BERNARD KOUCHNER

22 octobre 2010

par Jean-Pierre Tailleur, journaliste franco-argentin et auteur de l’essai ‘Bévues de presse’

(publié dans www.enquete-debat.fr )

Les médias ont engendré et occulté un malaise, une affaire Betancourt. Il est temps de débattre, en France, au sujet de ce cas d’école peu reluisant pour le métier d’informer et inquiétant pour la communication citoyenne.

Ingrid Betancourt est sortie une nouvelle fois de l’ombre cet automne 2010, deux ans après la fin de sa captivité hyper-médiatisée. La parution le 21 septembre, dans une dizaine de pays, de Même le silence a une fin, ses mémoires des années de détention par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), a fait réémerger cet étrange objet médiatique «IB». Détaché du contexte socio-politique sud-américain qui en a fait sa légitimité, le phénomène a de nouveau frappé en France tout particulièrement. Pendant deux semaines, on a reproduit les mauvaises pratiques journalistiques répétées depuis une décennie, sans tirer les leçons des erreurs passées.

Le récit de Betancourt, long de près de 700 pages, très personnel et souvent poignant, a été amplement résumé dans la presse écrite ou dans des émissions de télévision et de radio de grande écoute, sans être contredit. L’ancienne otage des FARC y raconte son enlèvement le 23 février 2002, ses tentatives d’évasion et ses plus de six années et quatre mois de galère dans la jungle. La Franco-colombienne sera libérée avec 14 autres prisonniers début juillet 2008, au cours d’une opération militaire ayant tous les ingrédients d’un film d’action. Cet épilogue mettra également fin aux gesticulations maladroites du gouvernement français, dont l’égoïsme et l’arrogance à l’égard de la Colombie ont généralement été occultés par les rédactions françaises.

Des dizaines d’otages «politiques» – sans compter les «économiques» pour les rançons – vivent encore le calvaire de Betancourt dans l’indifférence des mêmes journalistes. On nous avait pourtant dit que la médiatisation du cas IB contribuait à ne pas oublier les autres victimes. Le livre est d’ailleurs sorti au moment même où l’État colombien remportait un nouveau succès contre les FARC, sans que la presse française ne mette l’histoire personnelle de Betancourt dans ce contexte. La mort de Víctor Julio Suárez, alias Jorge Briceño ou le «Mono Jojoy», abattu pendant une opération militaire lancée ce même 21 septembre 2010, a été peu traitée en effet. Cette étanchéité, entre d’une part le décès (dans des circonstances qui méritent d’être éclaircies) de l’un des principaux ravisseurs de Betancourt, et d’autre part la parution concomitante de son nouveau livre, est révélatrice. Elle illustre des pratiques qui nuisent à l’information du public tout en prétendant le contraire.

Même les journaux les plus sérieux semblent parfois fonctionner comme les programmes de télé réalité. A l’égard de la Colombie comme avec d’autres pays «exotiques», ils n’ont alors d’yeux et d’oreilles que pour les douleurs ou les exploits d’individus qui ont fait l’objet d’un casting préalable et contestable. La couverture asymétrique des actualités labellisées IB et du conflit encore en cours au nord des Andes aurait dû créer des controverses au moins aussi retentissantes que celles suscitées par ces émissions, si critiquées au moins, elles.

On l’a vu aussi avec les 33 mineurs chiliens, dont le sauvetage n’a pas permis de mieux connaitre leur pays, en dépit d’une illusion entretenue par sa sur-médiatisation. Ou encore avec Diego Maradona depuis trois décennies, par rapport à l’Argentine. Cet intérêt pour l’Amérique latine depuis une perspective avant tout «people», ne rend-il pas «peu disponibles» les cerveaux pour les questions de plus grand importance (pour reprendre une expression popularisée par un ancien patron de TF1)? Le divertissement par l’information, auquel a souvent donné lieu le phénomène IB, nuit plus par son impact sur les citoyens instruits et responsables, que les jeux ouvertement destinés à un public futile.

Un traitement médiatique spécial

Betancourt commence à être sur-médiatisée en 2001, peu avant son rapt par les FARC, quand sort son premier livre La rage au cœur. Il s’agit un coup marketing très réussi de l’éditeur parisien Bernard Fixot, truffé de postures et d’accusations mal étayées sur la situation politique en Colombie. L’hystérie IB, dont les prémices se situent à ce moment, s’explique davantage par cette campagne éditoriale que par les attaches de l’auteur avec la France. Pour preuve, le sort de Français victimes comme Betancourt, de groupes terroristes de la région, a été complètement ignoré. Notamment ceux d’Aïda Duvaltier, enlevée un an avant elle et morte en captivité, et de Marc Beltra, étudiant disparu dans le sud de la Colombie en 2003. Ou encore celui de Christophe Beck, décédé récemment dans une indifférence générale lui aussi. Etabli au Venezuela et séquestré durant plus d’un an en 2005-06 par l’ELN (Armée de libération nationale), ce dernier a même raconté ses malheurs dans un livre intitulé L’otage oublié, paru en février 2009.

Depuis que les radios rapportent les affaires à tiroir de la milliardaire Liliane Bettencourt, les auditeurs doivent parfois attendre quelques secondes avant d’éviter la confusion. Mais au-delà de l’homophonie, il y a aussi des similarités entre les sommes hors normes dont jouit l’héritière de L’Oréal, et l’espace immense réservé à Betancourt dans la sphère médiatique. L’ancienne otage reste présentée comme une égérie en France – des lieux publics portent toujours son nom – malgré une image ternie par certains de ses anciens codétenus, et les remarques majoritairement acerbes du public dans les forums. Sa récente demande d’indemnisation, démesurée, à l’Etat qui l’a libérée de la bande criminelle alors que son enlèvement se devait surtout à son imprudence, a également été mise à son passif.

Ces bémols ont été rappelés, sans insistance, lors des entretiens publiés ou diffusés durant la promotion de Même le silence a une fin. Mais ils ont surtout eu pour effet d’alimenter la scénarisation de l’image de l’ex-députée et sénatrice, comme les disputes entre participants dans les émissions de télé réalité. Ces réserves ont permis de mettre du sel dans les interviews, en effet, sans que le traitement médiatique IB ne soit remis en question.

Une histoire qui a démarré il y a bientôt dix ans

Alvaro Uribe

Au début du millénaire, les journaux français font d’abord de la future otage un acteur politique majeur de la Colombie, une héroïne voire même une présidentiable plausible. Or, candidate aux élections de 2002, elle est créditée d’un nombre négligeable d’intentions de votes au moment de sa séquestration, à moins de trois mois du scrutin. Ensuite, durant sa captivité, les familles Betancourt et Delloye (du nom de l’ex-mari de l’otage et de ses enfants) désinforment sur la réalité colombienne. Elles ont constamment un accès privilégié aux médias, et les instrumentalisent afin de diaboliser Alvaro Uribe. Le tort du président, démocratiquement élu peu après l’enlèvement, est de se montrer ferme avec les guérilleros. Il a certainement ses parts d’ombre avec les paramilitaires et d’autres alliés infréquentables, mais les rédactions ne font généralement pas le travail de préciser ce qui est vrai et ce qui est faux dans ces accusations.

