LUCAS GALDRON

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Jacques Thomet

03 septembre 2008

Un papier inétessant du Temps de Genève: 

Réseaux des Farc: la CPI s'intéresse à la Suisse

Par Juan Gasparini et Carole Vann

InfoSud
Le Temps, Genève, Switzerland
http://www.letemps.ch

3 septembre 2008


Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, interroge Berne sur les réseaux d'appui de la rébellion colombienne. Deux personnes sont visées. La Cour pénale internationale (CPI) enquête sur les réseaux d'appui des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en dehors du pays. Et la Suisse est dans le collimateur. Luis Moreno Ocampo, procureur de la CPI, vient d'adresser une lettre aux autorités suisses. Il y demande si Berne a ouvert une enquête nationale sur les réseaux FARC actifs en Suisse.   «La CPI fait des analyses préliminaires concernant des crimes contre l'humanité et génocides en Géorgie, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Kenya et en Colombie. Il s'agit de savoir si les Etats concernés mènent des enquêtes au niveau national. Et si ces enquêtes ne servent pas d'alibi pour protéger les auteurs des crimes», nous explique Luis Moreno Ocampo.

Chef établi à Lausanne

De passage à Genève, le procureur poursuit: «Nous pouvons aussi entreprendre des investigations complémentaires. C'est le cas pour les FARC. Bogota enquête en Colombie. Mais ce groupe armé a aussi des réseaux à l'étranger. L'Espagne nous a déjà informés qu'une femme y a été arrêtée à la demande de la Colombie. Elle est accusée, entre autres, de verser des fonds à une autre personne en Suisse: Omar Arturo Zabala Padilla, dit «Lucas Gualdron», chef des FARC en Europe, établi à Lausanne. Il pourrait s'agir ici de blanchiment d'argent en faveur d'une organisation criminelle.» Arrivé en Suisse en qualité de réfugié dans les années 1990, «Lucas Gualdron» est accusé par Bogota de s'être livré au trafic d'armes et de financer le terrorisme. En 1998, il était dénoncé pour avoir obtenu une accréditation de courtoisie au Palais des Nations à Genève comme membre de l'ONG Tupac Amaru, consacrée aux droits des peuples autochtones.

Une autre personne est visée. Il s'agit du facilitateur Jean-Pierre Gontard. Luis Moreno Ocampo précise: «Bogota nous a aussi informés que le Ministère public colombien enquêtait sur l'ancien facilitateur suisse dans le conflit interne en Colombie. Le gouvernement du président Alvaro Uribe l'accuse d'avoir outrepassé son mandat auprès des FARC.» Et le procureur d'ajouter: «Si la Suisse n'a pas mené d'enquête, nous allons demander que ces personnes soient interrogées et que les interrogatoires nous soient communiqués. Suite à ces réponses, nous déciderons s'il y a lieu d'ouvrir une enquête officielle et de lancer des mandats d'arrêt, comme nous l'avons fait le mois dernier avec Omar al-Béchir, président du Soudan.» De fait, Jean-Pierre Gontard a été auditionné lundi par la Commission des affaires étrangères du Conseil national pour s'expliquer sur ses relations avec les FARC. Le médiateur suisse avait déjà comparu la semaine précédente devant une commission similaire du Conseil des Etats (Chambre haute).

Démenti de Jean-Pierre Gontard

Bogota accuse le Suisse d'avoir apporté en Colombie de grosses sommes d'argent qui ont servi à la libération de deux employés de Novartis et d'avoir transféré l'argent des FARC à leur représentant européen résidant à Lausanne. Mais Jean-Pierre Gontard dément catégoriquement: «Non seulement je n'ai pas versé cet argent, mais j'étais en Suisse lors de ces tractations, assure le facilitateur. Les autorités suisses ont été mises au courant de chaque détail de cette affaire. Elles savent qui a versé l'argent pour Novartis.»  De son côté, le parlementaire suisse Dick Marty soutient que Jean-Pierre Gontard a effectué son travail correctement. Il l'a affirmé récemment à la Neue Luzerner Zeitung.

Mondialement connu pour ses enquêtes sur les prisons secrètes de la CIA, Dick Marty a justement présidé la commission du Conseil des Etats qui a auditionné Jean-Pierre Gontard. «Les médiateurs ne sont pas obligatoirement des diplomates. Ils ont de tout autres compétences et autres contacts pour travailler avec succès», affirme le parlementaire dans le même journal. Avant d'asséner: «Les Colombiens veulent cacher que la libération d'Ingrid Betancourt ne s'est pas déroulée aussi proprement qu'ils l'affirment.» Durant cette interview, Dick Marty se prononce aussi sur les accusations liées à la libération des otages de Novartis. «Le professeur Gontard nous a exposé de façon convaincante qu'il n'avait rien à voir avec la remise de la rançon. Du reste, il n'a jamais rencontré de rebelles des FARC en Colombie sans en avoir au préalable informé le gouvernement colombien. L'ambassadeur compétent nous a également confirmé que le professeur Gontard avait toujours agi avec l'accord du Ministère suisse des affaires étrangères.»

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