GENERAL DE GAULLE

15 février 2011

Je me permets ce titre facile, mais il ne fait que reprendre les paroles du président français contre un opposant durant le Salon de l’agriculture à Paris en 2008 (« casse-toi, pauv’con »), pour mieux qualifier la gravité de l’instant.

Plus sérieusement, et je le dis au terme de mon effarement sans fin devenu insubmersible dans et malgré les larmes de ma colère, l’heure a sonné pour les irresponsables de la classe politique française, face à l’affaire Cassez, de s’en aller.

Nicolas Sarkozy, président français de droite, Michèle Alliot-Marie, sa ministre des Affaires étrangères, Martine Aubry (candidate socialiste à la présidence en 2012), Bertrand Delanoë (maire de Paris socialiste), et bien d’autres n’ont plus rien à faire à leurs postes.

Qu’attend le peuple de France pour leur signifier ce rejet ? Hélas une presse « Marconi », sans scrupule, ni esprit critique, ni enquêteurs, à de rares exceptions, ne fait que servir de haut-parleur à la Voix de son maître : les autorités, de gauche ou de droite.

Un ramassis de politiciens profiteurs, dans un Etat en banqueroute, a réussi à provoquer une crise diplomatique majeure entre le Mexique et la France en poussant ce régime démocratique latino-américain, appelé à diriger le G-20 en 2012, à renoncer à l’Année du Mexique en France face à leurs agressions contre Mexico, et leur défense d’une criminelle, Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison dans ce pays pour enlèvements (cf. l’enquête de Sed Contra publiée ici).

Nicolas Sarkozy est le principal responsable de cette insulte contre le Mexique. Il n’a eu de cesse, comme dans l’affaire Ingrid Betancourt, de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays démocratique, pour tenter d’y faire prévaloir sa propre loi, aux dépens de la séparation des pouvoirs qu’il ignore, comme il vient de le faire en France contre nos juges.

Le chef de l’Etat a demandé à ses sbires de l’ambassade à Mexico – dirigée par l’ineffable Daniel Parfait, ex-amant de la sœur d’Ingrid, Astrid Betancourt -, de faire pression sur les juges mexicains, selon le témoignage d’une journaliste mexicaine, pour les supplier d’infirmer en appel, ce qu’ils n’ont pas fait la semaine dernière, la condamnation de Florence Cassez.

Après cet échec, Sarkozy a reçu à l’Elysée – alors que l’invasion en Italie de 5.000 Tunisiens clandestins décidés à gagner la France, avant un nouvel afflux immense à prévoir, exigeait de répondre à la demande urgente de Rome pour un sommet européen – les parents de cette condamnée de droit commun, puis téléphoné longuement à leur fille dans sa cellule (qui n’est donc pas un bagne !) au Mexique, avant d’annoncer que L’Année du Mexique 2011 serait dédiée à cette condamnée.

Le régime mexicain, et tout autre aurait fait de même, voire serait allé plus loin avec une rupture des relations diplomatiques devant un tel affront, a donc annulé cette manifestation culturelle immense. Sauf si Sarkozy change de braquet,  et renonce à cette dédicace pour la condamnée.

Sarkozy, ersatz de Napoléon IV l’Infime (après Napoléon III « le Petit », ainsi surnommé par Victor Hugo), va-t-il envoyer notre Légion étrangère au Mexique pour sortir Cassez de sa prison ? Avec le risque de subir un autre désastre pour elle, celui de Camerone en 1863, lors de l’expédition mexicaine de Napoléon III ? Une compagnie de la Légion avait été annihilée malgré son courage, et le prince Maximilien 1er, mis sur le trône mexicain par Badinguet (autre surnom de Napoléon III), exécuté sur ordre du président Benito Juarez en 1867.

Monsieur le Président, vous aviez déjà commis des erreurs monumentales dans l’affaire Ingrid Betancourt. Vos interventions en Colombie ont provoqué la libération en 2007 d’un chef terroriste des FARC, Rodrigo Granda – qui a regagné aussitôt les rangs de la guérilla sans remplir le rôle de médiateur de paix que prévoyait son élargissement – puis de 152 rebelles, sans que ces faveurs sans précédent accordées à votre demande par le président Alvaro Uribe ne facilitent en rien la libération de la célèbre otage, Colombienne, divorcée de son ex-mari français.

