REPORTERS SANS FRONTIERES

 

25 septembre 2009 

 

Journaliste professionnel, il m’en coûte de dénoncer un organisme, RSF, censé représenter les médias du monde en proie à des menaces, attentats ou meurtres. 

 

RSF vient de s’immiscer gravement dans les affaires intérieures de Colombie avec son appui au sinistre Hollman Morris, pseudo-journaliste ici signalé sur mon blog, pour sa collaboration éhontée avec les FARC. RSF ose demander au président de Colombie de « respecter la liberté de la presse » quand jamais les médias colombiens n’ont été aussi libres. 

 

Voici le communiqué de RSF, j’allais écrire des FARC, tant son contenu choque tout connaisseur de la Colombie : 

 

 

« Le programme Contravía revient à l'écran demain 17 septembre 2009 après huit mois d'interruption, sur la chaîne publique Canal Uno. Conduit par le journaliste indépendant Hollman Morris, cette émission occupe une place fondamentale dans l'espace médiatique, notamment pour son traitement du conflit armé qui mine le pays depuis près d'un demi-siècle. 

Reporters sans frontières salue ce retour à l'antenne et plaide pour la sécurité de l'équipe de Contravía, régulièrement menacée et dans le collimateur du gouvernement d'Alvaro Uribe.  


Récompensé de plusieurs prix colombiens et internationaux pour la qualité de sa production et son engagement en faveur des droits de l'homme, Contravía constitue l'un des rares lieux du paysage médiatique colombien à donner la parole aux victimes de la guerre, aux communautés indigènes et d'ascendance africaine.

« L'existence de médias indépendants et de qualité est essentielle pour que les nombreuses victimes du conflit colombien ne soient pas oubliées. Sa reprise est donc une excellente nouvelle pour le pluralisme et la diversité de la presse en Colombie », a déclaré Reporters sans frontières.

Contravía est né juin 2003 d'une initiative du Programme andin pour la démocratie et les droits de l'Homme, qui souhaitait promouvoir l'exercice démocratique des communautés avec le support d'une émission télévisée. A raison d'une diffusion hebdomadaire sur Canal Uno, Contravía connaît un rapide succès grâce la qualité de son contenu journalistique, sa réussite pédagogique et son apport à la culture de la démocratie en Colombie. 


« Pourtant, le chemin n'a pas été facile », a confié Hollman Morris à Reporters sans frontières, rappelant que le programme a dû être interrompu pour des raisons de sécurité en décembre 2008. « Nous avons été victimes de menaces et de tentatives de discrédit, de la part d'acteurs armés, mais aussi du président de la République lui-même, Alvaro Uribe. »

Hollman Morris et son équipe ont essuyé des intimidations de l'armée lors de la récente couverture d'une libération d'otages de la guérilla des FARC (lire le communiqué du 4 février 2009), mais surtout la mise sur écoute de plusieurs journalistes colombiens au ton critique, dont Hollman Morris, par le Département administratif de sécurité (DAS, service de renseignements) (lire le communiqué du 27 février 2009).

Quelques heures avant la reprise du programme, Hollman Morris nous a confié la peur persistante de l'équipe de Contravía. Crainte qu'un jour, au cours d'un reportage, l'un d'eux ne soit victime d'un « accident » ou d'une détention arbitraire, comme par le passé.

Reporters sans frontières appelle en conséquence les autorités colombiennes à offrir toutes les garanties de sécurité à l'équipe de Contravía. « Nous demandons tout particulièrement au président de la République, Alvaro Uribe, de respecter la liberté de la presse, comme principe constitutionnel dont il est le garant, en permettant à l'ensemble de l'équipe d'exercer son travail autrement que dans la crainte », a conclu l'organisation ». 

23 septembre 2009

Voici ce qu'annonce le Québec pour « honorer » Ingrid Betancur. Je mets en gras tout ce qui me choque, hors la totalité du texte…

Ingrid Betancourt est arrivée à Québec

Par Jean-François Racine
Agence QMI 
Canoë Infos

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/09/20090922-235517.html

22/09/2009

La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt est arrivée à Québec mardi soir, en prévision d'une semaine d'activités où elle sera honorée à plusieurs reprises.  Accompagnée de quelques proches, la femme âgée de 47 ans a quitté l'Aéroport Jean-Lesage vers 20 h à bord d'une voiture noire. Elle n'a pas fait de déclaration. Plusieurs événements sont prévus jusqu'à samedi. L'ex-otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) recevra la médaille de l'Assemblée nationale, aujourd'hui, en avant-midi, lors d'une cérémonie protocolaire. Le président de l'Assemblée, Yvon Vallières, lui remettra l'insigne. Cette distinction lui est attribuée pour son engagement en faveur de la démocratie, des droits de la personne et de la liberté d'expression. La chef de l'opposition Pauline Marois, rencontrera aussi Mme Betancourt aujourd'hui à 17 h, à son bureau de l'Assemblée nationale. Jeudi, elle recevra le prix Reporters sans frontières — Radio Canada du courage au féminin 2009, des mains de la Gouverneure générale, Michaëlle Jean. La soirée aura lieu à Montréal, à l'hôtel Sofitel. Des artistes lui rendront hommage. Vendredi, Mme Betancourt participera également à une entrevue avec le président de Reporters sans frontières Canada, François Bugingo, et Anne-Marie Dussault.

Doctorat honorifique

Samedi, l'Université de Montréal lui décernera un doctorat honorifique en reconnaissance de sa lutte contre la violence et la corruption en Colombie. L'ancienne sénatrice et activiste anti-corruption participera également à l'émission Tout le monde en parle, diffusée dimanche à la SRC. Ingrid Betancourt a été gardée en otage pendant six ans par les FARC. Depuis sa libération, le 2 juillet 2008, elle a entrepris de lutter contre les violations des droits humains.

christianpoveda.jpg 

03 SEPTEMBRE 2009

REPORTERS SANS FRONTIERES COMMUNIQUE:

EL SALVADOR – HOMMAGE À CHRISTIAN POVEDA
« LA PROFESSION PERD UN HOMME AUX FORTES CONVICTIONS HUMANISTES, ALLIÉES À UNE GRANDE RIGUEUR JOURNALISTIQUE »

En Espagne, en France, en Amérique latine et ailleurs, toute la profession est en deuil d'un confrère qui a payé de sa vie le prix de son travail au service de l'information. Assassiné dans la nuit du 2 au 3 septembre 2009 au Salvador, le documentariste franco-espagnol Christian Poveda consacrait depuis quelque temps ses reportages aux « Maras », ces bandes ultraviolentes qui sévissent en Amérique centrale et ont tué d'autres collègues. Christian Poveda avait réalisé un film sur le sujet « La Vida Loca » (bande annonce : http://www.lafemme-endormie.com/vidaloca/), dont la sortie en France est prévue le 30 septembre 2009.

