PAUL GIROT DE LANGLADE

28 août 2009 

Ce nouveau scandale illustre le climat délétère de la France d’aujourd’hui, favorisé par la politique d’un pouvoir tombé sous le joug du communautarisme avec la complicité des grands médias. 

Depuis un mois, le préfet Paul Girot de Langlade a été brutalement suspendu, sans même avoir été entendu avant le 24 août, pour donner sa version des faits, après avoir été accusé de propos racistes le 31 juillet à l’aéroport d’Orly par des agents de sécurité d’origine antillaise. Il venait de diriger les Etats généraux de l’Outremer à La Réunion. Ceux qui avaient suivi les informations à ce sujet ont dû être étonnés de mon silence. J’attendais tout simplement que le haut fonctionnaire s’exprime publiquement, ce qu’il vient de faire dans un entretien fracassant au quotidien La Parisien. Il s’estime victime d’une « affaire orchestrée par le ministre de l’Intérieur » , dément tout propos raciste, et exige d’être réhabilité. 

Ce préfet a été jeté à la vindicte populaire par le ministre de l’Intérieur, ce même Brice Hortefeux qui n’a pas eu le courage d’abandonner ses vacances pour aller remettre de l’ordre à Bagnolet à la même époque. Quelque 50 voitures, bus et camion y avaient été incendiés par des voyous de banlieue pour protester contre l’accident mortel d’un des leurs qui avait brûlé deux contrôles de police à bord d’une moto cross interdite à la circulation.  Je n’exclus pas que cette suspension brutale du préfet ait été décidée par le ministre pour jeter un écran de fumée sur les 48 heures de terreur à Bagnolet. Dès que la sanction est tombée contre le préfet, et sans même lui demander sa version à lui, mais avec les seuls éléments à charge transmis par le pouvoir, dans un total déni de la présomption d’innocence, toute la presse est tombée à bras raccourcis sur cet homme, en rappelant un incident similaire malgré le non lieu dont avait bénéficié Paul Girot de Langlade. 

Le papier du Parisien révèle des données ahurissantes : -        l’agente de sécurité à l’origine de la sanction contre le préfet n’avait pas porté plainte ! Ce n’est que le 4 août qu’elle l’a fait, lorsqu’elle a été convoquée par le commissariat, et donc conseillée de porter plainte. 

-        les deux autres collègues de cette agente n’ont porté plainte que les 11 et 12 août, à l’évidence à la demande des autorités. Quel citoyen va-t-il attendre 5, 12 ou 13 jours pour porter plainte s’il est victime d’un acte de racisme ? On va suivre avec la plus grande attention le procès à venir sur cette affaire, devenue un scandaleux lynchage politique et médiatique. Le célèbre avocat Gilbert Collard l’a bien compris, puisqu’il va défendre le préfet. 

Dans ce régime monarchique sans contre-pouvoir, les voyous qui brûlent les voitures, tirent sur la police, caillassent les patrouilles, ou trafiquent la drogue sont qualifiés par le pouvoir et les médias, quand ils sont appréhendés, de « jeunes », sans jamais que soit révélée leur identité. Ce ne sont plus deux poids et deux mesures qui s’appliquent en France selon que vous êtes un travailleur ou un délinquant, mais deux mondes au bord de l’explosion tant le ras le bol touche à son paroxysme. 

Voici le papier du Parisien : 
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Lundi à Paris, le préfet hors cadre Paul Girot de Langlade, 63 ans, a été entendu par la brigade de la répression de la délinquance contre la personne. Ce haut fonctionnaire est accusé par des agents de sécurité de l’aéroport d’Orly d’avoir tenu des propos racistes le 31 juillet dernier.
Les plaintes déposées début août évoquent deux phrases que le préfet aurait prononcées : « On est où là, on se croirait en Afrique », puis « De toute façon, il n’y a que des Noirs ici ». 
Le parquet d’Evry (Essonne) a ouvert une enquête pour « injure publique à caractère racial » et le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a suspendu le préfet.
« Si j’avais le sentiment que M. Girot avait tenu un quelconque propos raciste, je n’aurais pas accepté de le défendre, confie M e Gilbert Collard. L’injure raciste, comme toute infraction, n’existe que lorsqu’elle est démontrée. Il ne suffit pas d’affirmer pour la créer. » Amer, mais combatif, son client s’explique pour la première fois longuement sur cette affaire. 