Au contraire, Monsieur le Président, vos immixtions publiques dans les affaires colombiennes, y compris devant les télévisions françaises, pour vous adresser au chef terroriste dans ces termes : « Monsieur Marulanda » en décembre 2007, n’auront fait qu’encourager les FARC à ne jamais libérer Ingrid, devenue selon leurs propres termes « un trésor de guerre ».

Une complice des terroristes, Piedad Cordoba, alors sénatrice avant d’être destituée par la justice de Bogota en 2010 pour ses liens avec les FARC, avait demandé aux rebelles en septembre 2007 de ne pas libérer Ingrid. Et vous aviez reçu à l’Elysée cette vermine en novembre de la même année! La même qui continue aujourd’hui à jouer avec les otages que les FARC lui donnent au compte-goutte pour faire à chaque fois un show médiatique, au point d’indisposer le nouveau président Santos, comme je viens de l’écrire hier, et de l’amener à « revoir » les conditions de ces libérations.

Monsieur le Président, jamais Ingrid n’aurait été libérée sous de tels bons (ou plutôt mauvais) offices. Il aura fallu le courage de 13 agents secrets colombiens, dont je connais et admire le chef, pour la sortir des griffes terroristes au risque de leurs vies, le 2 juillet 2008. Pour donner aux Français l’impression que vous seul aviez permis cette libération, vous n’avez même pas invité le président colombien à participer à la fête organisée à Paris pour l’otage libérée par ses hommes !

Monsieur le Président, vous avez trahi les intérêts de la France depuis votre avènement en 2007. Je n’irai pas jusqu’à dire, comme vous face à un manifestant, « casse-toi, pauv’con », car j’ai appris, moi, la politesse, mais aussi ce français que vous blessez tous les jours dans votre langage châtié, indigne d’un successeur du général De Gaulle. Vous êtes dans le fauteuil du chef de la France Libre, vous, celui qui la dégrade !

Partez, Monsieur de Nagy-Bocsa, avant que le Peuple ne vous réserve un sort similaire à celui de ceux qui ont trahi notre pays,

Que dire de MAM, la sinistre des Affaires étrangères ? Bien avant Sarkozy, elle a mis de l’huile sur le feu en annonçant qu’elle ne participerait à aucune manifestation de l’Année du Mexique en France, après l’appel rejeté par la justice mexicaine. Elle devrait déjà recoudre ses pantalons et son écharpe rose longue de trois mètres, dans une retraite dorée payée par les salariés, après sa complicité confirmée avec la dictature tunisienne de Ben Ali. Absoute par Sarkozy, elle le sera ainsi deux fois si le peuple n’exige pas son départ.

A gauche, la répulsion me prend comme à droite. La chef des socialistes Martine Aubry, celle qui a diminué la France avec ses 35 heures, et candidate à la présidence en 2012, avait déjà annulé une exposition du Mexique dans sa mairie de Lille la semaine dernière, après le rejet de l’appel de Cassez. Cette même gauche, qui avait critiqué au même moment l’intervention de Sarkozy contre la magistrature dans une affaire criminelle, justifie ainsi cette ingérence du politique dans le judiciaire quand il s’agit d’un Etat souverain…

Quant au minuscule maire de Paris, celui qui a fait perdre à la France les Jeux Olympiques de 2012 avec sa face de looser, il va certainement répéter l’infamie d’un autre scandale, celui d’Ingrid Betancourt. Après avoir condamné le Mexique comme Martine Aubry pour défendre Cassez, ce qu’il avait déjà fait en faveur d’Ingrid Betancourt contre la Colombie avec cette scandaleuse affiche sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris (« détenue en Colombie », alors qu’elle était otage des FARC), il ne lui reste plus qu’à produire une image de la condamnée sur les murs de la mairie.

