GUSTAVO LARREA
04 mars 2008
« Où sont les femmes » continue d’être un succès du chanteur français, Patrick Juvet, depuis sa création en 1977. « Où sont les journalistes » sera le prochain tube si les compositeurs se penchent sur le contexte de l’Amérique Latine, et notamment des régimes castristes au Venezuela et en Equateur. « Que fait le monde libre », dira un autre refrain.
Les preuves abondent des connexions actives entre les FARC terroristes et les autorités du Venezuela ainsi que de l’Equateur, mais les présidents de ces pays les nient, la grande presse se tait, à de rares excepions, et la communauté internationale ne bouge pas le petit doigt.
Hélas pour Correa et Chavez, ils mentent à satiété. Je ne vais pas faire un cours sur leurs déclarations démenties par les faits, ce sera le thème d’un livre, mais seulement m'attarder sur deux exemples instructifs.
En Equateur, Rafael Correa est sur la corde raide pour la succession de révélations sur l’appui financier des FARC à sa campagne électorale de 2006. Je n’y reviens pas, il suffit de relire ici mes archives. Correa dément toute aide de la guérilla terroriste colombienne, annonce sa démission si elle est prouvée « par 20 centimes », et vient de rendre public un présumé « Journal » de Raul Reyes (ex-n°2 des FARC abattu en Equateur le 1er mars 2008) où il est qualifié de « traître » par Raul Reyes, alors que son ministre de l’Intérieur de l’époque, Gustavo Larrea, est considéré par le chef rebelle « d’agent de la CIA ».
Dans ce contexte, comment le président équatorien Rafael Correa a-t-il pu affirmer le 4 mars 2008, dans une intervention télévisée, que l'attaque colombienne contre le camp en Equateur, où le numéro deux des Farc Raul Reyes a été tué, avait empêché la libération de la France-colombienne Ingrid Betancourt et d'autres otages?
« Je regrette de vous annoncer que les conversations étaient assez avancées pour libérer en Equateur 11 otages, dont Ingrid Betancourt », avait alors affirmé Correa dans un message à la nation.
« Tout a été compromis par des mains guerrières et autoritaires. Nous ne pouvons écarter que cela ait été une des motivations de l'incursion (colombienne) et de l'attaque de la part des ennemis de la paix », a-t-il ajouté.
Le même jour, le ministre de l'Intérieur équatorien Gustavo Larrea avait assuré que ces libérations des 11 otages n'avaient « pas de contrepartie » et devaient intervenir en mars.
« Nous n'avons pas négocié avec les Farc autre chose que la libération d'Ingrid Betancourt', a-t-il affirmé, répondant aux accusations de complicité avec la guérilla formulées par Bogota.
« Tous les contacts avec la guérilla l'ont été pour des motifs humanitaires conjointement avec la France. Quelqu'un accuse-t-il le président (français) Nicolas Sarkozy de soutenir les Farc? », s'est-il interrogé.
