Share to Google Plus

25 AVRIL 2009 

Ce virage stratégique de grande ampleur a été pris aujourd’hui par Alvaro Uribe face aux libérations au compte-gouttes de leurs otages par les FARC, qui exigent à chaque opération la présence de la sénatrice Piedad Cordoba, proche des rebelles. 

Seules la Croix rouge internationale (CICR) et l’Eglise catholique sont autorisées à  réceptionner le caporal Pablo Emilio Moncayo, séquestré depuis 12 ans (douze ans, vous avez bien lu) et dont la libération a été annoncée récemment par les FARC, a annoncé Alvaro Uribe. La guérilla exigeait de remettre leur otage à cette sénatrice d’extrême gauche, dont la complicité avec les FARC a été révélée par les documents saisis dans les ordinateurs de Raul Reyes, le n°2 de la guérilla abattu le 1er mars 2008. L’un des courriers nous avait appris son opposition à la libération d’Ingrid Betancourt par les FARC. Cette insane position explique pourquoi la sénatrice, jadis amie d’Ingrid, n’était pas allée saluer l’ex-candidate à la présidence colombienne quand elle avait été libérée par l’armée dans l’opération Jaque (Mise en échec) le 2 juillet 2008. 

Le chef de l’Etat a profité de cette annonce pour lancer une violente attaque contre la Farc-politique, les élus complices de la guérilla, et l’impunité dont ils bénéficient, à la différence des poursuites engagées par  la justice contre les amis des paramilitaires. « Le gouvernement ne va pas permettre l’impunité sous un prétexte humanitaire à des personnes qui devraient être en prison pour appartenance à la Farc-politique », a déclaré le chef de l’Etat. Il n’a pas cité Piedad Cordoba, mais sa mise en cause la concerne en premier lieu, elle et Carlos Lozano, l’un des chefs du parti communiste colombien (légal en Colombie, faut-il préciser). Depuis les révélations contenues dans les dossiers de Raul Reyes, la Cour suprême de Colombie a annoncé l’ouverture d’une information contre plusieurs élus, dont Mme Cordoba, mais sans jamais la concrétiser. Dans le même temps, cette Cour a continué de poursuivre des députés accusés de complicité avec les paramilitaires. 

Rappelons ici que les FARC, groupe terroriste aux yeux de l’Union européenne, détiennent encore 22 otages politiques, tous officiers de l’armée ou de la police, et des centaines de civils (entre 800 et 1600 selon les ONG) qui ne sont libérés que contre une rançon. 

Depuis le début de 2008, la guérilla a libéré deux otages le 10 janvier (dont Clara Rojas), quatre autres le 27 février, et six autres le 1er février 2009. A chaque fois, Piedad Cordoba avait été chargée par les FARC de réceptionner les otages, avec l’accord d’Alvaro Uribe. 

La réaction du président colombien s’explique à l’aune du contexte politique actuel. 

Depuis un mois, il a fait une concession de taille aux FARC, en les invitant à un dialogue de paix pour un échange entre les otages et les guérilleros détenus en Colombie, sans autre exigence qu’un cessez-le-feu de quatre mois pour permettre une telle négociation. Les FARC n’ont toujours pas répondu à cette offre. 

Last but not least (Enfin et surtout), l’élection présidentielle en Colombie a lieu dans un an. Alvaro Uribe est tenté de se représenter une troisième fois, si le Congrès l’y autorise après le recours à un référendum dont le principe n’a pas encore été avalisé par les élus. Le président n’est pas disposé à permettre à la sénatrice de profiter d’un « trafic de vies humaines », comme le dénoncent les Colombiens sur les sites internet, pour tenter de se présenter à la magistrature suprême, même si elle n’a aucune chance. Elle est honnie dans son pays, comme le confirment tous les sondages et les commentaires des internautes. 

Alvaro Uribe a déjà précisé qu’il était prêt à affronter « la pression internationale, de l’opinion et de l’opposition » après sa décision d’écarter la sénatrice ou ses amis de toute interférence dans les éventuelles libérations d’otages par les FARC. 

Pour ce faire, le président colombien risque de se retrouver bien seul, quand on connaît l’incapacité de ses diplomates à l’étranger, notamment à Paris, à expliquer le contexte colombien, et le refus des FARC de négocier. 

5 réponses à “LE PRESIDENT COLOMBIEN DENONCE LA FARC-POLITIQUE ET REJETTE LA PRESENCE DE PIEDAD CORDOBA DANS LA LIBERATION DES OTAGES DE LA GUERILLA”

  • Fabio:

    Attention à la confusion sur les chiffres.

    Selon Pais Libre le numero de sequestrés par les Farc est de 326. Le ELN possede 240 captives. La decompte officielle est environ 6-7 fois plus petite.

