RAFALE
10 avril 2010
(Excusez mon retard à évoquer cet énorme scandale, mais je viens de rentrer en France après mon séjour en Espagne)
La gangrène castriste de l’Amérique Latine se confirme avec le silence des chancelleries face à l’imminent accord militaire de défense entre le Brésil et les USA, « le plus important depuis 1952 » selon des sources brésiliennes. Les mêmes capitales du cône sud avaient poussé des cris d’orfraie à l’unisson l’an dernier dès l’annonce par une revue colombienne d’un accord en vue entre Bogota et Washington pour permettre l’utilisation par les USA de sept bases militaires colombiennes pour la lutte anti-drogue.
Le gouvernement brésilien va signer lundi à Washington un accord de coopération en matière de défense avec les Etats-Unis, a annoncé mercredi le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, sans donner de détails.
« Le président Luiz Inacio Lula da Silva se rendra la semaine prochaine à Washington pour un sommet sur la sécurité nucléaire et a décidé de m'inviter. A cette occasion, probablement lundi, je dois signer cet accord avec le secrétaire à la Défense Robert Gates », a dit M. Jobim devant les députés.
Le dernier accord militaire signé par Washington en Amérique latine, avec la Colombie, avait provoqué une grave crise diplomatique régionale. Une majorité de pays, y compris le Brésil, avaient fait part de leur préoccupation concernant la sécurité régionale.
Concernant le Brésil et les Etats-Unis, M. Jobim s'est borné à évoquer un « accord de coopération très générique dans le domaine de la défense, qui servira à créer de nouvelles possibilités ».
Le secrétaire d'Etat adjoint américain pour l'Amérique latine, Arturo Valenzuela, a défendu mercredi à Bogota la signature de cet accord.
« Tous les pays dans le monde ont des accords de coopération avec d'autres sur des sujets de sécurité (…) Parfois ils sont actualisés, ils changent, et les Etats-Unis ont eu une longue histoire d'accords dans ce domaine avec le Brésil et d'autres pays d'Amérique latine ».
« Personne n'a parlé d'installer des bases militaires », a-t-il toutefois précisé.
L'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie avait affirmé dans un entretien au quotidien colombien El Espectador publié le 26 mars que son pays s'apprêtait à signer des accords de coopération militaire avec deux pays latino-américains, sans les identifier « pour éviter des réactions » semblables à celles provoquées par l'accord Bogota-Washington.
Quelques heures après, le président vénézuélien Hugo Chavez, très critique à l'égard de Washington, avait qualifié ces nouveaux accords de « menace ».
Depuis l’annonce de ce prochain accord, Hugo Chavez n’a pas ouvert la bouche, qu’il a prolixe pour attaquer la Colombie sous toutes les coutures.
Quant au ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino, dont le pays assure la présidence tournante de l’UNASUR (Union des nations d’Amérique du Sud), il va réaliser une visite dans plusieurs pays de la région pour évoquer cette question, mais sans avoir le courage de se rendre à Brasilia. Au lieu de condamner cet accord comme il l’a fait pour la Colombie, ce factotum du président Rafael Correa – un portefaix de Chavez et Castro, surnommé « la panthère rose » – s’est contenté de dire qu’il était « sûr que le Brésil allait donner des informations sur cet accord le plus tôt possible ».
Dans les déclarations en portugais d’une source brésilienne proche des négociations bilatérales, citée par la revue Valor Economico, j’ai relevé une fois de plus l’habileté diplomatique des Brésiliens qui a tellement manqué aux Colombiens dans leur accord avec Washington. « Aucune base militaire américaine ne sera installée au Brésil et aucune immunité diplomatique ne sera concédée aux civils et militaires américains qui opèrent sur le territoire brésilien », affirme cette source.
En Colombie, aucune base américaine non plus n’a été autorisée, puisqu’il s’agit seulement de permettre aux avions américains de se poser et de décoller de sept bases colombiennes. Mais, surtout, la fin de la phrase signifie que des civils et militaires américains vont bien opérer sur le territoire brésilien, même sans l'immunité diplomatique que Bogota a eu le tort d’accepter dans son accord avec Washington.
Attendons les détails de l’accord, qui pourrait très bien ne pas donner les clauses réelles de la convention en matière d’utilisation de bases brésiliennes, comme le ravitaillement des avions chargés de la lutte anti-drogue dans le sud de l’Amérique Latine. Ces militaires américains n’iront pas au Brésil pour y jouer aux cartes !