Comment ce ministre de l’époque, aujourd’hui voué aux gémonies par Rafael Correa, a-t-il pu proférer de tels mensonges ? Il avouera par la suite n’avoir eu qu’un seul entretien avec Raul Reyes, mais pas en Equateur. Où alors ? Sur la Lune ? Le n°2 des FARC ne bougeait pas de son refuge équatorien, où je l’avais rencontré en 2004. Même si Larrea a rencontré Reyes, une fois donc, peut-être sur la fleuve Putumayo qui sépare les deux pays, comment pouvait-il affirmer qu’une libération de onze otages, dont Ingrid Betancur et les trois Américains, était imminente ? Les courriels de Raul Reyes prouvent le contraire, sans parler du « Journal » du n°2 des FARC transmis à la justice équatorienne par Correa…
Quant à Hugo Chavez, le mensonge est chez lui aussi une seconde nature. Les faits donc (et pas les vidéos ou documents de Raul Reyes). Quand les FARC annoncent en décembre 2007 la libération de Clara Rojas, l’ex-n°2 d’Ingrid Betancur otage avec elle depuis 2002, et de son enfant Emmanuel, fruit de sa liaison avec un guérillero, Chavez monte soudain au créneau. Il lit un communiqué des FARC annonçant que ces libérations sont retardées par des opérations de l’armée colombienne contre la guérilla. Il accuse alors le président colombien Alvaro Uribe de « dynamiter » le processus. La vérité éclate dans la nuit du Nouvel An 2008 : Uribe révèle que les FARC ont reporté les libérations car elles n’ont plus entre leurs mains le bébé, remis par un délégué des rebelles, depuis plusieurs mois, à l’Institut local du Bien-Etre social. Je pourrais aligner sans discontinuer les mensonges proférés par les deux apôtres du castrisme en Amérique Latine. Ces témoignages me suffisent, pour « colorier » avec davantage de noir les preuves accablantes des liens actifs entre les deux présidents d’Equateur et du Venezuela, et les FARC. La Cour pénale internationale de La Haye les attend. Leurs jours sont comptés.
UN AN APRES L’ELIMINATION DU N°2 DES FARC, LA COUR PENALE INTERNATIONALE ENQUETE SUR LES ORDINATEURS DE RAUL REYES POUR ENTENDRE LES ETRANGERS QUI FURENT EN CONTACT AVEC LUI
1ER MARS 2009
(Merci à Fabio d’avoir repéré cette donnée noyée dans un papier d’El Espectador. Je suis surpris par la discrétion des médias sur ce thème explosif. Heureusement, vous avez ce blog. Les médias peuvent m’appeler !…)
Cette révélation du quotidien de Bogota va faire trembler nombre de chancelleries, notamment celles de France, Suisse, Equateur, Nicaragua, et même des USA.
Selon ce média, la Cour pénale internationale (CPI), qui poursuit les auteurs et complices de crimes contre l’humanité, a demandé et obtenu du pouvoir colombien, il y a moins de dix jours, les ordinateurs, disques durs et clefs USB de Raul Reyes. Saisis dans son campement le 1er mars 2008 après la mort du chef guérillero, les 37.000 fichiers avaient été analysés et validés par Interpol.
La CPI compte analyser les dossiers, puis convoquer pour une audition les personnes non colombiennes que Reyes mentionne.
Dans la liste figurent déjà les noms suivants :
- Hugo Chavez, président du Venezuela
- Rafael Correa, président de l’Equateur
- Daniel Ortega, président du Nicaragua
- Jacques Chirac, ex-président de la France
- Le Français Noël Saez
- Le franco-suisse Jean-Pierre Gontard
- Le député américain (Démocrate) James McGovern
- Le professeur américain James Jones
- La députée équatorienne Maria Augusta Calle
- L’ex-ministre équatorien Gustavo Larrea
- L’ex-ministre vénézuélien Ramon Rodriguez Chacin,
Et bien d’autres.
A suivre donc…
23 février 2009
Je vous recommande de suivre l’actualité en Equateur, au régime populiste proche des terroristes de Colombie. Les langues se délient et confirment ma thèse sur la complicité du pouvoir avec les FARC, et l’aide de cette guérilla à la campagne de Rafael Correa. Le scandale du Chauvingate continue de délier les langues, et pas moins que celle de Gustavo Larrea. Cet ancien ministre de la Sécurité et ex-N°2 du régime vient d’avouer avoir rencontré au Venezuela Raul Reyes, le n°2 des FARC abattu le 1er mars 2008 par l’armée colombienne !
