CARLOS GARCIA


05 octobre 2010
 Voici en exclusivité pour ce blog la lettre de la Franço-Colombienne Martine Jacquier adressée à Ingrid, qui n'avait jamais répondu à la première missive qu'elle lui avait envoyée quand son mari, l'ex-président du Congrès, Franco-colombien comme Ingrid, moisissait en prison à Bogota sous la fausse accusation de liens avec les paramilitaires, avant d'être libéré la semaine dernière sans aucune charge retenue contre lui:

 Merci quand même Doctora Ingrid! 

Je vais écrire ces quelques lignes en français car après tout, c’est ma langue maternelle.

Nous nous sommes sincèrement réjouis –même si nous n’avons pas eu l’occasion de te le dire personnellement-  lors de ta libération après 6 ans et demi de captivité dans l’ « enfer vert » de la jungle colombienne, aux mains de la guérilla. Je suis sûre que tu seras contente que ton ex-collègue colombo-français Carlos Garcia Orjuela, vienne d’être définitivement innocenté par la Cour Suprême de Justice, des accusations de collusion avec les milices d’extrême-droite (ici appelée parapolitique) qui pesaient contre lui. Il fut libéré ce  mercredi 29 septembre après 26 mois de détention « provisoire ». Une date que je n’oublierai pas.  

Hors de moi l’idée de comparer ces deux privations de la liberté. La condition de l’otage est une ignominie sans égal. Mais même si la vie du détenu est protégée par le système-même de la maison d’arrêt, si l’on a accès à la radio et éventuellement d’autres commodités, si l’on peut améliorer l’ordinaire alimentaire,  recevoir des visites, le préjudice moral subi par celui qui affronte des accusations aussi graves et sa famille, est considérable.

La plupart de tes connaissances s’éloignent. Les amis qui te restent se comptent sur les doigts de la main. Les médias font la sourde oreille, même si ta famille s’époumone pour proclamer ce qui s’avérera n’être…  que la vérité. Rien de ce qui te concerne, n’intéresse plus personne : que tu aies été  un bon parlementaire reconnu par de nombreux secteurs de la société et les médias, que tu aies représenté une des options électorales de choix du fait de ton profil intègre et ton efficacité,  - encore en 2006, lors des dernières élections législatives auxquelles tu aies pu participer avant de te retrouver «  au trou »-   ne signifie plus rien.

A la première dénonciation d’un ex-paramilitaire, tu deviens instantanément un « parapolitique ». Ce qui est synonyme pour l’opinion de politicien sans foi ni loi qui n’a pas hésité à passer des accords avec des criminels pour atteindre ses aspirations électorales. Peu importe que ces témoignages soient apportés par des gens condamnés -dans le cas du procès de Carlos-  à des peines oscillant entre 29 et 100 ans, disant sans ambages rechercher une remise de peine et divers avantages pour leurs déclarations quelle qu’elles soient, au titre de la « collaboration » avec la justice),  Même si à l’époque tu étais Président du Congrès et que tu n’avais absolument pas besoin du petit coup de pouce que ces illégaux auraient éventuellement pu t’apporter… Même si tu n’as physiquement pas pu te rendre fin 2001,  comme le prétendent ces messieurs,   à une quelconque réunion clandestine, car tu as reconstruit ton agenda de l’époque au millimètre près. Et que surtout, comme le montrent tes positions et ton profil de toujours, tu n’y serais jamais, au grand jamais,  allé…

Seul, le rendu de la Cour Suprême après plus de 70 heures d’audience, des milliers de preuves documentaires et le témoignage in vivo de 20 personnes au profil impeccable et d’environ 10 par écrit,  peut te rendre dans un premier temps la liberté et peu à peu, nous l’espérons , la dignité…

