CICR COLOMBIE
3 février 2009
Si tous les otages des terroristes colombiens sont de héros, pour supporter depuis 11 ans parfois leur calvaire, enchaînés à un arbre dans la jungle, l’un d’eux, Alan Jara restera comme un seigneur pour ses camarades de captivité.
Cet ancien gouverneur du Meta, appelé à retrouver sa famille ce mardi après sa remise au CICR par la guérilla, n’aura cessé de les aider à garder le moral, à les encourager, et même à leur enseigner l’anglais et le russe !
Rappelons qu'Alan Jara a été séquestré par les FARC en juillet 2001 alors qu'il se déplaçait en Colombie en voiture avec le délégué de l'Onu. Les terroristes l'ont arraché du véhicule pour l'enlever. L'ONU a produit un communiqué pour protester, puis PLUS RIEN pendant 8 ans!
Je vous rediffuse la lettre du colonel (aujourd’hui général) Luis Mendieta, adressée à ses proches en octobre 2008. Il y évoque le rôle de Jara. A chaque relecture, j’éprouve la même émotion, car j’imagine la réaction, devant ce courrier, de l’épouse du colonel et de ses deux enfants que je connais pour avoir passé une après-midi avec eux à Bogota en 2004 pour les interviewer pour l’AFP.
Devant l’ignominie des FARC, les cheveux se dressent sur la tête. Le président Nicolas Sarkozy et son ministre de l’Education Xavier Darcos, ainsi que Bernard Kouchner, patron du Quai d'Orsay, devraient faire lire cette lettre d’un homme sous une torture permanente, alors otage depuis 10 ans, dans toutes les écoles de France et de Navarre. L’indignation le dispute au dégoût face à la description d’un tel crime contre l’Humanité. Les scènes décrites ont pour scène la Colombie, en plein XXIe siècle. C’est l’enfer de Dante revisité par les FARC.
Voici la lettre, avec en gras les passages sur Alan Jara :
« Grâce à Dieu, dans cette course contre le temps j’ai pu écrire quelques lignes, car il est difficile de savoir à quel moment ils vont ramasser cette correspondance. Ceci est la lettre numéro 6, dans laquelle je vais vous parler de moi. Je commence avec les adieux que nous fîmes à Marlén il y a six ans et demi, laquelle emporta la dernière correspondance écrite. A cette époque, nous étions 28 de la force publique à partager la captivité. Quelques jours après, est arrivé Alan Jara, ancien gouverneur du département du Meta. Plus tard est arrivé le docteur Orlando Beltran, parlementaire, puis la représentante à la Chambre Consuelo Gonzalez. Nous avons partagé plusieurs mois ensemble.
Avant de continuer je dois remercier tous ceux qui m’ont écrit et m’ont envoyé des présents avec Marlén. J’ai tout reçu. J’ai aussi répondu à toutes les lettres, mais elles sont restées au plus profond de la jungle, parce qu’il n’a pas été possible qu’elles en sortent ; en plus, beaucoup de cartes d’anniversaire, d’amour et d’amitié, des cartes de la fête des mères, etc. A Maria A, mes remerciements pour le pot de confiture, qui a été le dernier que j’ai mangé, ce que j’ai fait lors de mon anniversaire l’année suivante. Ce fut un festin, que j’ai beaucoup apprécié et que j’ai dégusté lentement.
Je continue… ce mois de décembre là, Jorge Enrique Botero m’a fait une interview pour la télévision et que tous ont pu regarder et connaître, mais ils n’ont pas permis de donner une quelconque information sur les trois politiciens mentionnés.
En cette fin de semaine, nous sommes un groupe de 31, nous avons réussi à partager un endroit en commun, et nous avons fait des activités d’intégration, en dépit des filets et des fils barbelés, de sorte que nous, les captifs, nous avons pu passer ensemble les fêtes de fin d’année.
