MELANIE DELLOYE
6 avril 2009
Voici un papier de l'AFP depuis Bogota:
L'ex-otage de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Clara Rojas, critique l'attitude de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt lors de leur captivité et la « jalousie » de sa famille, dans un entretien au quotidien El Tiempo de Bogota publié lundi.
Mme Rojas, une avocate colombienne de 45 ans, accuse la famille Betancourt d'avoir retenu des preuves de vie qui la concernaient « par jalousie excessive », afin qu'Ingrid conserve le « rôle principal ».
« Dans cet isolement, cela a été plus dur de découvrir que je ne pouvais pas compter sur eux. Ils me maintenaient dans l'oubli. Ils ne faisaient jamais allusion à moi dans leurs déclarations publiques », indique Mme Rojas, qui fut l'adjointe de l'ex-candidate à la présidence colombienne.
Enlevée avec Ingrid Betancourt lors de la campagne électorale en février 2002, l'ancien otage exprime cette amertume dans son livre à paraître cette semaine, « Captive », qui retrace ses six années de détention dans la jungle.
Elle y décrit aussi Mme Betancourt comme une femme mesquine : celle-ci l'aurait exclue des cours de français qu'elle administrait à un groupe d'otages, lui confisquant même un dictionnaire que lui avaient remis les guérilleros. Ingrid « m'a jeté de sa classe de français », raconte-t-elle.
Un autre épisode raconte comment l'otage franco-colombienne aurait protesté en voyant Mme Rojas, pourtant enceinte, ne pas respecter la file d'attente pour la distribution d'eau chaude. « J'étais enceinte et j'ai couru remplir mon thermos. Je ne voyais pas le problème de passer en premier. Le cri d'Ingrid m'a fait tomber l'eau et je me suis brûlée », explique Clara Rojas.
Cette dernière a retrouvé peu après sa libération en janvier 2008 son fils Emmanuel, né en captivité trois ans auparavant, dont elle avait été séparée huit mois après sa naissance. Conçu avec un guérillero, le bébé était confié depuis 2005 à l'Assistance publique.
16 janvier 2009
Votre silence devient assourdissant devant les nouveaux chantages des terroristes colombiens que vous connaissez trop bien : les FARC.
Ces auteurs de crimes contre l’Humanité ont annoncé depuis un mois la prochaine libération de six otages dits politiques – Alan Jara, ex-gouverneur de Colombie, Sigifredo Lopez, ancien député, et quatre gradés de la force publique dont les noms n’ont toujours pas été révélés.
Plus le temps passe, destructeur pour les familles des séquestrés, plus les FARC font monter les enchères avant de relâcher leurs victimes. Ces guérilleros exigent désormais la présence de délégués amis, comme le président vénézuélien Hugo Chavez, ami des FARC, pour concrétiser la remise des otages à l’amie des rebelles, la sénatrice colombienne d’extrême gauche Piedad Cordoba.
Monsieur le président Nicolas Sarkozy, vous aviez donné du « Monsieur », il y a un an, à Manuel Marulanda, le chef des FARC décédé en mars 2008. Vous avez été étranger à la libération d’Ingrid Betancur, mais après sa libération par l’armée colombienne le 2 juillet, vous vous étiez engagé à lutter pour tous les autres otages. Madame Carla Bruni, épouse de M. Sarkozy, vous aviez manifesté en 2008 pour demander la libération d’Ingrid et des otages.
Madame Ingrid Betancur, épouse du Colombien Juan Carlos Lecomte, divorcée du Français Fabrice Delloye, vous avez annoncé vous aussi votre volonté d’obtenir la libération de tous vos compagnons de captivité après votre arrivée en France le 3 juillet.
Madame Astrid, épouse du Français Jean-Pierre Couzi, Mélanie et Lorenzo, enfants d’Ingrid et de son premier mari Fabrice Delloye, Monsieur l’ambassadeur Fabrice Delloye, et Yolanda Pulecio, mère d’Ingrid, vous n’avez cessé d’appeler la guérilla à libérer ses otages.
Mesdames, Messieurs, je ne comprends pas votre silence face au nouveau chantage des FARC, une organisation aussi terroriste que le Hamas, selon l’Union européenne.
Les Colombiens et ceux qui apprécient le peuple de ce pays attendent vos réactions à ce nouvel affront aux règles de l’Humanité. Avoir recueilli en France en décembre dernier le terroriste Isaza, Wilson Bueno, pour avoir libéré l’un de ses otages, exige de notre pays une nouvelle initiative pour mettre fin au calvaire de ses six otages.
Mon enquête sort le 3 novembre 2008 en librairie. Réservez-le livre, publié chez Fayard !
Jacques Thomet
fayardcouveet4e081020081.pdf