Ami proche de Christian Poveda, le journaliste Alain Mingam, membre du conseil d'administration de Reporters sans frontières, se souvient :

« Christian était le fils de républicains espagnols réfugiés en France. C'est aussi de ses origines qu'il tenait de fortes convictions humanistes, auxquelles il est toujours resté fidèle. Christian avait effectué des reportages au Chili sous la dictature de Pinochet, au Nicaragua et au Salvador. Il était très engagé dans ses sujets mais ce n'était pas un homme de parti-pris. Ses convictions humanistes allaient justement de pair avec une grande rigueur professionnelle. Il avait une démarche authentique, un incroyable faculté à s'immiscer dans l'univers qu'il filmait, sur des sujets aussi divers que le sida en France, le collectif Ras l'front ou les Maras salvadoriens. Pour lui, la force du montage primait sur la force du commentaire. C'est ainsi qu'il restituait l'humanité d'individus comme les 'mareros', aussi monstreux que soient leurs actes. L'implication personnelle de Christian dans son sujet lui a même valu d'être approché par les gangs, qui espéraient en faire un médiateur. »

Pourtant, la guerre entre les deux principaux groupes de « Maras », la « Mara 18″ et la « Mara Salvatrucha » a fait plus de 3 700 victimes au cours de l'année 2008.  Le nom de Christian Poveda s'ajoute désormais à la longue liste des victimes de cette violence (cf. fiche pays). 

Christian Poveda, 54 ans, a été retrouvé sans vie, dans la nuit du 2 au 3 septembre, une balle dans la tête, près de son véhicule, sur une route entre Apopa et Tonacatepeque, dans le canton de Rosario, une région rurale au nord de la capitale. Selon la police, il rentrait d'un tournage dans « La Campanera », à l'est de San Salvador.

Parcours d'un homme du risque

Christian Gregorio Poveda Ruiz était né en France le 12 janvier 1955. Il s'était fait connaître comme photojournaliste avec un reportage sur la lutte du Front Polisario, dans le Sahara occidental. Il avait publié par la suite de nombreux reportages et documentaires, présentés dans des festivals et diffusés par plusieurs télévisions. Christian Poveda s'était rendu pour la première fois au Salvador dans les années 1980 pour y couvrir la guerre civile (1980-1992), comme photographe pour le Time magazine et correspondant de presse pour des médias français et  d'autres agences internationales. Dans les années 1990 il y était revenu, s'intéressant au phénomène des bandes armées. Il avait également couvert les guerres d'Iran, d'Irak et du Liban.

La Vida Loca

Diffusé pour la première fois en 2008, le documentaire « La Vida Loca », consacré à la « Mara 18″, a été réalisé par Christian Poveda après seize mois passés au contact des gangs du quartier « La Campanera », dans l'est de San Salvador. Ses images sont crues, dérangeantes : les membres des gangs abattus en pleine rue, les cadavres d'adolescents, les proches qui pleurent sur les cercueils, les jeunes femmes au visage recouvert de tatouages. Selon les médias locaux, Christian Poveda a lui-même été témoin de sept homicides pendant le tournage. Trois des tués étaient des protagonistes du documentaire et d'autres membres de « Mara 18″, qui apparaissent dans le film, ont été arrêtés pendant la réalisation du film.


« La Vida Loca » est également un témoignage critique des méthodes musclées utilisées par la police contre cette jeunesse perdue. Subtil, il admet que les gangs sèment la terreur mais décrit aussi les jeunes mareros comme des êtres captivants et représentatifs de la fracture de la vie familiale. Il cherche à montrer comment les conditions socio-économiques, selon lui négligées, poussent les jeunes Salvadoriens vers le crime. « Nous devons comprendre pourquoi un enfant de 12 ou 13 ans rejoint un gang et donne sa vie pour lui », déclarait Christian Poveda dans une interview au quotidien salvadorien en ligne El Faro. Déjà diffusé dans plusieurs pays (Espagne, Mexique, Argentine, Allemagne et Hongrie), le film n'a jamais été projeté en salle au Salvador.

 

03 septembre 2009 

 

 

 

RSF Canada avec Radio Canada vont remettre à IB le Prix du Courage au féminin le 24 septembre à Montréal. Je l’ai appris grâce à l’un de nos lecteurs qui vit au Canada.

 

Vous savez combien j’apprécie la lutte de Reporters sans frontières.  J’en suis d’autant plus à l’aise pour marquer ma surprise.

 

Qu'a fait cette dame pour la presse, quel courage a-t-elle démontré dans sa défense des médias, de quelle prouesse de journaliste a-t-elle témoigné? Et surtout, qu'a-t-elle dit pour la défense des journalistes assassinés, détenus ou persécutés dans le monde depuis sa libération le 2 juillet 2008 ? Rien, mais j’ai posé la question au siège parisien de RSF, qui n’était pas au courant de cette attribution, et au responsable de RSF Canada, François Bugingo, qui vient de me répondre. Je l’en remercie vivement, même si je reste perplexe. 

 

Voici son courrier :

 

« Cher collègue 

Je vous remercie de l'élégance de m'adresser ces questions avant diffusion d'un commentaire sur votre blog. Cela démontre votre professionnalisme auquel j'ai d'ailleurs personnellement recouru puisque je vous ai eu à quelques reprises comme invité à ma défunte émission de politique internationale « Points chauds » sur Télé-Québec. 

Ce prix mérite des explications que je tiens à vous apporter en avance puisqu'il est prévu dans la séquence de son annonce d'autres communications de presse pour en clarifier la signification. 

Ça ne vous aura sans doute pas échappé que ce n'est pas un prix de courage de presse, mais un prix féminin. 

En quoi RSF a-t-il à se soucier de la condition féminine et en faire son cheval de bataille? En aucun cas. 