La plupart des intellectuels, des journalistes et des artistes – le chanteur Renaud notamment – qui apportent un soutien aveugle et exclusif à la défense légitime de la captive, se comportent de façon irresponsable. Ce lobbying jouant sur l’émotion, comme en télé réalité mais avec des conséquences plus inquiétantes, n’hésite pas à rendre Uribe encore plus coupable que les FARC. Les Betancourt-Delloye sont les «idiots utiles» d’un mouvement classifié comme terroriste par l’Union européenne, tandis que les médias français deviennent les leurs. Le manque relatif de reportages approfondis ou de commentaires correctifs sur le conflit colombien n’a jusqu’à présent pas fait l’objet de questionnements sérieux, y compris dans les essais prétendant dénoncer le maljournalisme à la française.

Pendant des années, les émissions, les articles, les points de vue sur la Colombie apportent rarement les nuances nécessaires aux attaques contre Uribe (dont le père a été assassiné par les FARC en 1983). On s’interdit d’expliquer les contraintes de la multiplication des enlèvements et de la lutte anti-terroriste. Les journalistes et chroniqueurs en tous genres, notamment dans les émissions d’info-divertissement, acceptent d’être eux aussi des otages en quelque sorte. Ceux d’une source principale, une famille avant tout soucieuse de libérer «sa» prisonnière des FARC, qui va parfois romantiser ce groupe de délinquants.

Certains reporters et commentateurs produisent un travail équilibré de mise en contexte, mais ils sont réduits au silence, parfois de force. J’ai notamment le souvenir d’une émission d’actualité politique pourtant intitulée «Revu et corrigé», durant laquelle Paul Amar interroge deux journalistes de retour de Colombie, auteurs d’un reportage sur les FARC diffusé par le magazine VSD. Le présentateur ne veut pas les entendre expliquer pourquoi selon eux, IB tient alors plus du «microcosme parisien» que d’un enjeu majeur dans un pays gangrené par des vastes zones de non-droit (France 5, le 12 avril 2008). Révéler une information qui sort des clous fixés par le consensus ambiant est une mission quasi-impossible. A comparer avec la facilité avec laquelle, en sens inverse, on s’indignera des médias chinois qui n’informent pas sur l’attribution du prix Nobel de la paix…

Les personnes pouvant enrichir l’information avec un éclairage différent, quitte à le contester, ne manquent pourtant pas, même en France. Il s’agit notamment d’Eduardo Mackenzie, journaliste colombien basé à Paris, et de Jacques Thomet, ancien chef du bureau de l’Agence France Presse à Bogota. Pendant la captivité de Betancourt, le premier écrit un somme historique remarquable, Les FARC ou l’échec d’un communisme de combat, tandis que le second publie une enquête très bien documentée sur les scandales liés au phénomène IB, Ingrid Betancourt: histoire de cœur ou raison d’Etat? Les médias n’interrogent que très rarement des connaisseurs du dossier comme eux, permettant de compléter les points de vue des Betancourt-Delloye et de rappeler à l’ordre la diplomatie française. Ils pratiquent la censure, préférant solliciter les avis convenus des comités de soutien, dont les porte-paroles sont catapultés experts de la Colombie. Leurs propos, souvent angéliques pour ne pas dire niais, sont eux aussi généralement pris pour argent comptant.

Des sources et des scandales occultés

Dés le début de la détention, les rédactions fautent par passivité et par excès d’émotion. Comme l’expliquera Mackenzie dans son essai El enigma IB (publié en décembre 2008 dans son pays), «les livres, éditoriaux, reportages et commentaires lucides et courageux» font «exception» chez les «journalistes et intellectuels français». Par exemple, les rédactions ne réagissent pratiquement pas à la couteuse tentative de sauvetage, façon «pieds nickelés», lancée par Dominique de Villepin en juillet 2003 dans la forêt amazonienne.

A cette époque, le futur chef du gouvernement, alors ministre des Affaires étrangères, est pourtant au centre d’un conflit d’intérêt et d’un couac diplomatique méritant la une de tous les journaux. Proche de Betancourt, il vient de provoquer une crise avec le Brésil et la Colombie, leurs présidents n’ayant pas été informés de l’envoi sur leurs sols d’une équipe d’agents français transportés par avion militaire. Thomet revient en détail sur ce scandale dans son livre, paru en janvier 2006, mais les médias – même ceux qui ne s’intéressent qu’à la politique politicienne – négligent aujourd’hui encore ce gros caillou dans les chaussures du présidentiable Villepin. De même, ils restent apathiques devant le fait que la sœur de l’otage partage sa vie avec le directeur des Amériques au Quai d’Orsay, ancien ambassadeur en Colombie. D’ordinaire, des conflits d’intérêt bien moins problématiques arrivent à semer le trouble…

Les pressions de Paris pour libérer Betancourt redoublent avec l’élection de Nicolas Sarkozy, début mai 2007. Dés l’annonce de sa victoire, le nouveau président fait de IB une cause nationale et reçoit la famille de la captive (en s’engageant aussi pour les infirmières bulgares détenues en Lybie). Les commentateurs ne s’interrogent pas sur cette priorité accordée aux malheurs d’une otage qui représente si peu en Colombie et presque rien en France, si ce n’est dans la sphère médiatique. Les gardiens de la morale républicaine préfèrent concentrer leur indignation sur la fête organisée au restaurant Le Fouquet’s sur les Champs Elysées, le soir de l’élection. La focalisation sur IB de la nouvelle présidence a pourtant une dimension «people» elle aussi, qui mérite d’être soulevée par la presse sans minimiser les malheurs de l’otage.

Hugo Chavez

Sarkozy aurait pu suivre les recommandations d’un papier rare, publié un mois plus tard dans Le Monde. «La Colombie est une démocratie libérale, sans comparaison avec, par exemple, ce que semble vouloir instaurer Hugo Chavez dans le Venezuela voisin», explique Stephen Launay, chercheur associé à l’Institut des hautes études d’Amérique latine (édition datée du 7 juin 2007). «La France semble vouloir dépasser les cafouillages antérieurs (la tentative ubuesque de sauvetage d’Ingrid Betancourt sans consultation des autorités colombiennes en juillet 2003). Elle continue toutefois de résumer la Colombie à la terrible affaire Betancourt qui devrait être remise dans son contexte (près de 700 personnes enlevées en 2006)».

Les faux (premiers) pas de Sarkozy

Cet avertissement passe inaperçu, et sur la place publique, on se garde bien de critiquer l’axe Elysée-IB en train de se substituer à la politique latino-américaine de la France. Même chez les plus acerbes détracteurs du sarkozisme, on a jusqu’à présent rarement relevé une telle incongruité. Les faux-pas se sont accumulé pourtant, dans l’indifférence de rédactions plus promptes a blâmer le moindre «casse toi pauv’con» prononcé par le chef de l’Etat (en réaction à une agression verbale).