Je comprends bien à quel point les souvenirs de captivité peuvent te hanter. A une autre échelle, depuis mercredi, je me réveille dans la nuit et je palpe les couvertures à côté de moi, pour m’assurer que Carlos est effectivement bien là. Hier, nous avons fait une brève promenade dans le parc, tout étonnés d’avoir un tel rayon d’action. Et nous sommes allés déjeuner au nord de la ville, comme le font des milliers d’habitant de Bogota, dans un petit restaurant champêtre : j’avais oublié la chaleur du foyer, la variété de la décoration brocantée, l’éclat des géraniums. Cela faisait deux ans que tous les dimanches, je me retrouvais, à l’entrée de la prison de la Picota au Sud de Bogota,  avec les quelques 4000 femmes qui rendent visite à leur compagnon, leur frère, leur mari. Elles viennent souvent en claquettes pour faciliter la fouille et apportent dans un sac transparent, le repas du dimanche, ce dont elles se sont peut-être privées toute la semaine… Nous passerons sur la visite poignante des enfants, une fois par mois.

Le dimanche antérieur, j’avais pris une photo du dernier coup de tampon qu’on m’avait appliqué sur le poignet à l’entrée de la prison. Une mesure qui remue dans l’inconscient collectif, de douloureux souvenirs. Je voulais être sûre que ce soit le dernier. Et la providence voulut que ce fût le cas.

Bon, Ingrid, « no te quito mas tiempo » comme on dit ici en Colombie. Tu es bien occupée par la promotion de ton nouveau livre et les actions que tu ne manqueras pas de mener en faveur de ceux et celles qui sont encore séquestrés et des Libertés en général. Permets-moi une seconde de revenir sur ton premier ouvrage,   «  La rage au cœur ». Je voudrais te dire, après tout ce temps,  à quel point ton livre nous avait blessés. Mais la rage ne fait pas partie de notre mode de réaction. Nous préférons la compassion. Pour raisons de sécurité (Carlos en tant que Président du Congrès avait été déclaré comme tant de gens à l’époque, objectif militaire de la guérilla), nous étions en France en 2000-2001,  avec nos enfants qui avaient 9, 15 et 16 ans. C’est bien loin, mais je me rappelle le réconfort que je devais leur prodiguer le matin avant d’aller à l’école et moi à l’hôpital : ils en avaient assez de devoir affronter les quolibets de leurs camarades de classe, dont les parents t’avaient lue, entendue ou vue à la télé.

«  Maman, Papa n’est pas un s… corrompu ». 

«  Maman, quand est-ce qu’on pourra voir Papa, il sera là pour Noël, dis? ». Ce politicien digne qui voulait pouvoir remplir ces obligations sans exposer indument sa famille.

Ah, à propos, Ingrid, je crois que tu n’as toujours reçu la lettre que je t’avais adressée à ta Fondation pour les Libertés, ni le message correspondant sur Facebook… Sinon, tu m’aurais sûrement répondu. (mis en italique par JT) 

Enfin, heureusement,  tout s’est bien terminé. On verra d’ici quelque temps comment on pourra aider, le cas échéant,  ceux pour qui cela s’est moins bien passé.

Felicidades ! Martine 

 

04 octobre 2010 Dans cette justice de Colombie aux mains de la mafia et des FARC, la balance épargne les élus complices du terrorisme et enfonce leurs collègues s’ils ont eu des contacts avec les paramilitaires. 

La preuve en est, documents à l’appui, le silence du Parquet face aux actes de trahison à la patrie commis par Piedad Cordoba et consorts pour leur appui aux FARC, face à la violente chasse aux sorcières contre la droite du Congrès. Depuis trois ans, 60 parlementaires ont été destitués de leur poste, et nombre d’entre eux incarcérés, sur la seule accusation sans preuve d’ex-paramilitaires, détenus, d’avoir eu des contacts avec eux. L’un d’eux, le Franco-colombien Carlos Garcia Orjuela, ex-président du Congrès, en est la scandaleuse illustration. Il vient d’être libéré et absous de poursuites après avoir passé 26 mois en prison à partir de faux témoignages et de documents truqués. 