Le prix du courage au féminin reconnaîtra chaque année l'implication des « icônes médiatiques » dans la défense de causes souvent négligées: que ce soit cette année avec les otages, ou alors, qui sait, à l'avenir des célébrités comme Angelina Jolie pour la cause des réfugiés, etc. 

Or, il n'y a pas d'icône sans engagement médiatique auprès de ces personnalités. Ingrid Betancourt sans l'intérêt de la presse ne serait qu'une otage de plus. Son appel pour la libération de tous les otages est mondialement relayé. et la fondation qu'elle lance compte se pencher sur une cause qui nous est essentielle: celle des otages dans le monde entier, incluant nos collègues journalistes, comme la canadienne Amanda Lindhout retenue depuis plus d'un an en Somalie. Notre but est de rappeler donc l'importance de cet engagement médiatique. 

Mais en même temps, on demande à chacune de ces figures médiatiques de nous arriver avec une héroïne anonyme. Afin de profiter de cette attention médiatique pour rappeler ces soldats de l'ombre. En ce sens, dans la soirée de remise du prix à Ingrid Betancourt, il y aura une surprise que vous me permettrez de tenir secrète jusqu'à son dévoilement et qui consistera à nous présenter un de ces gens de l'ombre qu'on a trop tendance à oublier une fois que les « icônes » sont passées. 

Ceci étant, ces explications ne vous enlèvent en rien le droit de critiquer notre choix et de le questionner sur base de votre expérience professionnelle ainsi que de votre analyse personnelle. Je respecterais ces critiques et cela n'altérera rien l'estime que je vous porte, ainsi que ma reconnaissance pour votre démarche d'avoir sollicité mon commentaire avant toute expression publique sur votre blog. 

En me tenant à votre entière disposition au cas où d'autres explications s'avéreraient requises, je vous joins mes coordonnées. 

Cordialement 

François Bugingo » 

 

Voici le Communiqué de presse Pour diffusion immédiate que j’avais donc reçu de l’un de vous : 

  

  

VENUE D’INGRID BÉTANCOURT AU QUÉBEC 

une invitation de Reporters sans frontières Canada  

et de l’Institut du Nouveau Monde 

  

Montréal, le lundi 31 août – Reporters sans frontières Canada et l’Institut du Nouveau Monde s’associent pour accueillir au Québec du 23 au 25 septembre 2009, Madame Ingrid Betancourt, politicienne franco-colombienne, enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et libérée l’année dernière après six années de détention.  

  

Reporters sans frontières oeuvre au quotidien pour la liberté de la presse depuis bientôt 25 ans et veille notamment aux conditions d’exercice du métier de journaliste en zone dangereuse. Quant à l’Institut du Nouveau Monde, il est une organisation non partisane dont la mission est de développer la participation citoyenne et renouveler les idées au Québec. 

  

Activités majeures 

  

Gala du Courage au Féminin 

Le 24 septembre 2009, Madame Betancourt assistera au Gala du Courage au Féminin à l’Hôtel Sofitel de Montréal de 18h30 à 22h.  

Au cours de ce gala, elle recevra des mains de Son Excellence la Très Honorable Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada et Présidente d’honneur de RSF Canada, le Prix Reporters sans frontières – Radio Canada du Courage au Féminin. 

Avec ce prix, Reporters sans frontières et Radio Canada entendent récompenser ces femmes qui luttent jour après jour pour le respect des libertés et des droits humains les plus fondamentaux.  

Il est devenu plus commode d’imiter celui qui ne voit pas, de feindre l’indifférence. Voilà pourquoi il est aussi important d’honorer ceux qui, au péril de leur vie, refusent cette facilité et ont le courage d’oser, de dénoncer, de témoigner. Personnalités publiques, ils auraient pu se complaire dans l’indifférence que permet la célébrité, mais s’attellent pourtant à retrousser leurs manches pour prendre les problèmes de société à bras le corps. 

  

Entrevue sur scène : Quel avenir pour les droits humains en Colombie ? 

Le 25 septembre 2009, Madame Betancourt s’exprimera publiquement lors d’une entrevue sur scène avec le journaliste et président de Reporters sans frontières Canada, François Bugingo et Anne-Marie Dussault, animatrice à la télé de Radio-Canada . Le thème de cette entrevue sur scène sera : « Quel avenir pour les droits humains en Colombie ? ». La conférence aura lieu au Palais des Congrès de Montréal, salle 511 au 1001, place Jean-Paul-Riopelle de 18h à 19h30. 

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15 août 2009 

L’actualité interdit tout congé même de 15 août à ce blog ! Comment laisser passer cette déclaration ahurissante de la procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega Diaz (photo), au lendemain de la ratonnade sanglante menée contre 12 journalistes du groupe Capriles à Caracas par les sbires de Hugo Chavez ?

 

 5 des 12 rédacteurs blessés l’ont été gravement, comme en témoignent les images diffusées sur l’agression commise contre le groupe de journalistes qui défilaient pacifiquement contre le projet de loi sur les « délits médiatiques ». 

« Ces personnes ont agi davantage comme porte-parole politiques que comme journalistes, c’est pourquoi is doivent renoncer à leur fonction », a osé commenter Luisa Ortega Diaz.  En France, elle recevrait le surnom de « Robespierrette ». 

 

La procureure avait présenté le 31 juillet, devant l'assemblée nationale, un projet de loi qui prévoit jusqu'à quatre ans d'emprisonnement pour les auteurs de “délits médiatiques”.
“Il est nécessaire de légiférer sur ce sujet, il est nécessaire que l'Etat vénézuélien régule la liberté d'expression”, avait-elle déclaré. 

 

Aucun commentateur, y compris votre serviteur, n’avait d’ailleurs relevé à l'époque cette incongruité de type totalitaire, avec une procureure générale présentant un projet de loi contre la presse, dans un déni total de la séparation des pouvoirs exigée par la démocratie. Chavez a été élu, oui, mais il ne respecte plus les devoirs qui s’imposent à sa fonction, hélas pour notre internaute  « ajusteur » qui soulignait avec raison l’élection démocratique du chef de l’Etat. 


“Je réclame qu'une limite soit posée à ce droit”, avait-elle ajouté.
Selon le projet de loi, publié jeudi dans la presse locale, la divulgation d'une information jugée “fausse”, “manipulée” ou “déformée”, est considérée comme un délit médiatique pouvant entraîner une condamnation maximale de quatre ans de prison.
C'est également le cas des informations qui portent un “préjudice aux intérêts de l'Etat” ou constituent une atteinte à la “morale publique” et la “santé mentale”.
Les auteurs du projet de loi envisagent aussi de sanctionner “le refus de révéler une information” et le fait “d'omettre volontairement de diffuser une information”, remettant ainsi en cause le droit à la protection des sources journalistiques. Ces deux délits sont passibles de six mois à quatre ans de prison.