Larrea est un gros morceau du puzzle en cours de reconstruction sur le scandale José Ignacio Chauvin, l’ex-secrétaire d’Etat de Larrea actuellement détenu pour sa complicité présumée avec les caïds de la cocaïne en Equateur, les frères Ostaiza. Ces trois frères, Miguel, Edilson et Jefferson, étaient eux-mêmes liés à la guérilla colombienne pour exporter la drogue aux USA avec des sous-marins artisanaux depuis la côte Pacifique! Les confessions de Chauvin ont amené le régime à faire de Larrea son fusible pour éviter les risques d’explosion, puisque l’ex-ministre ne pouvait ignorer que son subalterne avait lui-même rencontré à sept reprises Raul Reyes, comme l’a revendiqué Chauvin. Gustavo Larrea est mort politiquement. L’Alliance Pays, le mouvement politique de Correa qu’il dirigeait, lui a retiré sa candidature à un siège de député au scrutin du 26 avril prochain.
Ce scandale s’ajoute à celui des révélations sur l’aide de 100.000 dollars fournie à la campagne de Correa par les FARC à la présidentielle de 2006. Un document découvert dans les archives de Raul Reyes l’affirme. On comprend de plus en plus pourquoi Correa tente de noyer le poisson : il évoque un coup d’Etat en préparation, et vient d’expulser deux diplomates américains.
NB Permettez-moi d'avoir des doutes sur le lieu de la rencontre entre Larrea et le n°2 des FARC… Raul Reyes ne bougeait pas de sa retraite à la frontière entre l'Equateur et la Colombie, dans le Putumayo.
5 février 2009
Depuis près d’un an, ce blog a dénoncé la complicité du régime populiste en Equateur avec les FARC, à partir des documents saisis dans les ordinateurs de Raul Reyes. Le président Rafael Correa n’a cessé de nier, au point d’avoir maintenu la rupture des relations diplomatiques avec la Colombie, dont l’armée avait pénétré en Equateur pour éliminer le n°2 des FARC le 1er mars 2008.
La connexion est désormais confirmée par un gros bonnet de l’Equateur : l’ex-sous secrétaire d’Etat José Ignacio Chauvin auprès de Gustavo Larrea, ministre de la Sécurité jusqu'à son limogeage la semaine dernière.
Chauvin vient de se rendre aux autorités de Quito pour répondre de ses liens présumés avec un cartel de la drogue en cheville avec Mexico, celui des frères Jefferson et Edilson Ostaiza.
Cet ex-ministre a avoué avoir « rencontré Raul Reyes à sept reprises pour tenter de réaliser un accord humanitaire » en Colombie. Je vous rappelle que cette expression dénaturée concerne la libération d’otages des FARC, enchaînés parfois depuis 11 ans, en échange de celle de guérilleros détenus pour crime en Colombie. Il serait plus approprié de parler « d’échange des FARC inhumaines ».
Selon Chauvin, la mort de Reyes « a tué une grande partie de l’accord humanitaire », alors que lui et le n°2 des FARC avaient « abouti à un accord sur un processus de libérations en masse avec l’intermédiaire des gouvernements d’Amérique Latine », y compris avec la présence de Nelson Mandela pour la libération d’Ingrid Betancur. Je me permets de sourire à une telle lecture, puisque les dossiers de Raul Reyes révèlent que les FARC n avaient pas l intention de liberer Ingrid
Se proclamant « révolutionnaire », Chauvin confirme la rencontre à une date non précisée entre Raul Reyes et son chef Gustavo Larrea, dont j’avais révélé l’existence sur ce blog, pour preuve des connexions entre le régime populiste d’Equateur et les terroristes colombiens.
Les poursuites contre Chauvin pour ses relations avec le cartel des Ostaiza ont coûté son poste de ministre de la Sécurité à Gustavo Larrea, coupable de ne pas avoir détecté ces liens alors qu’il dirigeait la police et les services secrets. Ce cartel, qui exportait la cocaïne par le biais de sous-marins depuis la côte pacifique de la Colombie, était complice du Front 48 des FARC, dirigé par Edgar Tovar.
Mon enquête sort le 3 novembre 2008 en librairie. Réservez-le livre, publié chez Fayard !
Jacques Thomet
fayardcouveet4e081020081.pdf