En janvier, en raison d’incidents provoqués ou dus au mauvais état mental du caporal Peña avec moi et avec les autres, il a été retiré de l’endroit où nous étions et il a été emmené nous ignorons où, on nous a dit qu’on allait lui donner un traitement psychiatrique, mais depuis cette date nous ne savons rien de lui, malgré nos constantes demandes sur sa situation. Ce même mois de janvier, le docteur Gechen est arrivé à l’endroit où nous sommes en captivité, ainsi que Gloria de Lozada. Nous avons passé plusieurs mois avec eux, puis nous avons été séparés. Nous restons alors 27 de la force publique et Alan, dans un endroit proche. Dix sont restés dans un autre endroit, car les deux femmes sont restées là-bas, avec le sénateur et le parlementaire, et nous y avons vu aussi Ingrid, Clara, le sénateur Pérez et les trois nord-américains.
Nous avons vu que Clara était enceinte et quelques mois après elle enfantait dans des conditions infra humaines dans la forêt, d’un bébé qu’elle a nommé Emmanuel. Quelques jours après, à deux ou trois reprises, quelques-uns d’entre nous purent porter l’enfant, car ils l’amenèrent à notre site, parce que des hommes de la force publique sachant tailler et coudre lui fabriquèrent des petits vêtements, des petites chaussures, quelques petits jouets, un petit sac et beaucoup d’autres petites choses, alors à mesure que le bébé grandissait ils le prenaient pour prendre ses mesures et comme ça ils pouvaient lui faire des vêtements, des chaussures et différentes choses, et dans cette besogne, plusieurs se sont distingués par leur ingéniosité et leur créativité comme Buitrago, Duran, Duarte, Moreno, Amaon, Bermeo, Salcedo, Donato et Beltran, qui ont des dons remarquables pour ces travaux. Ce qui a été confectionné l’a été avec du matériel récupéré dont chacun disposait, c'est-à-dire des vêtements d’occasion ou d’autres frusques qu’ils avaient reçus.
Alan s’est distingué pour son aide, son intégration dès le premier instant avec nous et, par ses conversations et grâce à son expérience académique obtenue en Russie, grâce à ses voyages émaillés de nombreuses difficultés et obstacles, dans des dizaines de pays, grâce à son travail politique dans le département du Meta, il avait d’innombrables histoires à raconter et à faire partager ; c’est pourquoi nous l’écoutions toujours quand il racontait toutes ces expériences, ces difficultés, ces problèmes, ces aventures qui lui étaient arrivées lorsqu’il étudiait et pendant les voyages, les façons de travailler qu’il avait dû adopter pour pouvoir voyager et connaître le monde sans un sou mais avec une envie de s’en sortir. Une des anecdotes, qui le croirait, qui le croirait ! Alan crevait de faim en Russie !
Les longs récits sur toutes ces situations occupaient le jour et la nuit, comme Alan avait été récemment aux Etats-Unis pendant trois mois pour étudier l’anglais, et avec l’aide de deux petits livres d’anglais qui étaient arrivés avec les preuves apportées par Marlén et avec le manuel que m’avait envoyé Johanita, nous avons commencé une sorte de cours d’une heure par jour, quand c’était possible et quand les conditions étaient favorables, nous étions peu nombreux, mais bientôt commença une longue traversée dans la jungle, due aux problèmes d’ordre public ; de nouveau nous fûmes enchaînés, séparés en petits groupes, et à l’occasion quand on faisait une halte on se voyait en chemin sur ces sentiers et en raison de problèmes de santé communs, j’ai pu saluer Ingrid, Clara, le docteur Perez et les trois américains.
A mesure que les jours passaient et que le pénible voyage à pied continuait, plusieurs d’entre nous tombèrent malades. C’est ce qui arriva avec Ingrid, Malagon, Guevara et moi. On nous transportait dans des hamacs attachés à un bâton et qui faisaient fonction de brancards. Mais je vais vous raconter ce qui m’est arrivé : ça a commencé avec des douleurs dans les jambes, les os, les articulations. Pendant les marches, mes pieds enflèrent, au début de la maladie je marchais avec un bâton qui me servait de canne. Les marches se suivaient et je continuais à m’affaiblir, je boitais, ensuite j’ai dû marcher avec des fourches qui faisaient office de béquilles… quels voyages pénibles, avec les difficultés de la jungle, la pluie, les bestioles, jusqu’à une nuit où je suis arrivé à un endroit et le lendemain, impossible de me lever pour marcher, mais comme la marche devait continuer, alors ils me ou nous transportaient dans les conditions que j’ai mentionné avant, dans la maladie j’ai donc pu saluer et parler furtivement avec Ingrid qui était dans une civière de fortune.