 

Le gouvernement de Hugo Chavez, chef de file de la gauche antilibérale en Amérique latine, prépare en ce moment d'autres réformes dans le secteur, dénoncées par de nombreux médias privés qui craignent pour leur indépendance.

 

Ces dernières semaines, Chavez a supprimé 34 radios et télévisions accusées d’opposition à sa politique. Il a menacé la chaîne Globovision de subir le même sort que sa consoeur privée RCTV, disparue des canaux hertziens en 2007 sur ordre du gouvernement qui lui reprochait son ton acerbe à l'égard du pouvoir.

2 août 2009 

Voici un communiqué de Reporters sans frontières:

VENEZUELA


Trente-quatre médias audiovisuels sacrifiés par caprice gouvernemental


Reporters sans frontières proteste avec vigueur contre la fermeture massive de médias audiovisuels privés, officiellement pour « raisons administratives ». Treize stations de radio, sur un total de trente-quatre médias dont la fermeture a été décidée par le gouvernement, ont d'ores et déjà dû suspendre leurs émissions le 1er août 2009.

« Dans n'importe quel Etat de droit, un média soupçonné d'utiliser irrégulièrement une fréquence aurait été averti au préalable de la procédure engagée contre lui. Ses représentants auraient eu la possibilité de plaider leur cause ou de former un recours. Est-il encore permis d'émettre publiquement la moindre critique envers le gouvernement bolivarien ? Cette fermeture massive de médias réputés d'opposition, dangereuse pour l'avenir du débat démocratique, n'obéit qu'à la volonté gouvernementale de faire taire les voix discordantes, et ne fera qu'aggraver les divisions au sein de la société vénézuélienne », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 1er août, le gouvernement a retiré leur concession de fréquence à trente-quatre stations de radio et chaînes de télévision et a fait savoir que 200 autres étaient menacées de subir le même sort. Selon le ministre de tutelle de la Commission nationale des Télécommunications (Conatel), Diosdado Cabello, cette mesure s'explique par des raisons technico-administratives, les propriétaires des médias concernés n'ayant pas pu prouver qu'ils étaient bien les titulaires des licences de diffusion.

Cette mesure a entraîné des mouvements de protestation. « Nous assistons au plus important dispositif de restrictions à la liberté d'expression jamais mis en place au Venezuela, sans précédent en période de démocratie », a déclaré Carlos Correa, directeur de l'organisation de défense de la liberté d'expression Espacio Publico.

La fermeture de ces médias intervient au moment où le gouvernement d'Hugo Chavez a annoncé vouloir « démocratiser » le secteur des médias. Le 30 juillet, le procureur général de la République, Luisa Ortega Diaz, a présenté devant l'Assemblée nationale un projet de loi prévoyant de punir sévèrement les auteurs de « délits médiatiques ». « Il est nécessaire que l'Etat vénézuélien régule la liberté d'expression, a-t-elle déclaré. Je réclame qu'une limite soit posée à ce droit ». Le projet de loi prévoit désormais des peines de prison pour des délits que la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) de 2004 sanctionnait déjà d'amendes et de suspensions d'antenne. Elle en instaure également de nouveaux. Ainsi, la divulgation d'une information jugée « fausse », « manipulée » ou « déformée », tout comme les informations qui portent un « préjudice aux intérêts de l'Etat » ou constituent une atteinte à la « morale publique » et la « santé mentale », seront considérées comme un délit médiatique pouvant entraîner une peine maximale de quatre ans de prison ferme.


Le projet de loi prévoit également de sanctionner « le refus de révéler une information » et le fait « d'omettre volontairement de diffuser une information », remettant ainsi en cause le droit à la protection des sources journalistiques. Ces deux délits sont passibles de six mois à quatre ans de prison.

Les médias touchés par la mesure de fermeture sont :
A Caracas : CNB 102.3 FM.
A Amazonas : 1130 AM, propriété de Erasmo Núñez, et 107.5 FM Órbita, de Abel Cermeño.
A Anzoátegui : la 970 AM, de Barcelona, appartenant à José Bringa.
A Bolívar (Upata) : Canal 7 TV, de José David Natera.
A Ciudad Bolívar : 96.9 FM, propriété de Ramón Rafael Castro Mata.
A Carabobo, Valencia : 100.1 FM, Nelson Belfort Yivirin.
A Puerto Cabello : 98.3 FM, de Pedro Ezequiel Listuit.
Delta Amacuro-Tucupita : 1270 AM, de Sócrates Hernández.
A Falcón Punto Fijo : CNB 100.1 de Nelson Belfort Yivirin, et 96.1 FM, de Ramón Jesús Méndez.
A Guárico : 99.1 FM, de Bernando José Donaire.
A Mérida : 106.3 FM de Rubén Antonio Chirinos.
A Miranda : 1520 AM, de Guillermo Obel Mejías ; Emisora FM, de Guillermo Obel Mejías ; la 1550 AM, de monseñor Bernardo Heredia ; 97.1 FM, monseñor Bernardo Heredia ; 92.1 FM, Gabriel Robinson, Charallave ; 1230 AM, Radio Barlovento (Caucagua) ; 96.9 FM, de Carlos Herci, basée à El Hatillo.
A Nueva Esparta (Porlamar) : la 99.1 FM, de Arturo Gil Escala ; 92.9 FM, Ramón Borra Gómez, et 1140 AM, appartenant à la famille de Pedro Sosa Guzmán.
A Portuguesa (Acarigua) : 1170 AM, appartenant à Ramón Ramírez Meléndez.
A Sucre : 103.3 FM et 600 AM, ambas de Luis Salazar Núñez.
A Táchira : la 730 AM, de Modesto Marchena et la 94.5 FM, de Arturo Álvarez Leal.
Vargas Canal 26 UHF de Catia La Mar et 106.9 FM, appartenant à Alcides Delgado.

Dans l'Etat de Zulia : 105.1 FM, de Guido Briceño ; 102.1 FM, de Luis Guillermo Gouvea ; 1430 AM, appartenant à Ciro Ávila Moreno (Ciudad Ojeda) ; 1300 AM, propriété de Moisés Portillo (Santa Cruz de Mar).

