PRADERA ET FLORIDA

29 MARS 2009 

Pour la première fois dans leur histoire, les FARC proposent au pouvoir colombien un échange entre leurs otages politiques et les guérilleros détenus, sans l’octroi préalable d’un mini-Etat aux rebelles pour le concrétiser. 

Cette concession sans précédent est contenue dans une lettre de l’Etat-major des FARC publiée dimanche par l’agence ANNCOL (basée en Suède), bras politique de la guérilla. 

 

La balle est désormais dans le camp du gouvernement colombien. Son refus de négocier avec les FARC, réitéré samedi par le président Alvaro Uribe, se doit d’être révisé à la lumière de ce gigantesque pas en avant de la guérilla, pour mettre fin au calvaire des 22 soldats ou militaires séquestrés par les FARC, certains depuis onze ans.   

 

« Nous sommes disposés à procéder à un échange de prisonniers de guerre et à ne pas considérer que le lieu où se tiendra le dialogue ad hoc puisse être un obstacle incontournable, en privilégiant la liberté des prisonniers que les parties au conflit ont en leur pouvoir », a annoncé l’Etat-major rebelle.

 

Les FARC exigent des « garanties effectives » de sécurité pour trois de ses commandants désignés pour cette tâche: Pablo Catatumbo, Carlos Antonio Lozada et Fabian Ramirez, et la présence d’une médiation internationale. 

Un problème se pose d’ores et déjà : les FARC parlent de « 20 » otages politiques, alors qu’ils sont encore 22 en captivité. Deux manquent à l’appel.  

Depuis 2002, les FARC ont d'abord exigé la démilitarisation à leur profit d'un territoire grand comme l'Angleterre (115.000 km2) dans le sud de la Colombie, puis de la région de Pradera-Florida (900 km2) dans le sud-ouest, aux portes de Cali, 3e ville du pays, pour négocier un tel échange.

Frappées à mort en 2008 par la mort de trois de leurs chefs: Manuel Marulanda (fondateur du groupe terrorisre), Raul Reyes, n°2, et Ivan Rios, n°3, les FARC sont manifestement prêtes à aller à Canossa pour ne pas être liquidées militairement par le pouvoir. Sans leurs otages politiques, les guérilleros ne disposeront plus de la moindre parcelle de manoeuvre pour faire chanter le gouvcrnement. Il ne leur restera plus qu'à négocier une réintégration de ses membres dans la société civile, comme l' a fait en son temps le M-19, une autre guérilla colombienne.

26 décembre 2008 

800 otages colombiens pourrissent dans la jungle sous le joug des FARC, certains depuis ONZE ans, et six d’entre eux attendent leur libération  prochaine, annoncée par les terroristes pseudo-communistes. 

Cette époque sacrée, entre Noël et le Nouvel An, s’est convertie en 2008, pour les familles de ces victimes, en un martyre pire que jamais, dans l’oubli total de la communauté internationale. 

Ni le pape Benoît XVI, ni Ingrid Betancur, ni le président français Nicolas Sarkozy n’auront eu le moindre mot, le jour de Noël, pour appeler les FARC à libérer leurs victimes. 

La barbarie des terroristes colombiens continue sans vergogne, avec un zeste supplémentaire de cruauté : malgré l’appel des familles de militaires et soldats otages, les FARC n’ont toujours pas révélé les identités des trois officiers militaires et du gradé de la police qu’elles ont l’intention de libérer, en même temps que les anciens élus Alan Jara et Sigifredo Lopez. 

Mettons-nous un instant dans la peau de ces proches. Ils ont appris depuis une semaine que les rebelles vont relâcher quatre gradés, mais ils sont au total 26 officiers aux mains des FARC. Qui va sortir de l’enfer ? Qui restera ? 

Le sadisme de la guérilla se nourrit de ces horreurs. Pour le compléter, la sénatrice d’extrême gauche Piedad Cordoba, complice des FARC qui l’ont déléguée pour recevoir les six bienheureux, n’est pas en reste. Elle souhaite la présence d’une commission internationale pour cette libération, avec personne d’autre que les délégués des pays suivants : Venezuela, Equateur et Argentine. Ce sont tous des régimes ennemis de son propre pays ! 

Le président colombien Alvaro Uribe a déjà annoncé qu’il donnait tout pouvoir au CICR (Comité international de la Croix rouge) pour assurer ces libérations, et à personne d’autre. 

Tous les autres otages, auxquels nous nous devons de penser sans relâche, sont hélas appelés à moisir davantage sous la terreur des FARC. Les rebelles ont à nouveau annoncé hier leur exigence préalable d’un mini-Etat pour négocier un échange entre leurs victimes et les guérilleros emprisonnés en Colombie. 

Qu’attend notre président Nicolas Sarkozy, un an après sa supplique à « Monsieur Marulanda » en faveur d’Ingrid Betancur, pour lancer un appel à « Monsieur Alfonso Cano », nouveau chef des FARC, afin de le rencontrer et d’obtenir la libération des otages contre la reconnaissance politique d’une guérilla désormais sensible aux valeurs de l’Humanité ? 

fayardcouveet4e081020081.pdf

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Jacques Thomet

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