jose ignacio chauvin
21 février 2009
Les nuages s’amoncellent contre le populiste Rafael Correa, malgré son aisance à rejeter les évidences de plus en plus précises sur ses liens avec les FARC avant et après son élection en 2007. Le « Chauvingate » menace de lui exploser en pleine figure à deux mois des élections générales du 26 avril (présidence de la République, députés et maires) prévues par la nouvelle Constitution.
Le président équatorien a accusé ce matin ses adversaires politiques d'avoir un plan pour l'accuser d'implication dans le trafic de drogue et favoriser un coup d'Etat avant les élections. « Ils créent de toutes pièces une histoire de trafic de drogue et trouvent un homme de paille (précision de ma part : son ex-ministre-adjoint José Ignacio Chauvin) qui affirme (m')avoir donné 500.000 dollars de l'argent de la drogue, et si la population le croit, le gouvernement perd de sa popularité et ils font un coup d'Etat », a déclaré M. Correa lors de son intervention radio-télévisée hebdomadaire.
Le président équatorien a lancé un appel à la vigilance aux pays de la région. « La démocratie est en danger en Equateur. Il y a des gens qui ne veulent pas que nous nous présentions aux élections du 26 avril, et l'Amérique latine se doit d'être très attentive », a-t-il déclaré.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2007, M. Correa a déjà évoqué à plusieurs reprises des tentatives de conspiration lors de campagnes électorales, sans que la justice n'ait jamais confirmé la réalité de tels faits.
Selon le président équatorien, il s'agirait cette fois d'une partie de ce qu'il a appelé la « presse corrompue », alliée à des groupes de pouvoir économique et à des partis politiques qui chercheraient à le discréditer par le biais d'une enquête sur un ancien secrétaire ministériel pour des liens supposés avec les trafiquants de drogue.
Deux diplomates américains viennent d’être expulsés d’Equateur par Correa. L’un d’eux était un « chef de la CIA », a affirmé le président équatorien, niant que ce départ soit une manoeuvre de diversion au moment où l’enquête pour trafic de drogue vise Chauvin.
« Nous avons expulsé du pays Marc Sullivan, (fonctionnaire) de l'ambassade américaine, qui était, soyons clairs, le directeur de la CIA en Equateur« , a déclaré M. Correa.
Le diplomate « a commis un acte très grave » en s'emparant d'ordinateurs contenant des informations sur la sécurité intérieure et qui avaient été donnés par les Etats-Unis à une unité de la police, a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie équatorienne, Fander Falconi, avait annoncé mercredi l'expulsion de M. Sullivan, premier secrétaire chargé des Affaires régionales à l'ambassade des Etats-Unis, lui donnant 48 heures pour quitter le pays en raison d'une ingérence dans les affaires intérieures du pays.
Le 7 février déjà, le président Correa avait ordonné l'expulsion d'Armando Astorga, chargé d'affaires américain pour les questions migratoires, de sécurité et de douane, qui était accusé d'avoir conditionné une aide économique au choix du commandant d'une unité de la police.
Rafael Correa a nié que le transfert de chefs de la police équatorienne et l'expulsion de diplomates américains soient une manoeuvre de diversion pour faire oublier une enquête pour trafic de drogue visant un réseau soupçonné d'exporter de la cocaïne en lien avec la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
La connexion du pouvoir avec le narco-terrorisme a été confirmée par un gros bonnet de l’Equateur : l’ex-sous secrétaire d’Etat José Ignacio Chauvin auprès de Gustavo Larrea, ministre de la Sécurité limogé récemment après cette dénonciation.
Ce blog vous avait révélé, via les dossiers secrets de Raul Reyes, que les FARC avaient versé de l’argent à la campagne électorale de Rafael Correa. Tous les documents de l’ancien N°2 de la guérilla se sont avérés exacts jusqu’ici.
Chauvin s’est rendu aux autorités de Quito pour répondre de ses liens présumés avec un cartel de la drogue en cheville avec Mexico, celui des frères Miguel, Jefferson et Edilson Ostaiza.
Cet ex-sous-ministre a avoué avoir « rencontré Raul Reyes à sept reprises pour tenter de réaliser un accord humanitaire » en Colombie. Je vous rappelle que cette expression dénaturée concerne la libération d’otages des FARC, enchaînés parfois depuis 11 ans, en échange de celle de guérilleros détenus pour crime en Colombie. Il serait plus approprié de parler « d’échange des FARC inhumaines ».