A l’inverse, aucun des élus complices de la guérilla terroriste n’a encore été emprisonné. Piedad Cordoba a été destituée et suspendue pour 18 ans du Sénat, mais continue de pérorer, en liberté, contre la décision du procureur sans même encourir la moindre poursuite pour insulte à magistrat. La justice colombienne dispose pourtant d’un élément fondamental pour engager une information judiciaire contre la sénatrice et procéder à une perquisition chez elle. L’un des documents saisis dans les ordinateurs de Raul Reyes, et cité par le procureur général Alejandro Ordonez dans ses attendus sur la destitution de la sénatrice, est une invite de Reyes au secrétariat des FARC à ce que « toute (notre) information soit envoyée sur la direction électronique piedadcordoba arobase hotmail.com, qui correspond dans nos archives à Teodora ». Dans les multiples fichiers de l’ex-n°2 des FARC éliminé en 2008, validés par Interpol, Teodora n’est autre que Piedad Cordoba, comme l’ont démontré les 144 pages du réquisitoire du Parquet contre la sénatrice. 

Pis encore, dans un entretien ce lundi avec l’hebdomadaire Semana, le procureur Ordonez révèle que « dans 80% des cas de destitution de parlementaires (pour leurs liens présumés avec les paramilitaires) , les preuves  étaient moins évidentes ».  Qu’attend la justice colombienne pour engager des poursuites pénales non seulement contre Piedad Cordoba, mais aussi contre tous les agents des FARC, comme le député Ivan Cepada, le dirigeant communiste Carlos Lozano, et bien d’autres ? Une perquisition chez la sénatrice pourra vérifier ou non l’existence de ses échanges avec les FARC. Même si elle a effacé les courriels, les spécialistes en informatique de la Dijin (police judiciaire) n’auront aucun mal à les récupérer… 

30 septembre 2010 Un nouvel épisode du scandale de la justice colombienne, gangrenée par les narcos et la guérilla, vient de se clore, cette fois dans le bon sens, avec la libération hier soir de cet ex-président du Congrès et ancien chef du parti de la U (pro-Uribe) au terme de 26 mois de prison…sans aucune charge retenue contre lui ! 

Carlos Garcia Orjuela, comme Ingrid Betancourt, était sénateur colombien. Comme elle, il a fait des études en France, où il s'est spécialisé en neurochirurgie. Il y a aussi rencontré son épouse et acquis la nationalité française par mariage, comme l'ex-candidate à la présidentielle de 2002. 

Le 25 juillet 2008, moins d'un mois après la libération d'Ingrid Betancourt, il a été arrêté par la police, alors qu'il se trouvait en vacances à Santa Marta (nord).
A l'époque, il était président du Congrès colombien et dirigeant du parti de la U, qui a porté Alvaro Uribe au pouvoir en 2002.
La Cour suprême l'avait placé en détention provisoire, l'accusant de liens avec les milices paramilitaires, le scandale dit de la “parapolitique”, alors que les complices des FARC terroristes, dont la sénatrice Piedad Cordoba, n'ont jamais été poursuivis malgré les preuves, cette fois avérées, qui les dénoncent. Le procureur délégué auprès de la Cour Suprême de justice, Jésus Villavona, avait déclaré « innocent » Carlos Garcia Orjuela le 8 septembre dernier, « pour absence de preuves, erreurs de dates et contradictions dans les témoignages d’ex-paramilitaires. »  
L'épouse française de Carlos Garcia, Martine Jacquier, qu’il a rencontrée au début des années 1980 à Lyon et avec qui il a eu trois enfants, a toujours été persuadée de son innocence et n'a eu de cesse, depuis 2008, de frapper à toutes les portes pour faire libérer son mari injustement détenu.
Après une dizaine de rendez-vous avec l'ambassadeur de France Jean-Michel Marlaud, qui a rendu plusieurs fois visite au sénateur, elle avait adressé une lettre au président Nicolas Sarkozy, dénonçant de multiples violations des droits de la défense. 