Durant la première année de sa présidence, Sarkozy et son ministre Bernard Kouchner poussent Bogota à faire les concessions les plus insensées en vue d’un «échange humanitaire», sans que les médias parisiens ne bronchent vraiment. Le 20 novembre 2007, le président Chavez, auto-propulsé médiateur à succès des FARC, est même reçu à l’Elysée. Alexandre Adler, sur France Culture, est une des rares voix qui invitent le gouvernement français à ne pas déstabiliser Uribe en faisant le jeu de son voisin vénézuélien, accusé de soutenir les guérilleros. Mais ce type de critique, provenant d’un ennemi déclaré du «chavisme» et de ses appuis chez les alter-mondialistes français, est prévisible. A l’instar des billets d’Ivan Rioufol dans Le Figaro ou d’une tribune d’intellectuels pour la plupart étrangers et «connotés» eux aussi, publiée par Libération.

Ces points de vue perçus comme partisans ont moins de chances de sensibiliser l’opinion, et de pousser les décideurs politiques vers plus de réalisme. Il en est de même avec le commentaire isolé d’un journaliste mexicain, interviewé par la chaine d’information continue France 24, s’étonnant que Sarkozy et Chavez se rencontrent pour une affaire mineure malgré leurs profonds désaccords sur l’Iran. Cela mérite au moins un mini-débat.

Les pays européens rechignent à recevoir le controversé président vénézuélien, à quelques exceptions près comme le régime biélorusse. Sarkozy le fait pour des raisons douteuses au niveau humanitaire et ridicules sur un plan géostratégique. Chavez arrive d’ailleurs les mains vides à l’Elysée, n’apportant rien de consistant sur Betancourt, suite à quoi Uribe lui retire son mandat de médiateur avec les FARC. Mais conditionné par l’activisme des Betancourt-Delloye et protégé par l’apathie des médias, Sarkozy demande au président colombien de revenir sur sa décision sans craindre d’être critiqué. On imagine ce qu’on dirait, en France, si un Silvio Berlusconi se mêlait ainsi du règlement de la question corse…

Des couacs et mensonges par omission à répétition

Durant des années, les médias français ont globalement minimisé la culpabilité des FARC, ignoré l’irresponsabilité de Paris dans ses contacts avec Bogota, et gardé le silence lorsque les faits ne correspondaient pas au tableau imposé au public. Les exemples se sont accumulés dans la foulée des pieds nickelés de Villepin, envoyés en mission pour une urgence plus privée qu’humanitaire. Pas d’indignation lorsque plus tard, le Premier ministre François Fillon se dira prêt à recevoir en France des «prisonniers politiques» colombiens si les FARC libèrent Betancourt. Ou quand un proche de la captive assimilera les objectifs des guérilleros sud-américains avec la cause palestinienne.

La liste est longue. Pas d’objections non plus après les appels de Kouchner à reprendre des négociations vouées à l’échec. Ou lorsque durant des mois, un immense poster placardé devant l’Hôtel de ville de Paris prête à confusion, insinuant que Betancourt est une détenue politique de la Colombie. Silence quand sur une grande radio, le ministre des Affaires étrangères qualifie de «mauvaise nouvelle» la mort d’un chef des FARC. Mutisme quand le président brésilien Lula, lors d’une rencontre au sommet en Guyane avec Sarkozy, lui demande d’arrêter d’interférer dans les affaires d’Uribe. Discrétion sur les manifestations contre les FARC organisées dans de nombreux pays, ou sur l’assassinat par ces derniers de 11 députés otages. Apathie médiatique quand il est clair que la libération d’un cadre du mouvement terroriste, demandée par Paris, n’a servi à rien. Etc. Dans son ensemble, la presse française fait passer la compassion avant l’information, abandonnant sa mission de contre-pouvoir et se contentant de reproduire la version officielle en dissimulant tout élément qui peut la contredire, ou simplement la nuancer.

Suite à ces bévues, répétées de façon passive ou active, les rédactions se montreront également incapables d’un minimum d’autocritique (laquelle aurait également permis de saluer les rares reportages ou commentaires pertinents et honnêtes). Certes, après l’annonce de la libération de Betancourt, le 2 juillet 2008, une partie de la presse blâmera enfin le gouvernement pour la gestion de «son» problème colombien. Les faits ayant donné raison à la fermeté d’Uribe, L’Express soulignera un «échec de la diplomatie» française (dans son numéro daté du 10 juillet). Mais cette critique reste sur le terrain politique, et l’hystérie médiatique se poursuit, atteignant des sommets au moment de ce dénouement.

La corporation des journalistes n’est toujours pas revenue sur ses fautes autour du cas IB. Il suffisait pourtant de lire les réactions de lecteurs dans les sites des journaux ou des émissions, en contradiction avec ce qui avait été dit ou raconté dans leurs espaces d’information, pour prendre la mesure des reproches qui pouvaient leur être fait.

La défaite des critiques du journalisme français

Ce maljournalisme moutonnier, et sourd aux réprobations de son public, méritait d’être débattu sans attendre la fin, heureuse ou pas, de la séquestration. Il est devenu un cas d’école sur le manque de professionnalisme et l’excès d’émotion dans le traitement de l’actualité. Mais ses effets, particulièrement néfastes sur les décideurs politiques trop sensibles à l’exposition médiatique, ne sont même pas discutés dans les instituts de journalisme. L’émission Arrêt sur images l’a pourtant traité le 10 juin 2007, peu avant de disparaitre des programmes de France 5 et d’adopter un profil bas sur Internet. L’équipe de ce rendez-vous hebdomadaire, animé par Daniel Schneidermann et consacré à la critique du journalisme, a évoqué l’absence de remises en cause des propos des Betancourt-Delloye, et même un «syndrome de Stockholm» vis-à-vis des FARC. Mais ces remarques, au demeurant tardives, seront une exception qui confirme la règle.

Ingrid Bétancourt

Même Schneidermann semble les avoir oubliées dans sa chronique de Libération du 7 juillet 2008. Il y concentre ses attaques sur la religiosité affichée de Betancourt quand elle réapparait vivante, et sur la récupération par Sarkozy – avec la complicité de ses alliés dans les médias – d’un événement qui lui a totalement échappé au bout du compte. Au Monde, le visage de Betancourt continue de figurer dans la première page du site internet pendant plus de six mois, sans que les journalistes du quotidien ne semblent s’en étonner.
Plus grave, aucune critique du journalisme français parue ces dernières années ne s’intéresse à ces bévues. Même les plus promptes à stigmatiser la promiscuité de Sarkozy avec les médias, ignorent l’omerta sur une diplomatie consternante, centrée sur le sort d’un otage au détriment d’un subcontinent de plusieurs centaines de millions d’habitants. Frappés du même aveuglement que le gouvernement et la presse, les essayistes ne tentent pas de tirer les leçons de ce fiasco informatif. Leurs livres ressassent les mêmes histoires, du reproche fait aux éditorialistes «oui-istes» lors du referendum de 2005 pour le Traité européen, à «l’affaire du RER D» (du nom du train où une fausse attaque antisémite fut médiatisée en 2004). Comme «Timisora» pendant deux décennies (se référant aux mensonges sur le nombre de morts durant la révolution roumaine de 1989), ces critiques s’appuient essentiellement sur des exemples déjà connus, politiquement corrects, et plus anodins pour les rédactions que le malaise traduit par «IB».
J’ai noté une exception avec un livre au titre évocateur, Les journalistes français sont-ils si mauvais? Dans ce pamphlet confus et peu rigoureux, paru en mars 2009 et parrainé par la crème de la profession, son auteur François Dufour – un des principaux rédacteurs du «Livre vert» sur les problèmes de la presse écrite publié peu avant – aborde IB sur une question dérisoire. Il critique le choix éditorial de France 2 qui, dans un journal télévisé, a mis en avant les attaques de Ségolène Royale contre la récupération par Sarkozy de la libération de Betancourt. La sortie de l’ancienne candidate socialiste contre le président était justifiée pourtant, et en parler ne constituait pas en soi un exemple de partialité. Cela permettait à France 2 de corriger l’unanimisme officiel, bien qu’il eût été préférable que la chaîne fasse une longue enquête sur des mois de désinformation… L’autisme et les fautes récurrentes des médias n’ont pas non plus semblé troubler Dufour et ses pairs.