2 août 2009

Voici un communiqué de Reporters sans frontières:

VENEZUELA


Trente-quatre médias audiovisuels sacrifiés par caprice gouvernemental


Reporters sans frontières proteste avec vigueur contre la fermeture massive de médias audiovisuels privés, officiellement pour « raisons administratives ». Treize stations de radio, sur un total de trente-quatre médias dont la fermeture a été décidée par le gouvernement, ont d'ores et déjà dû suspendre leurs émissions le 1er août 2009.

« Dans n'importe quel Etat de droit, un média soupçonné d'utiliser irrégulièrement une fréquence aurait été averti au préalable de la procédure engagée contre lui. Ses représentants auraient eu la possibilité de plaider leur cause ou de former un recours. Est-il encore permis d'émettre publiquement la moindre critique envers le gouvernement bolivarien ? Cette fermeture massive de médias réputés d'opposition, dangereuse pour l'avenir du débat démocratique, n'obéit qu'à la volonté gouvernementale de faire taire les voix discordantes, et ne fera qu'aggraver les divisions au sein de la société vénézuélienne », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 1er août, le gouvernement a retiré leur concession de fréquence à trente-quatre stations de radio et chaînes de télévision et a fait savoir que 200 autres étaient menacées de subir le même sort. Selon le ministre de tutelle de la Commission nationale des Télécommunications (Conatel), Diosdado Cabello, cette mesure s'explique par des raisons technico-administratives, les propriétaires des médias concernés n'ayant pas pu prouver qu'ils étaient bien les titulaires des licences de diffusion.

Cette mesure a entraîné des mouvements de protestation. « Nous assistons au plus important dispositif de restrictions à la liberté d'expression jamais mis en place au Venezuela, sans précédent en période de démocratie », a déclaré Carlos Correa, directeur de l'organisation de défense de la liberté d'expression Espacio Publico.

La fermeture de ces médias intervient au moment où le gouvernement d'Hugo Chavez a annoncé vouloir « démocratiser » le secteur des médias. Le 30 juillet, le procureur général de la République, Luisa Ortega Diaz, a présenté devant l'Assemblée nationale un projet de loi prévoyant de punir sévèrement les auteurs de « délits médiatiques ». « Il est nécessaire que l'Etat vénézuélien régule la liberté d'expression, a-t-elle déclaré. Je réclame qu'une limite soit posée à ce droit ». Le projet de loi prévoit désormais des peines de prison pour des délits que la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) de 2004 sanctionnait déjà d'amendes et de suspensions d'antenne. Elle en instaure également de nouveaux. Ainsi, la divulgation d'une information jugée « fausse », « manipulée » ou « déformée », tout comme les informations qui portent un « préjudice aux intérêts de l'Etat » ou constituent une atteinte à la « morale publique » et la « santé mentale », seront considérées comme un délit médiatique pouvant entraîner une peine maximale de quatre ans de prison ferme.


Le projet de loi prévoit également de sanctionner « le refus de révéler une information » et le fait « d'omettre volontairement de diffuser une information », remettant ainsi en cause le droit à la protection des sources journalistiques. Ces deux délits sont passibles de six mois à quatre ans de prison.

Les médias touchés par la mesure de fermeture sont :
A Caracas : CNB 102.3 FM.
A Amazonas : 1130 AM, propriété de Erasmo Núñez, et 107.5 FM Órbita, de Abel Cermeño.
A Anzoátegui : la 970 AM, de Barcelona, appartenant à José Bringa.
A Bolívar (Upata) : Canal 7 TV, de José David Natera.
A Ciudad Bolívar : 96.9 FM, propriété de Ramón Rafael Castro Mata.
A Carabobo, Valencia : 100.1 FM, Nelson Belfort Yivirin.
A Puerto Cabello : 98.3 FM, de Pedro Ezequiel Listuit.
Delta Amacuro-Tucupita : 1270 AM, de Sócrates Hernández.
A Falcón Punto Fijo : CNB 100.1 de Nelson Belfort Yivirin, et 96.1 FM, de Ramón Jesús Méndez.
A Guárico : 99.1 FM, de Bernando José Donaire.
A Mérida : 106.3 FM de Rubén Antonio Chirinos.
A Miranda : 1520 AM, de Guillermo Obel Mejías ; Emisora FM, de Guillermo Obel Mejías ; la 1550 AM, de monseñor Bernardo Heredia ; 97.1 FM, monseñor Bernardo Heredia ; 92.1 FM, Gabriel Robinson, Charallave ; 1230 AM, Radio Barlovento (Caucagua) ; 96.9 FM, de Carlos Herci, basée à El Hatillo.
A Nueva Esparta (Porlamar) : la 99.1 FM, de Arturo Gil Escala ; 92.9 FM, Ramón Borra Gómez, et 1140 AM, appartenant à la famille de Pedro Sosa Guzmán.
A Portuguesa (Acarigua) : 1170 AM, appartenant à Ramón Ramírez Meléndez.
A Sucre : 103.3 FM et 600 AM, ambas de Luis Salazar Núñez.
A Táchira : la 730 AM, de Modesto Marchena et la 94.5 FM, de Arturo Álvarez Leal.
Vargas Canal 26 UHF de Catia La Mar et 106.9 FM, appartenant à Alcides Delgado.

Dans l'Etat de Zulia : 105.1 FM, de Guido Briceño ; 102.1 FM, de Luis Guillermo Gouvea ; 1430 AM, appartenant à Ciro Ávila Moreno (Ciudad Ojeda) ; 1300 AM, propriété de Moisés Portillo (Santa Cruz de Mar).

24 juin 2009

Reporters sans frontières redoute à brève échéance l'annulation de la fréquence hertzienne de Globovisión. La dernière procédure engagée contre la chaîne, le 16 juin 2009, ouvre cette possibilité. Le surlendemain, le Tribunal suprême de justice (TSJ) a entériné le principe en vertu duquel la chaîne pouvait être condamnée pénalement.

