Share to Google Plus

18 septembre 2011

Pour une poignée de dollars, mais il s’agit non plus d’un film, seulement d’une réalité, des terroristes, des narcos, des agences étrangères et même des particuliers ont pu se procurer récemment en Colombie le fichier des 6.000 agents secrets, de leurs sources et de leurs missions.

Cet état de fait, effrayant pour la sécurité d’hommes et de femmes en lutte pour la sauvegarde de leur démocratie, est mis au jour ce dimanche par l’hebdomadaire colombien Semana, pourtant proche du chef de l’Etat, et détenteur avoué de ces fichiers.

Les révélations de Wikileaks ne sont qu’une bricole, s’agissant de câbles d’ambassades américaines rendus publics après l’occultation des identités concernées, face à ce scandale qui menace de mort non seulement les 6.000 espions colombiens, mais aussi leurs contacts retournés dans les milieux du terrorisme et de la mafia.

Le principal responsable de cette condamnation à mort à terme n’est autre que l’actuel président du pays andin, Juan Manuel Santos, pour avoir permis une telle filtration, ou a minima n’avoir pas su l’empêcher. Il devra rendre compte de cette traîtrise devant son peuple, si une justice digne de ce nom, non pervertie comme aujourd’hui par la mafia et la guérilla, reprend la main.

Ce splendide pays aux dons remarquables, que je connais bien, sans compter ses richesses naturelles, souffre d’un hiatus considérable entre ses élites de gauche et la masse de 46 millions de travailleurs, victimes un jour ou l’autre du terrorisme admis sans qu’ils osent le reconnaître par ces pharisiens.
Que mes lecteurs colombiens, y compris mes contradicteurs, me comprennent bien !

En France, mon pays initiateur des droits de l’Homme, les services secrets espionnent y compris les journalistes pour défendre la démocratie. François Mitterrand avait mis sur écoute plus de 2.000 journalistes, acteurs et politiciens sous ses deux mandats (1981-1995), sans aucune conséquence judiciaire ni pour lui, ni pour ses sbires. En ce moment, le ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy vient de reconnaître avoir espionné le téléphone d’un journaliste du quotidien Le Monde. Aucune enquête n’a suivi ces révélations. Que je sache, Paris ne souffre d’aucune menace terroriste.

En Colombie, pays en proie au terrorisme des FARC et de l’ELN – ainsi qualifié par l’Union Européenne -, le DAS (services secrets) a fait son travail de base avec la mise sous écoutes de congressistes suspectés de liens avérés avec les terroriste, comme la dangereuse ex-sénatrice Piedad Cordoba, sous la présidence d’Uribe.
Au lieu de poursuivre cette complice de la guérilla, les juges de la Cour suprême colombienne ont jeté en prison les agents du DAS pour avoir fait leur travail. Pis encore, l’ex-héros colombien Alvaro Uribe, président de 2002 à 2010, n’a pas osé valider cette politique des écoutes pour la sécurité de son pays, et s’est lavé les mains, comme Ponce Pilate.

Six mois avant la fin de son second mandat, Uribe a annoncé la suppression du DAS au lieu de défendre cette entité. Au pouvoir depuis août 2010, Juan Manuel Santos a confirmé cette intention, mais sans aucun garde-fou prévu pour les agents du DAS. Face aux incertitudes sur leur avenir, ceux-ci ont monnayé leurs informations dans la crainte de se retrouver à la rue sans aucun centime.

Ce contexte facilité par le président Santos explique la fuite des informations mortelles pour les agents secrets et leurs sources, au bénéfice de rebelles, de trafiquants de drogue, et d’un pays étranger qu’il n’est nul besoin de lire entre les lignes pour savoir qu’il s’agit du Venezuela dirigé par le castriste Hugo Chavez, actuellement soigné à Cuba pour une troisième chimiothérapie de son cancer.
A suivre bien entendu…

2 réponses à “Urgent – Les 6.000 agents secrets de Colombie ainsi que leurs sources, terroristes ou non, sont condamnés à mort par la révélation de leurs noms et missions sous la présidence du président Santos, traître à son pays”

  • antonio:

    jorge noguera ancien chef des services secrets colombiens (DAS), a été condamné mercredi 14 septembre à 25 ans de prison par la Cour Suprême de Justice de Colombie. Noguera était en poste de 2002 à 2005, soit pendant les premières années de la présidence d’Alvaro Uribe. Il a été mis en cause dans plusieurs assassinats menés par des groupes paramilitaires d’extrême-droite, dont celui de l’universitaire Correa de Andréis tué en 2004
    Jorgue Noguera avait été nommé directement par Alvaro Uribe et travaillait en collaboration avec la présidence. C’est la première fois qu’un haut fonctionnaire de l’ère Uribe est condamné par la justice colombienne pour sa participation à des meurtres commis par les paramilitaires. L’ancien président colombien a réagi via son compte Twitter quelques heures après la sentence:

    « J’ai nommé a Jorge Noguera pour son CV et sa vie de famille . J’avais confiance en lui, s’il a participé à ça, cela me fait mal et je demande pardon à mes concitoyens »

  • Jacques Thomet:

    @antonio

    Cet ancien chef du DAS était effectivement une planche pourrie. Sans aucune preuve, le 4 juillet 2003, il m’avait assuré qu’Ingrid Betancourt avait péri dans sa geôle des FARC, et j’avais décidé, faute de la moindre preuve, de ne rien publier pour l’AFP. Si je l’avais fait, j’étais occidé, au moins professionnellement …

Laisser un commentaire

Catégories
  • BOMBOLESSE, GROUPE QUEBECOIS DE LA MUSIQUE DU MONDE, DEBARQUE EN EUROPE

    06 juin 2010  Avec leur tube « Enlève le haut », un nouveau succès radiophonique au Canada, les sept musiciens endiablés de Bombolessé débarquent en Europe pour la promotion de leur nouvel album « Movimento », à travers huit spectacles du 24 Juin au 07 Juillet 2010.    Bombolessé propage son métissage tropical urbain. Après plus de 500 spectacles [...]

    (13 commentaires)

Commentaires récents
Archives