Se proclamant « révolutionnaire », Chauvin confirme la rencontre à une date non précisée entre Raul Reyes et son chef Gustavo Larrea, dont j’avais révélé l’existence également sur ce blog, pour preuve des connexions entre le régime populiste d’Equateur et les terroristes colombiens.
Les poursuites contre Chauvin pour ses relations avec le cartel des Ostaiza ont coûté son poste de ministre de la Sécurité à Gustavo Larrea, coupable de ne pas avoir détecté ces liens alors qu’il dirigeait la police et les services secrets. Ce cartel, qui exportait la cocaïne par le biais de sous-marins depuis la côte pacifique de la Colombie, était complice du Front 48 des FARC, dirigé par Edgar Tovar.
La carrière de Larrea est finie. Il a servi de bouc-émissaire au pouvoir, au point de ne pouvoir se présenter le 26 avril aux élections. L’ex-commandant des opérations spéciales de la police équatorienne, Manuel Silva, vient même de l’accuser d’avoir aidé à la fuite d’Equateur vers le Nicaragua de la guérillera des FARC Nubia Calderon, blessée dans l’assaut contre le camp de Raul Reyes le 1er mars 2008.
Comme une poupée gigogne, le scandale du Chauvingate emboîte un autre scandale de taille, celui de l’Association latino-américaine des droits de l’homme, dirigée en Equateur par le Chilien Juan de Dios Parra. Cette ONG, complice avérée des FARC, mais nous y reviendrons. Patience, je vais dormir. En Equateur, certains doivent avoir du mal de tomber dans les bras de Morphée… ( !!!)
5 février 2009
Depuis près d’un an, ce blog a dénoncé la complicité du régime populiste en Equateur avec les FARC, à partir des documents saisis dans les ordinateurs de Raul Reyes. Le président Rafael Correa n’a cessé de nier, au point d’avoir maintenu la rupture des relations diplomatiques avec la Colombie, dont l’armée avait pénétré en Equateur pour éliminer le n°2 des FARC le 1er mars 2008.
La connexion est désormais confirmée par un gros bonnet de l’Equateur : l’ex-sous secrétaire d’Etat José Ignacio Chauvin auprès de Gustavo Larrea, ministre de la Sécurité jusqu'à son limogeage la semaine dernière.
Chauvin vient de se rendre aux autorités de Quito pour répondre de ses liens présumés avec un cartel de la drogue en cheville avec Mexico, celui des frères Jefferson et Edilson Ostaiza.
Cet ex-ministre a avoué avoir « rencontré Raul Reyes à sept reprises pour tenter de réaliser un accord humanitaire » en Colombie. Je vous rappelle que cette expression dénaturée concerne la libération d’otages des FARC, enchaînés parfois depuis 11 ans, en échange de celle de guérilleros détenus pour crime en Colombie. Il serait plus approprié de parler « d’échange des FARC inhumaines ».
Selon Chauvin, la mort de Reyes « a tué une grande partie de l’accord humanitaire », alors que lui et le n°2 des FARC avaient « abouti à un accord sur un processus de libérations en masse avec l’intermédiaire des gouvernements d’Amérique Latine », y compris avec la présence de Nelson Mandela pour la libération d’Ingrid Betancur. Je me permets de sourire à une telle lecture, puisque les dossiers de Raul Reyes révèlent que les FARC n avaient pas l intention de liberer Ingrid
Se proclamant « révolutionnaire », Chauvin confirme la rencontre à une date non précisée entre Raul Reyes et son chef Gustavo Larrea, dont j’avais révélé l’existence sur ce blog, pour preuve des connexions entre le régime populiste d’Equateur et les terroristes colombiens.
Les poursuites contre Chauvin pour ses relations avec le cartel des Ostaiza ont coûté son poste de ministre de la Sécurité à Gustavo Larrea, coupable de ne pas avoir détecté ces liens alors qu’il dirigeait la police et les services secrets. Ce cartel, qui exportait la cocaïne par le biais de sous-marins depuis la côte pacifique de la Colombie, était complice du Front 48 des FARC, dirigé par Edgar Tovar.