Les jours ont continué comme ça, jusqu’au jour où ils nous séparèrent tous, finalement ils firent plusieurs groupes et dans le nôtre nous restions 10 : le docteur Gechen, Gloria, le docteur Orlando Beltran, Consuelo, Alan, Donato, Murillo, Clara, Delgado et moi. (Cette lettre je l’ai commencée hier mais la lumière du soleil s’est arrêtée et malheureusement elle s’est abîmée. Alors ce matin je l’ai commencée, mai il pleut et il n’y a pas beaucoup de lumière, alors que Dieu permette que tout aille mieux et que je puisse continuer ce récit).
Tous les 10 nous continuons ce pèlerinage jusqu’à ce que nous arrivions à un endroit où nous sommes restés plusieurs jours et où j’ai pu commencer à récupérer. Qu’est-ce qui m’est arrivé ? Je pense que quelques vaisseaux sanguins des jambes ont été affectés, le sang a afflué dans les jambes qui ont pris une couleur sombre, presque noire… j’ai craint le pire, mais grâce à Dieu on m’administra un antitétanique et quelques jours après on me fit 10 injections de pénicilline à 5 millions d’unités et peu à peu j’ai commencé à récupérer.
A cause de la maladie, c’est logique, on me retira la chaîne cadenassée que j’avais autour du cou, mais il s’avéra que mes effets personnels, ils devaient les transporter et d’un jour à l’autre tout a disparu, c’est-à-dire je suis resté sans rien, uniquement avec ce que j’avais sur moi, heureusement au début de ce chemin de croix Delgado s’était proposé de m’aider en portant le petit paquet où je garde les photos, Dieu merci cela a été épargné, plus tard on me donna la veste du survêtement bleu que Maria A. m’a envoyé, je la conserve toujours et c’est devenu pratiquement mon pyjama.
Delgado m’a aidé en me donnant deux slips, une couverture et une serviette de toilette, Murillo me donna un short pour la nuit, Donato me prêta un pantalon, Consuelito une chemisette et Gloria une paire de chaussettes, avec tout ça une autre étape de ce pèlerinage a commencé, quelques jours après ils apportèrent quelques vêtements pour nous tous, j’ai alors pu rendre la chemisette et le pantalon qu’on m’avait prêté et tâcher de porter ces affaires jour après jour.
Alan m’a offert du papier toilette, Murillo me donna pendant quelques jours du dentifrice, mais ensuite j’ai passé trois semaines en me lavant les dents avec seulement de l’eau, car il n’y avait pas de dentifrice et mes compagnons d’infortune en avaient très peu, alors ça me faisait de la peine de leur en demander. Combien de temps a duré ma maladie ? Je n’ai pas une idée claire des semaines mais probablement ce furent cinq semaines sans pouvoir marcher.
Les trajets pénibles en hamac, à traverser des rivières, des terrains difficiles, des marais, etc. les endroits où ils me laissaient, il y avait des bêtes de toutes sortes : des mouches, des moustiques, des taons, des anophèles[i][4], des mostacillas, des fourmis de couleurs et de tailles diverses, des araignées, des abeilles, des guêpes de différentes tailles ; que je chassais et chassais de la main. Il me fallait me traîner dans la boue pour faire mes besoins, avec l’aide uniquement de mes bras puisque je ne pouvais pas me lever, et quand on commença le traitement, ils me firent aussi un massage dans les jambes avec de la crème déodorante Yodora et comme un enfant j’ai recommencé à marcher, d’abord j’essayais de faire un pas seul, puis quelques pas avec des bâtons, mieux, des fourches, qui ressemblaient à des béquilles, ainsi j’ai pu aller aux toilettes seul, après avec un bâton comme support, après jusqu’à ce que puisse recommencer à marcher lentement, Dieu merci nous étions près d’un torrent et là j’ai pu faire quelque thérapie à mes jambes dans l’eau, en faisant des exercices comme par exemple essayer de bouger les jambes comme quand on nage, ainsi j’ai pu récupérer petit à petit, étant dans ce handicap il y eut un incident de malentendus dans le groupe, alors à cause de l’intervention de quelqu’un on recommença à me mettre une chaîne cadenassée autour du cou, à m’attacher à un poteau alors que jusque là je commençais ma convalescence. Je pense que mon Dieu est très grand et je crois qu’à ce moment là vous avez prié beaucoup, grâce à vos prières et je ne sais quoi d’autre, je me suis sorti partiellement de cette maladie.