Une promotion éditoriale à sens unique

La publication de Même le silence a une fin, édité par Gallimard, offre une occasion de réfléchir enfin sur ces travers dus à un manque de curiosité et de reportage. Mais les médias se gardent bien, cela reste une constance, de faire la moindre introspection sur cette affaire. Ils se focalisent sur les conditions de détention, sur les souffrances physiques et morales endurées. Le cas de l’ex-otage franco-colombien est singularisé, mimant l’approche très personnelle adoptée dans son récit, sans que les intervieweurs ne montrent d’intérêt pour ce qui se passe actuellement en Colombie. La menace terroriste encore présente, les débuts du nouveau président Juan Manuel Santos (ancien ministre de la défense qui a piloté la libération de Betancourt), sortent des radars de la plupart de ceux qui présentent au public français un long récit sur la vie sous l’emprise des FARC.

Jean-Pierre Elkabbach fait un peu exception durant son émission matinale d’Europe 1, en faisant référence à la mort du Mono Jojoy au début de sa conversation avec l’auteur (4 octobre). Et au moment où le député socialiste Arnaud Montebourg traite TF1 de télévision crétine et délinquante, la note la plus juste que je peux lire ou entendre vient de Vincent Hervouet, interrogé par Thierry Ardisson sur Canal Plus (2 octobre). Le responsable des informations internationales de la première chaine et de sa petite sœur LCI rappelle que «les Colombiens avaient raison» face à une France maladroite dans ses négociations avec les FARC.

A de rares exceptions près, du «Grand journal» de Canal Plus au «20 Heures» de TF1, de France Culture au Monde et au Nouvel observateur, on suit à la lettre un argumentaire redondant, rêvé pour Gallimard. On ne revient pas sur les mensonges des Betancourt-Delloye et sur les bévues de la presse ou du gouvernement français. On ne relance pas l’ancienne captive lorsqu’elle donne des explications peu convaincantes sur sa demande d’indemnité. Franz-Olivier Giesbert parle d’un «très grand livre» qui «sera un classique, c’est clair!», lorsqu’il l’accueille dans son magazine politico-culturel de France 2 (1 Octobre 2010). Cette «antidote à l’ingridophobie ambiante», comme cela est dit aussi au cours de l’émission, fait déjà partie de la littérature concentrationnaire à entendre les critiques. Primo Levi ou Alexandre Soljenitsyne ont toutefois produit des témoignages autrement plus riches, car moins individualistes, sur la genèse des crimes décrits.

Robert Ménard, ancien président de Reporters sans frontières (RSF) aujourd’hui chroniqueur multicartes, tient un discours qui en dit beaucoup sur le malaise IB, mais de façon voilée. Dans un de ses billets hebdomadaires de RTL, il présente l’ex-otage comme une «grande bourgeoise qui se passionnait avant tout pour les intrigues de la politique française», en qui les électeurs pouvaient mal se retrouver (25 septembre). «On ne voulait pas entendre les Colombiens qui nous rappelaient qu’il y avait des dizaines, des centaines, des milliers d’otages comme elle, dont on parlait si peu», ajoute Ménard. «Nous avons construit une Ingrid Betancourt qui correspondait surtout à l’image que nous nous faisons de la victime, une sorte de sainte laïque très loin de la réalité».

Des outrances exprimant un malaise

Maintenant comme avant juillet 2008, pourquoi la presse ne l’a-t-elle pas souligné, à commencer par la revue spécialisée Médias, que dirige Ménard? Le fondateur de RSF évoque aussi les «malentendus d’aujourd’hui» autour d’une ex-otage «enfermée dans sa foi, tournée vers les puissants de ce monde, d’une sincérité parfois très calculée». Il serait plus juste de parler de malaise, voire même d’affaire médiatique IB, ces dénonciations vagues, tardives et anti-catholiques proférées sur RTL en étant une illustration.

De son côté, Laurent Ruquier ironise sur une «Madame Ingrid Betancourt» dont on dit qu’elle vit «quasiment sous le seuil de pauvreté», pendant son émission de grande écoute diffusée le samedi soir («On n’est pas couché», France 2, le 25 septembre). «Elle n’a pas dû beaucoup dépenser pendant six ans, faut pas déconner non plus!», commente l’humoriste sous les applaudissements et les rires. «On se demande si ce n’est pas ses preneurs d’otages, qui ne devraient pas être indemnisés pour l’avoir gardée pendant six ans.»

Entre la complaisance aveugle d’un maljournalisme de télé réalité, les moqueries outrancières des chansonniers et les insultes diffusées dans les forums d’internet, il manque un chainon. Celui d’une information responsable, qui approche la réalité sans s’interdire les angles qui dérangent. Ce renoncement et ce brouillage des médias français, remarquablement illustré par le cas IB, est fréquent face à des questions socio-économiques autrement plus fondamentales, de la reforme des retraites à la délinquance des jeunes… et aux défaillances de la presse.

Jean-Pierre Tailleur

25 septembre 2010 

Cette révélation, œuvre de mes lecteurs, relève du scandale d’Etat. Comment le pouvoir français, intransigeant avec les Roms qu’il expulse vers la Roumanie et la Bulgarie alors qu’ils sont des Européens, peut-il tolérer la présence sur notre territoire, en Bretagne, de la Radio Café Stéréo, antenne de la guérilla terroriste des FARC en Colombie ? 

Ses animateurs, tous des « exilés » politiques colombiens (dixit le quotidien communiste français L’Humanité), sont rattachés à leur siège situé à Stockholm, Suède, pays membre de l’Union Européenne. J'ai déjà dénoncé depuis longtemps cette tolérance coupable des Suédois face à cette radio, installée dans les locaux de l'agence terroriste ANNCOL dans la capitale nordique.

Cette Radio, présente depuis quatre ans en Bretagne, a même disposé d’un stand officiel à la récente fête de l’Humanité pour y faire sa propagande, sans susciter la moindre réaction, ni du pouvoir sarkozyste, ni des médias. 