« Le président Hugo Chávez a récemment averti que Globovisión quitterait les ondes faute de modifier sa ligne éditoriale. Il a pressé l'administration et la justice en ce sens. Parlant d'un 'problème de santé publique' à son sujet (lire le communiqué du 29 mai 2009), le Président a choisi un remède pire que le mal. L'annulation de sa fréquence hertzienne marquerait le point d'orgue d'un véritable harcèlement procédurier, juridiquement contestable, contre la chaîne en raison de son contenu. Que la chaîne ne soit pas exempte de reproches n'enlève rien à la gravité du procédé. Il n'est pas digne d'une démocratie comme le Venezuela que le bon plaisir du chef de l'État décide seul de l'avenir d'un média. Débarrassé de Globovisión, Hugo Chávez disposera d'un espace télévisuel hertzien qui lui sera entièrement entièrement dévoué mais se prive d'un filtre médiatique, ce qui pourrait conduire à une radicalisation de l'opposition. Cette configuration est un revers pour le pluralisme et le débat », a déploré Reporters sans frontières.


La Commission nationale des télécommunications (Conatel) a engagé, le 16 juin 2009, une quatrième procédure administrative contre Globovisión. Les trois précédentes, pouvant conduire entre autres à une suspension d'antenne de 72 heures, s'appuyaient sur la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (loi Resorte) de 2004. Cette fois, est invoqué l'article 171 de la loi organique des télécommunications de 2000, qui dispose que « quiconque aura utilisé les services de télécommunications, pour lesquels il a reçu une habilitation, dans le but de commettre des délits » se verra sanctionné par la révocation de l'habilitation administrative ou de la concession.

En fait de « contribution au délit », Globovisión se voit reprocher les propos formulés sur son antenne par Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País et de la revue Zeta, invité de l'émission « Aló Ciudadano » du 13 octobre 2008. Cet opposant résolu avait alors déclaré, contre l'avis du présentateur Leopoldo Castillo, que Hugo Chávez « finirait comme Mussolini » (voir le lien : http://www.youtube.com/watch?v=Sgkeo0Dl3lk&feature=related et sa transcription ci-dessous). Le président Hugo Chávez et ses partisans avaient considéré cette phrase comme une « incitation au crime contre le chef de l'État ».

La chaîne a fait valoir que les propos d'un invité ne pouvaient lui être imputés. L'avocate de Globovisión, Ana Cristina Nuñez, a également soulevé un point de droit : la révocation de fréquence ne peut intervenir que sur la base d'une condamnation préalable. Or, la dernière procédure administrative contre Globovisión a coïncidé avec la saisie du parquet général de la République, chargé d'établir si un délit a été commis lors de l'émission.

Pour lever l'obstacle, le Tribunal suprême de justice a rejeté, le 18 juin 2009, un recours déposé par la chaîne en 2003 contestant certaines dispositions de la loi des télécommunications, notamment la possibilité de condamner pénalement Globovisión en tant que personne morale. C'est ce préalable qui avait fait défaut pour motiver l'exclusion de Radio Caracas Televisión (RCTV) des ondes hertziennes, en mai 2007. Dans son arrêt, le TSJ a également avalisé la censure préventive du contenu de certains médias par le pouvoir exécutif, selon lui « compatible avec la liberté de la presse ».


Pour avoir relayé des messages de l'opposition durant les grèves du secteur pétrolier en 2002-2003, Globovisión a été condamnée, le 5 juin, à une amende de 2,3 millons de dollars revue, le 16 juin, à hauteur de 4 millions de dollars.

Enfin, le gouvernement a annoncé un réexamen de toutes les fréquences radio hertziennes, et audiovisuelles du secteur câblé. Déjà limitée à Caracas et à ses environs, Globovisión pourrait continuer à émettre via le câble, comme RCTV actuellement.

(Aló Ciudadano – 13 octobre 2008)
Rafael Poleo: « … L'histoire se répète. Si l'on regarde la trajectoire de Benito Mussolini et celle de Chávez, ce sont les mêmes. C'est pour ça que je vous dis, avec inquiétude, qu'Hugo va finir comme Mussolini, pendu la tête en bas.

Leopoldo Castillo: Vous ne pouvez pas dire cela, Poleo, ça pourrait être considéré comme une apologie du délit, ça peut être interprété, ça pourrait être une incitation.
 
Rafael Poleo: ŠMoi, je le dis de manière préventive, fais attention Hugo, ne finis pas comme ton homologue Benito Mussolini, pendu la tête en bas, parce que toi tu ressembles à Mussolini et à Mussolini lors de l'étape initial du fascisme. Chávez c'est ça, parce que c'est une insulte au socialisme et au communisme  de dire que Chávez est socialiste ou communiste, ce qu'il y a c'est que c'est plus simple et les gens ont déjà oublié au cours de l'Histoire ce qu'est le fascismeŠ Mais Chávez c'est un fasciste vieillot, Chávez c'est un fasciste. »
Reporters sans frontières désapprouve sur le fond les déclarations de Rafael Poleo, mais estime qu'ils relèvent de la responsabilité de celui-ci et non de Globovisión.

12 juin 2009 

Les régimes pro-castristes continuent d’imiter leur sacro-saint modèle cubain en Amérique du Sud avec une mainmise de plus en plus violente contre les médias libres.  Rafael Correa, réélu à la présidence cette année, veut fermer la Teleamazonas, accusée de tous les maux pour ne pas avoir fait son apologie. 

Voici le communiqué de RSF sur cette grave entorse à la liberté de la presse, et à la liberté tout court : 

« Reporters sans frontières appelle le gouvernement et le Conseil national de radiodiffusion et télévision (Conartel) à suspendre les dernières procédures administratives ouvertes contre la chaîne privée nationale Teleamazonas, qui pourrait, à terme, lui valoir de disparaître des ondes. Ces procédures interviennent dans une situation de guerre des nerfs entre la chaîne et le président Rafael Correa, décidé, selon ses propres mots, à « en finir » avec une presse qu'il juge « corrompue » et « médiocre ».« S'il est vrai que le président Rafael Correa a dû affronter des critiques parfois très dures de la presse privée dès le début de son mandat, sa volonté de les punir pour leur ligne éditoriale contrevient au principe même de liberté de la presse. C'est malheureusement dans ce contexte que trois procédures ont été engagées contre Teleamazonas. Une révocation à terme de la fréquence de la chaîne, si tel est le but poursuivi, ne règlera en rien le problème de la 'fausse information' que le chef de l'État dénonce. Elle n'éliminera jamais la critique à laquelle tout pouvoir s'expose, qu'elle soit juste ou non. Elle risque enfin d'alimenter une polarisation encore plus sévère, hors du filtre des médias », a déclaré Reporters sans frontières. 