Selon l'acte d'accusation, Carlos Garcia était poursuivi pour “association de malfaiteurs agravée” et risquait jusqu'à douze ans de prison, en vertu de trois témoignages de paramilitaires repentis affirmant qu'il aurait eu deux réunions avec des chefs paramilitaires.
Pour la cour alors aux mains des narcos et de la guérilla, ces témoignages avaient suffi à l'incriminer. “Ce n'est qu'un montage”, avait affirmé à l'AFP M. Orjuela depuis sa prison.

08 septembre 2010 Le « Mur de Berlin » de la justice colombienne, aux mains des guérillas terroristes et des narcos, est-il en train de tomber comme l’annonce un journaliste indépendant, Ricardo Puentes, dans un article traduit par notre ami Yves ? 

Après le limogeage hier de la juge Angela Maria Buitrago par le procureur général, on peut y croire. Cette magistrate indigne est responsable de l’accusation, avec de faux témoignages y compris de terroristes, suivie de la condamnation à 30 ans de prison prononcée par sa collègue Maria Estela Jara, contre le colonel Alfonso Plazas Vega. Ce héros colombien avait repris le Palais de Justice de Bogota pris d’assaut par les terroristes du M-19 en novembre 1985, avec un bilan de près de cent juges tués par les rebelles et l’incendie par eux du Palais pour détruire les dossiers des trafiquants de cocaïne contre six millions de dollars payés par la mafia au M-19. Le colonel a été accusé par de faux témoins dans la disparition jamais éclaircie de onze employés de la cafétéria du Palais de Justice.


Carlos Garcia Orjuela, comme Ingrid Betancourt, était sénateur colombien. Comme elle, il a fait des études en France, où il s'est spécialisé en neurochirurgie. Il y a aussi rencontré son épouse et acquis la nationalité française par mariage, comme l'ex-candidate à la présidentielle de 2002.
Le 25 juillet 2008, moins d'un mois après la libération d'Ingrid Betancourt, il a été arrêté par la police, alors qu'il se trouvait en vacances à Santa Marta (nord).
A l'époque, il était président du Congrès colombien et dirigeant du parti de la U, qui a porté Alvaro Uribe au pouvoir en 2002.
La Cour suprême l'avait placé en détention provisoire, l'accusant, au même titre qu'une soixantaine d'élus de la majorité, de liens avec les milices paramilitaires, le scandale dit de la “parapolitique”, alors que les complices des FARC terroristes, dont la sénatrice Piedad Cordoba, n'ont jamais été poursuivis malgré les preuves, cette fois avérées, qui les dénoncent. 
Le procureur délégué auprès de la Cour Suprême de justice, Jésus Villavona, vient de  déclarer « innocent » Carlos Garcia Orjuela aujourd'hui. Il a demandé sa libération, pour absence de preuves, erreurs de dates et contradictions dans les témoignages d’ex-paramilitaires. 