    C’est honteux que le gouvernement soit incapable de maintenir des statistiques precises sur le sequestre! Il faut qu’ils developpent une methodologie serieuse pour quantifier les victimes de ce drame!

    ——————————————–

    País Libre duda del número de secuestrados anunciado por Fondelibertad
    Por AP
    Sábado 18 Abril 2009

    La fundación País Libre, organización privada dedicada a atender a víctimas del secuestro puso en duda la veracidad del informe presentado por el gobierno sobre personas en cautiverio, y lo tildó de tener « intenciones de tipo político ».

    El gobierno informó que aunque « la cifra puede causar mucha sorpresa », en Colombia sólo permanecen secuestradas 125 personas, cuyas identidades y sus familias están plenamente identificadas.

    La duda de la fundación País Libre se basa en la significativa disminución de cautivos luego de que el propio gobierno, en su último informe en diciembre de 2007, dijera que desde 1996 se tenía el registro de 2.792 casos.

    La directora de la fundación, Olga Gómez, afirmó que « eso (el informe) tiene intenciones de tipo político. Ahorita el ministro de defensa renuncia , el director de Fondelibertad también renuncia y quieren dejar todo divinamente ».

    Cuestionó el proceso de depuración y la ausencia de la ciudadanía y de entes privados que vigilaran el desarrollo del informe.

    « Me parece singular que se hizo un proceso a puerta cerrada », dijo Gómez.

    País Libre reportó durante esta semana, luego de un proceso de depuración de cifras desde 2000 hasta 2008, la retención de 326 personas por parte de las Farc, y 240 en poder del Eln.

    En cambio, el informe del gobierno sólo da cuenta de 66 rehenes en manos de las Farc, 10 por el Elny 49 en poder de bandas de delincuencia común.

    El documento oficial asegura que se llegó a este consolidado después de verificar que 1.173 personas « ya no están cautivas » y dio razones que van desde la puesta en libertad de éstas y la muerte natural hasta la eliminación en las bases de datos porque se trataba de un delito distinto al secuestro.

    « Es una información netamente responsable y con rostro (de las víctimas) », aseguró a la agencia de prensa AP Harlan Andrés Henao, director Fondo Nacional para la Defensa de la Libertad Personal (Fondelibertad), organismo estatal.

    Agregó que « el gobierno sigue trabajando para establecer la situación real de otras 1.502 personas que figuran en las bases, pero de quienes no se tiene información suficiente ».

    Herbin Hoyos, director del programa radial « Las voces del secuestro » anotó que « este estudio es demasiado técnico –sólo tiene en cuenta las denuncias ante organismos estatales– pues desconoce el testimonio todos aquellos que no denuncian porque no tienen las garantías de seguridad o sólo le confían su drama a entes particulares ».

    Hoyos, que desde hace quince años transmite mensajes radiales de sus familias a los cautivos, agregó que « en el afán del gobierno por bajar las cifras, no podemos cambiarle la condición a las víctimas o trasladar su caso a otras bases de datos porque supuestamente corresponden a delitos distintos como la desaparición ».

  • Fabio:

    Jacques,

    la page web de Fondelibertad (gouvernement)

    www point fondelibertad point gov point co

    celle de Pais Libre (ONG) est

    www point paislibre point org

  • alexis:

    Mas vale solo que mal acompañados, laisse faire a notre president

  • MLG:

    Cela serait un réel plaisir de voir une libération sans la présence (imposée par les Farcs) de Piedad Cordoba et le cérémonial trés marxiste des adieux du prisonnier à ses bourreaux avec embrassades et autres amabilitées . Ce folklore a malheureusement donnée une stature internationale à cette sénatrice qui fait plus de propagande contre son pays que de bien pour les otages qui deviennent des jouets entre ses mains permettant aux terroristes d’avoir presque le beau rôle à chaque libération.

  • alexis:

    Uribe et Zarkosy sont au même temps dans la terre mère: Espagne, et il n’y a pas une photo de les deux jeje a suivre…..??????

Laisser un commentaire

Catégories
  • BOMBOLESSE, GROUPE QUEBECOIS DE LA MUSIQUE DU MONDE, DEBARQUE EN EUROPE

    06 juin 2010  Avec leur tube « Enlève le haut », un nouveau succès radiophonique au Canada, les sept musiciens endiablés de Bombolessé débarquent en Europe pour la promotion de leur nouvel album « Movimento », à travers huit spectacles du 24 Juin au 07 Juillet 2010.    Bombolessé propage son métissage tropical urbain. Après plus de 500 spectacles [...]

    (13 commentaires)

Commentaires récents
Archives