Le 9 juin 2009, le président du Conartel, Antonio García, a ratifié l'introduction d'une nouvelle procédure administrative contre Teleamazonas. Sanctionnée une première fois, , la chaîne privée court cette fois le danger de disparaître des écrans. La procédure est une réplique à un reportage récent de la chaîne, relatif aux conséquences environnementales d'un projet dans le golfe de Guayaquil (Sud-Ouest) conduit par la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA. Cette affaire a été également soulevée par le quotidien El Universo, lui aussi dans le collimateur de la présidence. La direction de la chaîne a l'intention de saisir la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).
Six jours plus tôt, le Conartel a rejeté l'appel interjeté par Teleamazonas à une amende de 20 dollars qui lui a été infligée en avril, pour avoir diffusé un spectacle taurin à des heures de grande écoute. En mai, Teleamazonas s'est vu notifier une autre procédure pour avoir dénoncé, à l'issue des élections générales du 26 avril, l'existence d'un centre de dépouillement clandestin et de possibles « fraudes électorales ». Dans le cadre de cette deuxième procédure, la chaîne risque une suspension de trois mois, à l'appui de l'article de la loi de radiodiffusion et télévision punissant la transmission d' »informations fondées sur des présomptions, de nature à porter préjudice ou à causer des troubles sociaux ou publics ». 

La situation est d'autant plus délicate que le Conartel vient d'être mis en cause, dans un rapport d'experts remis à Rafael Correa le 18 mai, pour de graves irrégularités dans l'attribution des fréquences, au détriment des médias communautaires. Par ailleurs, le président Rafael Correa, qui assumera la présidence tournante de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) à partir du mois de juillet, a proposé dans ce cadre la création d'un organisme défendant les citoyens et les gouvernements contre les abus de la presse. Cette proposition, même si elle a peu de chance d'être approuvée, a reçu l'aval de son homologue vénézuélien Hugo Chávez, désireux de réduire au silence dans son pays la chaîne privée Globovisión (lire le communiqué du 29 mai 2009) ». 

29 mai 2009 (version en espagnol à la fin) 


Monsieur Hugo Chávez Frías
Président de la République bolivarienne du Venezuela
Palais de Miraflores, Caracas
Monsieur le Président,

Reporters sans frontières, organisation de défense de la liberté de la presse, s'interroge sur le sens de votre démarche à l'encontre de Globovisión. La chaîne privée d'informations, dont la diffusion se limite à Caracas et à ses environs, est actuellement la cible d'une véritable charge du pouvoir et de l'administration. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

Le 4 mai 2009, un séisme d'une magnitude 5,4 sur l'échelle de Richter a secoué la partie centre-nord du Venezuela. Depuis le 7 mai, Globovisión, qui avait relayé l'information en se référant aux données de l'Institut géologique des États-Unis, fait l'objet d'une procédure administrative pouvant mener à sa suspension d'antenne pour une durée de soixante-douze heures. Cette procédure, dont la responsabilité incombe à la Commission nationale des télécommunications (Conatel), a été engagée sur la forte insistance de l'Assemblée nationale, exprimée au lendemain du séisme

Il est reproché à la chaîne d'avoir enfreint l'article 29 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) sanctionnant les médias qui « promeuvent, font l'apologie ou incitent à la guerre ; promeuvent, font l'apologie ou incitent aux altérations de l'ordre public ». En quoi une information donnée sur un tremblement de terre, pour imparfaite qu'elle puisse être, cadre-t-elle avec la définition de l'infraction ? Nous vous posons la question.

Admettons que la perquisition, très médiatisée, menée le 21 mai à Caracas, au sein de l'une des propriétés du président de Globovisión, Guillermo Zuloaga, ait porté sur les activités de concessionnaire automobile de l'intéressé. Notre inquiétude vient surtout des propos que vous avez vous-même tenus en ouverture du dixième anniversaire de votre émission, « Aló Presidente », diffusée à cette occasion pendant quatre jours. Le 28 mai, à l'antenne, vous avez enjoint, outre la Conatel, son ministère de tutelle, le Tribunal suprême de justice et le parquet général de la République d' »agir » contre Globovisión, sans quoi « vous le feriez vous-même, face aux déficiences et aux manquements au sein de certaines instances de l'État ». En quoi une mobilisation aussi ample des moyens de l'État s'imposait-elle dès lors que la procédure de la Conatel était déjà ouverte contre Globovisión depuis trois semaines ? Souhaitiez-vous d'emblée pour la chaîne une suspension de soixante-douze heures, à l'issue de laquelle elle aurait de toute façon repris ses programmes ? Que feriez-vous, concrètement et par vous-même, pour suppléer aux carences des autorités que vous dénoncez ? 


La question des médias est un « problème de santé publique », avez-vous assuré ce même 28 mai, surnommant « Globoterror » une chaîne qui, selon vous, « conspirerait pour vous assassiner ». Cette accusation, devenue un leitmotiv, se réfère entre autres à la claire attitude de défiance manifestée par Globovisión à votre égard, lors du coup d'État qui vous renversa brièvement entre le 11 et le 13 avril 2002. Une procédure judiciaire, assortie d'un débat contradictoire, sur l'attitude de certains médias privés au cours de ces événements n'était pas sans fondement à l'époque. Sur quel contenu repose désormais l'accusation, plus de sept ans après les faits ? Si l' »appel au meurtre ou au coup d'État » contre votre personne imputé à Globovisión – condamnable par principe et a fortiori contre un chef d'État élu démocratiquement – existait réellement, vous contenteriez-vous d'une suspension d'antenne de soixante-douze heures infligée à la chaîne ? 