L’ambassade colombienne à Paris, toujours aussi muette, n’a pas émis la moindre protestation jusqu’ici contre ce scandale politique. C’est comme si Paris acceptait d’héberger une radio  des talibans afghans.

Qu'en disent nos élus, de gauche ou de droite ?

A suivre… 

08 septembre 2010 Le « Mur de Berlin » de la justice colombienne, aux mains des guérillas terroristes et des narcos, est-il en train de tomber comme l’annonce un journaliste indépendant, Ricardo Puentes, dans un article traduit par notre ami Yves ? 

Après le limogeage hier de la juge Angela Maria Buitrago par le procureur général, on peut y croire. Cette magistrate indigne est responsable de l’accusation, avec de faux témoignages y compris de terroristes, suivie de la condamnation à 30 ans de prison prononcée par sa collègue Maria Estela Jara, contre le colonel Alfonso Plazas Vega. Ce héros colombien avait repris le Palais de Justice de Bogota pris d’assaut par les terroristes du M-19 en novembre 1985, avec un bilan de près de cent juges tués par les rebelles et l’incendie par eux du Palais pour détruire les dossiers des trafiquants de cocaïne contre six millions de dollars payés par la mafia au M-19. Le colonel a été accusé par de faux témoins dans la disparition jamais éclaircie de onze employés de la cafétéria du Palais de Justice.


Carlos Garcia Orjuela, comme Ingrid Betancourt, était sénateur colombien. Comme elle, il a fait des études en France, où il s'est spécialisé en neurochirurgie. Il y a aussi rencontré son épouse et acquis la nationalité française par mariage, comme l'ex-candidate à la présidentielle de 2002.
Le 25 juillet 2008, moins d'un mois après la libération d'Ingrid Betancourt, il a été arrêté par la police, alors qu'il se trouvait en vacances à Santa Marta (nord).
A l'époque, il était président du Congrès colombien et dirigeant du parti de la U, qui a porté Alvaro Uribe au pouvoir en 2002.
La Cour suprême l'avait placé en détention provisoire, l'accusant, au même titre qu'une soixantaine d'élus de la majorité, de liens avec les milices paramilitaires, le scandale dit de la “parapolitique”, alors que les complices des FARC terroristes, dont la sénatrice Piedad Cordoba, n'ont jamais été poursuivis malgré les preuves, cette fois avérées, qui les dénoncent. 
Le procureur délégué auprès de la Cour Suprême de justice, Jésus Villavona, vient de  déclarer « innocent » Carlos Garcia Orjuela aujourd'hui. Il a demandé sa libération, pour absence de preuves, erreurs de dates et contradictions dans les témoignages d’ex-paramilitaires. 

L'épouse française de Carlos Garcia, Martine Jacquier, qu’il a rencontrée au début des années 1980 à Lyon et avec qui il a eu trois enfants, a toujours été persuadée de son innocence et n'a eu de cesse, depuis 2008, de frapper à toutes les portes pour faire libérer son mari injustement détenu.
Après une dizaine de rendez-vous avec l'ambassadeur de France Jean-Michel Marlaud, qui a rendu plusieurs fois visite au sénateur, elle a adressé une lettre au président Nicolas Sarkozy, où elle dénonce de multiples violations des droits de la défense.
Selon l'acte d'accusation, Carlos Garcia était poursuivi pour “association de malfaiteurs agravée” et risquait jusqu'à douze ans de prison, en vertu de trois témoignages de paramilitaires repentis affirmant qu'il aurait eu deux réunions avec des chefs paramilitaires.
Pour la cour alors aux mains des narcos et de la guérilla, ces témoignages avaient suffi à l'incriminer. “Ce n'est qu'un montage”, avait affirmé à l'AFP M. Orjuela depuis sa prison. Alain Marty, parlementaire français (UMP) chargé du groupe d'amitié France-Colombie, avait alors déclaré à l'AFP que la “présidence française” lui avait fait part de son “inquiétude quand au respect des droits de la défense de ce Franco-Colombien”.
“Je crains que, sur fonds de violation des droits de la défense, M. Orjuela ne soit victime de la guerre déclarée en Colombie entre exécutif et judiciaire”, estimait Me Philippe Valent, avocat français de l'élu, en évoquant le conflit entre la Cour suprême et l’ex-gouvernement d'Alvaro Uribe, qui accusait cette juridiction de faire le jeu de l'opposition en poursuivant ses alliés.

Après l'appel du procureur à libérer Carlos Garcia Orjuela, on attend de Bernard Kouchner, français ministre des Affaires étrangères, du Quai d'Orsay et de Nicolas Sarlozy qu'ils emploient le même acharnement que pour Ingrid Betancourt à exiger la libération immédiate de cet homme injustement détenu depuis deux ans.


 

04 septembre 2010 

(Cette horrible nouvelle a été occultée par les médias français pourtant friands des informations de Caracas quand le président vénézuélien faisait croire à son homologue Nicolas Sarkozy et à son incapable ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qu’il pouvait faire libérer la Colombienne Ingrid Betancur, sauvée finalement par un héroïque comando des services secrets colombiens en 2008.) 

L'agriculteur vénézuélien Franklin Brito, en grève de la faim prolongée pour protester contre l'expropriation de ses terres décrétée par le gouvernement socialiste d'Hugo Chavez, est décédé lundi dans un hôpital militaire de Caracas.
Les médecins ont informé son épouse de son décès lundi, apparemment provoqué par un arrêt cardiaque.
« Aujourd'hui, 30 août, le corps épuisé de notre époux et père Franklin Brito s'est arrêté de respirer », a déclaré sa famille dans le communiqué largement relayé par la presse vénézuélienne, déplorant la disparition d'un « symbole » pour le peuple vénézuélien dans sa lutte pour la « liberté ».
Sa fille Angela Brito avait récemment déclaré que son père très affaibli était au bord de la mort.

 

Franklin Brito, 49 ans, avait été interné de force au début de l'année dans un hôpital militaire, selon sa famille.
Plusieurs manifestations de soutien à cet agriculteur ont été organisées au Venezuela, où le gouvernement a multiplié ces dernières années les expropriations de terres.
L'Etat a pris le contrôle de la propriété de Franklin Brito, dans l'Etat de Bolivar (sud), en 2005.
Depuis, il n'a cessé de protester, entamant mi-2009 une première grève de la faim qu'il a interrompue en décembre quand le gouvernement a révoqué l'ordre de prise de contrôle de ses terrains.
Il a néanmoins repris son mouvement quelques semaines plus tard, en affirmant que l'Institut national des terres (Inti) ne lui avait pas remis la lettre annulant son expropriation et ne l'avait pas indemnisé.
L'an dernier, l'Etat vénézuélien a récupéré 500.000 hectares de terres cultivables dans le cadre de sa réforme agraire destinée à mettre fin à la dépendance de ce pays, qui importe la majorité de ses produits agricoles, selon des chiffres officiels. 

12 juillet 2010 

 

Le boomerang lancé par la Colombienne Ingrid Betancur (au nom francisé en Betancourt dans les années 1970), pour exiger plus de 5 millions d’euros à la Colombie comme dédommagement pour son enlèvement par les FARC, lui retombe en pleine figure ! L’ex-candidate à la présidence de Colombie en 2002 va devoir rembourser aux Français les millions d’euros dépensés en vain par Paris pour sa libération, finalement obtenue par le commando d'agents secrets colombiens dans l’Opération « Jaque » le 2 juillet 2008. 

