JESUS SANTRICH
27 février 2009
Attention, vous êtes les seuls à disposer de ces « breaking news », comme disent les Américains. Pour votre info, je suis intervenu en direct sur la télévision LCI à 12H40 ce vendredi.
Les violentes critiques portées contre Ingrid dans leur livre « Out of Captivity » (cf. mon blog) par les trois ex-otages américains, séquestrés avec elle par les FARC avant d’être libérés ensemble par un commando colombien d'agents secrets le 2 juillet 2008, se doublent de sa terrible mise en cause par l’un des chefs de la guérilla, Jésus Santrich.
Ce commandant des FARC, membre de l’Etat-major central, vient de publier un article incendiaire sur le site de l’agence ANNCOL, bras politique de la guérilla terroriste. Cette agence est basée en Suède, pays de l’Union européenne qui a pourtant mis les FARC sur la liste des organisations terroristes depuis 2002… Ce document est titré en français : « Ingrid Betancourt : la reine de la simulation » !
En résumé, selon ce commandant des FARC, Ingrid est la personne « la plus dénuée de solidarité que la jungle ait jamais vue », « elle n’a jamais été maltraitée », et « c’est un symbole des oligarques, car s’il faut admettre une chose une bonne fois pour toutes, c’est que ce thème de sa condition aristocratique n’a pas été effacé par les vicissitudes de la jungle. 'Chacun à sa place' semblait être sa conception. Ceux de sa ‘catégorie’ voyagent en première classe, et les autres en seconde, ou même ne voyagent pas. La preuve en est (…) quand elle a reçu en 2007 comme un châtiment dégradant l’obligation de se mélanger à un groupe de policiers et de soldats, c'est-à-dire avec ‘la plèbe’ ».
5 février 2009
Comme tous ses pairs du terrorisme colombien, le « commandant » des FARC Jésus Santrich devra répondre un jour de ses crimes contre l’Humanité devant la Cour pénale internationale.
Je viens de trouver sur ANNCOL, le bras médiatique des FARC en Europe (son siège se trouve à Stockholm), le texte intolérable de ce chef rebelle qui s’abrite derrière la frontière vénézuélienne, sous la protection de Hugo Chavez. On l’a vu aux côtés de Piedad Cordoba à Caracas en 2007, sur une photo de mon blog. Enchaîner durant 11 ans l’officier Luis Mendieta (colonel récemment élevé au titre de général) à un arbre n’était pas suffisant pour ce satrape, il lui fallait ajouter la moquerie et la calomnie à la souffrance de sa femme et de ses deux enfants quand ils liront cette prose putride. Il aura fallu 11 ans à ce criminel pour accuser le général sans aucune preuve ni témoignage à charge, d’avoir été selon lui un assassin, dont la camionnette était baptisée, toujours selon lui, « la dernière larme », celle de ses prisonniers qu’il faisait pleurer, encore selon lui, avant de les exécuter. Le général ne peut même pas se défendre.
J’aimerais que Reporters sans frontières et la Fédération des droits de l’homme, sans parler de l'UE et du gouvernement suédois, fassent connaître leur répulsion devant l’atroce conduite de l’agence européenne ANNCOL, pour cette publication indigne.
Comment ne pas être écoeuré de savoir que ce jeudi j'ai peut-être croisé dans une rue de Paris Wilson Bueno, alias »Isaza », ce guérillero des FARC hébergé, payé et nourri par la France depuis trois mois pour avoir eu la bonne idée de libérer l'un de ses otages…
Voici la traduction en français par Colibri puis l'original en espagnol:
TRADUCTION LIBRE PAR LE COLIBRI BONDISSANT
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La « dernière larme » du Colonel Mendieta
Par Jesús Santrich/Membre de l’Etat-major Central des FARC-Armée du peuple
Agence bolivarienne de presse, le 5 février 2009
Lorsqu’ils revinrent en Colombie, plusieurs des politiques retenus qui avaient été libérés unilatéralement par les FARC-Armée du peuple en janvier 2008, Gloria Polanco, une des femmes qui avaient été captives, a apporté avec elle, depuis la jungle, plusieurs courriers envoyés par les prisonniers à leur famille.