Ces jours-là j’ai entendu à la radio un message de Carmenza, où elle dit que Noticias uno et El Tiempo informaient de ma mort dans un bombardement, je crois que vous avez prié encore plus et le résultat ça a été mon rétablissement. C’est alors que j’ai attrapé la Leishmaniose et que je me suis fait sept plaies sur le corps qui m’ont laissé des cicatrices.
Ils m’ont fait 38 injections de Glucamtil dans les jours qui suivirent et j’ai pu me sortir de cette autre maladie parasitaire. Je dirais que pendant cette captivité ma santé a tenu 6 ans, et qu’ensuite mon affaiblissement n’a pas cessé, de rechute en rechute. Dans les mois suivants, il y eut d’autres marches qui duraient non plus des semaines mais des jours, d’autres endroits où nous avons vécu, une quantité d’inconvénients et d’incidents entre nous, des représailles de la guérilla, plusieurs, nous restreignant les choses, l’espace, les moyens, etc. c’est difficile de répartir chaque chose qui arrive et qu’ils nous donnent, pendant ces mois j’ai eu deux crises de paludisme, dont une qui a duré 20 jours, pendant lesquels j’étais couché, avec beaucoup de médicaments, enfin je me suis rétabli, mais depuis je ne sais pas si c’est à cause des médicaments ou quoi, c'est-à-dire ça fait plus d’un an et demi que j’ai une douleur dans la poitrine, sur le côté ou qui sait, au cœur, c’est comme un point qui certains jours fait mal, d’autres jours moins mal, pendant les premiers mois où j’avais mal, Donato et Murillo me firent des ventouses avec une bougie, une pièce de monnaie et un flacon mais la douleur n’est pas passée, ensuite l’infirmier a continué de dire que c’était à cause du froid et du vent, pour autant lui et Consuelo, avec du papier toilette et des emballages de papier hygiénique, ils m’ont fait des ventouses pour l’oreille, mais la douleur revient, après j’ai demandé de l’aspirine pour les cardiaques, j’en ai consommé une vingtaine mais comme la douleur persistait j’ai laissé tomber, aujourd’hui je tâche de contrôler la douleur avec de la crème Voltarène, mais surtout en faisant des respirations et en marchant autour de notre endroit avec Alan, parfois 20, 30, 40, 50 minutes d’affilée ou une heure, selon le climat et selon d’autres facteurs, ça m’a servi, enfin là j’arrive à contrôler, pourtant pendant la marche, les os, les articulations des jambes me font spécialement mal, surtout les genoux, alors il y a des fois je ne marche pas, pour autant la douleur dans la poitrine revient. Dans le dos, sur le côté, j’ai une tache violette, qui parfois me fait mal, je pense que c’est la séquelle d’un coup quand j’étais porté en hamac.
Ces quatre dernières années nous n’avons pas eu de livres à lire, on peut compter sur les doigts d’une main les revues de Semana et Cambio que nous avons eues et que nous avons lues et relues. Le plus important c’est le temps que nous passons quand on le peut, Alan, Donato, Murillo et moi, à étudier l’anglais pendant une heure, selon l’état d’esprit et d’autres facteurs comme la pluie, etc. Alan, Donato et moi nous étudions une autre heure de russe, Alan est un bon professeur et nous passons comme ça des heures, cependant à cause de l’âge, des neurones perdues à causes des maladies, à cause de la captivité, le manque d’éléments pour étudier, les livres, les cahiers, les crayons etc., ce travail est difficile et c’est dur d’apprendre, mais enfin on continue à le faire, ça nous sert de thérapie et ça nous occupe le temps, au moins comme dirait José Luis, nous en sommes aux verbes être et avoir, non seulement en anglais mais aussi en russe, et nous essayons d’apprendre quelques verbes, conjugaisons, expressions, et en général de la grammaire anglaise et russe.
L’autre partie du temps, on joue aux cartes, aux parqués, aux dominos, certaines fois on joue aussi, tous les quatre avec Consuelito, c’est sûr qu’elle vous racontera en détail tout ce que nous avons fait pendant ces années. Recevez tous le bonjour d’Alan, Donato et Murillo.
