Juppé
17 mars 2011
Ainsi donc, Sarkozy a profité le 10 mars de l’absence de son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, alors à Bruxelles avant le sommet européen, pour commettre dans l’affaire Libyenne une monstruosité diplomatique et politique qui ridiculise la France et l’ex-Premier ministre.
Après 8 jours dans les Caraïbes, je découvre ce faux-pas inqualifiable du président français, occulté par la masse de nouvelles sur le drame japonais. Retour de Libye, le ludion des médias BHL (Bernard-Henri Lévy), philosophe de poche, a ramené dans ses valises une délégation libyenne du Conseil national de transition (CNT-opposition), et téléphoné à Sarkozy qui les a aussitôt reçus.
Sans consulter son ministre Juppé, ni l’UE alors que le conseil européen avait lieu le lendemain, le président se rend alors sur le perron de l’Elysée avec BHL et annonce tout de go:
- la reconnaissance du CNT comme SEUL interlocuteur officiel de la Libye.
- sa proposition de frappes militaires contre la Libye par des forces européennes, après accord de l’ONU, ou par la France seule, éventuellement, en cas de refus des autres pays.
Au Conseil européen du lendemain, Sarkozy a été renvoyé dans les cordes par les autres partenaires, sidérés par son mépris pour la coordination.
Alain Juppé aurait menacé de démissionner, avant de lui dire que « c’était la dernière fois » qu’il lui faisait un enfant dans le dos.
La gauche, en pleine décrépitude, n’a même pas eu le réflexe d’exiger un débat immédiat au Parlement sur cette initiative qui fait honte à notre pays aux yeux de l’étranger.
Quant au Quai d’Orsay, on imagine la réaction de ses diplomates, doublés par le trublion BHL au détriment de leurs fonctions. Qu’ils s’expriment ici, notre site les attend.