FERNANDO LONDONO
17 mai 2012
L’actualité colombienne m’oblige à faire une parenthèse sur la pédophilie en France pour me consacrer à l’horreur en cours en Colombie, avec le terrorisme des FARC, la complicité des politiques, et la mollesse de Paris à leur encontre.
Les événements viennent de se précipiter dans le pays andin alors que les Français, bien loin de ce contexte sanglant, sont rivés sur le nouveau gouvernement.
Hier (mercredi), un attentat à la bombe en plein centre de Bogota contre la voiture de l’ex-ministre de l’Intérieur Fernando Londono ( de 2002 à 2004), sous la
présidence d’Alvaro Uribe, a tué son garde-du-corps et le chauffeur. Blessé à l’omoplate, les tympans crevés par le souffle de l’explosion, Fernando Londono a été hospitalisé. Quand on connaît le combat de cet homme contre le terrorisme des FARC, il n’est pas besoin de se poser des questions sur les auteurs de cet attentat.
Au même moment, un ancien otage des FARC, ex-député de Cali, Sigifredo Lopez, était arrêté et conduit au palais de justice de Bogota pour sa complicité présumée
avec les FARC dans la prise en otages de douze députés de Cali, dont lui-même, en juin 2002 par les terroristes en pleine assemblée. Les vidéos, enregistrements téléphoniques et clefs USB saisis dans les archives de l’ex-chef des FARC Alfonso Cano, abattu par l’armée le 4 novembre dernier, ne laissent aucun doute sur le rôle actif de Sigifredo Lopez dans cette opération. Le 18 juin 2007, tous les députés de Cali, sauf lui, avaient été abattus, criblés de 95 balles, par leurs gardiens des FARC. Le
président Simon Gaviria du parti libéral, auquel appartient l’inculpé, a déjà demandé sa suspension immédiate.
La complicité de politiciens et de juges avec les narco-terroristes des FARC n’est pas une nouveauté pour les lecteurs de mon blog. Le nouvel avocat général
Montealegre a déjà annoncé pour juin des révélations qui vont « effrayer » les Colombiens sur ces liens.
Pour finir, je suis surpris par la mollesse du nouveau président français Hollande. On vient d’apprendre qu’il a accepté de désigner un envoyé spécial à lui, comme
l’exigeaient les terroristes des FARC, pour participer à la libération du journaliste français Roméo Langlois, otage des rebelles depuis près de trois
semaines. Il lui suffisait de déléguer son ambassadeur à Bogota, l’excellent Pierre-Jean Vandoorne, mais Paris continue d’ignorer, comme sous Sarkozy, la réalité colombienne, avec des FARC qualifiées de groupe « terroriste » par l’Union européenne depuis juin 2002.
28 novembre 2011
Pour maintenir leurs prébendes, les politiciens de tous bords ont recours aux artifices les plus tordus, aux dépens de leurs peuples.
Après la France, avec les mallettes millionnaires de potentats africains au profit du clan Chirac-Villepin, voici le cas de la Colombie et de son président Santos.
Pour ad minima se maintenir au pouvoir en 2014 (il l’envisage déjà), et qui sait se porter candidat à la tête de l’ONU, ce trouble héritier de l’oligarchie vient de perdre ce double pari.
Ses deux plans, l’un officiel avec un projet de réhabiliter en politique les terroristes qui se rendent, l’autre secret sur un dialogue de paix avec eux, ont volé en éclat.
L’exécution samedi par les FARC de 4 officiers otages entre leurs mains depuis PLUS DE 12 ANS, d’une balle dans la tête ou le dos, explique ce retournement.
Officiellement, un projet de loi du pouvoir, en cours de discussion, visait à permettre la réinsertion des rebelles dans la vie politique s’ils déposaient les armes.
Secrètement, le président Santos escomptait initier en décembre un dialogue de paix avec ce qui reste des FARC depuis l’élimination de leur chef, Alfonso Cano.
Cette révélation a été faite par Fernando Londono, ex-ministre de l’Intérieur du président Alvaro Uribe, dans son programme de radio « La hora de la verdad ».
Les nouveaux crimes des FARC contre l’humanité, avec l’assassinat samedi de quatre officiers otages depuis PLUS DE 12 ANS, ont tué ces abjectes initiatives.
A peine connue la nouvelle de cette barbarie, le Parlement a retiré l’étude sur le retour en politique des guérilleros repentis.
Quant au président Santos, son mythique projet de dialoguer en décembre avec les FARC (mais avec qui), pour se faire mousser à bon compte, est tombé à l’eau.
29 août 2009
La plus vieille démocratie d’Amérique Latine ne tient plus qu’à un fil tant s’alourdissent les preuves en Colombie sur les exactions contre l’armée d’une véritable mafia judiciaire. Une rébellion contre ces « criminels en hermine » n’est plus à exclure si n’intervient pas un coup d’arrêt à cette dérive.