Ce n’est pas un vœu du Papy Jacques (menacé de mort encore aujourd'hui par le même internaute dans un commentaire mis en modération), non, mais la réalité.

Aujourd’hui 12 juillet, l’article 13 d’une nouvelle loi française sur l’action extérieure va être adoptée à Paris et prévoit « le remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer. »

Les preuves écrites et les témoignages abondent pour confirmer qu'Ingrid s'est délibérément exposée  aux risques qu'elle ne pouvait ignorer. 

Ingrid va devoir donc rembourser : 

-        Les frais de l’Opération 14 juillet 2003 menée sur ordre de Dominique de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères) par 11 agents secrets français de la DGSE, avec à leur tête un diplomate, l’actuel ambassadeur de France au Panama, Pierre-Henri Guignard, pendant dix jours, en Amazonie, à partir de Manaus (Brésil), pour tenter de récupérer Ingrid Betancur. Les dépenses occasionnées concernent le frêt d’un avion militaire Hercules C-130, le salaire des 11 espions et du diplomate au prorata du temps consacré à l’aventure, les frais d’hôtel, de nourriture, d’avions privés, de vedettes rapides et de carburant. 

-        Les frais de l’envoi à Bogota par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en avril 2008, pendant dix jours, d’un avion français médicalisé Falcon-50, avec au moins quatre personnes à bord, dont l’ex-agent secret « 008 » Noël Saez et son mentor, le Suisse Jean-Pierre Gontard, pour une nouvelle tentative de sauvetage avortée. 

-        Le remboursement de la rançon de plus de 100 millions de dollars versée par le même « 008 » à de présumés FARC (en fait des escrocs), en 2003, pour obtenir la libération, en vain, de cette dame. 

-        Le remboursement des près de 30 voyages (et des frais connexes) réalisés par « 008 » entre Paris et Bogota (puis vers la jungle auprès des FARC), entre 2002 et 2008, pour un dialogue sans résultat visant à la faire libérer. 

-        Le remboursement des frais engagés indûment par le régime de Nicolas Sarkozy, depuis la libération d’Ingrid le 2 juillet 2008, pour la « protection » de cette Colombienne, avec deux policiers français chargés de sa sécurité à travers le monde. Ces frais, comme l’a révélé en son temps ce blog, atteignaient déjà 77.000 euros pour le seul second semestre 2008, comme l’avait révélé le propre ministère de l’Intérieur. 

-        Le remboursement des frais de l’Airbus envoyé à Bogota le 3 juillet 2008 pour ramener à Paris Ingrid et sa famille. 

J’attends que l’un ou l’autre de nos élus exige du pouvoir en place, et de ses prédécesseurs, une réponse chiffrée à ces dépenses engagées par nous tous, les contribuables français, pour demander leur remboursement par Mme Betancur. Je vous invite, lecteurs, à engager cette demande auprès de vos députés ou sénateurs. 

Voici l’Article 13 du projet de loi sur l’action extérieure de la France, en cours d’adoption ce jour :

« L’État peut exiger  le
remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer ».  

Voyez le précédent de l'Allemagne : 

L’Allemagne reconnaît la possibilité pour l’État de rechercher une participation au coût de sauvetage de ses ressortissants : le tribunal administratif fédéral s’est prononcé en mai 2009 sur la décision d’imputer partiellement les frais d’hélicoptère engagés à l’occasion du sauvetage d’un Allemand, qui lors d’un séjour touristique en Colombie en 2003 avait été enlevé pendant dix semaines par la guérilla marxiste de l’ELN (Ejército de Liberación Nacional). Il a jugé que le transport par hélicoptère équivalait à une « aide à la réparation d’une situation de crise » dont la charge revenait, en vertu des règlements consulaires, à la personne secourue. Le tribunal a par ailleurs estimé que l’État allemand avait fait preuve de modération, dès lors qu’il n’avait demandé au plaignant que le coût de l’évacuation en hélicoptère, alors qu’il a estimé ses dépenses totales à quelque 40 000 euros.

(Source : Rapport de l'Assemblée nationale par Hervé Gaymard, 12 mai 2010) 

 

16 avril 2010 

La sénatrice au turban, qui avait demandé aux FARC de ne pas libérer Ingrid Betancourt en 2007 comme l’ont révélé les fichiers de Raul Reyes, a été reçue au ministère des Affaires étrangères à Paris ce vendredi au niveau des directeurs, certainement de l’Amérique Latine. 

Il s’agit d’un véritable scandale puisque l’égérie des terroristes colombiens, surnommée « Teodora de Bolivar » par les rebelles dans les courriels de Raul Reyes, fait l’objet depuis hier de poursuites engagées par le Procureur général de Colombie pour « trahison à la patrie et collaboration avec les FARC ». 

La sénatrice colombienne a démenti avoir coopéré avec les FARC au cours d’une conférence de presse à Paris. 

« Jamais je n'ai eu de relations avec des groupes hors du cadre de la loi. Je n'ai pas non plus collaboré, ni favorisé les FARC », a-t-elle affirmé. 

« Toutes mes actions comme la facilitation des libérations de personnes détenues par les FARC sont conformes à la loi et ont été réalisées avec l'autorisation expresse du gouvernement » colombien, a ajouté la sénatrice. 

Elle a souligné que sa campagne pour le respect des droits de l'homme et pour une solution négociée du conflit ne faisait pas d'elle une partisane de la lutte armée, et s'est dite prête à se présenter devant la justice colombienne mais a demandé que celle-ci lui offre toutes les garanties légales pour sa défense.

Les ONG qui défendent les droits de l'homme vont-elles protester ? Les élus sarkozystes vont-ils monter au créneau ? La presse va-t-elle réagir contre ce scandale ?

11 avril 2010  Le Quai d’Orsay va devoir s’expliquer sur cette ignominie de l’invitation faite à la sénatrice complice des FARC, Piedad Cordoba, de donner une conférence au siège de l’école de Sciences Politiques à Paris mercredi 14 avril. Les FARC, groupe terroriste aux yeux de l’Union européenne, continuent de séquestrer 21 officiers colombiens dans la jungle, certains depuis 12 ans, de provoquer des attentats sanglants contre des civils, et d’assassiner des élus. 

Piedad Cordoba fait l’objet depuis septembre 2008 de l’ouverture d’une information judiciaire devant la Cour suprême pour ses liens avec cette guérilla sanguinaire, mais cette instance, gangrenée par la mafia et les rebelles, n’a toujours pas entamé l’instruction.