Que pensez-vous des accusations lancées contre vous ?
Paul Girot de Langlade.
Je suis victime d’une cabale et je tiens à la dénoncer. Je ne suis pas raciste, je l’affirme haut et fort. J’ai servi à Wallis-et-Futuna, en Guadeloupe de 2004 à 2006 et à la Réunion, où je viens de mener à terme ma mission consacrée aux états généraux de l’outre-mer. Je l’ai remplie avec fougue et passion, le Premier ministre nous a même félicités en juillet. Tout au long de mes fonctions à ces trois postes, je n’ai jamais eu de problème de racisme, on ne m’a jamais rien reproché. Vous parlez d’une cabale contre vous. Pouvez-vous être plus précis ?
Bien sûr. Cette « affaire », qui n’était à l’origine qu’un banal incident, a été orchestrée par l’actuel ministre de l’Intérieur, probablement pour faire oublier son passage au ministère de l’Intégration où il a mené une politique plus sévère que dans le passé, et pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste. 

Comment pouvez-vous avancer cela ?
Je l’affirme parce qu’il existe des preuves. Tout d’abord, l’agente de sécurité plaignante a été convoquée au commissariat le 4 août, elle ne s’y est pas rendue spontanément. Les plaintes suivantes, déposées les 11 et 12 août par deux autres agents, ont été téléguidées. Je m’étonne aussi de la rapidité avec laquelle les témoins ont été entendus. Il y a également l’attitude du ministère de l’Intérieur vis-à-vis de moi. Dès le 4 août, il s’y est tenu une réunion, puis une autre le 7 où il a été décidé de me suspendre de ma mission que j’avais par ailleurs terminée. Personne ne m’a informé. J’ai tout découvert le 13 août au matin en regardant la télé, assistant ensuite à ce déchaînement médiatique brossant de moi le tableau d’un raciste notoire. J’ai appelé l’Intérieur. Un secrétaire général adjoint m’a confirmé l’arrêté de suspension, mais ne savait rien de la plainte. C’est un peu gros. 
Revenons à l’origine de l’affaire. Que s’est-il passé le 31 juillet à Orly ?
J’étais en transit entre deux avions. Celui en provenance de la Réunion a atterri à 6 h 35 et je devais prendre celui de 7 h 10 pour Clermont-Ferrand. Il n’y avait pas de temps à perdre. Une hôtesse d’Air France m’accompagnait pour ce transit. Au contrôle de sécurité, les agents ont été agressifs d’entrée de jeu. J’ai vidé le contenu de mes poches, mais j’ai omis d’enlever mon appareil photo porté à la ceinture. Dès que le portique a sonné, j’ai signalé cet oubli et j’ai tendu l’appareil. Les agents ne savaient plus quoi faire, c’était n’importe quoi, j’ai été bousculé. Moi, je voyais le temps défiler. L’hôtesse a fait appeler le chef de la sécurité qui m’a fouillé. 

Une employée affirme que vous avez jeté des objets vers elle et que vous avez tenu des propos racistes…
Je le conteste avec force. Je n’ai rien jeté vers qui que ce soit et je n’ai rien dit sur la couleur de peau des agents. J’ai simplement déclaré : « Avec une gestion pareille, on se croirait en Afrique ! » comme j’aurais dit : « On se croirait en Asie ou en Amérique », si ce contrôle avait été effectué correctement et avec rigueur. Or, ils ont fait n’importe quoi ! Outrée par l’attitude des agents, l’hôtesse m’a présenté ses excuses et a dit qu’elle ferait un rapport pour demander un blâme. La scène a été filmée par les caméras. Ce film conforte ma version. 
En 2007, vous aviez été relevé de vos fonctions après des propos faisant un lien entre gens du voyage et délinquance. Cela n’explique-t-il pas la dimension prise par cette affaire ?
Tout le monde a ressorti cette affaire alors que j’ai été relaxé en appel en juin 2008. C’est exaspérant. La justice m’a donné raison et j’avais du reste demandé un nouveau poste de préfet. 
Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
J’ai été blessé par ce lynchage médiatique. Ma mère, mon épouse, mes enfants aussi. Cette « affaire » ne repose sur rien d’autre qu’un banal incident. Me traiter de raciste est une insulte pour moi et ma famille. Je veux être réhabilité et je vais me battre pour ça. 

 

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