De nouveau je vous dis au revoir en vous souhaitant à tous un joyeux Noël et une heureuse année 2008. Que Dieu vous accompagne, que la Vierge vous protège et veille sur vous, veillez sur vous tous aussi, aidez-vous les uns les autres, que les grands aident les petits, que les parents aident les enfants, les enfants aident leurs parents, les frères et sœurs entre eux, les neveux, les familles. Dieu et la Vierge les guident.
Luis.
2 février 2009
Le président Alvaro Uribe a pris cette décision à la demande du CICR. Apparemment elle sera la seule avec la Croix rouge à emprunter l’hélicoptère colombien pour la libération de Alan Jara et Sigifredo Lopez, à partir de mardi à 14H00, heure de Paris.
« Le gouvernement le fait par solidarité avec les familles et les otages », a indiqué un communiqué de la présidence, avant d’exprimer « sa préoccupation pour l’exaltation du terrorisme qui a eu lieu hier, au moment même où les FARC faisaient exploser une voiture piégée à Cali, avec 2 morts et 4 blessés ».
Cette exaltation du terrorisme citée par Uribe concerne le show médiatique réalisé par Cordoba hier à l’occasion de la libération de trois policiers et d’un militaire par la guérilla. La sénatrice avait emmené avec elle des sympathisants des FARC, autoproclamés « Colombiens pour la paix », dont Ivan Cepeda et le journaliste Jorge Enrique Botero, ex-directeur de Telesur, la chaîne publique de propagande castriste montée en Amérique Latine par Hugo Chavez, un autre proche des FARC.
Piedad Cordoba a pris le temps de s’asseoir hier pour discuter avec les guérilleros qui avaient libéré les quatre otages, et de poser pour les photos de Botero, alors que les familles des séquestrés attendaient avec impatience le retour des leurs.
Le scandale s’est poursuivi avec des déclarations incendiaires de Cepeda et Botero sur ce retard dû selon eux au survol des lieux par l’armée, à même de compromettre ces libérations. Toutes les autorités de Bogota ont formellement démenti ces accusations.
Enfin Botero a profité de l’avantage que lui donnait la sénatrice pour remettre ses photos de la libération à l’agence américaine AP (Associated Press), sans daigner les fournir aux agences Reuters et AFP. Dans ce cas précis, les agences travaillent TOUJOURS en pool quand la place manque dans un avion ou un hélico : un seul photographe travaille et fournit ses photos à toutes les agences. Devant le tollé, Botero a affirmé n’avoir pas touché un sou, et démenti avoir reçu 20.000 dollars d’AP. Je reste interloqué par les étranges relations entre l’agence américaine et cet ami des FARC, qualifiées de terroristes par Washington.
Ce Jorge Enrique Botero a toujours eu ses entrées chez les FARC. Il avait pu filmer en 2003 les trois Américains enlevés par la guérilla, et les interviewer, ainsi que d’autres otages. Les rebelles lui avaient également révélé l’existence d’Emmanuel, le bébé que Clara Rojas a eu après une liaison avec un guérillero en 2004. Il en avait fait un livre.
2 février 2009
Alvaro Uribe a annoncé cette nuit qu'il n'autorisait plus aucune autre médiation, sauf celle du CICR et du Brésil, pour la libération des otages des FARC Alan Jara et Sigifredo Lopez, prévue ce lundi et mercredi.
« Le gouvernement ne peux pas permettre que le terrorisme continue à se moquer de la douleur des otages et de leurs familles », a déclaré Alvaro Uribe depuis la présidence.
« Par conséquent, seul le Comité international de la Croix-Rouge, avec l'appui logistique du Brésil, est autorisé à poursuivre cette opération, ce qui est suffisant pour un geste humanitaire », a poursuivi le président lors de cette allocution solennelle.
La déclaration présidentielle a eu lieu après la libération dimanche de quatre otages, trois policiers et un militaire.
Depuis trois jours, Piedad Cordoba et des membres de « Colombiens pour la paix », sorte de bras politique des FARC toléré par le régime démocraqtique, n’ont cessé d’évoquer des opérations militaires à même de menacer la libération des six otages, ce qui a été fermement démenti par le pouvoir.