Derrière ce coup de théâtre se joue l’acte d’une autre pièce. Lula finit son second mandat à la fin de l’année et ne peut plus se représenter, mais il rêve de devenir le nouveau secrétaire général de l’ONU. Pas mal, s’il y parvient, pour l’ancien métallo trotskyste dépourvu de la moindre culture, à part celle du « grand soir », qu’il n’a jamais fait connaître aux favelas de Rio dont l’une vient hélas de s’écrouler sur plus de 200 personnes. Pour être élu à ce poste, il lui faut l’appui des USA, principal contributeur financier au « machin » qui au demeurant ne sert à rien, comme on l’a vu quand George W. Bush a envahi l’Irak.
Dans ce cadre, je ne serais pas surpris que Lula fasse un enfant dans le dos à Paris en n’achetant pas les 36 avions de chasse « Rafale », malgré sa presque promesse à Sarkozy lors de leur sommet l’an dernier à Brasilia, mais plutôt les F-18 Super Hornet de la compagnie américaine Boeing.
Un tel accord permettrait aux USA d’oublier l’appui de Lula au terroriste Castro, ainsi qu’à ses affidés Chavez, Correa, Morales, Ortega, mais aussi le refus du Brésil d’accentuer la pression contre les prétentions nucléaires de l’Iran. Business is business, le reste n’est que de la fioriture…
06 JANVIER 2010
L'armée de l'air brésilienne préfère les chasseurs suédois et américain au Rafale pour moderniser son aviation, en raison du prix de l'avion français, affirme le quotidien Folha de Sao Paulo, sur fond de tensions croissantes entre le président Luiz Inacio Lula da Silva et les militaires.
Le Rafale de Dassault est en lice avec le F/A-18 Super Hornet de Boeing et le Gripen NG de Saab pour fournir 36 avions de combat multi-rôles au géant sud-américain, un contrat d'une valeur de plusieurs milliards de dollars.
Folha de Sao Paulo, qui dit avoir eu accès aux conclusions d'un rapport de 30.000 pages de l'armée de l'air (FAB), affirme mardi que « le facteur financier a été décisif pour placer le Gripen NG, encore en phase de projet, en première position (…) Il est le moins cher des trois concurrents ».
Selon le journal, « Saab offre le Gripen pour la moitié du prix du Rafale, soit quelque 70 millions de dollars et l'heure de vol est quatre fois moins chère que celle du Rafale ».
Le rapport de l'armée de l'air brésilienne, plusieurs fois reporté, est technique et consultatif.
Néanmoins, selon Folha, il va provoquer un nouveau bras-de-fer entre Lula et le commandement de la force aérienne, qui n'a jamais accepté la décision politique du président.
A la veille de Noël, le projet de création d'une commission d'enquête sur les crimes de la dictature militaire (1964-1985) avait déjà déclenché une crise sans précédent entre Lula et les chefs militaires, qui avaient menacé de démissionner.
Pour faire pression, le ministre de la Défense, Nelson Jobim, et les chefs des trois armes avaient mis leurs postes en jeu et Lula a accepté de revoir les points les plus controversés du projet.
« Ce sont deux thèmes différents (l'appel d'offre des avions et la commission d'enquête) mais qui arrivent en même temps; l'un peut contaminer l'autre », souligne Eliane Cantanhêde, auteur de l'article du Folha de Sao Paulo.
La présidence française a refusé de commenter les informations venues du Brésil, se déclarant « sereine » sur l'issue de l'appel d'offres lancé par Brasilia et les chances du chasseur français, qui n'a encore jamais été vendu à l'étranger.
Dassault avait affirmé que si le Rafale était choisi par Brasilia, les six premiers appareils seraient construits en France et les 30 autres assemblés au Brésil.
Lula, qui a exprimé en septembre -pendant une visite du président français Nicolas Sarkozy- sa préférence pour le Rafale en raison des transferts de technologie promis sans restriction par Paris, a déclaré plusieurs fois que la décision finale serait politique et qu'il aurait le dernier mot.
Interrogé mardi par l'AFP, le ministère de la Défense s'est refusé à tout commentaire. Un porte-parole de l'Armée de l'air a déclaré à l'AFP « n'avoir rien diffusé sur la préférence de l'avion ou la remise du rapport au ministre (de la Défense Nelson) Jobim ».
« Les graines qui peuvent déclencher une crise future (entre militaires et gouvernement) ont été plantées. Ce sont des questions qui pouvaient se résoudre techniquement et sont devenues politiques », a déclaré à l'AFP le colonel en retraite et spécialiste en stratégie militaire, Geraldo Cavagnari.
Pour un autre expert, Nelson During, éditeur du site Defesanet « ce reportage semble servir à porter préjudice au processus d'appel d'offres et pourrait être du lobbying d'un concurrent ».