L'épouse française de Carlos Garcia, Martine Jacquier, qu’il a rencontrée au début des années 1980 à Lyon et avec qui il a eu trois enfants, a toujours été persuadée de son innocence et n'a eu de cesse, depuis 2008, de frapper à toutes les portes pour faire libérer son mari injustement détenu.
Après une dizaine de rendez-vous avec l'ambassadeur de France Jean-Michel Marlaud, qui a rendu plusieurs fois visite au sénateur, elle a adressé une lettre au président Nicolas Sarkozy, où elle dénonce de multiples violations des droits de la défense.
Selon l'acte d'accusation, Carlos Garcia était poursuivi pour “association de malfaiteurs agravée” et risquait jusqu'à douze ans de prison, en vertu de trois témoignages de paramilitaires repentis affirmant qu'il aurait eu deux réunions avec des chefs paramilitaires.
Pour la cour alors aux mains des narcos et de la guérilla, ces témoignages avaient suffi à l'incriminer. “Ce n'est qu'un montage”, avait affirmé à l'AFP M. Orjuela depuis sa prison. Alain Marty, parlementaire français (UMP) chargé du groupe d'amitié France-Colombie, avait alors déclaré à l'AFP que la “présidence française” lui avait fait part de son “inquiétude quand au respect des droits de la défense de ce Franco-Colombien”.
“Je crains que, sur fonds de violation des droits de la défense, M. Orjuela ne soit victime de la guerre déclarée en Colombie entre exécutif et judiciaire”, estimait Me Philippe Valent, avocat français de l'élu, en évoquant le conflit entre la Cour suprême et l’ex-gouvernement d'Alvaro Uribe, qui accusait cette juridiction de faire le jeu de l'opposition en poursuivant ses alliés.

Après l'appel du procureur à libérer Carlos Garcia Orjuela, on attend de Bernard Kouchner, français ministre des Affaires étrangères, du Quai d'Orsay et de Nicolas Sarlozy qu'ils emploient le même acharnement que pour Ingrid Betancourt à exiger la libération immédiate de cet homme injustement détenu depuis deux ans.


 

25 mars 2010 

La dictature de la justice corrompue et infiltrée par la  guérilla se renforce de plus belle en Colombie, comme en témoigne ce nouvel épisode où trois policiers restent en prison malgré le dépassement du délai de 90 jours pour les juger dans une affaire d’écoutes téléphoniques contre le sinistre magistrat de la Cour suprême Ivan Velasquez, bien connu de mes lecteurs. 

Une série d’arguties juridiques a été utilisée par la justice pour refuser leur libération aux trois prévenus. Ils avaient monté des écoutes téléphoniques contre Velasquez, à partir d’un faux ordre judiciaire. Evidemment, ils ont commis une erreur justiciable, mais en Colombie on ne peut pas mettre sur écoutes de présumés terroristes sans un tel ordre de la justice, qui est manipulée par les mêmes terroristes, et refuse d’autoriser de tels enregistrements. 

En France, pays des droits de l’Homme, plus de 3.000 personnes ont été mises sur écoutes sous la présidence de l’ex-président socialiste Mitterrand sans aucun ordre judiciaire, et aucun des responsables n’a jamais été jeté en prison ! 

On peut comprendre, sans l’excuser même si la fin justifie les moyens, la volonté des enquêteurs colombiens d’écouter ce magistrat connu pour solliciter les témoins, quand il ne les fait pas boire de l’alcool, pour mettre en prison des députés ou sénateurs présumés coupables d’avoir eu des contacts avec des paramilitaires, sans aucune preuve ni le droit pour l’inculpé de se justifier. A aucun moment Ivan Velasquez n’a introduit la moindre poursuite contre les dangereux élus proches des FARC, comme la sénatrice Piedad Cordoba. 

Ce « Robespierre » colombien avait avoué le 26 août 2008  une grave dérive dans sa mission de juge d’instruction. Il avait reconnu à Radio Caracol avoir « bu de l’eau de vie dans un restaurant » avec une femme qu’il avait la charge d’auditionner, à Yopal, dans le département du Casanaré. Elle avait été la cuisinière de Martin Llanos, un chef local des paramilitaires. Dans une pirouette inexcusable, Ivan Velasquez avait affirmé n’avoir évoqué avec elle que « des anecdotes » sur les paramilitaires, et non pas le fond de l’affaire. On imagine mal un juge se déplacer de Bogota à Yopal, à 800 km au sud-est de la capitale, pour entendre des « blagues » dans une telle enquête politique. On comprend encore moins que son témoin soit invité par lui à boire de l’alcool (l’aguardiente fait 45°), après 20 heures, dans un bar, et non pas au siège du tribunal local. « Je ne pensais pas que cette invitation était grave, elle n’aurait effectivement pas dû avoir lieu », a-t-il reconnu finalement. Mais la justice colombienne, face à cette entorse criante au traitement normal des témoins, n’a jamais entamé la moindre poursuite contre lui. 