Depuis l'exclusion des ondes hertziennes de Radio Caracas Televisión (RCTV), le 27 mai 2007, Globovisión est le seul média télévisuel du réseau à émettre une voix nettement critique envers votre gouvernement. Aucun pouvoir issu d'une société démocratique, reconnaissant la liberté d'expression, ne peut éviter les oppositions et les désaccords. Ne portez-vous pas une attention excessive à une chaîne qui ne partage pas vos idées ? Est-ce « mentir », « vous insulter » ou, pire, « vouloir votre mort », que de ne pas les partager ? Ne surestimez-vous pas le pouvoir réel d'un média ? Ne sous-estimez-vous pas les propres capacités de votre gouvernement, en concluant que vous déclarent la guerre tous ceux qui, soit critiquent votre action, soit défendent le droit de vos détracteurs à s'exprimer ? Dans d'autres pays d'Amérique latine, où vos homologues ont été durement confrontés à des médias hostiles ou considérés comme tels, jamais la réplique de l'État n'a pris une tournure aussi extrême. Jamais n'a eu lieu la subordination de la quasi-totalité du secteur télévisuel à la seule voix dirigeante. Et le dialogue s'est parfois noué. Il est inquiétant que tel ne soit pas le cas au Venezuela. Je nourris l'espoir que ce dialogue puisse un jour y avoir lieu.
En vous remerciant de l'attention que vous porterez à cette lettre, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

Jean-François Julliard 

Secrétaire général 

VENEZUELA PERSECUCIÓN GUBERNAMENTAL CONTRA EL CANAL GLOBOVISIÓN : CARTA ABIERTA AL PRESIDENTE HUGO CHÁVEZ

Sr. D. Hugo Chávez Frías
Presidente de la República Bolivariana de Venezuela
Palacio de Miraflores, Caracas
Señor Presidente,

Reporteros sin Fronteras, organización de defensa de la libertad de prensa, se pregunta acerca del sentido de enfoque en relación con Globovisión. Actualmente, el canal informativo privado, cuya cobertura se limita a Caracas y sus alrededores, está siendo objeto de una auténtica carga del poder, y de la administración. ¿Por qué? ¿Por qué ahora?

El 4 de mayo de 2009 la parte centro-norte de Venezuela se vio sacudida por un seísmo de magnitud 5,4 en la escala de Richter. El 7 de mayo, a Globovisión, que hizo su información refiriéndose a los datos facilitados por el Instituto Geológico de Estados Unidos, se le abrió un procedimiento administrativo que puede llevarle a la suspensión de sus emisiones durante setenta y dos horas. El procedimiento, cuya resolución incumbe a la Comisión Nacional de Telecomunicaciones (Conatel), se abrió ante la insistencia de la Asamblea Nacional, manifestada al día siguiente de producirse el seísmo.

Al canal se le acusa de violar el artículo 29 de la Ley de Responsabilidad Social en Radio y Televisión (Ley Resorte), que sanciona a los medios de comunicación que « promuevan, hagan apología o inciten a la guerra ; promuevan, hagan apología o inciten a alteraciones del orden público ». ¿De qué forma la información sobre un terremoto, por imperfecta que haya podido ser, puede enmarcarse en esa definición de la infracción? Se lo preguntamos a Usted.

Admitimos que el muy mediatizado registro, llevado a cabo el 21 de mayo en Caracas, en una de las propiedades de Guillermo Zuloaga, presidente de Globovisión, tuviera que ver con las actividades del interesado como concesionario de automóviles. Pero nuestra preocupación está motivada sobre todo por las manifestaciones que usted mismo ha efectuado al comenzar el décimo aniversario de su programa « Aló Presidente » que, en esta ocasión, se emite durante cuatro días consecutivos. El 28 de mayo se dirigió usted, en antena, además de a la Conatel, al ministerio del cual depende, al Tribunal Supremo de Justicia y a la Fiscalía General de la República, conminándoles a « actuar » contra Globovisión, y advirtiéndoles de que en caso de no hacerlo « lo hará usted mismo, ante las deficiencias y vacíos que tenemos en algunas instancias del Estado ». ¿Qué sentido tiene una movilización tan amplia de los servicios del Estado cuando la Conatel tiene abierto un procedimiento a Globovisión desde hace tres semanas? ¿Acaso desea usted que al canal se le imponga de inmediato una suspensión de setenta y dos horas, al final de la cual reanudará su programación de todas maneras? ¿Qué haría Usted, en concreto y de manera personal, para suplir esas carencias de las autoridades que Usted denuncia? 

La cuestión de los medios de comunicación es un « problema de salud pública », aseguró Usted ese mismo día, 28 de mayo, usando el apodo de « Globoterror » para mencionar a un canal que, según Usted, « conspiraría para asesinarle ». La acusación, que ya se ha convertido en un leitmotiv, se refiere en parte a la clara actitud de desafío manifestada por Globovisión, en relación con Usted, durante el golpe de Estado que le derrocó entre el 11 y el 13 de abril de 2002. En aquel momento no carecía de fundamento la apertura de un procedimiento judicial, aderezado con un contradictorio debate, sobre la actitud que algunos medios mantuvieron durante los acontecimientos. Pero ahora ¿en qué contenidos se basa la acusación, cuando han transcurrido más de siete años de los hechos? Si realmente existiera el « llamamiento al golpe de Estado y (a su) asesinato » imputado a Globovisión  – condenable por principio, y a fortiori contra un Jefe de Estado elegido democráticamente – ¿se contentaría Usted con que al canal se le suspendiera de antena durante setenta y dos horas? 


Desde que, el 27 de mayo de 2007, el canal privado Radio Caracas Televisión (RCTV) fue excluido de las ondas hertzianas, Globovisión es el único medio televisivo de la red que lanza al aire una voz netamente crítica con su gobierno. Ningún poder procedente de una sociedad democrática, que reconozca la libertad de expresión, puede evitar la existencia de oposiciones y desacuerdos. ¿No está Usted dedicando excesiva atención a un canal que no comparte sus ideas? El hecho de no compartirlas ¿es « mentir » « insultar a Usted » o,  peor aún, « desear su muerte »? ¿No está Usted sobrevalorando el poder real de un medio de comunicación? ¿No subestima Usted las capacidades de su propio gobierno, al llegar a la conclusión de que le declaran la guerra todos cuantos critican su actuación o defienden el derecho de sus detractores a expresarse? Nunca, en otros países de América Latina donde sus homólogos han tenido que enfrentarse a medios hostiles, o considerados como tales, la réplica del Estado ha asumido un cariz tan extremo. Nunca se ha dado la subordinación de la práctica totalidad del sector televisivo a una única voz dirigente. E, incluso, a veces se ha reanudado el diálogo. Es muy preocupante que este no sea el caso de Venezuela. Mantengo la esperanza de que ese diálogo pueda llegar algún día.
Agradeciéndole la atención que pueda prestar a esta carta le ruego, Señor Presidente, acepte la expresión de mi mayor consideración.

Jean-François Julliard Secretario general 

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