« Il y a eu des vols de la force aérienne colombienne qui ont respecté les plafonds autorisés. Il n'y a pas eu d'opérations militaires offensives », a assuré le président colombien.
Les terroristes des FARC avaient exigé en décembre que les six otages soient remis à la sénatrice Piedad Cordoba, véritable courroie de transmission de la guérilla comme en témoignent les documents saisis dans les ordinateurs de Raul Reyes, le chef des FARC abattu le 1er mars 2008. Dans l’un de ces textes, les FARC relatent que Piedad Cordoba était opposée à une éventuelle libération d’Ingrid Betancur par les rebelles.
La décision d’Uribe pourrait menacer la libération des deux otages Alan Jara et Sigifredo Lopez si les FARC exigent à nouveau la présence sur place de la sénatrice. J’avoue ne pas comprendre pourquoi le président colombien l’a exclue des dernières opérations, au risque de les faire annuler par les terroristes.
Il est évident que le chef de l’Etat a dû être révulsé par le show médiatique de la sénatrice du groupe « Colombiens pour la paix », dont le porte-parole du parti communiste (autorisé en Colombie, faut-il le rappeler, notamment à tous ceux, comme le trotskyste français Olivier Besancenot, qui évoquent une « dictature »), Carlos Lozano, à l’occasion des quatre libérations. Mais il devait s’y attendre, comme nous ici nous y attendions, bien évidemment, et il aurait dû dès le départ s’opposer à la médiation Piedad Cordoba et consorts au lieu de le faire maintenant. Ce n’est pas aux terroristes de dicter leur loi. En tout cas, je ne comprends pas la présence des « Colombiens pour la paix » dans les opérations. Ils ont été invités par Piedad Cordoba, et le pouvoir colombien a laissé faire.
Une fois de plus, Alvaro Uribe est bien mal conseillé…
31 JANVIER 2009
D'ici mardi, six otages auront été relâchés par les terroristes colombiens, sur les 800 qu'ils retiennent enchâinés ou dans des culs de basse-fosse.
La délégation chargée de recueillir les quatre premiers – trois policiers et un militaire – se trouve à Sao Gabriel da Cachoeira, dans l'Amazonie brésilienne, à la frontière de la Colombie. C'est de là que partira l'hélicoptère brésilien, avec le logo du CICR, pour récupérer les demain dimanche les séquestrés et les conduire à la base de Villavicencio, à 120 km au sud de Bogota.
On imagine la tension, la peur, et la hantise d'être décu dans les familles des 26 militaires ou policiers aux mains de la guérilla, qui n'a pas daigné donné le nom des quatre heureux élus.
Lundi, ce sera le tour d'Alan Jara, ex-gouverneur du Meta, puis, mardi, de Sigifredo Lopez, ancien député de Calil, de retrouver leurs proches.
Certains des otages ont déjà passé 11 ans enchaînés par les FARC dans une jungle hostile, dans la maladie ou les infections pour la plupart, quand il ne s'agit pas de l'hépatite, de la leishmaniose, du paludisme ou de la dengue.
29 JANVIER 2009
L’information a été fournie par Luis Carlos Restrepo, Haut commissaire colombien à la paix. On ignore toujours leur identité.
Un hélicoptère du Brésil, avec le logo du CICR, sera chargé de transporter les quatre otages libérés. L’armée colombienne a déjà donné son accord pour cesser toute opération militaire dans la zone concernée.
La libération des deux derniers des six, sur 800 otages aux mains des FARC, aura lieu à des dates ultérieures. Il s’agit de Alan Jara, ex-gouverneur arraché d’un véhicule de l’ONU en 2001, et du député Sigifredo Lopez, unique survivant après l’exécution par la guérilla de ses 11 collègues parlementaires de Cali.
Pourquoi les FARC ne donnent-elles pas le nom des quatre officiers qu'elle va libérer ? Si ce n'est pas du sadisme, je ne comprends pas de quoi il s'agit.
27 janvier 2009
Yves Heller, porte-parole du CICR à Bogota, a annoncé l’arrivée imminente d’un expert militaire brésilien en Colombie pour planifier l’envoi d’hélicoptères par Brasilia dans le cadre de la libération des 6 otages, annoncée par les FARC le 21 décembre. La sénatrice Piedad Cordoba, chargée par les FARC de coordonner les opérations, avait affirmé la veille que la concrétisation de ces libérations aurait lieu d’ici 10 à 12 jours.
