30 MARS 2009
Pour avoir travaillé comme journaliste libre en Colombie, au Venezuela, en Equateur, et rencontré toutes les parties au conflit (Alvaro Uribe, Raul Reyes, Hugo Chavez, Rafael Correa, etc), je vous livre ce que serait mon plan comme médiateur, dans l’échange souhaité hier par les FARC entre leurs 22 otages politiques et les guérilleros emprisonnés en Colombie.
Avec la concession de taille faite hier par les guérilleros, qui abandonnent pour la première fois le préalable de l’abandon par le pouvoir d’un mini-Etat aux rebelles, je prétends que le nœud gordien du conflit colombien pourrait être tranché en 30 jours.
Voici ce plan :
- Une fois les deux parties d’accord avec ma médiation, menée sans aucun autre intermédiaire et hors la présence de tout média du début à la fin du processus, Bogota et les FARC décrètent un cessez-le-feu bilatéral d’un mois, renouvelable automatiquement pour un autre mois dès l’échange terminé.
- Le CICR sera garant de l’indépendance des contacts et des libérations envisagées, et la France sera responsable des conditions de transport et de sécurité.
- Les FARC me remettent la liste des guérilleros détenus dont ils attendent l’élargissement. Concomitamment, le gouvernement colombien me remet la liste des militaires et policiers aux mains de la guérilla.
- En compagnie de médecins du CICR et de son délégué en Colombie, et sous la protection unique d’une force logistique de l’armée française, ce laps de temps sera requis pour vérifier l’identité sur place des personnes, une à une, leur état de santé, et leur disposition, dans le cas de rebelles détenus, à réintégrer les rangs des FARC.
- Le gouvernement colombien ne pourra exiger l’engagement écrit des guérilleros emprisonnés à cesser le combat. Les FARC ne pourront exiger par écrit la réintégration dans leurs rangs des détenus qui souhaitent quitter la rébellion.
- Les deux listes définitives une fois closes, les personnes concernées par ces libérations seront acheminées vers un même lieu secret, toujours sous le contrôle du CICR et par la force française. Le plan de vol pour permettre l’acheminement des otages et des détenus rebelles vers ce lieu sera communiqué au chef de l’Etat colombien quand les appareils aériens français de transport seront prêts à décoller. Cette communication s’impose pour faciliter le survol sans encombre du territoire.
- Le rassemblement des otages et détenus une fois achevé, dans deux secteurs séparés du même lieu, les ex-otages seront les premiers à repartir vers le lieu assigné par le gouvernement colombien pour leur réception. Les guérilleros libérés seront acheminés vers le lieu assigné par l’Etat-major des FARC pour leur réception.
- Aucun contact avec la presse ne sera autorisé, ni pour les ex-otages, ni pour les ex-détenus rebelles, avant que la médiation ne soit annoncée par mes soins comme terminée avec succès.
Un tel plan mériterait bien entendu d’être affiné dans un contexte de réalité. Mais je le prétends viable.