Malgré les difficultés qu’engendre la confrontation, ce n’était pas la première fois que les FARC permettaient ce type de correspondance, car, bien que nous n’ayons jamais eu la possibilité de souscrire à quelque type de document que ce soit qui réglementerait la guerre, parmi nos normes et principes, le respect de l’intégrité physique et de la dignité de ceux qui sont privés de leur liberté par suite de la confrontation, constitue un engagement à la réalisation duquel nous consacrons tous nos efforts.
A l’évidence, nulle personne placée dans une condition de prisonnier ne pourra être traitée ni pourra se sentir comme si elle était en vacances, et, bien que les circonstances de la jungle puissent paraître plus ou moins dures, selon le point de vue de chacun, jamais elles ne seront plus hostiles que celles des prisons et des vexations qu’imposent le régime et l’empire aux guérilleros, tant en Colombie que dans les centres pénitentiaires de l’empire.
Tant et si bien que quiconque connaît suffisamment les FARC, si l’on ne suspend pas au coup de notre prestige la dague de la calomnie, ni la propagande hostile recommandée par les manuels de guerre psychologique du régime, ne pourra qu’avoir été surpris lorsque fut publié le texte du message envoyé aux siens par le Colonel Luís Mendieta Ovalle.
« C’est comme si nous ne valions rien, comme si nous n’existions pas », dit-il dans sa lettre à sa famille. Son épouse, au travers des médias chargés d’amplifier l’impact de cette missive, a indiqué, entre autres choses que “35 millions de Colombiens et personne n’a rien fait pour eux”, en précisant que “Ce sont les FARC qui doivent se débarrasser de ce stigmate de terroristes”.
Assurément, lorsque Madame María Teresa de Mendieta recourait au mot oiseux de “terroristes”, elle ne pouvait avoir à l’esprit, accablée par la souffrance naturelle que cause à l’épouse l’absence de son mari, d’autre signification que celle forgée par les propagandistes de la “Sécurité démocratique” pour étiqueter du stigmate erroné de la criminalité et de la perversion, ceux qui se sont rebellés légitimement contre les injustices séculaires imposées par l’oligarchie au pouvoir à la majorité appauvrie de Colombie.
Elle n’est pas coupable de la guerre déclenchée par le régime injuste qui règne sur notre pays ; elle n’est pas coupable non plus que Mendieta ait choisi la carrière qui l’a placé dans sa situation actuelle de prisonnier, laquelle n’est qu’une des conséquences douloureuses de la confrontation qu’entre autres choses, celui qui est aujourd’hui Général de Brigade, a bel et bien déclinée en inspirant l’épouvante aux déshérités.
Luis Mendieta – voilà bien un responsable de nombre des tragédies de ce conflit – se trouve en notre pouvoir depuis 1998, époque à laquelle, avec le grade de Colonel, il fut capturé au combat. Et il est vraiment lamentable que sa capture ne se soit pas produite bien avant. Qui sait combien de vies auraient pu être sauvées ?
Et je dis cela parce que je crois que ledit prisonnier de guerre, au lieu des exagérations sur ses “tourments de santé“, narrées pour susciter la commisération de qui lirait sa lettre conçue avec méticulosité pour être publiée, devrait profiter du temps libre dont il dispose ordinairement en abondance, pour faire une introspection qui lui permette d’évoquer le détail de tous les crimes commis durant son temps de service. Un examen de la sorte, plongeant dans les secrets de sa corrosive intériorité, pourrait à tout le moins lui apporter la tranquillité spirituelle.
Il devrait également, le Colonel, ou le Brigadier, ou ce que vous voudrez…, par respect pour la vérité, conter au monde sans inventions, s’il le désire, comment, après un combat, les FARC mènent leurs prisonniers. Il le sait, il en a l’expérience, qu’il peut au surplus mettre en regard de la manière avec laquelle il traitait ses victimes sans défense à l’époque où il disposait de ce 4 x 4 auquel ses subalternes avaient donné le nom de La Dernière Larme, appellation qu’ils étendaient à la personne-même du Colonel sanguinaire.
De toute façon, il faudra à un moment donné échanger le Colonel… Je dis échanger, car je ne crois pas qu’il mérite aucune considération particulière, autre que celle qui lui correspond en sa qualité d’être humain. Et c’est que nous parlons d’un véritable sbire du régime qui, s’il est vivant, le doit à l’extrême magnanimité de ceux qui l’ont capturé, et au respect rigoureux que l’on porte dans nos rangs à qui possède la qualité de militaire s’étant rendu au combat.