Rappelons que le gouvernement colombien a accepté les trois conditions des terroristes, qui détiennent au moins 800 otages civils : que les 6 libérables soient confiés à la sénatrice, complice avérée des FARC, que l'opération soit supervisée par le CICR, et que les appareils chargés de les transporter appartiennent à un autre pays que la Colombie. On ignore toujours qui seront les 4 militaires/policiers libérés avec Alan Jara, ex-gouverneur, et Sigifredo Lopez, ancien député. Ce dernier est l’unique rescapé de l’horrible exécution par les FARC, le 18 juin 2007, de ses 11 collègues députés de Cali cinq ans après leur séquestration.
24 JANVIER 2009
Cette précision d’importance a été apportée par Yves Heller, le porte-parole en Colombie du CICR, organisme suisse chargé par la guérilla de recevoir, avec la sénatrice Piedad Cordoba, les otages dont la libération a été annoncée le 21 décembre dernier. Fini donc le show attendu par les FARC, qui souhaitaient remettre les six hommes, outre le CICR et la sénatrice d’extrême gauche, à des médiateurs internationaux complices des rebelles, pour en faire un spectacle international, comme en 2008.
Rappelons que sur les six bénéficiaires, seuls sont annoncés les noms d’Alan Jara, ex-gouverneur, et de Sigifredo Lopez, ancien député. L’identité des quatre militaires ou soldats concernés, sur les 26 officiers otages des FARC, n’a toujours pas été diffusée par leurs tortionnaires. Ce mystère laisse donc depuis 33 jours sans dormir 26 familles qui espèrent bénéficier de cette mesure.
La logistique sera assurée par des hélicoptères du Brésil.
23 JANVIER 2009
L’attrait du prix Nobel de la Paix 2009 dont elle rêve a changé notre sénatrice colombienne d’extrême gauche ! Au lieu de monter le show souhaité par les FARC pour lui remettre six otages avec des personnalités proches de la guérilla, comme les terroristes l’avaient fait en 2008, elle vient d’annoncer sa détermination à aller avec la seule Croix Rouge chercher les séquestrés, mais sans préciser de date.
La sénatrice au turban a fait cette révélation au quotidien El Tiempo, de Bogota. « C’est un risque que j’assume face aux FARC », a-t-elle annoncé. Les rebelles auraient voulu monter un spectacle avec la présence de Hugo Chavez ou d’autres rouages des FARC au niveau international, comme le Représentant démocrate américain James McGovern, évidemment rejeté par Bogota pour ses liens avec les rebelles.
Les FARC ont annoncé le 21 décembre la libération de six otages, dont Alan Jara, ex-gouverneur, et l’ancien député Sigifredo Lopez, mais sans jamais donner le nom des quatre militaires ou policiers qu’ils veulent relâcher, ce que regrette d’ailleurs indirectement Piedad Cordoba dans ses aveux à El Tiempo.
Me revoici en action, plus que jamais, sur ce blog !
07 janvier 2009
La libération de six otages par les FARC, annoncée en décembre 2008, a été remise en cause soudainement par la surenchère habituelle des guérilleros, la nuit dernière, dans un communiqué à l'agence ANNCOL, proche des FARC et basée en Suède. Je le redoutais, et j'eûs aimé me tromper…
Le président démocratique de Colombie, Alvaro Uribe, avait-il à peine imposé la présence du CICR et accepté les conditions des FARC, soit la remise des six séquestrés à la sénatrice d’extrême gauche Piedad Cordoba, que la subversion annonçait deux exigences supplémentaires pour concrétiser ces libérations:
- La présence d’un délégué du mouvement « Colombiens pour la paix », formé de crypto-guérilleros ou sympathisants des FARC, dont les leaders trotskystes français Alain Krivine et Olivier Besancenot, deux anciens candidats à la présidence de la République française.
- La présence également d’une « personnalité démocratique d’un pays frère ou de la communauté internationale pour servir également de garant ».
La palinodie tortionnaire est devenue un gène chez les terroristes colombiens. Les FARC reviennent en arrière, et torturent les familles des 28 otages « politiques » dans une pression mentale que je connais bien pour avoir travaillé comme journaliste de l’AFP sous le régime cubain de 1979 à 1981.