Dans sa nouvelle campagne pour un accord « humanitaire » d'échange entre les otages des terroristes et les guérilleros détenus en Colombie, qu'elle a entamée en Espagne, elle vient hier de qualifier à Gijon (Espagne) de « science fiction » le contenu des ordinateurs de Raul Reyes. Elle a « oublié » qu'ils ont été validés par Interpol après l'élimination du n°2 des FARC le 1er mars 2008 par l'armée colombienne, et, surtout, qu'ils révèlent sa complicité avec les terroristes. Dans l'un des fichiers, elle rejette même l'éventualité d'une libération d'Ingrid Betancourt (ancienne élève de Sciences Po, et qui devrait apprécier cette invitation faite à la sénatrice), sauvée finalement par l'armée de son pays, la Colombie, le 2 juillet 2008, dans la stupéfiante Opération Jaque (mise en échec), que la sénatrice a qualifiée de « scénario hollywoodien » pour s'en moquer.

Voici l’annonce de l’invitation faite à la sénatrice dans un « flash » de la newsletter de Sciences Po, signalée par l’un de mes lecteurs que je remercie : 

 
9 avril 2010  Mardi (mon commentaire: erreur de la Newsletter, il s'agit de mercredi) 14 avril 2010 : Rencontre exceptionnelle avec Piedad CÓRDOBA, Sénatrice de la République de Colombie 

   Sciences Po, avec le concours de l’association France Amérique Latine, du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, et de l'Observatoire politique de l'Amérique Latine et des Caraïbes, vous invite à une rencontre exceptionnelle avec Mme Piedad Esneda Córdoba Ruiz, Sénatrice de la république de Colombie, animatrice du mouvement « Colombiens et colombiennes pour la paix ».
Une rencontre animée par Olivier Dabène, Professeur des universités, Sciences Po. 
La sénatrice colombienne Piedad Esneda Córdoba Ruiz est actuellement en tournée en Europe pour promouvoir l'idée d'un processus de paix dans son pays et d'un « accord humanitaire » permettant un échange humanitaire de prisonniers. Elle est impliquée dans la question de l’accord humanitaire entre les FARC et le gouvernement du Président Álvaro Uribe. Membre de l’opposition, elle a été autorisée par le gouvernement à participer à la médiation, et a joué un rôle clé dans la libération d’otages politiques et de militaires et policiers prisonniers, détenus par les FARC depuis plusieurs années.  

27 JANVIER 2010

L'un d'entre vous peut-il me trouver ce passage apparemment prononcé par Chavez ce mardi contre la France lors d'une allocution devant une délégation italienne après la signature d'un accord pétrolier entre l'INI et PDVSA ? Selon notre internaute Jose, le président aurait remis une couche sur les critiques de Paris contre la censure des TV au Venezuela, en ces termes approximatifs mais explosifs, sur la télé chaviste Venezolana de Television (VTV) :

« Si ce n’est pas la faute directe de mon ami Nicolas, c'est bien la faute du ministre des affaires étrangères (Bernard Kouchner) de ce pays qui ne comprend rien au respect des autres nations indépendantes. Que ce personnage soit limogé, sinon son président devrait suivre ce même chemin”.

J'ai cherché sur VTV et sur le site de la présidence vénézuélienne, mais ce passage n'apparaît pas. Je ne mets pas en doute la parole de Jose, mais iol me faut le texte brut pour en parler. Si Chavez a proféré de telles paroles, je crois qu'il y aura des réactions en France…

24 janvier 2010 

Les contes de fées impliquent toujours des sorcières. Dans la libération en décembre dernier des deux jeunes Bisontines emprisonnées pour trafic de six kg de cocaïne en République Dominicaine, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, a joué le rôle de la fée Carabosse. 

Cet adoubé de Nicolas Sarkozy, lequel venait régulièrement faire du vélo avec lui à Vesoul dont il est toujours maire, a joliment caricaturé, ou plutôt dénaturé la réalité des événements : « Carla Bruni-Sarkozy a fortement contribué à ‘accélérer le processus de transfèrement en France’ des deux jeunes Françaises emprisonnées en République Dominicaine, et a ‘beaucoup travaillé’ sur leur dossier, avait assuré Joyandet. 

La récompense de ce féal ne s’est pas fait attendre, puisqu’il est le chef de liste de l’UMP aux élections régionales de mars prochain pour la Franche-Comté. 

Il s’agit d’une totale imposture, ainsi que je vais vous le démontrer. 

Voyons les faits, ainsi que relatés par Le Point à l’époque : 

« Aux côtés des Françaises Sarah Zaknoun et Céline Faye, libérées mardi après-midi par le président dominicain Leonel Fernandez, le secrétaire d'État français à la Coopération, Alain Joyandet, a assuré que l'action de Carla Bruni-Sarkozy avait été « décisive ». La Première dame de France, qui avait reçu plusieurs lettres des deux jeunes femmes durant leur captivité, a beaucoup « encouragé » le processus de libération et elle s'est « personnellement impliquée », explique le secrétariat à la Coopération, sollicité par lepoint.fr.

Sarah et Céline, âgées de 19 et 20 ans, ont d'ailleurs pu s'entretenir au téléphone avec le couple présidentiel – actuellement en congé au Maroc – quelques instants seulement après leur libération. « Le président leur a conseillé d'être plus prudentes à l'avenir, de faire davantage attention », explique-t-on dans l'entourage d'Alain Joyandet qui précise, énigmatique : « En les graciant, le président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, savait qu'il ferait plaisir à Carla. »

Les jeunes femmes – qui arriveront en France mercredi – avaient été condamnées, fin 2008, à huit ans de prison pour trafic de drogue après un séjour dans l'île caraïbe. Clamant leur innocence, elles avaient affirmé que la cocaïne avait été placée dans leurs valises à leur insu ». 

 

 

La capacité des médias français à gober toutes les mouches qui volent autour du pouvoir ne laissera jamais de me divertir ! C’est pourquoi je prends le temps de vous raconter ce conte. 

 

Il était une fois un musicien, Louis Bertignac, guitariste et fondateur du groupe français Téléphone dans les années 1970. Compagnon à une certaine époque de Carla Bruni, il avait séjourné avec elle à Saint-Domingue. Il s'était même cru le roi du monde à Las Terrenas et à Samana, pendant six mois… « avant que les C. ne plastiquent son immobilier, que les M. ne l'empêchent de rentrer dans les bars et que les D. ne le menacent à la machette», selon l’une de mes sources proches du dossier en France. Carla Bruni, qui connaissait donc la partie Est de l'ïle dont l'Ouest est la dramatique Haïti, avait reçu des lettres des deux détenues.

 

« Joyandet a servi de bouche-trou et n'a rien fait du tout, Kouchner ne voulait pas rencontrer le Président dominicain, car c'est un pays trop petit pour sa grandeur, mais Jospin et Hubert Védrine ayant proposé de le rencontrer, ça faisait désordre. Du coup Sarkozy et le patronat ont forcé la main à Kouchner. Le patron de la Banco Popular était présent aux côtés du Président pendant toute la visite. La BPD est la plus grande banque privée des Caraïbes et intéresse fortement nos banquiers et le fisc… Il ne faut pas oublier que l'Etat français essaie de revendre à la République Dominicaine une succursale de l'ENA, ainsi qu’une seconde ligne de métro (même si elle financée comme la première par des banques en majorité françaises) », dixit l'une de mes sources à Paris.  