Ivan Velasquez avait été à nouveau mis en cause en mai 2009 après l’inique détention du Franco-colombien Carlos Garcia Orjuela, ex-président du Congrès et du parti de la U (uribiste).  

Non seulement ce neurochirurgien diplômé de l’université de Lyon est détenu depuis près de deux ans à Bogota pour de présumés liens avec la parapolitique, mais il n’a pu présenter sa défense, clame son innocence, et le magistrat Fabio Ortega, limogé par la Cour pour son excès d’indépendance, avait avoué à la radio W de Bogota qu’il « ne devrait pas être en prison ».  

 

18 février 2010 

Je reviens de plus belle dans mes commentaires sur la Colombie après mon « coup de mou » face au silence des autorités locales sur le Guaviare : 6 policiers tués par les FARC dans la caravane du candidat à gouverneur, au moment où Piedad Cordoba exigeait l’absence de survols militaires dans cette région pour permettre la libération du caporal Moncayo, toujours martyr des FARC depuis près de 13 ans, et pas encore relâché. 

Le mutisme du pouvoir et des médias de Bogota se poursuit, mais je vais enfoncer le clou : comment la présidence colombienne a-t-elle pu tolérer ce scandale, et continue de fermer les yeux sur l’activisme d’une sénatrice convaincue de complicité avec les terroristes ? 

En France, cette sénatrice serait déjà sous les verrous, rien que pour ses appels à l’insurrection lancés le 5 septembre 2008 devant le congrès de la Fédération des étudiants universitaires réuni à l’Université Nationale de Bogota. « Je vous invite à la subversion, à la rébellion », s’est-elle alors exclamée. « Le régime de Pinochet est absolument égal à ce qui se passe dans ce pays, où le régime a militarisé la vie quotidienne des Colombiens », a-t-elle encore affirmé. 

Si demain je me permets de lancer un tel appel à Paris, devant la Sorbonne, je ne donne pas cher de ma liberté. Je serai immédiatement poursuivi pour menaces contre l’Etat de droit, incarcéré, jugé et condamné. 

En Colombie, le pouvoir n’a pas bougé, a baissé la tête, et aujourd’hui, quand cette complice des FARC dénonce de présumés vols militaires dans le Guaviare, qui seraient justifiés pour détenir les auteurs des six meurtres commis par les FARC contre les gardes du corps d’un candidat à gouverneur, le silence radio continue. La presse colombienne n'en dit rien.

Quand je suis allé à Bogota en novembre dernier, j’ai dénoncé devant la télévision et la radio Caracol les agissements de Piedad Cordoba avec les FARC. Elle a annoncé alors qu’elle allait me poursuivre en justice avec un avocat colombien et un avocat français. Mais ce n’était qu’un effet de manche ! Jamais elle n’a mis à exécution ses menaces, ce que je souhaitais pour rendre publiques ses complicités avec les terroristes. Madame Cordoba, faites-le, poursuivez-moi!

En Colombie, des dizaines d’élus ou de héros croupissent en prison, comme le colonel Alfonso Plazas Vega, et l’ex-président du Congrès Carlos Garcia, à partir de faux témoignages de détenus obtenus en échange de remises de peine. Mais dans le cas de Piedad Cordoba, cette sénatrice continue de jouer un jeu macabre avec quelques martyrs des FARC alors que les 37.000 fichiers découverts dans les ordinateurs de Raul Reyes, et validés par Interpol, prouvent sa complicité avec les terroristes ! En France, ces preuves auraient suffi à la mettre en examen et en détention provisoire avant jugement. 

