d’Ingrid avec un guérillero, a illustré la barbarie des FARC. Le reportage ne dit rien des mensonges de la guérilla sur l’enfant. 

 

-         Rien sur les concessions du gouvernement colombien : le commandant des FARC Rodrigo Granda a été libéré en mai 2007 par le président Alvaro Uribe à la demande de Nicolas Sarkozy. Cette grâce a été suivie de la libération de 152 guérilleros. Le reportage n’en dit mot. 

 

Face à cette propagande à sens unique, j’avoue avoir le sentiment de hurler dans le désert. Vous allez me rétorquer avec raison : mais pourquoi ne faites-vous pas une émission similaire avec votre point de vue ? Ma réponse : tous les projets abordés sur ce point avec les grandes chaînes françaises ont été mis jusqu’ici au congélateur ! 

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