Si vous avez manqué l’émission de ce mercredi 27 février 2008 diffusée par France 2 sur Ingrid Betancourt, voyez-la sur le site de la chaîne, et vous serez édifiés sur les mensonges directs ou par omission qu’elle contient par rapport au compte rendu jamais contesté de mon livre « Ingrid Betancourt : histoire de cœur ou raison d’Etat » (Hugo Doc).
Bien évidemment, je n’ai pas été invité à témoigner dans ce reportage alors que j’étais sur place en Colombie, pour l’AFP, avant, pendant et après l’enlèvement d’Ingrid, y compris à Florencia le jour de sa séquestration par les FARC. La télévision publique continue de jouer le politiquement correct, mais ce n’est pas une nouveauté. AUCUN de tous ceux qui ont parlé pendant les deux heures de l’émission n’était sur les lieux…
Pour ceux qui n’ont pas lu mon bouquin, voici les aberrations que j’ai relevées dans l’ordre, suivies de mes commentaires en italique:
- Ingrid Betancourt se rendait à San Vicente del Caguan, le 23 février 2002, « pour protéger la population qui avait peur des représailles » après la rupture du processus de paix avec les FARC le 20 février par le président Andrés Pastrana, affirme Mélanie, fille de l’otage et de son ex-mari, le Français Fabrice Delloye : candidate colombienne à la présidentielle de mai 2002, Ingrid voulait aller à San Vicente pour y passer au maximum l’après-midi du 23. Son mari actuel, Juan Carlos Lecomte, l’a reconnu. Elle devait rentrer le soir même ou le lendemain. Qui allait protéger la population les jours suivants s’il y avait danger ?
- Ingrid nous est présentée comme une héroïne : à aucun moment le reportage ne rappelle qu’elle n’était créditée que de 0,3% des intentions de vote à moins de trois mois du scrutin présidentiel. Elle n’avait aucune chance d’être élue. Alvaro Uribe avait été élu dès le premier tour avec 54% des voix.
- Ingrid n’a pu monter dans l’un des hélicoptères à Florencia pour se rendre à San Vicente malgré sa demande au général Arcesio Barrero : j’étais dans l’un de ces hélicos avec mes collègues de la presse internationale. D’abord il n’y avait plus aucune place, nous étions serrés comme des sardines, sans même pouvoir nous asseoir. L’hélico du président Pastrana, devant nous, a été touché par des impacts de rafales tirées par les FARC, ce qui confirme l’extrême danger de ce déplacement. Le reportage ne dit pas que Pastrana avait reçu TOUS les candidats à l’élection la veille pour leur demander de ne pas se rendre à San Vicente.
- Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, dénigre le gouvernement de son pays et soutient les FARC, au point d’affirmer que si Pastrana n’a pas voulu emmener Ingrid avec lui, c’est parce qu’il avait peur qu’elle lui vole la vedette à San Vicente : quelle vedette, puisqu’elle n’avait que 0,3% d’intentions de vote ? La manipulation de l’information en France laisse croire qu’elle allait être élue !
- Le reportage montre les images de la vidéo d’Ingrid du 30 août 2003, en oubliant le principal : elle demande alors à ne pas être échangée elle toute seule contre des guérilleros !
- Last but not least :
- RIEN sur l’opération des Pieds Nickelés de juillet 2003, quand Dominique de Villepin, alors ministre français des Affaires étrangères et ami très proche de l’otage, tente une opération de sauvetage d’Ingrid depuis Manaus (Brésil) avec 11 espions de la DGSE transportés depuis Paris par un avion militaire. La tentative avorte et provoque une crise grave avec le Brésil et la Colombie, dont les présidents n’avaient pas été informés de cette initiative.
- Rien sur le scandale Emmanuel : l’histoire du bébé de Clara Rojas, né d’une relation de l’adjointe d’Ingrid avec un guérillero, a illustré la barbarie des FARC. Le reportage ne dit rien des mensonges de la guérilla sur l’enfant.
- Rien sur les concessions du gouvernement colombien : le commandant des FARC Rodrigo Granda a été libéré en mai 2007 par le président Alvaro Uribe à la demande de Nicolas Sarkozy. Cette grâce a été suivie de la libération de 152 guérilleros. Le reportage n’en dit mot.
Face à cette propagande à sens unique, j’avoue avoir le sentiment de hurler dans le désert. Vous allez me rétorquer avec raison : mais pourquoi ne faites-vous pas une émission similaire avec votre point de vue ? Ma réponse : tous les projets abordés sur ce point avec les grandes chaînes françaises ont été mis jusqu’ici au congélateur !
Jacques,
tu as tout a fait raison !!! Faisons un mini reportage et mettons le sur internet.
Qu’en penses tu ? on le met sur le blog, youtube, dailymotion etc,,, et bien sur on mattraque les chaines grnades et petites, jsuqua ce que fait fasse Bang.
Il est 2.50 je vais au dodo mais demain je t’apelle pour que l’on en parle.
Hablamos.
Jorge