Je ne sais si, lorsque le Colonel écrit, il le fait en se souvenant de ces victimes, car ses mots ne décrivent en rien sa propre situation : “au début de ma maladie, je marchais avec un bâton qui me servait parfois de canne (…) ensuite, je devais marcher avec l’aide de deux petites fourches qui servaient parfois de béquilles. Quels voyages si pénibles (…) Je devais pour aller faire mes nécessités ramper dans la boue, avec la seule aide de mes bras, parce que je ne pouvais pas me lever”, dit-il, dans certains passages de sa lettre, sans prendre en compte, assurément, qu’avec ses propos il accuse en réalité ses propres compagnons de détention de n’être ni solidaires ni humains. C’est que, sans doute, il ne se trouvait personne qui pût l’aider ? Mauvais calcul que celui du Colonel, si ce qu’il cherche est à montrer une guérilla qui ne lui témoigne aucune pitié. J’y insiste. Ses compagnons n’étaient-ils pas là ?
Dans la même lettre où il relate les circonstances cruelles dans lesquelles le maintiennent ses gardiens, il explique que plusieurs séquestrés, parmi lesquels Ingrid Betancourt, ont dû être transportés en hamac au cours de longues marches dans la jungle. Quelle “inhumanité“ que celle de ces guésrilleros qui les ont maltraités en les portant, dans des hamacs, sur leurs propres épaules ! N’est-il pas ?
Trêves de balivernes, Messieurs, Dames. Que de pleurnicheries et de comédie, parfois, de la part de ceux là même qui reçoivent le meilleur traitement possible dans les conditions de la captivité. Les FARC-Armée du peuple n’ont pas démontré ni ne démontreront, dans le déroulement de la résistance et de la lutte d’émancipation, l’historique de cruauté que, sur le thème du traitement des prisonniers, leurs ennemis prétendent établir. Ce qui existe en revanche, ce sont les preuves de la façon dont on manipule de fausses informations pour altérer sur ce terrain le prestige de l’insurrection. Un cas d’espèce, par exemple, est celui de Mme Ingrid Betancur, cette histrion sur le point de mourir de l’hépatite C et d’inanition dans la “jungle hostile” dans laquelle la maintenait la guérilla. A l’heure de sa liberté, le monde entier a pu observer qu’elle était en meilleure santé que n’importe quel membre de notre peuple affamé et souffrant.
Mais bon, Mendieta, dans ses propres termes, indique “ce n’est pas la douleur physique qui me freine, ni les chaînes à mon cou ce qui me tourmente, mais l’agonie mentale, la méchanceté du méchant et l’indifférence du bon“.
Jamais les éléments qui sont utilisés pour transporter éventuellement un prisonnier ne sont plus rigoureux que ceux utilisés pour surveiller un guérillero prisonnier, comme c’est le cas par exemple du digne Simón Trinidad, maintenu 24 heures sur 24 dans un cube de béton, les lumières allumées, sans nulle autre vue que les quatre côtés du tiroir auquel il est généralement attaché pieds et points liés.
Et, sur “la méchanceté du méchant“, il y aurait lieu de s’interroger : le Colonel fait-il référence à lui-même, dès lors que ces paroles ne sont pas adaptées à la guérilla ? Laquelle lui permet, par exemple, de “recevoir des cours et d’avoir des activités avec le docteur Alan et d’autres prisonniers”, ou de voir “les petits livres que m’a apportés Marlene….” ou “la brochure que lui a envoyée Johannita…” et, en définitive, d’assister à ses “cours durant une heure par jour” (je suppose que cela, il le faisait plein de la boue dont il s’était couvert en se traînant jusqu’aux toilettes sans l’aide de “ses compagnons si peu solidaires”). Et que penser du guérillero mauvais qui lui portait ses affaires pendant “le chemin de croix de sa maladie” ? Je m’interroge ; D’où sortent toutes les choses que ses compagnons ont offert à Mendieta lorsqu’il affirme avoir tout perdu lors d’un quelconque voyage ? Où, par exemple, le docteur Alan a-t-il acheté le papier hygiénique offert au Colonel, et d’où est sortie la yodora avec laquelle la victime tourmentée a reçu ses massages ? Et où étaient ses chaînes à chaque instant de ces massages ?