Le journaliste Fernando Londono, ancien ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement d’Alvaro Uribe en 2002, vient de dénoncer une série de subornations de témoins par des juges pour « briser l’armée colombienne », dans son émission de radio « La Hora de la verdad » (L’heure de vérité) du 28 août. Ci-dessus le lien.
Je vous ai relaté au fil des jours le criant scandale de l’affaire Alfonso Plazas, ce colonel soudain arrêté et détenu depuis deux ans sans aucune preuve, sous l’accusation d’être responsable de la disparition de onze personnes lors de l’attaque de l’armée contre le Palais de justice de Bogota le 6 novembre 1985 (il y a 24 ans !) pour mettre fin à la sanglante prise d’otages par la guérilla terroriste du M-19 dans le bâtiment. Les rebelles avaient tué 55 personnes et mis le feu au Palais.
Fernando Londono dénonce, comme je l’ai fait ici, l’achat avéré par une juge d’un faux témoin, Tirso Saenz, condamné à 102 ans de prison pour homicide et autres délits, pour dénoncer le colonel Plazas. La lettre expédiée cette semaine à la juge par Saenz confirme cette subornation.
Dans son émission du 28 août, Fernando Londono n’hésite pas à répéter que « les juges et le ministère public achètent et subornent les témoins » dans une série de cas qu’il révèle :
1. Jaime Pérez Charris, faux témoin contre l’amiral Gabriel Arango Bacci. Les juges lui ont donné de l’argent pour témoigner contre l’amiral.
2. Débora Acuna, sœur du major Oscar Alberto Acuna, affirme qu’un juge a exigé qu’elle paie 50 millions de pesos (17.000 euros) pour obtenir de lui une sentence favorable.
3. Johnatan, témoin à charge de la juge Claudia Jadira Bernal Trujillo contre le lieutenant Santos. Pendant l’audience, il a avoué publiquement devant le prétoire qu’il ne connaissait pas le lieutenant Santos, et que la juge lui avait donné de l’argent, mais aussi promis d’autres avantages qu’elle n’a pas conclus.
4. L’avocate Lorena Leal a montré à Fernando Londono les preuves du faux témoignage exigé d’un soldat pour qu’il accuse ses collègues et ses supérieurs dans l’affaire des « faux positifs », ces présumés civils originaires de Soacha (banlieue de Bogota), tués selon l’accusation par l’armée afin de les faire passer pour des victimes de la guérilla.
5. Hollman Morris, ce « journaliste » déjà dénoncé ici, est accusé par Fernando Londono d’avoir « acheté des témoins dans la région d’Uraba (au nord du pays) pour accuser l’armée d’être responsable de la disparition d’une personne qui s’est avérée être vivante ».
6. Wilson Rodriguez Misica, venu témoigner au micro de Fernando Londono, a avoué avoir reçu de l’argent pour un faux témoignage.
7. Pitirri, « le faux témoin au sommet du scandale », selon Londono. Il a accusé « tout le monde en fonction du tarif proposé », selon l’ex-ministre, notamment le sénateur Mario Uribe. Ses accusations lui ont permis de se réfugier au Canada pour un exil doré, avec 40 membres de sa famille.
24 MAI 2009
Voici la réaction de l'ancien ministre Fernando Londono, l'un des meilleurs analystes de la situation colombienne, à la publication de mon article sur la scandaleuse détention de l'ancien président du Congrès Carlos Garcia Orjuela depuis juillet 2008 pour de présumés contacts avec les paras.
Je rappelle que cette victime de la Cour suprême colombienne, organisme judiciaire proche de la guérilla, est un médecin Franco-colombien, diplômé en neurochirurgie à l'université de Lyon. Le commentaire de Fernando Londono:
« Una nueva arbitrariedad de la Fiscalia.
He hablado mucho de este caso. Es indignante. Una de las mayores
crueldades de la parapolítica y una de las mayores truhanerías de la
Fiscalía. Gracias por enviarme la carta. Saludos, Fernando »
21 MARS 2009
Ce témoignage d’un FARC repenti, Olivo Saldana, en dit long sur la gangrène de l’Etat colombien à tous le niveaux sous l’action pernicieuse de la guérilla terroriste. Il a été recueilli par Fernando Londono, ex-ministre de l’Intérieur d’Alvaro Uribe, pour son émission de radio « La hora de la verdad » (L’heure de vérité).