Imaginez le cauchemar collectif en cours chez les proches des 28 otages, tous enchaînés depuis plus de six ans : ils redoutent désormais que les six victimes – trois policiers, un soldat, l’ex-gouverneur Alan Jara, et l’ancien député Sigifredo Lopez – restent attachés à leur arbre ad vitam aeternam. Et les noms des quatre officiers en passe de recouvrer la liberté n’ont toujours pas été révélés par les FARC !
Les terroristes sont encouragés dans leur jusqu’au-boutisme par le silence du pouvoir français, d’Ingrid B., de sa famille, des comités pro-Ingrid (dont l'ineffable Olivier Roubi) et des médias hexagonaux depuis la libération de Mme Betancur. Paris avait pourtant affirmé vouloir se battre pour tous les otages des FARC. Ce n’était qu’un vœu pieu. La presse française avait transformé en show l’arrivée en France le 3 juillet d’Ingrid Betancur, avant de taire désormais la barbarie en cours en Colombie.
Ce nouveau chantage vise à donner une publicité politique aux terroristes des FARC si les deux délégués en question participent aux opérations de libération.
Les heureux élus ne manqueront pas de vanter à tout coup les louanges d’une guérilla « humaine » avec cet acte unilatéral, quand bien même elle séquestre dans des conditions infra-humaines plus de 800 civils en plus des 28 politiques.
Aucune démocratie ne peut accepter un tel chantage. Qu’attend Nicolas Sarkozy pour le dénoncer, lui qui avait exigé la libération unilatérale de TOUS les otages l’an dernier ?
26 décembre 2008
800 otages colombiens pourrissent dans la jungle sous le joug des FARC, certains depuis ONZE ans, et six d’entre eux attendent leur libération prochaine, annoncée par les terroristes pseudo-communistes.
Cette époque sacrée, entre Noël et le Nouvel An, s’est convertie en 2008, pour les familles de ces victimes, en un martyre pire que jamais, dans l’oubli total de la communauté internationale.
Ni le pape Benoît XVI, ni Ingrid Betancur, ni le président français Nicolas Sarkozy n’auront eu le moindre mot, le jour de Noël, pour appeler les FARC à libérer leurs victimes.
La barbarie des terroristes colombiens continue sans vergogne, avec un zeste supplémentaire de cruauté : malgré l’appel des familles de militaires et soldats otages, les FARC n’ont toujours pas révélé les identités des trois officiers militaires et du gradé de la police qu’elles ont l’intention de libérer, en même temps que les anciens élus Alan Jara et Sigifredo Lopez.
Mettons-nous un instant dans la peau de ces proches. Ils ont appris depuis une semaine que les rebelles vont relâcher quatre gradés, mais ils sont au total 26 officiers aux mains des FARC. Qui va sortir de l’enfer ? Qui restera ?
Le sadisme de la guérilla se nourrit de ces horreurs. Pour le compléter, la sénatrice d’extrême gauche Piedad Cordoba, complice des FARC qui l’ont déléguée pour recevoir les six bienheureux, n’est pas en reste. Elle souhaite la présence d’une commission internationale pour cette libération, avec personne d’autre que les délégués des pays suivants : Venezuela, Equateur et Argentine. Ce sont tous des régimes ennemis de son propre pays !
Le président colombien Alvaro Uribe a déjà annoncé qu’il donnait tout pouvoir au CICR (Comité international de la Croix rouge) pour assurer ces libérations, et à personne d’autre.
Tous les autres otages, auxquels nous nous devons de penser sans relâche, sont hélas appelés à moisir davantage sous la terreur des FARC. Les rebelles ont à nouveau annoncé hier leur exigence préalable d’un mini-Etat pour négocier un échange entre leurs victimes et les guérilleros emprisonnés en Colombie.
Qu’attend notre président Nicolas Sarkozy, un an après sa supplique à « Monsieur Marulanda » en faveur d’Ingrid Betancur, pour lancer un appel à « Monsieur Alfonso Cano », nouveau chef des FARC, afin de le rencontrer et d’obtenir la libération des otages contre la reconnaissance politique d’une guérilla désormais sensible aux valeurs de l’Humanité ?