Lors même qu’il a bien, lui, quelqu’un qui lui écrit, il se trouve très mal, le “Colonel souffrant“, il dit qu’il a “ une pointe dans le cœur“. L’aiguillon, sans doute, du souvenir des personnes qu’il faisait monter pour les sacrifier dans “La dernière larme”, son ténébreux 4 x 4.
Pauvre colonel, condamné à la torture d’apprendre une heure de russe par jour ; pauvre homme, condamné à étudier l’anglais au milieu de la jungle, avec “tant de neurones perdues du fait des maladies de sa captivité“ ; pauvre militaire, réduit à sacrifier une partie des heures de sa vie à jouer aux cartes, cartes achetées au premier arbre du coin, quand il aurait pu se livrer à ses tours horribles dans La dernière Larme ; pauvre “martyr“ sacrifié au jeu de domino et de parquet [NDT : jeu de cartes pratiqué dans certaines zones d’Amérique latine] qu’il lui revenait de pratiquer pour griller un peu de son temps. Pauvre, pauvre…., avec le précédent “horrible”, au surplus, d’avoir dû recevoir les cartes et les petites choses que ses amis lui ont envoyé à travers Marlene, et d’avoir dû manger une boîte de conserve de poulpe, outre le fait d’avoir dû supporter d’être traité avec des injections antitétaniques et de la pénicilline pour alléger les maux de son corps, car ceux de son âme de canaille paraissent incurables.
Personne ne s’est montré solidaire parce que – dit-il – personne n’a souhaité lui donner de dentifrice. Ses terribles peines, il les a supportées avec cet autre sacrifice, qui fut de se consacrer à nager dans un ruisseau pour pouvoir récupérer, tout en consommant des cardio-aspirines et en s’appliquant du Voltarène qui, assurément, comme la mâne biblique, lui était tombé du ciel.
Pauvre Colonel, pauvre Mendieta, assassin patenté, qu’on appelait, je le répète, du temps où il était un super-policier, “La dernière larme“, oui, comme son 4×4, car quiconque tombait entre ses mains devait pleurer une dernière fois avant d’être assassiné et jeté sur une décharge, irrémédiablement.
Il serait bon qu’il utilise son temps pour faire acte de contrition dans ses mémoires tandis qu’il attend que se concrétise l’échange qui lui permette de jouir de “la promotion méritée“ au rang de Brigadier Général que l’Etat-Major de la Guerre Sale a décrétée.
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| “La Última lagrima” del Coronel Mendieta |
Mon enquête sort le 3 novembre 2008 en librairie. Réservez-le livre, publié chez Fayard !
Jacques Thomet

De gauche à droite: Jesus Santrich, Rodrigo Granda, Piedad Cordoba et Ivan Marquez, à Caracas, en octobre 2007
14 août 2008
C’est ce que vient de demander à Interpol le président colombien après avoir retiré aujourd’hui à ce commandant de la guérilla terroriste son statut privilégié de «médiateur de paix ».
L’affaire Rodrigo Granda constitue l’une des multiples facettes que comporte le scandale Ingrid Betancourt. Ce chef rebelle avait été libéré en mai 2007 par Alvaro Uribe à la demande de Nicolas Sarkozy, avec pour mission d’aider à la libération des otages des FARC.
Ce guérillero n’a non seulement rien fait en ce sens, mais son curriculum suinte le sang. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt au Paraguay pour sa présumée complicité dans l’enlèvement en octobre 2004 suivi de l’assassinat de la fille de l’ancien président Raul Cubas, Cecilia, malgré le paiement d’une rançon de 800.000 dollars.
Rodrigo Granda avait été arrêté en décembre 2004 au Venezuela par un commando puis déporté en Colombie pour y être emprisonné. Il venait d’avoir des contacts avec l’ambassade de France à Caracas pour tenter de trouver une issue à la séquestration d’Ingrid Betancourt. C’est pour cette raison que le président français avait demandé son élargissement à Alvaro Uribe, dans l’espoir que le dialogue avec les FARC reprendrait avec succès.
Il n’en a rien été. Au contraire, Granda vient de réaffirmer le dogme de la lutte armée en Colombie, depuis son refuge au Venezuela. Il y est abrité ainsi que d’autres « commandants » d’aucune troupe rebelle, comme Ivan Marquez et Jesus Santrich, avec le bon vouloir du président vénézuélien Hugo Chavez.
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