Ex-guérillero repenti Olivo Saldana a été nommé récemment « gestionnaire de paix » par le pouvoir. Il n’a pu conclure son projet d’intégrer 400 centaines de détenus rebelles décidés à renoncer à la guérilla pour se réinsérer dans la vie civile. Les FARC, relayées par le mouvement ami de la guérilla « Colombiens pour la paix », ont empêché cette option en préférant un « échange humanitaire » entre otages de la guérilla et prisonniers rebelles. « Ces 400 détenus ont beaucoup de secrets à révéler sur les FARC, notamment sur des charniers de personnes enlevées puis tuées par la guérilla », affirme Olivo Saldana dans ce long entretien.
Saldana reste en prison alors qu’il a été nommé « gestionnaire de paix », sans aucune garantie pour sa sécurité. Mille hommes des FARC en prison sont prêts à confesser les liens des politiciens, syndicaliste, ou élus, avec la guérilla, selon lui. « Ces hommes sont des membres des FARC déguisés en civils. Nous voulons dénoncer cette guerre politique », dénonce Saldana. Fernando Londono se demande: « qui met des bâtons dans les roues ? Qui empêche Olivo Saldana de sortir de sa cellule ? »
« Le nouveau chef des FARC, Alfonso Cano, travaillait main dans la main en 1999 avec une filiale du syndicat agricole Fuensuagro dans le Tolima (centre de la Colombie), raconte Saldana. A Hubert Ballesteros, membre éminent du PC colombien, j’ai remis de l’argent de mes activités illégales. Les autres complices des FARC : Lidia Garcia, Raul Rojas, Pedro German Gustos, délégué international, Alvaro Martinez, qui manipule la page d’ANNCOL. Je les connais tous, comme des centaines de guérilleros les connaissent.»
« J’ai raconté depuis près de deux ans à la justice colombienne comment Fuensuagro développe le projet des FARC, poursuit-il. Rien n’a été engagé, malgré nos preuves, contre ces gens-là par le ministère public. Rafael Series était un député local, lié à Alfonso Gomez Mendez, ancien avocat général de Colombie.
« Raul Rojas, ami de Gomez Mendez, a envoyé son fils Jairo comme réfugié politique en Europe pendant quatre ans avant que celui-ci revienne dans les rangs des FARC. Jairo a été capturé sous le nom de « El Sueco » (le Suédois). Consuelo Valentina Rojas Campo, la fille de Rojas, travaillait au ministère public. Résultat : son frère n’a pas été condamné malgré 1500 heures d’enregistrements contre lui. On connaît les relations des FARC au ministère public. Rafael Celis, du 21e front des FARC, fut second de Gomez Mendez comme Représentant à la Chambre. On a fait campagne pour Gomez Mendez !
« Guillermo Alfonso Jaramillo Martinez, ex-gouverneur du Tolima, s’était engagé à nommer des guérilleros dans son équipe, comme le secrétaire d’Etat à l’Agriculture, Tovar. J’ai remis la copie de ces contrats à la justice, sans aucune poursuite à la clef. Ovidio Espinoza, nommé au secrétariat à l’Education du Tolima, a appelé une série de rebelles dans son équipe, comme professeurs chargés de la propagande. Jaramillo avait offert son département comme « Observatoire de paix », à la demande des FARC. Ce Jaramillo est le second suppléant actuel du sénateur Robledo (extrême gauche).
« J’ai vu Jaramillo avec d’autres chefs guérilleros, dont « Geronimo », venus à bord d’un avion payé par le futur gouverneur, pour une réunion avec les FARC.
« Le lien des FARC dans la justice à Bogota ? La fille de Raul Rojas, ami de Gomez Mendez, est le cordon ombilical. Les 1500 heures d’enregistrement n’ont mené à rien, l’enquête n’a pas eu lieu. Je suis inquiet devant ces trous noirs de la justice.
« Il faut parler de Jaime Cedano. Je l’ai vu avec Alfonso Cano. Il a une ONG « Red vivir », dénigrant le gouvernement. Je l’ai dénoncé. Je n’ai vu aucune suite au niveau judiciaire ».
Mon commentaire : ce Jaime Cedano pérore sur les tribunes européennes, comme je vous l’ai révélé ici. Il a reçu de la mairie de Malaga 81.000 euros pour son ONG, dans un projet que PERSONNE ne connaît en Colombie !!!
L’absence de poursuites contre tous les complices des FARC en dit long sur la corruption de la justice en Colombie. Les familles de Raul Reyes, Alfonso Cano, Wilson Bueno alias « Isaza » et bien d’autres chefs des FARC vivent en France ou en Suisse aux frais des contribuables, mais le repenti Olivo Saldana reste en prison en Colombie malgré sa campagne pour la réinsertion de 400 rebelles, et sa nomination comme « gestionnaire de paix ». Ceux qui qualifient encore Alvaro Uribe de « dictateur », dans cet exemple de démocratie qu’est la Colombie, peuvent-ils m’expliquer cette contradiction ?