Et la boucle sera bouclée, jusqu’au retour du balancier que je n’ose espérer, tant la presse aux ordres en France reste dépourvue du moindre esprit critique.

Mais, il y a un petit « mais » à mon pessimisme. Je viens de lire les plus de 800 commentaires d’internautes sur le site de Libération, quotidien français de gauche. Plus de 90% d’entre eux condamnent l’appui gauche-droite à Cassez.

Il suffirait d’une étincelle pour renvoyer dans leurs foyers tous ces traîtres à la Nation que je viens de dénoncer.

8 février 2009 

C’est le sujet d’un livre écrit par le sociologue René Dumont sur l'Afrique Noire dans les années Soixante, mais je ferai plus court. 

Dans ce pays magnifique, baigné par deux océans, avec trois cordillères, les Llanos et l’Amazonie, ses 45 millions d’habitants devraient baigner dans l’opulence. 

Malgré ses richesses naturelles ou sorties de terre (pétrole, charbon, émeraudes, café, riz, maïs, pomme de terre, bétail, etc), le pays andin continue de subir la violence de guérillas déconnectées du monde réel grâce à l’argent de la drogue. 

Un homme, Alvaro Uribe, a réussi à changer la donne. Elu en 2002 puis réélu en 2006, il a réduit aux acquêts le terrorisme des FARC, pacifié les paramilitaires, et laminé l’ELN, un groupe rebelle catholique qui vit de la rançon de ses otages. 

Les citoyens peuvent enfin traverser le pays en voiture sans risque d’être enlevé, les prises d’otage ont été diminuées par dix, les crimes par trois, et la justice, comme la presse, continuent d’y jouir d’une totale indépendance, voire d’une complicité acceptée avec les rebelles. 

Chaque nation démolie par la guerre secrète un jour un homme providentiel, vite jeté aux chiens quand le calme revenu permet aux corrompus de tout poil de relever le nez. 

En France, nous eûmes le général Charles de Gaulle. Ce héros a empêché la patrie des droits de l’Homme, soumise au nazisme, de devenir en 1944 un satellite des USA. Moins de deux ans plus tard, après avoir créé la Sécurité sociale, les comités d’entreprise, donné le droit de vote aux femmes, et obtenu l’intégration de Paris au Conseil de sécurité de l’ONU, les Français l’amenaient poussé à démissionner, pour laisser le pouvoir à la IVe République, l’un des régimes les plus pourris de notre histoire, gauche et droite confondues (à l’exception du passage de 45 jours du socialiste Pierre Mendès-France à la présidence du Conseil en 1954, pour mettre fin à la guerre d’Indochine).  Le retour au pouvoir du général en 1958, 13 ans plus tard, aura permis à la France de retrouver sa place dans le concert des nations, de faire la paix en Algérie, et de connaître son âge d’or sur le plan interne (avec une révolution économique) et externe (dans l’admiration mondiale pour notre indépendance des Blocs) dont témoigne le discours de Phnom Penh. Et puis le peuple l’a rejeté comme une vieille chaussette, sous l’influence des intellectuels de gauche comme Jean-Paul Sartre (celui qui jouait ses pièces devant l’occupant nazi entre 1939 et 1944), pour confier le pouvoir aux nouveaux moteurs de l’abaissement. 

A Bogota, un autre homme seul, Alvaro Uribe, a réussi un pari similaire. Toutes proportions gardées, il a remis la maison Colombie en ordre de marche, pour devenir le président le plus populaire de l’histoire locale. Et une autre « rosca » (réseau en Colombie), conduite par des intellectuels amnistiés de leurs crimes, mène le bal pour ramener le pays à ses  errements. 

Comme de Gaulle, Uribe est qualifié de dictateur, malgré leurs élections populaires directes au suffrage universel. Leurs ennemis communistes, les mêmes de chaque côté de l’Atlantique, ont et gardent pignon sur rue pour  dénoncer le « fascisme » du pouvoir. 

Comme la France,  la Colombie est mal partie, avec le risque de retrouver les démons de la dislocation. 

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