Qu’attendent le président, et son ministre de la Justice, pour porter plainte contre atteinte à la sécurité de l’Etat ?

14 novembre 2009

Voici un papier de l'AFP depuis Bogota: 

A peine refermé le dossier de la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, l'ambassade de France à Bogota s'est trouvée face à une affaire presque aussi sensible: celle de « Carlos Garcia Orjuela », Franco-Colombien incarcéré pour liens présumés avec les paramilitaires.
Carlos Garcia Orjuela, comme Ingrid Betancourt, était sénateur. Comme elle, il a fait des études en France, où il s'est spécialisé en neurochirurgie. Il y a aussi rencontré son épouse et acquis la nationalité française par mariage, comme l'ex-candidate à la présidentielle de 2002.
Le 25 juillet 2008, moins d'un mois après la libération d'Ingrid Betancourt, il a été arrêté par la police, alors qu'il se trouvait en vacances à Santa Marta (nord).
A l'époque, il était président du Congrès colombien et dirigeant du parti de la U, qui a porté Alvaro Uribe au pouvoir en 2002.
La Cour suprême l'a placé en détention provisoire, l'accusant, au même titre qu'une soixantaine d'élus de la majorité, de liens avec les milices paramilitaires, le scandale dit de la « parapolitique ».
Selon le parquet, Carlos Garcia, aurait passé, comme d'autres élus, un accord de soutien mutuel avec ces milices d'extrême droite.
Le mécanisme, qui s'est reproduit aux quatre coins de la Colombie consistait pour les paramilitaires à exercer des pressions sur la population afin qu'elle vote en faveur du candidat de leur choix.
En échange de cette aide, ils s'assuraient un contrôle presque militaire du territoire et l'impunité pour leurs trafics, y compris de drogue.
Lorsque ces accords passés au début des années 2000 commencèrent à être révélés, la justice entamait le processus qui a mis au jour les crimes de ces milices dissoutes entre 2003 et 2006: plus de 20.000 morts depuis la fin des années 1980.
Mais l'épouse française de Carlos Garcia, Martine Jacquier, rencontrée au début des années 1980 à Lyon et avec qui il a eu trois enfants, est persuadée de son innocence et n'a de cesse, depuis 2008, de frapper à toutes les portes.
Après une dizaine de rendez-vous avec l'ambassadeur de France Jean-Michel Marlaud, qui a rendu plusieurs fois visite au sénateur, elle a adressé une lettre au président Nicolas Sarkozy, où elle dénonce de multiples violations des droits de la défense.
Selon l'acte d'accusation, Carlos Garcia est poursuivi pour « association de malfaiteurs agravée » et risque jusqu'à douze ans de prison, en vertu de trois témoignages de paramilitaires repentis affirmant qu'il aurait eu deux réunions avec des chefs paramilitaires.
Pour la cour, ces témoignages suffisent à l'incriminer. « Ce n'est qu'un montage », affirme à l'AFP M. Orjuela de sa prison, estimant que cette juridiction cherche à faire un exemple.
L'ambassade de France n'a pas souhaité faire de commentaires. Mais Alain Marty, parlementaire français (UMP) chargé du groupe d'amitié France-Colombie, a déclaré à l'AFP que la « présidence française » lui avait fait part de son « inquiétude quand au respect des droits de la défense de ce Franco-Colombien ».
« Je crains que, sur fonds de violation des droits de la défense, M. Orjuela ne soit victime de la guerre déclarée en Colombie entre exécutif et judiciaire », estime Me Philippe Valent, avocat français de l'élu, en évoquant le conflit entre la Cour suprême et le gouvernement d'Alvaro Uribe, qui accuse cette juridiction de faire le jeu de l'opposition en poursuivant ses alliés.
Une première audience devrait avoir lieu début décembre, a précisé Me Valent à l'AFP.

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