 

Ainsi donc, selon Alain Joyandet, l'action de la Première dame a été « décisive » dans leur libération. Les deux détenues lui avaient écrit une lettre il y a plusieurs mois pour qu'elle intervienne en leur faveur. Mais la réalité est tout autre, avec tous accords commerciaux en cours de négociation. 

 

Pis encore, le secrétaire d’Etat Joyandet a une fois de plus trop parlé à son arrivée en France avec les deux jeunes femmes grâciées : « Cette grâce, ce beau conte de Noël pour Céline et Sarah ne doivent pas nous faire oublier que la drogue détruit une quantité de vies, qu'elle est aux mains de trafiquants qui se servent de la naïveté de nos jeunes (…).
Pour une semaine de rêve, Céline et Sarah auraient pu vivre une vie de cauchemar », a-t-il déclaré. 

 

Qu’a voulu dire le sous-ministre ? Que les deux Françaises avaient accepté de transporter six kg de « sucre » pour de méchants trafiquants ? Mais elles ont affirmé que ces six kilos avaient été mis dans leurs bagages sans qu’elles le sachent ! 

 

Soyons clairs ! Quand on quitte Saint-Domingue, que je connais bien, ou n’importe quel pays, on n’abandonne pas ses bagages dans une allée pour aller boire un rhum dans le bar de l’aéroport. De toute façon, les bagages sont fermés à clef, non ? Et on les enregistre dès qu’on arrive devant les bureaux de la compagnie aérienne ! Je me meurs de rire devant ce conte de la fée Carabosse et des deux Bisontines ! 

L’EXECUTION EN UN MOIS DE 18 COLOMBIENS AU VENEZUELA, DONT UNE EQUIPE DE FOOTBALL : UNE PROVOCATION SANGLANTE DU REGIME DE HUGO CHAVEZ POUR DELENCHER UNE GUERRE ET PASSER POUR VICTIME 

24 novembre 2009 

 

Une guerre fratricide n’est plus à exclure entre la Colombie et le Venezuela face aux provocations devenues  sanglantes du régime de Hugo Chavez, dans l’indifférence coupable de la communauté internationale, dont la France.

Au printemps 2008, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, avait rendu visite à deux reprises à Chavez à Caracas pour le supplier de faire libérer Ingrid Betancur, otage des FARC, sans se soucier (au contraire) des liens avérés entre le Vénézuélien et les terroriste. Le renégat socialiste, ancien ministre de Lionel Jospin, n'a pas encore émis le moindre texte pour dénoncer les menaces de Chavez contre la Colombie…

Ni l’ONU ni l’UNASUR (Union des nations sud-américaines) n’ont réagi jusqu’ici aux insultes inouïes proférées par le chef d’Etat vénézuélien contre les autorités colombiennes, pas plus qu’aux vils assassinats commis dans la zone frontière contre des ressortissants colombiens, et encore moins à la course aux armements lourds de Hugo Chavez, avec l’achat à la Russie de près de 5 milliards de dollars en matériel belliqueux. 

Devenu un nouveau dictateur castriste, le président du Venezuela, ancien putschiste vaincu en 1992, se perpétue au pouvoir depuis 1998 pour tenter de transformer le Cône sud en un pré-carré de La Havane. Il a déjà gangrené l’Equateur, la Bolivie, le Nicaragua, le Salvador, bientôt le Paraguay et l’Uruguay (où un ex-guérillero Tupamaro sera probablement élu président dimanche prochain). 

Comme je l’ai déjà révélé, 95% de la cocaïne fabriquée en Colombie transite désormais par le Venezuela avant d’être expédiée vers l’Afrique de l’Ouest, Saint Domingue, le Mexique ou le Honduras. La semaine dernière, un Boeing 727 venu du Venezuela a capoté au Mali (Afrique) après y avoir débarqué ses dix tonnes de coke, ainsi que l’a révélé l’antenne de l’ONU au Sénégal. Aucune capitale n’est montée au créneau pour exiger des explications de la part de Chavez. 

 

Face à l’accord signé entre Barack Obama et Alvaro Uribe le mois dernier pour autoriser l’utilisation par les USA de sept bases militaires colombiennes dans le cadre de la lutte anti-drogue et anti-guérilla, Chavez a compris que le marché de la drogue risquait de s’assécher, puisque les principaux cartels colombiens sont aux mains des FARC, dont il protège quatre des sept chefs au Venezuela. 

Sa violente campagne contre le plan américano-colombien s’explique par cette hantise, et lui convient d’autant plus qu’elle lui permet de guerroyer, jusqu’ici seulement dans une escrime verbale, pour tenter de faire oublier aux Vénézuéliens la déroute économique du pays. Les coupures d’eau et d’électricité ont lieu deux jours par semaine ! 

En un mois, neuf joueurs de football colombiens ont été tués par armes à feu, six commerçants colombiens ont été éliminés par asphyxie, et trois autres Colombiens criblés de balles, tous dans la zone tampon de la frontière, à l’intérieur du Venezuela. 

7.000 Colombiens résidant au Venezuela ont fui ce pays depuis deux mois pour se réfugier en Colombie, comme vient de le révéler hier Volmar Perez, médiateur de Colombie. Aucune action judiciaire n'a été engagée par le Venezuela contre les auteurs des massacres !

Cette escalade de la violence n’a provoqué aucune rétorsion, jusqu’ici, du côté de la Colombie, pourtant déjà victime depuis 18 mois d’un blocus commercial de la part du Venezuela depuis que Bogota a démontré au monde les liens entre Chavez et les FARC grâce aux fichiers de Raul Reyes (ex-n°2 de la guérilla abattu par l’armée colombienne le 1er mars 2008). 

Mais la patience du gouvernement colombien est en train d’atteindre ses limites avec cette ribambelle d’agressions autant physiques que verbales. Vendredi, deux ponts piétonniers reliant les deux pays ont été dynamités par la garde nationale du Venezuela. 

Si Bogota ne cède pas aux provocations, c’est pour cette raison simple que la moindre intervention armée colombienne fera passer Chavez et sa diaspora castriste, habiles à prendre le micro, pour « victimes de l’impérialisme américain et de ses laquais ». 

Adulé du peuple, mais décrié par les élites politiques de l’opposition, Alvaro Uribe dispose en tout cas depuis hier de l’appui unanime de la Commission des affaires étrangères du Congrès. L’un de ses ennemis politiques, César Gaviria, ex-président (1990-1994), a lui-même été désigné par cette Commission pluripartite pour annoncer son soutien total « à la politique étrangère menée par Alvaro Uribe », et sa « préoccupation face au silence » des nations voisines devant les menaces d’agression militaire proférées par le Venezuela ». 

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  • BOMBOLESSE, GROUPE QUEBECOIS DE LA MUSIQUE DU MONDE, DEBARQUE EN EUROPE

    06 juin 2010  Avec leur tube « Enlève le haut », un nouveau succès radiophonique au Canada, les sept musiciens endiablés de Bombolessé débarquent en Europe pour la promotion de leur nouvel album « Movimento », à travers huit spectacles du 24 Juin au 07 Juillet 2010.    Bombolessé propage son métissage tropical urbain. Après plus de 500 spectacles [...]

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